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II
TREPAS



L'éclat de rire de l'obus t'a déchiré
Tu pleures ta vie par les entailles
Dans les gouttes j'entends ton âme rouler
Et toujours tu avances vaille que vaille.


†††

Ton corps posé sur le bord d'un entonnoir
Attend anxieux l'aurore qui le sauvera
Bientôt grande lumière et fracas dans le noir
Ton âme s'est envolée dans chaque éclat.


†††

Le fumet merveilleux des gaz a gagné ton refuge
Le vent furieux te frappe tel une lance
Le nez retroussé, enivré par l'odieux déluge
Roulant tel l'océan de boue immense
Ta peau bleuie attend sa dernière sentence.


†††

Enfant fou de la République,
Ta peau s'orne d'un bleu royal.
Enfant mort de la dialectique,
Tu es perméable aux balles.


†††

Camarde remonte vers ton coeur,
Sans vraiment y penser
Pour te donner la pâleur
De ceux déjà fauchés.

Camarde ferme tes paupières,
Sans songer à compter
Pour tenir à jour l'inventaire
Des disparus oubliés.

Camarde te scelle la bouche,
Sur tes lèvres irisées
Pourtant si peu farouches
Vient mourir son baiser.


†††

Un autre va rejoindre la terre
Mais lui sera honteusement fusillé.
Oubliant ce qu'était la guerre,
Il crève, puisqu'il a sympathisé.


†††

La mort au bout d'un long tube
Ou d'un pic acéré,
Sur l'autel sanglant des bombes
Ta chair est sacrifiée.


†††

Allons Enfant de la batterie
Ton jour de gloire est calciné
Contre le mur des diplomaties
Ton corps sanglant est appuyé.


†††

Au milieu des parjures et des rancuniers
Il a explosé en inhumanité.
Des uniformes sont partis, ont dansé, ont sauté.
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