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Nom sur le Héron : Alecto [Contacter]
Prénom : Julie
Membre depuis : 08/11/2009
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Sexe: féminin
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commentaire de Alecto
Sur les pierres froides de l’hiver dansent les mots d’un passé. En cet instant, le Voyageur n’est plus seul.

Participation à l'Atelier d'écriture #1 - le Futur


Categories: Projets/Activités HPF | Series: #1 - le Futur
Complet : Oui | 1 chapitre | 1148 mots | Lu 2242 fois
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Aucun

Table des matières

Publié le : 02/11/2009 | Mis à jour le : 07/11/2009 [Signaler ceci]
Reviewer: Alecto Signé
Date: 08/11/2009 Title: Chapitre 1: Chapitre 1

Déjà: la première phrase. J'ai adoré les ombres en forme de cou de girafe, j'ai trouvé ça brillant comme image. Ca part très bien.

Le personnage du Voyageur est fascinant, comme une allégorie qui se serait égarée dans le monde réel. Le contraste entre la description initiale de la rue, tout-à-fait réaliste, et l'apparition de ce personnage surréaliste est très bien exploité. Et il a une aura un peu étrange, mélancolique, désabusée ("je suis prisonnier du temps", très jolie expression!). Et en même temps vaguement dangereuse. Bref, très séduisant XD.

Son discours, également, est excellent. C'est un véritable exercice de style. Le style change, tu as réussi à lui donner une voix propre aux accents presque mythiques. "Un jour, un homme a estimé avoir atteint la fin du monde. C’était, pour lui, le dernier jour, le jour où la terre se souvenait de tout ce qui s’était passé" j'aime beaucoup ces phrases, elles sont à la fois simples et très évocatrices.

Il y a quelque chose qui me chiffonne néanmoins dans le scénario. On ne comprend pas trop pourquoi il se met à lui raconter sa vie comme ça, à se déshabiller devant elle. Il faudrait peut-être développer davantage ses motivations.

Le style est très riche, souvent beau ("Le bruit de son cœur battant couvrait le silence du gel"). C'est très agréable à lire. Parfois, peut-être, un peu trop recherché: il y a deux passages qui m'ont fait sortir quelque peu de ma lecture: "Il portait un pendentif qui était comme l’élégante prison sur mesure d’une larme depuis longtemps évadée, qu’on aurait remplacée par une perle qui se promenait tristement dans cette cage aux barreaux gracieux et sinueux en émettant un bruit léger qui évoquait les pleurs d’une mère mêlés au roulis de la mer", c'est vraiment très long.
"Ces fils d’araignées passeront de vos mains à votre cou, parcourront votre poitrine et descendront jusqu’à vos pieds en cascadant autour de vos jambes": j'aime beaucoup les fils d'araignée, mais la descente en cascade c'est un peu too much.

Beau texte:)

Réponse de l'auteur: Waw ! La liste des choses que tu apprécies dans mon texte me fait sourire un peu plus à chaque point. Merci ! Concernant les intentions du Voyageur, je pense qu’il est simplement trop solitaire depuis trop longtemps pour songer au côté incongru de la situation. Il imagine bien qu’il peut effrayer, mais il vient d’une époque où les mœurs sont différentes, et il s’en est tellement éloigné qu’elles se sont atténuées pour lui… Je ne sais pas si je suis claire, mais en tous cas, justifier un point de vue qui n’est pas clair pour un personnage dont on ne suit pas les pensées me semble encore moins logique que l’expliquer. Humpf. Je ne suis toujours pas sûre d’être claire. Si je ne le suis pas, n’hésite pas à me demander de clarifier mon point de vue… Concernant la phrase du pendentif-prison, comme je l’ai expliqué à Avel et Verowyn, elle est en effet beaucoup trop longue et lourde tant dans ses images quand dans le stricte point de vue de la forme, mais j’ai été incapable de la changer. Merci beaucoup pour ta review ! elle fait plaisir à lire.

Il n’y a rien ici. Rien hormis le vent, les bourrasques qui se déchaînent, étendant leur domination sur la lande désolée, courbant les arbres au point que les troncs poussent presque horizontaux, rampant sur le sol plutôt qu’embrassant le ciel.

Participation à l'Atelier d'écriture #1 - Le Futur


Categories: Horreur, Projets/Activités HPF | Series: #1 - le Futur
Complet : Oui | 1 chapitre | 1505 mots | Lu 1875 fois
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Aucun

Table des matières

Publié le : 02/11/2009 | Mis à jour le : 07/11/2009 [Signaler ceci]
Reviewer: Alecto Signé
Date: 08/11/2009 Title: Chapitre 1: Chapitre 1

Au style, aux rafales de vent, je pense que j'ai deviné l'auteur. On verra bien.

C'est le genre de texte qui fait regretter de ne pas pouvoir être plus "dedans". De ne pas pouvoir traverser l'écran, de ne pas pouvoir gratter les mots pour se rapprocher toujours davantage, pour se fondre à l'intérieur de l'histoire (do I make sense?...). Donc oui, j'ai beaucoup aimé.

Deux détails qui m'ont fait trépigner: les graffitis sur le mur ("déchirures du néant") et le coeur inscrit sur la vitre. Le prénom Amaury. Sourire absolument extatique.

En fait, ce qui est remarquable dans ce texte, c'est sa fluidité. Il donne l'impression d'une plongée. On est envahi de sensations, de visions, de sentiments. Les phrases ne sont pas construites, organisées, mais tressées les unes aux autres dans le mouvement de la conscience. C'est prenant.

"Des milliards de chemin. Les futurs improbables, les passés à jamais révolus, ils convergent tous vers cet étranglement, ce goulet qui les aspire. Ici. Au pied du mur. Littéralement. Les choix qu’elle a fait, ceux qu’elle fera, les décisions, mauvaises ou bonnes, qui ne seront jamais, qui se sont perdues, oubliées, que l’arbre des possibles a écartelées dans ses branches épineuses." Très beau passage.

