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Notes d'auteur :
Voici la suite.
Bonne lecture !
Chapitre 4 : L’île des Amazones




Il était neuf heures du soir, quand Dina fit son entrée dans la salle à manger, en compagnie de Mélita. Les autres étaient tous là, hormis Zach, qui n’était toujours pas revenu. Dina s’assit et la Fée les laissa seuls.

- On a été si lamentable que ça, pour ne plus avoir le droit de manger dans la salle de réception avec les autres ? demanda Dina épuisée par son long vol.

Evan souriait.

- C’est exactement ce que j’ai demandé à la Fée « coincée », mot pour mot.
- La Fée « coincée » ?
- Oui, tu sais Pernelle. Tu n’as pas remarqué à quel point elle est sévère ? Elle n'a pas l’air commode. Les autres Fées sont plus sympas. Elle n'a pas l’air de trop m’apprécier, dit-il en souriant. C’est ma Fée protectrice, c’est elle qui m’a amené à Faeria. On en a tous une Fée chargée de veiller sur nous le temps qu’on sera à Avalon, expliqua-t-il.
- Mais pour en revenir à ta question, si on est là, c’est parce que la reine a préférée nous laisser un peu tranquille ce soir. Je pense qu’après avoir montré nos talents, on aurait pas arrêté de nous regarder bizarrement à table, fit Justin.
- Elle a bien fait. Je n’aurais pas aimé les regards en coin, dit Aurore.
- Je suis d’accord, mais je me demande quel genre de regards on nous aurait jeté, fit Justin. Impressionnés, étonnés, déçus, affolés, ou haineux. Je n’arrive pas à me décider.
- Aucune idée, répondit Dina.

À ce moment-là, trois Fées firent leur entrée. Elles étaient chargées de lourds plateaux. Elles disposèrent les plats remplis de mets succulents sur la table. La table dressée, elles s’en furent.

– Je meurs de faim ! s’exclama Evan.

Ils se servirent tous, et commencèrent à manger.

- Où est Zach ? demanda soudain Dina.
- Il n’a pas terminé son test. Dis-moi, je t’ai vu partir en volant tout à l’heure. Tu as volé tout ce temps-là ? demanda Justin.
- Oui, mais je ne sais pas si pour eux se sera suffisant, soupira-t-elle.

Soudain, Zach entra dans la salle à manger, suivit de près par la Fée Pétronille, qui s’en alla rapidement, probablement pour tenir informée la reine.

- Salut ! fit Zach avant de s’écrouler sur la chaise à côté de Dina.
- Pas trop épuisé ? demanda Evan.
- Si, sinon je ne serai pas rentré maintenant, fit-il.
- Comment ça se fait que tu ne sois pas mouillé ? Tu étais bien dans l’eau tout ce temps ? demanda Justin.
- Pétronille m’a séché grâce à sa magie.
- On se demandait si on avait été à la hauteur des attentes du Conseil. Tu penses les avoir impressionné ? lui demanda Aurore.
- Franchement, je n’en ai aucune idée. À mon avis, on saura vite si on a été décevant ou pas.
- Vous êtes rentrés au château à quelle heure ? demanda Dina.
- Vers 16h00. D’ailleurs on a quelques trucs à vous raconter, dit Evan.
- Vas-y, dis-leur, fit Justin à Evan.
- Quand on est rentré, on nous a emmenés dans une salle de réunion. Il ne restait plus que la reine Présine comme membre du Conseil. Les autres s’étaient tous évaporés, mais les Fées qui nous ont amenés ici étaient présentes, sauf les vôtre, dit-il à Zach et à Dina. Elles devaient vous surveiller, je suppose. Et là, la Fée « coincée », pardon, la Fée Pernelle, nous a distribué à chacun une carte de Faeria. J’ai pris les
vôtres, elles sont dans ma chambre. Je vous les donnerai tout à l’heure, fit-il.
- Oui, mais ce n’est pas la carte entière de Faeria. Juste la carte des Terres Enchantées, précisa Justin.
- C’est vrai. Il y a aussi quelques îles dessus. Sur chaque carte, il y a l’itinéraire que l’on devra suivre. On part demain après-midi.
- Déjà ! s’exclama Dina.
- Et oui, déjà, grimaça Evan.
- Je pensais qu’on aurait plus de temps, avoua Dina.
- Tu rêves ! La reine a plutôt insisté sur le fait que, justement, on n’avait pas le temps. Demain on part pour l’île des Amazones, dit Evan.
- Pour quoi faire ? demanda Zach, qui ouvrait enfin la bouche.
- Juste pour le ravitaillement. La reine des Amazones nous y attend après-demain. Ensuite, trois jours de bateau jusqu’au port de la Wicca, si je me souviens bien. C’est à Sorcélia. Ça devrait te plaire Dina, fit-il sarcastique. Pour le reste de l’itinéraire vous verrez sur votre carte. Les lieux où on doit placer les pièces sont soulignés, et ceux où on doit aller chercher les deux pièces manquantes sont entourées.
- Et, est-ce que les dangers ou les créatures que l’on va certainement affronter figurent sur la carte ? demanda Zach.
- Pas vraiment, mais j’ai compris que les Fées nous donnerons un livre là-dessus, quand on sera sur le bateau, répondit Aurore.
- Elles viennent avec nous ? demanda Dina.
- Juste jusqu’à l’île des Amazones. Pour nous rassurer je suppose, dit Aurore.
- Il serait temps d’allé se coucher, je suis vraiment fatiguée, dit Dina.


