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Notes :

Voici mon tout premier roman. J'espère que l'histoire vous plaira.

Notes d'auteur :
Voilà le premier chapitre. Bonne lecture !
Chapitre 1 : Une visite inattendue




C’était vraiment une chaude journée, mais rien d’inhabituel pour une fin de mois de juillet en Espagne. Dina était dans sa voiture, elle se rendait à Séville pour passer le week-end chez ses parents, mais elle voulait aussi récupérer quelques cartons qu’elle n’avait pas encore prit lors de son emménagement à Madrid. Elle allait rentrer à l’université à la rentrée, et avait enfin quitté le nid familial.

Elle pensait à sa famille, à sa mère surtout. Elle avait tellement vieilli ces derniers mois !
Elle avait l’air si préoccupé la dernière fois que Dina l’avait vu. Elle adorait sa mère, même si elle ne ressemblait en rien aux mères classiques. Il est vrai qu’avoir pour mère une Sorcière n’a rien de banal.


Dina se souvenait de son enfance, quand Magda, sa mère, recevait des gens à la maison. Ils venaient lui demander des conseils, en tout cas c’est ce qu'elle lui racontait à ce moment-là. Déjà petite, Dina était très curieuse, et elle était très intriguée par les activités de sa mère. Elle ne comprenait pas pourquoi les habitants regardaient sa mère si étrangement, avec un respect mêlé de crainte.

Alors qu’elle avait huit ans, une nuit, elle s’éveilla brusquement. Elle avait une étrange sensation, elle sentait une présence dans la maison. Elle se glissa lentement hors de son lit, regarda dans le lit d’à côté pour vérifier si son frère aîné Marco dormait toujours. Voyant que c’était bien le cas, elle s’avança doucement jusqu’à la porte. Elle l’ouvrit sans faire de bruit, et
entendit la voix de sa mère qui provenait d’en bas. Il y avait une autre voix, celle d’un homme qu’elle ne connaissait pas. Elle traversa silencieusement le couloir jusqu’à l’escalier. Elle descendit les marches une à une, avec appréhension, mais aussi avec une curiosité grandissante. Elle arriva enfin à la dernière marche et s’y assit. Elle voyait sa mère avec deux
autres dames qu’elle connaissait bien, car elles étaient des amies de sa mère. Elles se trouvaient dans la cuisine. Soudain, Dina se figea, ce qu’elle voyait était incroyable. La table de la cuisine flottait dans les airs ! Elle était à au moins dix centimètres du sol. Dina fut tellement surprise qu’elle laissa échapper une exclamation. La table retomba lourdement sur le sol. Sa mère tourna la tête dans la direction de sa fille, l’air un peu ennuyée. Dina courut dans l’escalier, se rua dans sa chambre, et s’enfouit sous les couvertures en sanglotant de terreur.

Au bout d’un court laps de temps, elle entendit la porte de la chambre s’ouvrir.

– Heureusement que ton frère n’a pas le sommeil léger, dit sa mère. Dina ma chérie réponds-moi, tu n’as pas à être effrayée.

Dina sanglotait toujours sous sa couverture.

– Ma chérie n’aie pas peur, c’est fini. Viens avec moi dans la cuisine, j’ai à te parler. Il n’y a plus personne, tu ne crains rien.
– Tu promets ? fit Dina d’une petite voix.
– Oui, je te le promets, dit calmement sa mère.

La petite Dina enleva ses couvertures, prit la main de sa mère et se laissa guider jusqu’à la cuisine. Elle s’assit sur une chaise en jetant un regard apeuré à la table. Elle savait qu’elle allait enfin avoir les réponses qu’elle attendait sur ses activités pour le moins étranges. Sa mère lui servit une tasse de chocolat, prit place en face d'elle et dit :

– Je pense que tu es suffisamment grande pour connaître la vérité. Comme tu dois certainement t’en douter, je suis une sorcière, et toi aussi.

Cette affirmation curieuse laissa Dina sans voix.
– Nous avons reçu des dons particuliers à la naissance, continua sa mère. Je rends certains services aux gens. Je peux me débarrasser de mauvais esprits qui hantent une maison, je peux communiquer avec eux. C’est ce que je faisais ce soir. Mais j’ai d’autres pouvoirs,
je te les montrerai en temps voulu, et je t’apprendrai à te servir des tiens. Tu as même probablement des pouvoirs que je n’ai pas. Mais je te rassure, nous sommes de bonnes
Sorcières. Nous sommes ainsi pour aider les gens.