"Ça y est. Elle arrive au point où les images défilent. Tout est rouge, soudain. Le ciel. Ses mains. Les lèvres d’Amaury, mordues jusqu’au sang. L’autobus s’éloigne, irrévocablement." C'est probablement le passage que je préfère. Il est magnifique. Sobre, presque discret par rapport au reste, mais heart-rending. Chaque mot est à sa place et perce le coeur.

Il y a tout de même quelques passages un peu trop lyriques à mon goût, et des phrases un peu longues ("Même le jaune du lichen a pris une couleur passée, de mort et d’oubli, de lente décrépitude, de pourriture qui agonise", par exemple, je trouve que ça ferait plus d'effet s'il y avait un élément de moins).
Et ce bout-là: "Le vent confond les époques, la plonge dans une transe où elle navigue sur les ailes des nuages, regard d’aigle auquel rien n’échappe", il me laisse très sceptique.

C'est mélo, mais ce n'est pas mélo. C'est presque irréel. Bravo, ce texte est superbe.

Ah oui, dernière chose: "si pesante, si proche, qu’en étendant le bras on pourrait rêver la toucher" *O*

Participation à l'atelier d'écriture Atelier#1-le futur



Categories: Tragique, drame, Projets/Activités HPF | Series: #1 - le Futur
Complet : Oui | 1 chapitre | 1771 mots | Lu 1981 fois
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Aucun

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Publié le : 07/11/2009 | Mis à jour le : 07/11/2009 [Signaler ceci]
Reviewer: Alecto Signé
Date: 13/11/2009 Title: Chapitre 1: Destinée

L'histoire est classique mais bien écrite, c'est un plaisir à lire. Il y a beaucoup d'éléments intéressants, et l'évolution du personnage, sa curiosité, son malaise, sont tout-à-fait crédibles.

De plus, tu arrives bien à créer des ambiances: celles de l'errance dans les rues au début, l'attrait des vieilles boutiques, et le week-end à la mer qui se présente comme une grande bouffée d'air frais.

J'aurais peut-être mis davantage d'introspection. La narration est faite d'un ton presque détaché, comme si tout ce dont il est question était normal. Je pense que tu aurais pu facilement mettre ton propos davantage en valeur, en accentuant la dimension fantastique de l'histoire et tout son côté angoissant.

Aussi, je suis un peu déçue par la fin. L'ellipse temporelle est trop rapide, et je trouve le dénouement un peu convenu.

Malheur au Prince par verowyn Déconseillé - 12 ans [Commentaire(s) - 5]
Malheur au Prince dont la ville est une enfant !

C'est ce que découvrira le jeune souverain idéaliste dans sa vaine tentative pour rétablir la justice et l'harmonie à Séraphine.

Categories: Fantasy | Series: Seraphine
Complet : Oui | 1 chapitre | 3997 mots | Lu 2007 fois
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Aucun

Table des matières

Publié le : 09/11/2009 | Mis à jour le : 09/11/2009 [Signaler ceci]
Reviewer: Alecto Signé
Date: 09/11/2009 Title: Chapitre 1: Malheur au Prince

Italie-Renaissance, oui, tout-à-fait! La lumière, les Ecritures (très jolie phrase de l'Ecclésiaste! et que tu renverses bien), les bibliothèques, le pont des Souvenirs. C'est drôle, parce qu'en lisant la première partie je me suis dit que le Prince pourrait être un Lorenzaccio arrivé au pouvoir jeune, qui n'aurait pas eu à s'humilier. Ça a fait clic lors de la description de la ville coupée en deux; Lorenzaccio aussi fait toute une diatribe sur les faubourgs misérables (exsangues, quel joli mot), où les gens vendraient leur âme pour un peu d'argent, il me semble, non? Et puis à ce moment-là, Lorenzo le page arrive.

Mais la ressemblance se limite aux thèmes évoqués. Le style chez toi n'est pas aussi noir; il me ferait penser plutôt à une fresque. Très clair, épuré, des formes pleines (ça part un peu en cacahuètes ce commentaire, mais je ne pense pas délirer tant que ça: le premier paragraphe est tellement un tableau, le nom "séraphine" lié à la description d'un garçon aux boucles blondes... Il y a cette image qui a littéralement bondi devant mes yeux: http://roumientrelafranceetlatunisie.hautetfort.com/images/angelot.jpg). Bref, ce texte est un plafond de chapelle.

Pourtant, il y a quelque chose qui fait que ça ne me transporte pas autant que Rien que le vent. C'est très bien écrit, mais je ne sais pas, il y a quelque chose qui manque. J'ai l'impression que le choix n'est pas assez tranché entre un récit réaliste et un récit friserait l'allégorie. Il y a soit trop de détails, soit pas assez. La fin par contre est très bien, elle mêle les deux dimensions sans qu'on ait l'impression que ce soit le résultat d'une hésitation.

Sinon, j'adore l'ambiguité des relations entre le Prince et Lorenzo. On sent la slasheuse en puissance XD

Réponse de l'auteur: Un jour il faudra qu'on m'explique pourquoi je mets autant de temps pour répondre à tes reviews géniales... Parce qu'il me faut un peu de temps pour les digérer et que ça me permet d'avoir le plaisir de les relire, peut-être... XD

Bien joué pour Lorenzaccio. C'était totalement l'une de mes inspirations. C'est la première fois qu'on compare un de mes textes à un plafond de chapelle, lol. Séraphine... En fait, une autre de mes inspirations c'est Les Villes Invisibles d'Italo Calvino. Je serai incapable de dire s'il en a effectivement une qui s'appelle Séraphine ou pas, mais c'est un recueil de descriptions de villes imaginaires qui portent toutes des prénoms de femmes particulièrement exotiques: Zaïre, Bersabée, Tamara...

Pour le mélange des genres, je visais définitivement plus l'allégorique que le réaliste, étant donné que c'est précisément une ville imaginaire, centrée sur ce motif de l'utopie et de la nécessaire corruption du pouvoir. Du coup, trop de détails? Peut-être. Mais ça ferait un peu nu, sans. Et puis, il y a ce côté architecture italienne, chargée, précieuse, que je voulais rendre.

Oui, j'étais une slasheuse qui ne s'assumait qu'à moitié, lol. Sans rire, c'était un choix de ma part. Je voulais une ambiguité mais rien d'explicite. Le jeune âge des protagonistes l'explique, je voulais un léger non-dit dans leur relation, en leur préservant leur innocence.

