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Notes d'auteur :
Et voici la suite ! J'espère que l'histoire vous plait.
Bonne lecture !
Chapitre 15 : Le désert




Ils étaient enfin sortis des Montagnes du Nord et ils se dirigeaient vers un endroit appelé « le champ des Elfes ». C'est là qu'ils devraient placer une autre pièce. Mais pour arriver là-bas, il leur faudrait traverser une petite portion de désert.

- Quand vous dites une partie du désert, elle est grande comment votre « partie » ? questionna Evan.
- À peine une demi-journée de marche, lui répondit Kerof.
- Est-ce qu'il y a des dangers à redouter dans le désert ? demanda Justin.
- Je ne crois pas que nous verrons des Trolls, ils n'aiment pas vraiment la chaleur, ils préfèrent l'humidité de leurs grottes. Les créatures qui sont dangereuses se trouvent plutôt en plein désert, pas en bordure.
- Tant mieux, mais sait-on jamais, soyons prudents, dit Zach.
- Oui, après tout, on n'est pas à une autre surprise près, dit Dina.
- Est-ce qu'il y a quelque chose de spécial dans le désert ? demanda Aurore à Kerof.
- Pourquoi pensez-vous qu'il y a quelque chose dans le désert ? lui demanda Kerof les yeux pétillants de malice.
- Une intuition, lui répondit-elle simplement.
- Eh bien ma chère, vous avez une très bonne intuition. On dit qu'il y aurait soit un temple, soit plusieurs, cela dépend de qui raconte l'histoire. Plein de rumeurs ont circulé, allez savoir s'il y en a seulement une d'exacte. Tantôt on parle d'un temple dédié au Dieu Kalg, le Dieu de la Mort, tantôt il y aurait quatre temples, un pour chaque élément. Mais ce ne sont que des sornettes si vous voulez mon avis.
- Peut-être bien, mais vous savez ce qu'on dit, il n'y a pas de fumée sans feu, lui répondit-elle. Il doit y avoir quelque chose mais ça n'a peut-être rien à voir avec les histoires que vous avez entendues.
- C'est possible, dit Kerof sans grande conviction.
- Regardez, on arrive bientôt dans le désert, dit Evan en montrant du doigt une étendue de sable.

Il leur fallut encore deux heures de marche pour y entrer.


Contrairement à ce qu'on pourrait penser, le climat des Montagnes du Nord n'avait pas été vraiment froid, il avait été plutôt doux, et depuis qu'ils les avaient descendues, le climat s'était réchauffé petit à petit. Le paysage aussi avait changé au fur et à mesure. Des montagnes, ils avaient traversé une vallée verdoyante, puis ils avaient emprunté une route sèche et caillouteuse. Ils avaient dû descendre plus tard dans la journée une pente rocheuse, et la chaleur qui y régnait en ce milieu d'après-midi était particulièrement insupportable. À présent qu'ils avaient pénétré dans le désert, la chaleur était encore plus étouffante, même écrasante.

Il n'y avait pas le moindre souffle de vent. N'y étant pas préparés, ils ne possédaient rien pour se protéger du soleil. Les chiens supportaient très mal la chaleur, eux aussi. Heureusement pour eux, c'était déjà la fin de la journée et le soleil était moins brûlant, mais ils avaient néanmoins de sacrés coups de soleil.

- Qu'est-ce qu'on fera cette nuit ? On continuera à marcher toute la nuit, ou on fera quand même une pause ? demanda Justin. Je sais qu'on n'a pas de temps à perdre, mais je n'en pourrai bientôt plus.
- La nuit ne va pas tarder à tomber. Dans une heure on fera une pause, on s'arrêtera pour se reposer quelques heures. Je commence en avoir assez moi aussi, lui répondit Dina. Vous êtes d'accord ?
- Absolument, lui répondit Evan hors d'haleine.

Une heure plus tard, la nuit venait de tomber et ils étaient arrivés devant des ruines.

- Si on s'arrêtait ici, si le vent venait à se lever, ces ruines nous protègeraient, suggéra Zach.
- Bonne idée, dit Justin en s'asseyant, adossé contre un mur.

Ils s'assirent tous en cercle. Il commençait à faire très froid, Justin créa un feu grâce à sa magie. À présent, il n'avait plus besoin de bois pour faire du feu.