– Papa sait que tu es une Sorcière ?
– Oui et Marco aussi. Mais pas tes sœurs, elles sont trop jeunes, et auront du mal à comprendre.
– Pourquoi ? Moi je te crois, et je comprends.
– Oui, mais toi tu n’es pas étonnée de ce que je viens de te dire, tu es comme moi, nous sommes pareilles. Pas ton frère et tes sœurs.
– Pourquoi ?
– Il n’y a qu’une Sorcière ou qu’un sorcier par génération, c’est comme ça.
– Comment tu sais que c’est moi qui ai des pouvoirs ?
– Je l’ai su à ta naissance, je l’ai senti. Nous sentons certaines choses que d’autres ne ressentent pas. C’est pour ça que tu t’es réveillée tout à l’heure, tu as senti la présence de l’esprit avec lequel je communiquais, n’est-ce-pas ? Si tu l’as senti c’est que tu es prête pour ton apprentissage.
– Il me tarde de commencer, fit-elle, pas le moins du monde étonnée par les déclarations de sa mère.

Sa mère sourit pour la première fois depuis le début de son récit.

– Il est temps que tu retournes te coucher. Je vais attendre le retour de ton père. Je sens qu’il a eu des difficultés avec un de ses patients. Bonne nuit ma chérie, à demain.
– À demain maman.


Dina repensait à cette nuit-là, elle revoyait le visage de sa mère, si calme, si grave, gardant toujours son sang froid même dans des situations dangereuses, comme elle a pu s’en apercevoir en grandissant. À présent, elle avait terminé son apprentissage. Elle était soulagée d’être partie de la maison, elle ne supportait plus l’ambiance qui y régnait depuis que Marco était parti. Il était devenu vendeur de voitures à Madrid, et d’après son patron, il était plutôt doué. Sa sœur Louisa qui avait deux ans de moins qu’elle, était terriblement jalouse de Dina.

Louisa pensait que sa sœur était la préférée de leur mère, parce que c’était elle, la Sorcière. La plus jeune des sœurs de Dina était Alicia. Alicia était très proche de leur père, elle rêvait de devenir médecin comme lui. Elle essayait néanmoins d’être le moins possible à la maison.


Dina arriva bientôt chez ses parents, elle était impatiente d’y être. Elle ne voulait pas arriver trop tard, car elle voulait parler seule à seule avec sa mère. À cette heure-ci, son père devait encore être à son cabinet, et son frère ne viendrait pas ce week-end. Louisa passait une semaine à la mer avec une amie à elle et ses parents, quant à Alicia elle était en ville cet après-midi avec ses amies.

Dina se gara devant la maison familiale. C’était un petit pavillon, avec un jardinet à l’avant et un plus grand jardin à l’arrière. La maison était d'un blanc cassé, et possédait un garage suffisamment grand pour deux voitures.

Dina franchit le portillon, s’avança dans l’allée et s’apprêta à sonner quand la porte s’ouvrit. Une femme d’une quarantaine d’années, mais en paraissant dix de plus, se trouvait dans l’encadrement de la porte. On voyait sur son visage, qu’elle avait vu beaucoup de choses
dans sa vie, des choses terribles. Elle avait de longs cheveux prématurément gris, portait une chemise bordeaux et une jupe noire en lin.

- Bonjour ma chérie, je t’attendais. Tu as l’air fatigué. Aurais-tu passé une mauvaise nuit ?
- Tu as deviné juste maman, comme toujours.
- Entre, je t’en prie.

Sa mère s’effaça pour la laisser entrer. Elles s’assirent dans le salon.

- Si tu viens si tôt, c’est que tu voulais me parler. Est-ce que ça a un rapport avec tes magnifiques cernes ? fit sa mère perspicace.
- Exact. Je voulais parler avec toi d’un rêve étrange que j’ai fait la nuit dernière. J’étais
en train de faire un rêve tout ce qu’il y a de banal, lorsqu’une Fée m’est apparue en plein milieu.
- Comment sais-tu que c’était une Fée ? demanda sa mère le regard pétillant.
- Parce qu’elle me l’a dit. Elle a dit qu’elle était la Fée Présine. Moi qui ai toujours imaginé que les Fées étaient petites, comme la Fée Clochette dans Peter Pan. Ce n’était pas son cas, elle avait une taille normale, comme les humains. Elle était brune, sa robe était bleue, et sa peau et ses vêtements scintillaient. Elle était très belle.
- Elle était jeune ou âgée ?
- En apparence elle était jeune, mais en regardant ses yeux on s’apercevait qu’elle était
âgée. Elle m’a parlé, continua-t-elle après un moment de silence. Elle m’a parlé d’un autre monde qui vivrait en harmonie avec le nôtre. Elle m’a appelé « la descendante
de la grande Gwenola », elle m’a dit que l’heure était venue, que je devais aller à elle, que je devais accomplir ma mission. Elle m’a demandé de ne pas oublier la pièce. Et c’est là que je me suis réveillée. Qu’est-ce que tu en penses ?
- Viens avec moi s’il te plaît, lui demanda sa mère, l’air plus grave que d’habitude.