Bruine par via_ferata Tout public [Commentaire(s) - 4]
Noël approchait, mais les lumières de la ville ne trompaient personne. L’air était morne, et la grisaille masquait les néons. Aux enfants de rêver, s’ils le pouvaient, les adultes devaient se résoudre à l’évidence. Ils poseraient eux-mêmes les cadeaux sous les sapins.

Categories: Conte, Fable, Mythologie | Series: Aucun
Complet : Oui | 1 chapitre | 1384 mots | Lu 2126 fois
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Aucun

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Publié le : 27/11/2009 | Mis à jour le : 29/11/2009 [Signaler ceci]
Reviewer: Alecto Signé
Date: 29/11/2009 Title: Chapitre 1: Bruine

Je suis en admiration devant la manière dont tu as "flouté" ce texte. C'est le genre d'effets dont je suis tout-à-fait incapable. Si c'était un film, ce serait une pellicule aux teinte vieillies et presque absentes, aux contours brumeux; et puis, après le bref éclat d'un feu de cheminée, un nouveau blanc, mais plus clair, plus franc que celui de la neige sale des trottoirs. En fait, le conte semble presque plus réel que la ville qui l'enserre. Le "on" y fait beaucoup; les mystérieux essuie-glaces également (j'ai beaucoup aimé les essuie-glaces!), qui me semblent l'élément le plus étrange. On accepte la féérie du conte sans sourciller, mais d'en voir un petit élément transposé... *O*

J'aime beaucoup la reine des neiges. C'est le personnage qui m'a toujours le plus fasciné dans les contes (Grimm ou Andersen, d'ailleurs? Je ne me rappelle pas). Et la phrase qui la décrit est superbe: Elle était blanche, elle était bleue, elle était noire, et surtout, elle était grande comme le monde, et jusque dans le cœur des enfants, elle s’élevait toujours plus haut. De sa voix douce et tranchante, elle leur demanda où ils allaient, mais ils ne le savaient pas exactement, ils couraient après une invitation

Un bel enchantement:)

Réponse de l'auteur: Commençons par la Reine des Neiges, parce que, voilà, c’est la Reine des Neiges quoi… Un personnage superbe, dans le conte d’Andersen (celui en plusieurs chapitres, qui commence sur un terrasse, dans lequel un petit garçon est emmené par la Reine, recherché par son amie qui traverse plein d’épreuves, qui finalement le retrouve en train d’essayer d’écrire le mot « libre » avec de la glace, mais les lettres sont perdues parce qu’il a une poussière de glace dans le cœur, qui fond, si je me souviens bien, quand son amie le retrouve enfin… Parlons-nous du même (et superbe) conte ? Je ne sais pas si Grimm a une Reine des Neiges. Je n’aime pas trop Grimm, qui laisse moins de place au rêve… je le trouve presque mécanique… Bref) Donc voilà, tu peux constater que c’est également un personnage qui m’a plu, et si la version que j’en donne te plait, et te semble bien écrire, que dire si ce n’est que je suis comblée ? Pour le reste, je ne sais pas trop quoi dire, à part merci (et merci beaucoup, même, pour cette belle critique), si ce n’est, bien sûr, que je suis heureuse que tu aies apprécié.

Vestale par verowyn Déconseillé - 12 ans [Commentaire(s) - 20]
J'avais voulu être ton égale, je n'étais que ta vestale.
Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit
Détail d'un tableau de Henri Pierre Danloux, domaine public


Categories: Romance | Series: Aucun
Complet : Oui | 5 chapitre | 7804 mots | Lu 19851 fois
Avertissement: Scènes érotiques
Langue: Français
Genre Narratif: Aucun

Table des matières

Publié le : 29/05/2010 | Mis à jour le : 08/01/2012 [Signaler ceci]
Reviewer: Alecto Signé
Date: 28/08/2010 Title: Chapitre 1: Vestale

Les deux premiers chapitres me font énormément penser à Bonjour tristesse. Mêmes couleurs, à la fois acides comme l'ennui et l'adolescence et un peu délavées. En plus, c'est le même trio: père, fille, belle-mère. Vacances, premières ivresses douces-amères. Bref. J'arrive pas à lire sans m'imaginer dans les 60's ou 70's. Je les vois bien dans leur grand appartement parisien regarder des films nouvelle vague dans des tenues noires et blanches géométriques, avec un jazz lancinant en toile de fond. Longs porte-cigarettes. Bref.

Procédons avec méthode: chapter 1.

C'est celui sur lequel je suis le plus indécise. Ma première réaction quand je l'ai découvert, ça a été: trop d'effets tuent l'effet. Il y a trop de mots dans tes phrases, par exemple celle-ci: "Et je murmurais à ton oreille sourde la litanie de mes rêves d’insomniaque, les soleils trop blancs dont je taisais l’absence". Chaque image est très belle. J'adore les "soleils trop blancs", idéal un peu trop factice et mortifère. Mais je trouve qu'ils disparaissent presque au milieu des insomnies et des absences. On n'a pas le temps de voir chacun des tableaux que tu dessines, de l'apprécier. Je trouve ça frustrant. Il y a une sorte de griserie des mots qui s'enchaînent, qui sonnent bien, on se laisse emporter. Mais on y perd en substance. La première phrase c'est la même chose: "J’ai décidément bien des terres à mourir et des puits à tarir". Superbe. C'est une accroche absolument magnifique: mort lente, fin des espoirs, champ des regrets. Mais il faut un signe de ponctuation à cet endroit, à mon avis. Parce que ta phrase est tellement bien rythmée qu'on arrive aux amours déchantées presque sans s'en rendre compte. Du coup, au lieu de nous frapper en pleine figure comme elle pourrait très facilement le faire, cette avalanche d’images engourdit un peu.

A la deuxième lecture, j’ai été moins sévère. Parce que ça correspond assez bien au personnage, en fin de compte : toute seule à errer dans un hôtel vide, il faut bien des mots pour tromper les silences. La longueur des phrases va bien avec son indolence, sa paralysie de poupée empoussiérée. Et l’on se berce dans l’imparfait lent de ses souvenirs.