- Dîtes-nous Kerof, à quoi correspondaient ces ruines ? lui demanda Dina.
- Ces ruines datent du début de Faeria, on dit que c'était un temple dédié à la Déesse Hatari. Mais allez savoir si c'est vrai.
- Hatari? La Déesse des Sorciers ? demanda Dina.
- Elle faisait partie, à ce qu'on dit, des Dieux qui quittèrent Faeria il y a des millions d'années. C'est une légende bien sûr, rien ne prouve qu'elle est vrai.
- Quelle légende ? demanda Dina, intéressée.
- On raconte que les Dieux qui créèrent Faeria, toutes les plus anciennes religions confondues, ont un jour été lassés de notre monde. On dit qu'il y eut un terrible massacre, dont nous ignorons l'origine, mais après cela, beaucoup des Dieux de l'époque partirent. Seules quelques uns ont voulu rester. C'est assez flou. Mais comme je vous le disais, c'est une de nos légendes.
- Quels sont les Dieux que les Faeriens vénèrent ? Nous ne connaissons pas vraiment les religions, ni les coutumes d'ici, demanda Zach.
- Eh bien, comme vous le savez déjà, très chère Dina, le peuple des Sorciers, vénèrent Hatari. Les Druides, eux, cher Justin, ont plusieurs Dieux.
Mais, voyez-vous, les Sorciers et les Druides font partis des rares peuples qui ont une religion, et surtout, une très ancienne religion.
- Les autres peuples ne croient en rien alors ? Et vous Kerof ? lui demanda Dina.
- Ce n'est pas parce que je ne crois en aucun Dieux, que je ne crois en rien. En réalité, nous croyons au ciel, à la terre, à la nature... Peu importe le nom qu'on leur donne. Mon peuple n'a pas vraiment de religion, nous ne vénérons personne en particulier. On dit que c'est parce que nos Dieux sont partis, comme je vous le disais à l'instant, mais nous sommes très proches de la nature, de la terre. Nous ne sommes plus partisans des anciennes religions, et n'en avons pas de nouvelles. Nous croyons en ce qui nous entoure, simplement.
- Donc, en dehors des Druides et des Sorcières, personne n'a de religion ? demanda Aurore.
- Non, en dehors des Terres Enchantées, les humains ont leur religion, mais je ne la connais pas, ou plutôt je ne les connais pas. Je n'ai jamais voyagé hors d'ici. Je ne connais pas les autres pays.
- Nous comprenons un peu mieux le fonctionnement et les coutumes de ce monde. Mais nous avons encore beaucoup de choses à apprendre, dit Justin.
- Je trouve que vous vous en sortez plutôt bien, leur dit Kerof.
- C'est gentil Kerof, répondit Zach. Il faudrait dormir un peu, je prends le premier tour de garde, dit-il après un moment de silence.


Les autres se couchèrent sur le sable et s'endormirent instantanément. Sony et Louka montaient la garde, ce qui faisait un peu de compagnie à Zach. Mais à peine deux heures plus tard, alors que l’Ondin s'apprêtait à réveiller Justin pour son tour de garde, il crut apercevoir quelque chose se déplacer entre les ruines. Il regarda plus attentivement et vit à nouveau quelque chose. Il ne savait pas ce que c'était, ça se déplaçait trop vite, mais ça avait l'air très petit, encore plus petit que Kerof. Sony se releva brusquement et Louka se mit à grogner, l'air menaçant. Sony, apeuré, reculait progressivement vers le mur derrière lui. Zach s'approcha doucement de Justin, le secoua légèrement, et celui-ci se réveilla aussitôt.

- Il y a un truc bizarre, j'ai vu quelque chose se déplacer entre les ruines, c'était tellement rapide que je n'ai pas vu ce que c'était.
- Tu es sûr ? demanda Justin, encore ensommeillé.

Louka et Sony se mirent à aboyer furieusement.

- Absolument ! Tiens ! Regarde, ça recommence !
- Oui, tu as raison, je l'ai vu. On devrait peut-être réveiller les autres, non ?
- Pas la peine, c'est fait, dit Evan.
- J'ai senti quelque chose, qu'est-ce qui se passe ? demanda Dina.
- On a vu une sorte de petite créature se déplacer rapidement, je n'ai pas bien vue, lui répondit Justin.
- Attendez ! J'ai lu dans le livre qu'il y avait des créatures qui vivaient dans les ruines, leur dit Aurore.
- C'est gentil de le dire ! s'exclama Evan.
- Je n'y pense que maintenant, s’excusa-t-elle.
- Aurore a raison, ce doit être un Borowna, les informa Kerof.
- Un quoi ? demandèrent-ils tous en même temps.
- Un Borowna, bande d'ignares ! Vous n'êtes pas très doués pour des Guildéens, dit une créature perchée sur un mur d'une des ruines.

Louka se mit à aboyer de plus belle.