Dina la suivit jusque dans la chambre de ses parents.

- Ferme la porte et assieds-toi sur le lit ! lui enjoignit sa mère en ouvrant la grande malle qui se trouvait au pied du lit.

Sa mère fouilla dans la malle quelques secondes puis la referma. Elle tenait dans ses mains un petit livre relié de cuir. Magda s’assit à côté de sa fille, et ouvrit le livre. Elle lui montra le dessin d’une femme. En regardant attentivement, Dina s’aperçut qu’il s’agissait de la Fée qui lui était apparu en songe.

- Mais c’est la Fée que j'ai vue en rêve ! s’exclama Dina.
- Oui, c’est la reine des Fées, tu sais.
- Elle existe vraiment ? fit-elle sceptique.
- Bien sûr, elles vivent dans un autre monde, un monde qui se nomme Faeria. C’est un monde où règne la magie, et toutes sortes de créatures magiques.
- Je ne savais pas que cela existait ! Je croyais qu’on ne voyait ce genre de monde que dans les livres.
- Et bien, vois-tu c’est pourtant la vérité. Tu ne t’es jamais demandée d’où te venaient ces pouvoirs ?
- Si, parfois.
- Elle t’a parlé de Gwenola, il s’agit de notre ancêtre. C’était une Sorcière, c’est grâce à elle que nous avons ces dons. Tu vas devoir aller à Faeria pour accomplir ta mission, lui dit-elle après un moment de réflexion.
- Quelle mission ?
- Sauver Faeria des forces du mal. J’aurai aimé que tu sois plus âgée, plus expérimentée. Mais je ne m’inquiète pas trop, tu es forte et plus puissante que moi. Dis-moi as-tu le médaillon que je t’ai offert ?
- Bien sûr, il est dans mon sac à main. Pourquoi ? Et tu es sûre que c’est à moi qu’on a confié cette mission ? La reine aurait pu se tromper !
- Non ma chérie, certainement pas ! Rappelles toi de toujours garder le médaillon avec toi, tu en auras vraiment besoin.
- Maman, je ne comprends pas bien comment je vais pouvoir sauver un autre monde ? Tu es sûre de ce que tu dis ? Et comment je vais y aller ?
- Ne t’inquiète pas. Tu sauras en temps voulu. Aie confiance.

Elles furent interrompues par la porte d’entrée qui claqua.

- Magda ? C’est moi !
- Oui mon chéri, je viens.

Et elle descendit rejoindre son mari. Dina resta un moment dans la chambre, à réfléchir à tout ce qu’elle venait d’apprendre. Elle avait encore plein de questions à poser à sa mère. Mais elle devrait attendre qu’elles soient de nouveau seules toutes les deux.


Elle se décida au bout d’un moment à descendre embrasser son père. Elle l’écouta raconter sa journée, et parler de ses clients pendant au moins une heure. Ensuite, elle alla aider sa mère à préparer le repas du soir. Elle ne put parler à sa mère, car sa sœur Alicia était rentrée, et se trouvait dans la cuisine. Elle monta se coucher vers 23h30 sans avoir eu l’occasion de lui
parler. Dina n’était pas fatiguée, elle avait le cerveau en ébullition.

Elle se déshabilla, mit un short et un débardeur pour dormir. Elle alla ouvrir la fenêtre et regarda dehors. Il faisait toujours très chaud. C’était la pleine lune. Elle prit son sac à main et en sortit le médaillon. Il faisait environ dix centimètres de diamètre, et était en or. Sur le côté face, on pouvait voir l’entrée d’un tunnel souterrain au milieu d’une plaine. Sur le côté pile on voyait une ville souterraine. Sa mère lui avait raconté qu’il s’agissait d’une cité, où il n’y avait que des Sorcières et des Sorciers. Elle le posa sur sa table de chevet à côté de la fenêtre.