D’ailleurs, le style s’épure avec l’arrivée de Macha. Il est plus incisif, comme si quelque chose était finalement parvenu à traverser son apathie d’asphyxiée.

Florilège, comme d’hab :
« parce que lorsque tu jouissais loin au fond de moi je me sentais à la fois ancrée et dépossédée. Et j’étais tellement nue et ouverte qu’il me semblait que si tu posais ta main sur ma poitrine il n’y aurait pas de barrière, aucun obstacle possible entre ta paume et la chair palpitante qui cognait dans ma cage thoracique, régissant de son pouls de despote la course effrénée du sang dans mes veines. » Merveilleux d’intensité.

« Macha s’appelait Marguerite mais Macha faisait russe et elle se voulait communiste » Je ne sais pas comment te dire à quel point j’aime cette phrase. C’est superbe de limpidité, et en quelques mots tu as tout le personnage qui sort du papier. C’est beaucoup plus qu’une esquisse, j’ai l’impression de la rencontrer en chair et en os. Le don des vêtements à Emmaüs (très bien trouvé !) semble couler de source après ça.

« Nos nuits étaient belles et étoilées, ivres de gin et d’électricité » Alcools, Apollinaire, la fée électricité *O*

« Et puis un après-midi, sans gin ni électricité, alors que nous faisions les bouquinistes sur les quais de la Seine, Macha m’a embrassée à pleine bouche sous le soleil de mai et j’ai su que tu nous avais perdues toutes les deux. » *O*

Par contre, j’aime pas trop la dernière phrase. Je ne suis pas une grande fan des répétitions internes en général. Mais ça c’est complètement subjectif.

Je comptais contester le nom de vestale, et puis j’y renonce : vestales, tes personnages le sont, parce que froideur d’étoile stérile.

Réponse de l'auteur: C'est marrant, j'avais pas du tout pensé à Bonjour tristesse en écrivant. Je pense Macha plus incisive que l'héroïne de Sagan, cela dit, je l'ai lu il y a un petit moment déjà et m'en rappelle mal.

C'est intéressant que tu ais d'abord eu cette sensation de 'too much' avant de décider que ça convenait au personnage. Avel m'avait aussi reproché un côté trop précieux dans ce texte, mais c'est justement le fond des choses : Eva *est* précieuse et superficielle. C'est sûr, Macha secoue un peu tout ça. A ce propos, je suis vraiment contente d'avoir pu la croquer en une phrase. Elle était pas prévue au programme, à la base. C'était juste Eva et son mari anonyme. Et puis Macha est arrivée, comme le printemps qui oxygène une ville sclérosée. Sortie de nulle part, c'est clairement mon perso préféré à ce jour dans cette histoire. Ce côté révolte adolescente m'a toujours plus ou moins fascinée, mais j'avais jamais réussi à bien le rendre sur le papier.

Héhé, je suis toute contente que tu ais trouvé Apollinaire ! Tu es vraiment la lectrice idéale, avec toi, j'ai trouvé mon happy few stendhalien. ♥

J'ai eu un peu peur pour le chapitre suivant en lisant ton avis sur les répétitions internes, mais apparemment, c'est passé quand même ! ^^

Reviewer: Alecto Signé
Date: 28/08/2010 Title: Chapitre 2: Vandale

J’aime beaucoup, beaucoup ce deuxième chapitre. C’est impressionnant comme tu es parvenue à créer un ton, une voix radicalement différente, et en même à faire en sorte qu’on se sente dans le même univers. Le premier paragraphe makes it almost hard to breathe : violence, révolte, envie de mordre à pleine dents (« je scande : tu es à moi »), d’envoyer tout balader. Ah, vive le mal-être à fleur de peau. Même les rimes internes ne me font pas tiquer, au contraire : elles sonnent comme des pointes un peu tranchantes. «Envie de noyade et de camphre. N’obtiens que naphtaline. Pas d’aspirine». Il y a chez Macha une lucidité affreuse qui nourrit sa rage et son amertume. Pas de concessions. Les images, il y en a autant que dans le premier chapitre, mais elles sont comme une claque dans la gueule du lecteur.

Si pour Eva l’amour est un réveil, pour Macha il semble être une destruction. A un moment tu as cette image de la chambre éventrée, les toilettes éparpillées comme des « entrailles ». Pour moi elle cristallise tout le texte : le sentiment de s’écorcher à l’indifférence d’un(e) autre. Mise à nu totale, palpitante, attendant les coups. D’ailleurs il y a tout un champ lexical de la transparence : « Je tremble au bout de ton regard, je suis si transparente »

J’ai du mal à commenter, parce que ce texte est fait d’intensités fulgurantes. C’est incroyablement beau.

« qu’il serait préférable que j’aille vivre chez mon père jusqu’à ce que les choses se tassent. Je m’imagine les choses, des masses grises et informes, vaguement liquides, se constituer d’elles-mêmes en petits tas, se tasser. Je hausse les épaules. » Cynisme je t’aime je t’adore.

« tu contemples la Seine, les arbres ou tes pensées » alexandrin !!!!

« Tu ne te rends pas compte à quel point tu brilles. Je t’appellerais un astre, si ce n’était ridicule. Tes yeux sont trop clairs, tes cheveux trop longs, ta bouche trop rouge, et je suis sûre qu’elle est sucrée. » j’aime infiniment ce passage. Ca commence par une dépréciation, mais ça finit tout de même par un désir.

Griffures, graffitis, je suis cagneuse, contrefaite, mue étroite, soleil blasé, cœur-hérisson, papier de verre, tu t’éphémères (je pourrais presque tout citer).
Et la fin en cascade tragique de dominos.

J’ai une seule remarque, à propos du deuxième paragraphe : il y a quatre images qui se superposent pour dire (il me semble), plus ou moins la même chose : l’orage, l’eau morte, l’air moite, le feu secret. Too much. (Même si j’aime beaucoup celle de l’orage. Ca me fait penser à quelque chose, mais je ne sais plus quoi… J’y penserai demain)

3e chapitre ce sera demain, je suis crevée (et plus je lis ce chapitre, plus il me transporte. Je suis intellectuellement pas en état d'affronter un peu plus de ta prose). Juste: GO READ le quatuor d'Alexandrie de Durrell. En français ou en anglais, n'importe. But you have to.