- Comment savez-vous qui nous sommes ? lui demanda Evan en se levant, l'épée levée.
- J'ai rarement vu un feu brûler sans bois, fit-il, perspicace. Et veuillez ranger votre arme, je vous prie, je n'ai pas l'intention de me battre contre vous. Je ne vais pas me salir pour si peu, fit-il d'un air dédaigneux. Et puis dites à ce chien stupide d'arrêter d'aboyer, il me casse les oreilles !

Le Borowna était une étrange petite créature. Faisant la taille d'une main humaine, il avait des cheveux et une barbe blanche si longue, qu'on aurait pu le croire couvert de poils. Ses petits yeux noirs encadrés de rides, pétillaient de malice.

- Parce que vous imaginez que vous pouvez nous battre ! dit Evan sarcastique.
- Ne vous fiez pas à la taille d'un être, mon jeune ami, lui dit Kerof.
- Votre ami Tulmarian à raison, jeune impertinent. Oseriez-vous insulter l'une des plus vieilles créatures de Faeria, jeune arrogant ? Pensez-vous que seule la force compte ?
- Je suis désolé, vous avez raison, je ne devrai plus me fier à la taille, pas après vous avoir vu à l'œuvre Kerof, dit Evan en rangeant son arme. Mais n'insultez pas non plus ce chien, il est loin d'être stupide.

Le Borowna se renfrogna.

- Je suis ravi de voir que vous murissez enfin, cher Evan, répondit Kerof.
- Pourrions-nous connaître votre nom, demanda Aurore au Borowna.
- Mon nom est Malouan, je fais partie des rares survivants de ma race, dit-il d'un air de défi.
- Nous en sommes désolés, lui dit Zach.
- Que s'est-il passé ? lui demanda Dina. Mais excusez-nous, je m'appelle Dina, et voici Aurore, Evan, Zach, Justin, et bien sur notre ami Kerof. Et nos deux compagnons canins, Sony et Louka.
- Vous faîtes une bien drôle d'équipée, jeunes gens, mais pour répondre à votre question, mon espèce a servi de repas à ces immondes Chimères ! s'exclama-t-il, rageur.
- Quelle horreur ! s'exclama Aurore.
- Comment avez-vous fait pour vous en sortir ? lui demanda Dina.
- En courant, mademoiselle, en me sauvant comme un lâche, dit-il, dégouté de lui-même.
- Avoir sauvé votre vie ne fait pas de vous un lâche, lui dit Justin.
- Il a raison, mourir avec les autres n'aurait servi à rien, continua Evan.
- Ah, vous trouvez, et vivre sans les autres me sert à quoi ? répliqua Malouan hargneux.
- Peut-être à veiller à ce que ça n'arrive pas à d'autres. Si vous êtes en vie, il doit y avoir une raison, comme il doit y avoir une raison pour qu'on vous ait rencontré, lui dit Dina.
- Je ne crois pas vraiment au destin vous savez. Et je ne vois pas ce que je pourrais faire, c'est votre travail de veiller à ce que ce genre de choses n'arrive plus, répliqua-t-il.
- Êtes-vous sûr qu'ils sont tous morts ? lui demanda Justin.
- Oui, je les ai vus mourir, malheureusement, dit-il baissant la tête pour cacher les larmes qui lui montaient aux yeux.
- Nous sommes vraiment désolés de ce qui est arrivé, je ne veux pas imaginer ce que ce serait que de voir mourir mon peuple, lui dit Zach.
- Mais peut-être pourriez-vous m'emmener avec vous, je pourrais vous aider, fit-il le poing levé. Ma magie est puissante, mais si mon peuple est mort, c'est parce que notre eau a été empoisonnée pour neutraliser nos pouvoirs. Je suis le seul qui n'en ait pas pris. Laissez moi venir avec vous, je suis aussi très rapide. Laissez-moi venir, pour m'assurer que ces chiens le paieront de leur vie ! dit-il, la colère lui empourprant les joues.
- Nous ne savons pas, nous avons pris Kerof avec nous déjà, je ne sais pas si on peut faire ça à chaque fois, répondit Dina. On ne peut pas dire que l’on passe inaperçu, marmonna-t-elle.
- Vous avez raison, ma chère, et je lui cède ma place, dit Kerof.
- Quoi ? Non ! dit Aurore.
- J'y pense depuis un certain temps, je crois que nous devrions nous séparer. Je vais longer le désert pour éviter de passer par le Pays des Fées. Je vais me rendre à Forestia, là où se trouvent la plupart de vos condisciples, ma chère Aurore. Beaucoup de Telmarians se trouvent là-bas. Quand votre mission sera achevée, le temps sera venu de faire la guerre. Je me charge du recrutement, et pas seulement de mon peuple. C'est une autre manière de vous venir en aide. Notre ami Malouan vous sera d'une aide précieuse, il ne se vante pas quand il dit que sa magie est puissante. Son savoir vous sera très utile également.
- Vous êtes sûr de votre choix Kerof ? lui demanda Evan, pas très emballé par la perspective de voyager avec Malouan.
- Tout à fait, mon ami.
- Très bien, dit Zach, Malouan, nous acceptons votre aide avec plaisir.
- Merci beaucoup, je veux que mon peuple obtienne justice, mais je ne veux en rien vous chasser, dit-il en se tournant vers Kerof.
- Ce n'est pas le cas, je vous assure, mon cher.
- Mais faites attention Malouan, je ne suis pas sûr que la vengeance vous aidera, et ça ne nous aidera pas non plus, fit Zach. C'est un sentiment qui est dangereux et qui pourrait causer votre perte et la nôtre par la même occasion !
- Vous avez raison, je le sais, je vous promets de ne rien faire de stupide, si c'est ce que vous redouter.
- C'est bien ce que je redoute, en effet, mais je vous surveillerai, promit l’Ondin.
- Bien, ce n'est pas tout ça, mais il faudrait peut-être se remettre en route, je ne pense pas pouvoir me rendormir, dit Evan.
- Tu as raison, allons-y, dit Dina.
- Je vous accompagne jusqu'à la limite du désert, dit Kerof.