Elle sentit quelque chose qui volait près de son oreille droite, et fit un geste impatient pour la chasser.

- Hé ! Doucement voyons ! En voilà des manières !

Dina se figea.

- Qui est là ? demanda Dina d’une voix incertaine.
- Je m’appelle Mélita. Je suis venue te chercher.
- Où es tu ?
- Derrière toi.

Dina se tourna. Et ce qu’elle aperçut la laissa perplexe. À un mètre d’elle environ, se trouvait une créature à la peau scintillante et qui devait mesurer cinq centimètres.


- Tu es une Fée ?
- Exact ! fit Mélita rayonnante.

Passé le moment de surprise, Dina demanda :

- Je croyais que les Fées avaient la même taille que les humains ?
- Nous pouvons prendre la taille que nous voulons. Enfin, presque. Mais nous sommes obligées d’avoir une petite taille quand nous allons dans le monde des humains. Il faut être discret tu comprends ?

Dina ne comprenait pas trop comment on pouvait être discret quand on scintillait de la sorte. C’était comme si on l’avait saupoudrée de paillettes. Mais elle préféra s’abstenir de tout commentaire, et acquiesça.

- Alors ! Tu es prête ? On peut y aller ? La reine nous attend !
- Pour aller où ?

Dina avait peur de la réponse. Elle commençait à croire qu’elle rêvait.

- À Faeria bien sûr ! fit-elle agacée.
- Comment ?
- Tiens, bois ça. Comme ça tu pourras passer le portail avec moi.

Mélita lui tendit une minuscule bouteille, à moins que se ne fût une fiole, difficile à dire. Dina la prit entre le pouce et l’index. Elle craignait de la briser.

- De quel portail parles-tu ?
- Du portail qui permet de passer de mon monde au tien, et vice versa.

Subitement, la petite Fée se mit à voler en faisant un grand cercle. Elle volait de plus en plus vite, si vite, que Dina ne la distinguait plus. Elle ne voyait qu’un cercle de paillettes. Tout à coup, Mélita s’arrêta, mais le cercle était toujours visible. La fée recula, prit quelque chose dans une petite sacoche qu’elle portait accrochée à sa robe verte. Elle souffla dans sa main, et
une espèce de poudre s’envola vers le cercle. Il y eut une lumière aveuglante. À présent, de l’énergie se dégageait de l’intérieur du cercle.Ce n’était pas lisse, au contraire, il y avait des sortes de vagues violettes. Dina avait mal aux yeux en regardant le cercle.

- Maintenant que je viens d’ouvrir le portail, bois la potion, fit Mélita pressée.
- Je ne peux pas tout laisser tomber comme ça ! Est-ce que je reviendrais au moins ? demanda Dina qui commençait à paniquer.
- Je ne sais pas si tu reviendras. Je l’espère vraiment pour toi. Mais tu dois venir avec moi. Tu as une mission à accomplir, fit Mélita, soudain l’air grave.
- Je ne sais même pas ce que je dois faire !
- Tu le sauras quand on sera de l’autre côté. Hâte-toi, je t’en prie, supplia Mélita.
- Je n’y arriverai pas toute seule ! se lamenta Dina.
- Qui te dit que tu seras seule ! Aller, bois la potion avant que le portail ne se referme. Je n’aurais pas la force de recommencer. Et n’oublie pas la pièce ! Tu l’as avec toi j’espère !
- De quelle pièce tu parles ? Oh ! Le médaillon tu veux dire ! dit-elle en prenant le médaillon posé sur sa table de chevet.
- Tu es prête ?
- Non.
- Tant pis, il faut traverser.


Dina se résigna. Elle savait qu’elle n’avait pas le choix. Elle ouvrit tant bien que mal la fiole contenant la potion, et la but. Elle sentit une chaleur réconfortante s’insinuer en elle. Elle se décida enfin à traverser le portail, une boule au ventre.

Le portail était aussi chaud que la potion. Elle eut soudain l’impression qu’elle avait attendu ce moment toute sa vie, elle sut que tout ce que sa mère lui avait enseigné jusque là, n’avait servi que pour ce moment-là.

Le passage de l’autre côté ne dura que quelques secondes. Lorsqu’elle arriva à Faeria, elle se dit qu’elle n’aurait jamais imaginé voir cela un jour.
Note de fin de chapitre:
N'hésitez pas à me donner votre avis, cela me permettra de progresser.
Le second chapitre est prêt et devrait vite suivre.
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