Reviewer: Alecto Signé
Date: 29/08/2010 Title: Chapitre 1: Vestale

J'ai retrouvé à quoi me faisaient penser les orages crâniens de Macha : à Mallarmé ("Des crépuscules blancs tiédissent sous le crâne/ Qu'un cercle de fer serre ainsi qu'un vieux tombeau/ Et, triste, j'erre après un rêve vaste et beau/ Par les champs où la sève immense se pavane" *O*) et au titre d'un bouquin de Michel Onfray: La lueur des orages désirés (ce qui va très bien avec les aspirations révolutionnaires de Macha, je trouve!)

Et je suis tout à fait contre les retrouvailles passionnées et providentielles d'Eva et de Macha! Unrequited love is a bitch, but it's the best.

(oui, je passais juste pour dire ça. Ça c'est de la review constructive, non? ^^ Aujourd'hui c'est procrastination intensive appliquée à tous les domaines)

Réponse de l'auteur: Ah, ben contrairement à Apollinaire, Mallarmé n'était pas prémédité. Il aime bien le blanc, cela dit, dirait-on ("De blancs sanglots glissants sur l'azur des corolles") et j'ai dû reprendre ça inconsciemment avec mes soleils blancs and so on.

Si c'est passionné, ça ne sera pas providentiel, promis ! Unrequited love is definitively the best - well, not in Real Life, but that's not the point. (Et QueenOfDarkness a bon dos de dire ça, parce que je viens de lire son dernier texte, pas encore en ligne, et niveau amour non réciproque, elle est pas mal dans son genre elle aussi.)

J'aime tes reviews, qu'elles soient constructives ou procrastinantes.

Reviewer: Alecto Signé
Date: 12/07/2011 Title: Chapitre 1: Chapitre 1

Aha, après avoir lu ce texte, je pense que je sais qui a écrit Terre d'asile :D
(Même si j'avais quelques doutes avant. Il y avait quelque chose qui me faisait penser à toi, sans que j'arrive à mettre le doigt dessus. Ton style a bien changé depuis la dernière fois que je t'ai lue!)

J'aime beaucoup, avec quelques bémols. J'évacue d'abord les bémols, et ensuite je m'extasie.

La première partie et la conclusion me laissent assez froide. Jusqu'à "mon âme s'envole", je trouve ça un peu naïf. La mise en place du cadre hippie prend un peu trop de place, et j'ai eu l'impression parfois que tu cherchais à "caser" les informations.

Pour la dernière strophe, d'un côté je trouve les mots employés un peu plats après toutes les inventions verbales qui précédaient. De l'autre, quand je me suis rendue compte que c'était un anagramme, j'ai trouvé l'idée géniale et j'ai pensé que c'était une chouette manière de conclure tous ces appels disséminés le long du texte. Donc je ne sais pas trop que penser.

Par contre, à partir de "On hallucine d'un monde without war", c'est d'une exubérance folle. Toute cette strophe est géniale. Le rythme, le mélange des langues. Ça a une force incroyable. Je n'arrête pas de la relire, et à chaque fois il se passe quelque chose de très étrange, j'ai l'impression d'entendre un voix collective, comme si elle était criée, soupirée par des centaines de bouches.
(Cette strophe, on devrait vraiment la mettre en chanson)

A partir de là, c'est psychédélique (j'adore le psychédélique. Rien que le mot est génial et bariolé). Au début on arrive encore à comprendre les allusions, on croit suivre le cheminement de ta pensée, et puis il y a de plus en plus de voix, de plus en plus d'images, de couleurs, c'est débordant et excessif, mais ce n'est plus vraiment grave, parce que l'important c'est de planer. On a vraiment l'impression de voyager, ou de rêver.
(Et il y a même des renoncules! je t'avais déjà fait part de mon amour pour les renoncules, non? ^^)

J'aime l'insertion de citations, les mots anglais, les effets de liste. L'emploi de mots a-poétiques. C'est dur de commenter ce texte, à cause de l'énergie qu'il dégage, et dont aucune explication ne peut vraiment rendre compte. De la violence parfois. J'avais une image un peu apathique des hippies jusqu'à présent. Mais dans ton texte, c'est le contraire, c'est tellement plus vif, tranchant que la réalité.

(...)

J'ai l'impression de me perdre un peu dans mon propos, donc je vais simplement conclure avec un florilège des phrases *O*:

"Un cheminement carmin zigzaguant,
Oh le beau jaune ! Tu es là aussi ?
Une porte ? … La porte… Les portes
Je perçois les Indes"

"Des arbres turquoise, les citronniers
Une piscine de jelly"

"Mon crâne tonne,
Tonnerre
Il pleut dans la baignoire
Bulles, bulle, bulles
Smaragdin : j’écarquille les yeux, ils tournent
Et la violine s’écoule
Ca glue, ça pullule, pollue
Mes pieds nus splatchent dans le gel zinzolin"

L’obélisque est cassé,
Il se tortille et me les montre,
Les Portes.

"Je cours
Elles tournent,
Je tourne
Oh, je cours sur les mains, elles sont mauves
Mes mains, palmées"
(Oui, je suis sûre que tu ne vas pas me répondre, mais pourquoi toutes ces portes?)

Voilà, j'ai plus qu'à aller découvrir Janis Joplin!
(Et le titre, ça veut dire quoi?)

Réponse de l'auteur: "Pour la dernière strophe, d'un côté je trouve les mots employés un peu plats" : je suis assez d'accord en fait, mais je ne trouvais pas mieux en anagramme.
"j'ai l'impression d'entendre un voix collective" : génial ! ça correspond pile à l'environnement décrit !
"A partir de là, c'est psychédélique (j'adore le psychédélique. Rien que le mot est génial et bariolé)." : je suis d'accord sur le psychédélisme, le mot est génial et ramène à une multiplicité de couleurs.