Malgré la fatigue, tous les cinq passèrent une mauvaise nuit. La peur montait, de même que l'excitation. Ils craignaient ce qui allait leur arriver dans ce monde inconnu d’eux.

C’est donc pâles et angoissés, qu’ils se levèrent, et prirent leur petit-déjeuner en silence. Certains firent ensuite une promenade dans le jardin, et d’autres comme Zach et Dina, retournèrent dans leur chambre pour examiner encore la carte.

Après le déjeuner qui fût tout aussi calme, ils se rendirent à pied, car ce n’était pas loin, avec la reine et leurs Fées protectrices, au port. Ils arrivèrent devant un immense navire. Il était entièrement fait en bois, et à la proue du bateau, se trouvait une Fée sculptée. Elle mesurait près de deux mètres. Elle était magnifique, et elle dégagée un charme étrange. À regarder de plus près, elle ressemblait à la reine.

- Le moment est venu de se quitter, fit Présine. La reine Gena vous attendra demain. Elle vous donnera des vivres pour votre mission et elle vous fournira aussi des armes. J'espère que votre mission se passera bien, dit-elle avec inquiétude. Maintenant partez ! Sachez que mon cœur vous accompagne, jeunes gens. Ala toren !
- Qu’est ce qu’elle a dit ? demanda Justin.
- Elle a dit « ala toren ». Ça veut dire bonne chance dans la langue ancienne, répondit la Fée Cléo.

Ils embarquèrent tous à bord.


Pendant que les autres se trouvaient à l’avant du navire, Aurore parlait avec sa Fée protectrice, Cléo.

- Comment se fait-il qu’ici nous parlons tous la même langue ?
- C’est grâce à la magie. Il y a des siècles de cela, chaque peuple avait sa propre langue, et en magie, certaines formules étaient prononcées dans la langue des anciens. Mais un jour, le Conseil des Anciens a décidé de lancer un sort sur notre monde, pour que l’on s’exprime tous dans la même langue. C’est une langue dérivée de celle des anciens. Mais chaque peuple a conservé la capacité de parler dans leur langue natale, seulement maintenant la « nouvelle langue » est entrée dans les mœurs.
- Il a dû falloir beaucoup de magie pour réaliser ce sortilège ?
- Pas autant que tu le penses.
- Est-ce que toutes les Fées vivent des milliers d’années ? s’enquit la Nymphe.
- Nous ne vivons que quelques centaines d’années, répondit Cléo.
- Pourtant la princesse Palestine faisait partie de la première Guilde, et c’était il y a des milliers d’années.Pourquoi la reine Présine est-elle toujours en vie si vous ne vivez que quelques centaines d’années ?
- Le cas de notre souveraine est différent, répondit la Fée. Peut-être qu’un jour la reine
vous expliquera pourquoi elle vit toujours, fit la Fée.

