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IV
POURRISSEMENT



Les vivants partagent l'ennui du cadavre
Soupirent accroupis sur des tombes
Ses trous puants, suintants, sont des havres
Le temps d'y voir tomber une bombe.


†††

Tu envoies doucement comme un message
Ton odeur, tes miasmes et tes mouches
A tes vomissants camarades de carnage
Qui bientôt te rejoindront dans cette couche.


†††

Petits, incisifs, presque irritants, les amis de la terre
Par des canaux minuscules mordent ton visage
Et subtilement creusent comme la pierre
Œil, bouche, peau ; chairs mortes si délétères!


†††

Ils ont peur, on les entend encore
Glapir dans la glaise
Ils sont morts, on les voit encore
Pourrir dans la glaise.


†††

Tu fais cet horrible sourire de mort
Qui tord ta pauvre peau parcheminée
Victorieux tu sembles nous dire alors :
Je suis mort mais j'ai aussi tué.


†††

Tu fus un homme jadis
Courant, tuant
Tu devins charogne triste
Gisant, puant
Tu seras un os mon fils.


†††

Boue infecte recuite par le soleil
La chair peine à quitter ton squelette.
Les insectes abreuvés d'eau du ciel
Se délectent de cette macabre dînette.
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