Comment peut-on avoir une image apathique des hippies ?? Il faut absolument que tu lises Je veux voir Dieu en face alors !
Pour le titre, c'est le nom complet du LSD.

Merci beaucoup pour cette superbe critique ^^
A la prochaine !

Dejar Kurtoba par Vifdor Tout public [Commentaire(s) - 10]

Détail d'un mur sculpté de l'Alhambra (Grenade)


Elle fut Kurtoba l'Arabe, elle devint Córdoba l'Espagnole. Il fallut dès lors la quitter.

Categories: Historique, Projets/Activités HPF | Series: #5 - Frontières
Complet : Oui | 1 chapitre | 1935 mots | Lu 2417 fois
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle

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Publié le : 01/07/2011 | Mis à jour le : 01/07/2011 [Signaler ceci]
Reviewer: Alecto Signé
Date: 12/07/2011 Title: Chapitre 1: Chapitre 1

J'aime bien, mais je reste sur ma faim.

J'aime beaucoup le choix de la Reconquista pour illustrer le thème de l'atelier, et l'angle d'approche: celui d'une séparation qui serait linguistique (et culturelle) avant d'être géographique. Le titre illustre très bien cette tension entre deux mondes, et le fait de mentionner la juridiction de Cordoba dans la première phrase donne une teinte d'amertume appréciable au propos.

Mais j'ai l'impression que le texte en reste justement à sa dimension illustrative. Les personnages ne sont que des prétextes pour exprimer une idée. Du coup, le récit a un goût un peu aride d'exposé historique, et c'est dommage.

Le narrateur, par exemple, m'apparaît seulement comme le reflet d'un humanisme musulman périssant: il est cultivé, tolérant, ouvert d'esprit; s'il était né un siècle plus tôt, il aurait sans doute côtoyé Averroès. Au moment où il est chassé de sa ville, dépouillé d'une partie de ses richesses, livré au dangers de la route et incertain de son avenir, le regret qui le tenaille c'est celui de la Grande Mosquée. Voilà, j'ai du mal à y croire. Si Paris était occupé aujourd'hui, je ne pense pas que ma préoccupation première serait le devenir du Louvre ou de la BNF (et encore moins de Notre-Dame)

Bref, ce que je reproche à ce texte, c'est un manque de vie, de densité. J'aurais aimé plus de détails, pour aller au-delà de l'opposition convenue entre un monde musulman tolérant et bariolé ("Il avait connu la ville riche et colorée, la ville mélangée.
On y trouvait musulmans, juifs et chrétiens, même si c'était une province appartenant à l'émir. Chacun s'était accommodé de l'autre et le commerce était florissant") et un monde chrétien fanatique et avide d'or.

Malgré cela, je le répète, le texte est intéressant et bien écrit; il se lit facilement et avec plaisir. Mais je pense qu'il aurait pu être meilleur en mettant davantage l'accent sur le vécu des personnages plutôt que sur le contexte historique. Trop d'explications tuent l'évocation.

Réponse de l'auteur: Mes personnages ne sont pas beaucoup développés, c 'est vrai, mais c'était quelque chose de voulu, je cherchais ici à faire la peinture d'un contexte avant tout, de cette frontière mouvante en fonction des avancées de l'armée espagnole chrétienne dans un climat de dilution de l'autorité musulmane.
Mon personnage apparaît dès lors comme un homme d'une époque terminée. je le présente comme un intellectuel curieux, mais il est également musulman, il est dès lors normal qu'il s'inquiète pour la mosquée, d'un coté pour la richesse patrimoniale qu'elle représente et qui nous semble annexe, mais surtout car c'est un lieu sacré à ses yeux : le lieu du culte, le lieu de rassemblement de la communauté, le lieu où sont les livres sacrés... La Grande Mosquée pour lui, c'est n'est pas juste un beau monument, c'est quelque chose qui symbolise tout un aspect de sa vie.
Merci pour ta critique.

De chair par via_ferata Tout public [Commentaire(s) - 7]


Et j'ai deux fois vaincu traversé l'Achéron...

Categories: Conte, Fable, Mythologie, Projets/Activités HPF | Series: Hybris, #5 - Frontières
Complet : Oui | 1 chapitre | 1085 mots | Lu 1913 fois
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle

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Publié le : 03/07/2011 | Mis à jour le : 03/07/2011 [Signaler ceci]
Reviewer: Alecto Signé
Date: 06/07/2011 Title: Chapitre 1: Chapitre 1

C'est difficile de faire comme si ce texte était anonyme!

Déjà: le mythe d'Orphée, c'est vraiment une idée brillante pour le thème de la frontière, et la gloire poétique comme El Dorado, belle image. J'adhère complètement aux prémisses!

On retrouve parfaitement ton style, ton art de la formule. Chaque phrase pourrait être extraite et servir de maxime. Les mythes te conviennent bien en général, parce qu'il y a dans ta manière d'écrire quelque chose d'absolu et d'intemporel. Bref, la classe.

Si je devais relever quelques pépites: la première phrase (SUPERBE!!!), le ciel brodé de vers, "le Styx est aisé à trouver, comme tous les lieux impossibles d'accès", la description de Charon, "mélomane repenti", les êtres bleus, rabougris, bossus, crochus. C'est vraiment un bonheur à lire.

Mais je trouve que dans l'ensemble ce texte à les défauts de ses qualités. Deux défauts principalement:

- ton art de la formule verse parfois dans la préciosité. "L'instable constance", bof. Ou alors il faudrait développer ce paradoxe, parce que sinon ça tombe à plat. Un autre exemple: "dans leur silence Hadès était bruit". Là encore, tu écris une phrase qui surprend, mais tu la laisses flotter dans le vide, et on a l'impression d'un effet de style gratuit.

- l'autre défaut, à mon sens, réside dans l'absence de cohésion générale. Tes phrases dessinent des vignettes, qui se suffisent parfaitement à elles-mêmes, mais que j'ai du mal à relier entre elles. Le seul lien, c'est Orphée, mais il me semble presque aussi immatériel qu'Eurydice. Je comprends le concept du personnage (qui est une belle interprétation du mythe), mais je n'arrive pas à m'attacher à lui. Qu'il réussisse ou qu'il échoue, tel quel, ne me cause pas vraiment d'état d'âme.