Elles furent interrompues par l’arrivée des quatre autres.

- Regarde Aurore, lui dit Justin, en lui tendant un petit livre de la taille et de l’épaisseur d’un agenda.
- Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle en s'en saisissant.
- C’est une sorte de guide pratique, la reine nous en avait parlé hier.
- On a décidé de te le confier, lui dit Evan à contrecœur.
- Pourquoi moi ? demanda Aurore.
- Disons que tu as l’air d’être la plus raisonnable de nous tous.
- Dîtes plutôt que vous n'avez pas su vous décider pour choisir la première personne qui allait le garder. Et comme je n’étais pas là quand vous en parliez, vous me le confiez. Comme ça, pas de jaloux, fit-elle perspicace.
- Je vous avais dit qu’elle comprendrait tout de suite, fit Justin.



Ils accostèrent comme prévu le lendemain en fin d’après midi. Les Fées n’avaient autorisé que les filles à descendre du navire. Les Amazones n’aimaient pas les hommes. Elles ne s’en servaient que pour la reproduction. Aurore et Dina allèrent donc avec les Fées à la rencontre de la reine Gena. Les garçons observèrent la scène du pont.

- Bienvenue sur mon île ! Je suis Gena, reine des Amazones et membre du Conseil des Anciens, fit la fière guerrière qui les attendait.

Les filles s’inclinèrent devant la reine.

- Vous n’avez pas à vous incliner devant moi. Je ne suis pas votre souveraine. Mais cette marque de respect m’honore. Suivez-moi, je vais vous conduire dans ma cité. Je vous donnerai des vivres et des armes, comme convenu.

Elles n’eurent pas à faire le trajet jusqu’à la cité à pied. On leur avait amené un cheval pour chacune. Les Fées, bien sûr, n’en avaient pas besoin, elles savaient voler. D’ailleurs les chevaux n’avaient été prévus que pour Dina et Aurore.

La cité de la reine des Amazones était entourée de remparts en bois. Il n’y avait pas de château. La reine vivait dans un temple très luxueux. À l’inverse du château des Fées, la décoration du temple était assez ostentatoire. Les richesses étaient partout, étalées, mises en avant.

La reine s’assit sur son trône, et fit appeler des serviteurs. Ils s'avancèrent vers Dina et Aurore, s’inclinèrent et leur exposèrent des armes sur une table en or massif, face à la reine. Ils s’inclinèrent devant la reine et devant les filles, puis se placèrent dans un coin.

- Désormais, ses armes sont les vôtres. Vous les prendrez avec vous sur le bateau.
- C’est très généreux de votre part, Altesse, mais, mes compagnons et moi-même, n’avons pas vraiment l’habitude des armes.

C’était vrai. Ils en avaient parlé tous les cinq. Aucun d’entre eux ne savait se battre, avec ou sans arme. Quand la reine Présine leur avait dit que la reine des Amazones allait leur en offrir, un malaise s’était installé. Pendant les tests, personne ne leur avait demandé s'ils savaient se servir d’une arme.
La reine Gena avait souri.

- Ce n’est qu’un détail, croyez-moi. Vous en aurez besoin, et leur maniement vous viendra très vite, assura-t-elle. Nous allons manger maintenant. J’ai fait faire un banquet en votre honneur, dit-elle en se levant.

Aurore et Dina se regardèrent, médusées. Elles suivirent la reine jusqu’au banquet, qui avait lieu dehors. Elles se sentaient toutes les deux tellement petites et insignifiantes face à toutes ses guerrières. Elles étaient toutes très grandes, armées, et vêtues de peaux de bêtes.

La nourriture aussi, n’avait rien à voir avec celle qu’ils avaient goûté à Avalon. Elle n’était pas aussi raffinée. Des têtes de cochons, des lapins entiers, et au centre de la table trônait un sanglier énorme. Il fallait qu’elles se servent elle-même, et comme les animaux n’étaient pas découpés, ce n’était pas vraiment pratique. Aurore n’avait pas de problème avec ça, car elle était végétarienne. C’était tout de même très bon, mieux que la nourriture qui se trouvait sur le navire.