Justin cessa de produire le feu, ils rangèrent leurs couvertures dans leurs sacs, et se mirent en route. Le soleil se leva des heures plus tard, le vent soufflait fort, leur projetant du sable dans les yeux. Au bout de trois heures de marches ils atteignirent la lisière du désert.

- Il est temps de se quitter mes amis, leur dit Kerof.
- Vous nous manquerez Kerof, lui dit Aurore.
- Oui, nous espérons vous revoir très prochainement, continua Dina.
- Je ne doute pas que nous allons nous revoir, ma chère.
- Prenez soin de vous Kerof, nous aurons besoin de vous, lui dit Evan.
- Bonne chance, Kerof, lui dirent Justin et Zach.
- Merci mes amis, bonne chance à vous aussi, et, Malouan, veillez sur eux, dit-il en aparté au Borowna.
- Ne vous inquiétez pas, je veillerai au grain, lui chuchota-t-il. Ils n’ont pas l’air très futés, dit-il en grimaçant.
- Sony dit qu'il est triste de vous voir partir. Et Louka dit que c'est très courageux de votre part, et que c'est tout à votre honneur de nous aider dans notre mission, dit Aurore.
- Vous me manquerez aussi vous deux, fit-il.
- Ils disent qu'ils veulent venir avec vous, Kerof !
- Quoi ? Hors de question, fit celui-ci.
- Ils pensent que nous n'avons plus besoin d'eux, et que nous sommes suffisamment forts pour nous en sortir. Ils disent que vous aurez besoin d'aide pour recruter des combattants.
- Et comment comptez-vous faire pour en recruter ? En aboyant ? fit Kerof.
- Louka dit que Forestia comporte énormément de Nymphes, et qu'elles peuvent les comprendre comme je le fais en ce moment, continua Aurore, avec un petit sourire.
- Bon, très bien, espèces de têtes de mules, venez !

Sony poussa un long aboiement aigu, tout en remuant la queue, signe évident de son contentement.

Après un dernier au revoir, Kerof s'éloigna vers la droite, alors que les autres continuaient tout droit. Ils finirent par sortir du désert, ils descendirent une pente ensablée et caillouteuse, puis le paysage changea progressivement. Après avoir traversé un paysage rocheux et désertique, ils virent à nouveau des plaines verdoyantes, des champs. Ils approchèrent d'une source d'eau à la lisère d'une forêt. Les filles et les garçons se séparèrent pour se laver chacun de son côté. Après la chaleur aride du désert, ils apprécièrent de se baigner dans une eau fraîche. Après s'être lavés, ils en profitèrent pour remplir leur gourde, avant de reprendre leur chemin.

Ils marchaient à destination du Champ des Elfes afin d'y placer une autre pièce. Ils espéraient ne pas croiser de Trolls ou d'autres dangers similaires. Ils craignaient que, comme la ville souterraine des Sorciers, le Champ soit tombé entre des mains ennemies.

C'est donc le cœur lourd d'avoir dû quitter un ami, et avec la crainte de devoir affronter à nouveau quelque chose de terrible, qu'ils avancèrent vers leur destinée.
Note de fin de chapitre:
Alors ? Qu'en avez-vous pensé ?
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