Un beau texte, mais je ne pense pas que ce soit ton meilleur. (Il faut dire que Cassandre met vraiment la barre très haut!)

Ah oui, une dernière question: est-ce que je me fais des idées ou tes Enfers grecs sont assez dantesques?

Réponse de l'auteur: *message subliminal : ce texte est anonyme*

En fait, l'idée venant de moi est loin d'être brillante, elle est juste tout à fait naturelle, je pense. J'avais déjà eu l'idée de travailler sur Orphée, donc ce n'était que logique. Cela dit, ce texte est anonyme.

Tu n'as pas tort sur l'intemporel, cela dit, c'est quelque chose dont j'essaye un peu de sortir, parce que j'ai l'impression de toujours remâcher les mêmes images, les mêmes ambiances, en un peu moins bon chaque fois. Et ça rejoint les défauts que tu cites. Après tout, comme dit Véro, tu fais les reviews les plus parfaites au monde, donc je ne peux que faire "oui-oui" en remuant la queue.

Je ne savais pas que tu avais lu Cassandre, du coup ta parenthèse m'a fait rougir de plaisir, soi dit en passant.

Mes enfers s'inspire de ceux de Virgile, donc on peut dire qu'ils sont dantesque vu que ceux de Dante aussi les suivent (témoigne le guide-Virgile).

Merci beaucoup pour ton commentaire !


C'était le temps des cerises, le temps des amours aux présents indéfinis.



Categories: Projets/Activités HPF | Series: #5 - Frontières
Complet : Oui | 1 chapitre | 1591 mots | Lu 2256 fois
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle

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Publié le : 04/07/2011 | Mis à jour le : 04/07/2011 [Signaler ceci]
Reviewer: Alecto Signé
Date: 07/07/2011 Title: Chapitre 1: Chapitre 1

J'aime beaucoup. C'était vraiment un sujet casse-gueule, qui appelait à soi tous les débordements, les effusions de passion, la frustration qui naît des silences. Et tu as réussi à faire un texte qui répond parfaitement au sujet tout en bannissant les sentiments.

Il y a une extériorité assumée que je trouve géniale. Aucun détail ne nous est épargné, parce qu'en ces jours de chaleur immobile, tout est signifiant. Pas un geste qui ne soit anodin, il faut juste savoir déchiffrer. Et c'est par ces gestes, ces hésitations, qu'on pénètre l'intériorité des personnages.
(J'ai eu tout un cours sur "l'heure de midi" dans la littérature grecque: l'heure des dieux, des miracles, des catastrophes, des révélations. Ton texte m'y fait penser: il n'y a rien de tel que la chaleur pour donner à la fois l'impression d'éternité et de danger imminent. I don't know if I make any sense...)

Ton texte est lisse, lumineux, évident. Tout se déroule comme une partition bien huilée, comme une tragédie. (le lisse, c'est tout un concept).

Si je devais faire juste un petit reproche, ce serait qu'à cause de ce caractère d'évidence, on ne perçoit plus trop la frontière, la transgression. Ton texte aurait peut-être gagné à plus de tension.

Bravo!

Réponse de l'auteur: (un cours sur l'heure de midi dans la littérature grecque ? Mon dieu, ça doit être génial ! Et oui, tu make sens, tout à fait)

Ce qui est vraiment terrible avec tes reviews, c'est qu'on ne peut que les regarder avec un air bovin et hocher la tête en disant "oui, c'est tout à fait ça".

"comme une tragédie." -> Je me suis étouffée, en lisant ça, plus ta remarque sur ton cours. Je me suis très fort appliquée à ne faire aucune allusion aux grecs dans ce texte, du coup...

Merci pour tes commentaires !

Participation à l'atelier d'écriture #5 - Frontières


Crédits photo : ici

...entre moi et le sourire d’Amy Lee toutes les putes du Far West...

Categories: Projets/Activités HPF | Series: #5 - Frontières
Complet : Oui | 1 chapitre | 1035 mots | Lu 1849 fois
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle

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Publié le : 05/07/2011 | Mis à jour le : 05/07/2011 [Signaler ceci]
Reviewer: Alecto Signé
Date: 06/07/2011 Title: Chapitre 1: Chapitre 1

Eh bien, pour ma part, j'ai trouvé ce texte vraiment remarquable. C'est sans doute l'un de mes préférés pour cet atelier.

Ton monologue intérieur est une prouesse stylistique qui me laisse pantoise. Il y a juste ce qu'il faut: suffisamment d'exposition pour qu'on comprenne les ressorts de l'histoire, suffisamment de désordre pour que l'exposition n'apparaisse pas forcée. L'absence de ponctuation donne un rythme éreintant à la lecture que je trouve ça parfaitement approprié. Ce type marche, se perd et meurt dans le désert. Ce n'est pas seulement quelque chose que l'on comprend, mais que l'on ressent (je défie quiconque d'avoir des pensées plus cohérentes au bout de 6 heures de marche sous un soleil de plomb!)

Il ne se passe rien, et pourtant ce texte est d'une densité remarquable. J'ai l'impression de percevoir toute l'épaisseur d'une vie. C'aurait facilement pu paraître plat, ou mélo (les regrets, la femme aimée, le silhouette qui disparaît à l'horizon, avalée par le désert, blablabla) et c'est tout l'inverse. Les détails sont chouettes: "j'ai pissé sur sa porte d'entrée j'ai brûlé sa photo mais le sourire d'Amy Lee", la putain édentée qu'on a envie d'étrangler, "les os qui craquent". Tu as résisté à la tentation de faire quelque chose de joli, et ces passages en ont d'autant plus de force.

Par contre, les phrases de narration cassent le rythme. C'est dommage. J'aurais préféré rester dans le monologue. Surtout que les vautours qui commencent à tournoyer, c'est assez peu original...

Mais dans l'ensemble, bravo!

Escalot par verowyn Tout public [Commentaire(s) - 10]
Participation à l'atelier d'écriture #5 - frontières


Painting by Sidney Harold Meteyard
I'm half sick of shadows, said the Lady of Shalott.