Les garçons n’avaient pas été très heureux de devoir rester sur le bateau alors que les filles allaient festoyer avec des sortes de mannequins guerriers. Parce qu’elles étaient toutes vraiment belles. Elles devaient choisir leurs partenaires avec soin.

La reine ne leur adressa pas la parole de la soirée. Elle observait les deux jeunes femmes attentivement. Elle semblait absorbée par ses pensées.

Le repas terminé, leur hôtesse se leva.

- Je vous souhaite de garder courage, car de nombreux dangers vous attendent. Puissiez-vous accomplir votre mission avec courage et honneur. Au revoir, jeunes guerrières. J’espère vous revoir un jour.

La reine les fit alors raccompagner jusqu’au bateau, avec les armes et les vivres.



- Alors ? Qu’est ce qu’elle vous a raconté la belle Amazone ? demanda Evan.
- Pas grand-chose. Elle nous a surtout observées. Je ne sais pas si on lui a plu, dit Aurore.
- Elle nous a bien donné des armes, par contre. Quand je lui ai dit qu’on n’avait jamais appris à s’en servir, elle nous a souri. Elle nous a dit que ce n’était qu’un détail, et que ça nous reviendrait, ajouta Dina.
- Que ça nous reviendrait ? Comment ça peut nous revenir, si on n’a jamais appris à s’en servir ? s’inquiéta Justin.
- À mon avis, elle sait quelque chose sur nous qu’on ignore, dit Aurore.
- À mon avis, elle n'a pas dû comprendre ce que vous lui avez dit ! s’exclama Evan.
- Je suis d’accord avec Aurore. Elle doit avoir une bonne raison pour vous avoir dit ça, dit Zach. Elle doit savoir quelque chose. Où sont ses armes ? demanda-t-il aux filles.
- Près de la passerelle, répondit Dina.
- Allons les voir, fit Zach, intéressé.

Ils allèrent chercher les armes, et les étalèrent sur le pont. Il y avait trois épées, une longue, une plus courte à lame recourbée, qu’on appelle cimeterre, et la dernière plus courte et plus épaisse que l’épée ordinaire. Il y avait à côté, un arc et son carquois remplit de flèches, une sorte de massue, et deux dagues. Il y avait aussi un autre sac à côté de celui qui contenait les armes. Celui-là était remplit de vêtements et de côtes de mailles. En renversant son contenu, un mot tomba sur le sol. Zach le ramassa et le lut aux autres.

- Voici un présent qui vous sera plus utile au combat que les tenues que vous ont donné les Fées. Les robes de ce genre ne seront pas vraiment pratiques lors d'une bataille. Les côtes de mailles sont un présent des Nains, et les vêtements sont les tenues traditionnelles portaient par la Guilde. Amitié, Gena, reine des Amazones.
- Elle a pensé à tout, commenta Evan.
- Effectivement, se sera mieux avec ses vêtements, leur dit Dina.


Chacun avait choisi une arme. Justin avait pris la longue épée, Aurore le carquois et l’arc, Evan prit le cimeterre. Zach, lui, avait prit l’épée la plus courte, et Dina les deux dagues. Une fois que les armes avaient été choisies, chacun prit de quoi se changer.

Les garçons portaient une côte de mailles sous une tunique et un pantalon. Les filles aussi portaient une côte de mailles sous une tunique plus courte. Leurs pantalons étaient plus courts également.

- Maintenant, je nous trouve plus crédible. On ressemble davantage à des membres de la Guilde, dit Evan.
- Tu ne sais même pas à quoi ressemblent les membres de la Guilde ! dit Zach.
- Oui, mais armé, on est quand même plus crédible. Tu n’es pas d’accord ?
- Si, je suis assez d’accord.


Le reste de la traversée fût sans problème, les eaux restèrent calmes et le temps était au beau fixe. Après trois jours de voyage, ils arrivèrent enfin au port de la Wicca, à Sorcélia. À présent, chacun savait que leur mission allait réellement commencer.
Note de fin de chapitre:
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Le prochain chapitre s'intitule : Le port de la Wicca.
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