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Notes d'auteur :
Merci à Bevy pour son avis en avant première
Oh putain ! Qui a mis le volume de mon réveil à fond ?! Je grimace et ouvre les yeux difficilement. A cause de cette lumière, je les referme aussitôt.
Et l’autre là, qui chante à tue-tête dans la radio ! D’une main, je cherche le bouton stop tandis que de l’autre, j’écrase mon traversin contre ma joue dans l’espoir d’atténuer un peu le raffut du guignol qui s’époumone à travers les enceintes.
Je tâte, je tâte. Ah ! Enfin. Après un instant, mes yeux semblent s’habituer aux rayons de soleil passant à travers la vitre, mais ce point positif ne fait que contraster avec le mal de crâne qui décide de se pointer, me rappelant au passage la soirée de la veille… Quelle idée de se bourrer la gueule un soir de semaine ! Je m’assieds et bouge doucement jusqu’au bord de mon lit. J’ai l’impression que mes intestins viennent de déclarer la guerre à mon cerveau… Mes chaussons m’attendent bien sagement au pied du lit. Je les enfile, tenant debout par je ne sais quel miracle, et me dirige vers la salle de bain. Vite ! Une douche ! 
Sauf que le chemin ne m’a jamais paru aussi long. Restes de la beuverie, j’ai l’impression que le parquet de ma chambre fait des vagues sous mes pieds. Je me sens irrémédiablement attiré par le mur, et je suis obligé d’avancer tant bien que mal, avec les bras en guise de balancier. Là. Enfin. La salle de bain.
J’entre et je referme la porte derrière moi. Je m’adosse un instant contre le mur et mes pieds manquent de glisser contre le carrelage. Mon dieu ce mal de tête ! J’envoie valser mes chaussons, fait glisser mon caleçon au plus vite – sans tomber, il y a du mieux – et j’entre dans la douche. L’eau froide me fait du bien, et en même temps, entre en conflit avec le trop plein de liquide encore présent dans mon ventre. Je tourne le robinet de l’autre côté. L’eau chaude est agréable aussi, mais mon mal de tête s’intensifie.

Bordel.
Une fois propre, je prends les premières fringues sur la pile qui attendait d’être rangée et les enfile tant bien que mal. Un regard rapide dans la glace : je n’ai pas le temps de me raser, mais ça ira. De toute façon je suis à la bourre. Je me précipite dans la cuisine et me fais couler un café. L’odeur est… écœurante. Par reflexe, j’allume une cigarette que je porte à ma bouche.
Mauvaise idée. Mon estomac décide à cet instant précis de manifester contre un tel affront. Je n’ai que le temps de me précipiter aux toilettes. Pathétique. Plus jamais. Enfin, pas un lundi soir, je vais devoir trainer ça toute la semaine. Où sont mes vingt ans ?!

  En sortant, j’ai l’impression que le poids que j’avais au fond du ventre a décidé d’aller rejoindre la fête organisée dans ma tête. La barre que j’ai au niveau des sourcils est horrible, mais je n’ai pas le choix, il faut que j’aille bosser.
  Je prends mes clés et sors de chez moi. Dehors la lumière est insoutenable. Des gamins me doublent en trottinette, direction l’école. Le bruit des roues sur le trottoir est à peine supportable, mais ce n’est rien à comparer aux cris aigus de leurs propriétaires qui me donnent juste envie de tendre la jambe au moment où ils s’apprêtent à me doubler. Mais je risquerais de tomber. Comme si mes yeux captaient un appel à l’aide de mon organisme, mon regard se pose sur une croix verte qui clignote, la pharmacie du quartier. J’entre. Les seules clientes, des grands-mères, me regardent d’un air dédaigneux. Je me retiens de leur sortir une petite remarque cinglante quand le pharmacien me demande ce que je veux.

  — Un truc pour la… dis-je en montrant mon front avec mon index puis en le pointant en direction de l’étagère derrière lui. 

Bon sang cette saloperie de mal de crâne m’empêche d’aligner deux mots. Le gars me regarde avec un petit sourire en coin. Il se retourne et attrape une boite d’aspirine. Je lui tends en retour un billet de cinq euros, et ne vérifie pas la monnaie qu’il me rend. De toute façon, dans mon état, je serais encore incapable de compter. 

Je ressors avec mon petit sachet et me dirige vers le métro. Pour y faire exprès l’escalator est en panne. Les marches, pourtant prises à la descente, m’essoufflent en un rien de temps.

J’arrive sur le quai en même temps que la rame. Dans un effort surhumain j’accélère le pas pour monter avant que les portes ne se referment. Enfin, j’ai de la chance ! Une place assise est libre et je m’y affale sans demander mon reste. Je n’ai que deux arrêts à faire, mais c’est toujours ça de pris. Je suis fier de moi, malgré la cuite de la veille et les restes de ce matin, je ne vais pas être en retard au travail. J’ai quelques minutes devant moi pour me reposer encore.

Doucement, je ferme les yeux, bercé par la cadence du métro. Et petit à petit, sans m’en rendre compte… Je m’endors.
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