Categories: Projets/Activités HPF | Series: #5 - Frontières
Complet : Oui | 1 chapitre | 1140 mots | Lu 2452 fois
Avertissement: Aucun
Langue: Français
Genre Narratif: Nouvelle

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Publié le : 06/07/2011 | Mis à jour le : 06/07/2011 [Signaler ceci]
Reviewer: Alecto Signé
Date: 06/07/2011 Title: Chapitre 1: Chapitre 1

Dear Lady of Shalott, ma mâchoire s'est décrochée, je suis tombée à la renverse, j'ai fait le tour de ma chambre en sautillant à cloche-pied. Voilà, je suis sous le charme. Ce texte est fabuleux, et j'ose à peine le relire, de peur que la magie ne disparaisse. J'ose à peine le commenter, parce que ce serait prétendre le réduire à quelques phrases d'explication, et ce texte ne s'explique pas.

L'écriture est parfaitement blanche, méthodique, chirurgicale. L'ensemble apparaît comme un exercice de renoncement: ton personnage au monde, toi aux ornements. Il ne reste presque rien, une présence, l'essentiel. Cette réclusion me touche, pour tout ce qu'elle aurait pu être et tout ce qu'elle n'est pas: un cynisme, une désillusion, un suicide. Tu as évité tous ces écueils, et il ne reste plus que la liberté et la solitude, ce qui revient au même.

C'est étrange. Cette réclusion est présentée avant tout comme une démarche intellectuelle, un effort de volonté, et pourtant tout le texte semble à fleur de peau, comme si l'émotion s'était retranchée dans les blancs et les silences. Le dénouement, si peu rationnel, apparaît du coup inévitable. (Mon prof de français de 1ere nous parlait souvent des conclusions-feu d'artifice. Je pense que ce texte est une démonstration par l'exemple. Même si l'image du miroir qui éclate est plus approprié)

La référence au mythe est parfaitement gérée: lisible et allusive. Maintenant il faut que j'aille me renseigner, je ne connais que le tableau de Waterhouse.

Un seul détail et ce texte sera parfait: "celles qu'on s'impose à soi-même", ou "celles que nous nous imposons à nous-mêmes". Tel quel, ça fait un peu bizarre.

Réponse de l'auteur: Chère, très chère Alecto - à qui je réponds 6 mois plus tard, oui, c'est une habitude,
J'avais mes doutes sur ce texte, vois-tu, et je peux à peine te dire ma joie et mon soulagement que ma première lectrice et commentatrice perce immédiatement à jour la référence à the Lady of Shalott. C'est un de ces épisodes qui n'est arthurien que par procuration car c'est clairement Tennyson qui lui a donné toute sa force, mais qu'importe, il me fascinait depuis longtemps.
C'est amusant, tu vois, je me suis relue, là, ça s'imposait avant de répondre aux commentaires, et je ne me suis presque pas reconnue. Parce que oui, c'est blanc et presque vide, et que d'habitude, j'aime quand même bien les ornements. Mais si je t'en crois, ça convient au thème du texte, et tu m'en vois ravie.
Pour le dénouement peu rationnel, j'ai essayé de trouver ce qui, dans une réécriture moderne du mythe, pouvait amener le miroir à se briser, quasi magiquement.
J'ai édité le "soi-même", merci d'avoir signalé. Et merci merci merci pour ce superbe commentaire.

Reviewer: Alecto Signé
Date: 07/07/2011 Title: Chapitre 1: Chapitre 1

Je suis passée par wikipédia et j'ai compris plein de truuuuucs! L@nc310 m'a fait mourir de rire. Je ne prenais déjà pas Lancelot très au sérieux, mais là c'est sa carrière héroïque vient de s'achever net XD.

Je n'ai pas assez dit à quel point je trouvais ce texte romantique, au meilleur sens du terme. "Je ne peux pas te perdre" m'a coupé le souffle. Half sick of shadows est tout simplement sublime, et très bien utilisé. Deux phrases parfaites. J'aime la pudeur de ce texte. Je ne suis pas une grande sentimentale, mais tu m'as mis le coeur à vif. A la dernière ligne, I wanted to scream.

J'aime la pluie à la fin, comme une purification ou une renaissance.

Encore un paragraphe que j'aimerais relever et encadrer:
" Il n’y a que dans la contrainte absolue que l’on peut trouver la liberté absolue.
Et lorsque cette contrainte absolue est le fruit de votre unique volonté, c’est à vous seul que vous devez votre liberté.
Cette pensée en elle-même est libératrice.
Moi. Moi seule existe. Tout est possible."
Je le trouve incroyable. Il y a quelque chose de très "classique" ici dans ta manière d'écrire - classique au sens de limpidité du style, de clarté de la pensée. Classique au sens 17e siècle. C'est très simple en apparence, mais ça a la force d'un tremblement de terre. Je trouve que ce paragraphe rayonne et illumine tout le texte.

"Quand je ne dors pas, que je ne mange pas, que je ne plie pas mon corps aux exigences de l’exercice ou de la masturbation, je suis à mon miroir"
Là, j'ai juste envie de mettre un petit coeur

Réponse de l'auteur: Et voilà. Honnêtement, je me demandais si quelqu'un pigerait pour L@nc3l0, et je suis tellement, tellement contente que tu sois là. ^^

Ahaa, le "je ne peux pas te perdre", c'est là où j'ai un peu triché avec le concept d'anonymat, parce que je voulais quelque chose qui relie les 5 textes écrits pour cet atelier, et c'était cette phrase. Half sick of shadows, bien sûr, n'est pas de moi. Je ne peux qu'espérer ne pas trop l'avoir dénaturé. Ce vers à lui tout seul fait tout le poème de Tennyson. A moitié malade des ombres. Nan mais c'est juste parfait quoi.
Chouette pour la pluie, ça m'est venu sur le tard. Il semblait qu'il fallait quelque chose pour clore, et c'est ce qui m'est venu.

Ahaha, je pensais vraiment pas qu'on me qualifierait un jour de "classique". Et bien, merci. C'est pas forcément mon style habituel, mais tes commentaires dessus me font rougir.
Encore encore merci. ♥