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Notes :
Ce texte est ma participation au concours Ecris-moi un contexte d’Ellie. Le principe : « Prenez une fic qui vous appartient, que vous avez déjà écrite, et transformez-la en récit original. Vous aurez déjà l'histoire, vous n'aurez qu'à l'adapter. 800 mots minimum, pas de maximum. »

Ça me paraissait plus simple avec une romance de personnages secondaires puisqu’il y a très peu de choses à modifier au final donc j’ai choisi ma songfic Sometimes it lasts in love, but sometimes… (mash-up d’Adele « Rumour Has It / Someone Like You ») en la réécrivant du point de vue d’un autre personnage.

Bonne lecture !
Sometimes it lasts in love, but sometimes…


La première fois que je t’ai vue au boulot, j’ai eu du mal à y croire.
On ne s’était pas croisés depuis le lycée et tu semblais si… désemparée. À la fois sur la défensive, prête à mordre pour te protéger, et tellement fragile en même temps, apeurée à l’idée que… que quoi ? Que je te rejette comme les autres l’avaient fait ? C’était au lycée, tu sais. Les années ont défilé, les plaies se sont refermées… pour les autres en tout cas. Pas pour toi, visiblement…
Alors, la surprise passée, je me suis vite repris. Je t’ai tendu la main. Au propre comme au figuré. Au diable ce que tu pouvais te reprocher, je m’en fichais. Des erreurs, on en avait tous fait. On en fera encore. Je suis sans doute en train d’en faire une…

Si tu savais ce qui me traverse l’esprit en ce moment… cette déclaration que je suis en train de te faire mentalement alors que tu es sur la piste de danse, riant aux éclats dans les bras de mon cousin qui a réussi à te sortir de la nostalgie dans laquelle cette missive t’a plongée depuis ce matin… je sais que tu me dirais d’arrêter. Je l’ai compris hier, quand mon teint cramoisi m’a trahi. Je n’ai jamais été très doué pour cacher ce que je ressentais et quand mon cousin a mis les deux pieds dans le plat quand je t’ai présentée à lui, je ne pouvais que rougir. Tes joues aussi se sont colorées, mais j’ai compris, ne t’en fais pas. J’ai bien vu, que c’était de l’embarras pour moi et non ce que j’aurais pu espérer. Je sais que tu ne veux pas mais c’est plus fort que moi. Ces sentiments… je ne les contrôle pas. Pas plus que toi tu n’arrives à te défaire de cet amour pour lui qui te ronge.

Oui, inutile de te le demander. Je sais ce qu’il y avait dans cette lettre. Je sais que quand tu es ailleurs, comme déconnectée, tes pensées sont tournées vers lui, vers le passé. Tu n’as toujours pas réussi à te pardonner. Ni à l’oublier.

Pourtant, il est marié désormais. Tu le sais, ça y est. Ils se sont mariés…

Je me souviens encore de toute cette histoire au lycée. Le bruit que ça avait fait. J’avais suivi ça de loin, nous n’étions pas dans la même classe, encore moins dans le même cercle d’amis. Nous avions juste quelques heures de cours en commun pour une option. Et même si je te trouvais déjà jolie à l’époque, jamais je n’aurais pensé qu’on puisse se rapprocher. Tu étais juste ce genre de filles qu’on prend plaisir à voir passer dans les couloirs, inaccessible, comme d’un autre monde… et sans doute un peu trop sûre d’elle et arrogante pour nous donner envie d’essayer, de toute façon. Et puis, tout s’était écroulé autour de toi. Il t’avait laissé tomber. Pour elle. Ta sœur. Et tu avais essayé de te venger.

Avec le recul, je me rends compte maintenant à quel point ça avait dû te blesser. Je veux dire… à l’époque, ça m’avait juste semblé être une histoire d’adolescents. Un amour contrarié qui avait dégénéré. Drôlement dégénéré, c’est vrai. Toutes ces rumeurs… la peine que tu leur avais causée. Il fallait vraiment que la tienne soit aussi grande pour que tu veuilles t’en prendre à elle de cette façon, non ? Ta propre sœur… Oui, lui, tu devais vraiment l’aimer. Pour essayer de le récupérer d’une manière aussi désespérée… C’était voué à l’échec. Et tu avais perdu dans la bataille plus encore que tu ne pensais possible.

Cet exil à l’étranger dont tu m’as parlé, ces mois que tu as passés loin d’eux, pour essayer de comprendre et de te reconstruire, j’aurais aimé les vivre à tes côtés. Je sais, c’est idiot de dire ça, on ne se connaissait pas, ou si peu. Mais je t’assure que j’aurais aimé. Pouvoir être là quand tu en avais besoin. Te consoler. T’épauler.

Oui, tu avais mal agi. Oui, tu avais détruit quelque chose qui leur était précieux. Mais la plus grande perte dans l’histoire, c’est toi qui l’avais subie. Dans ta folie, dans ta douleur, tu avais tout perdu : lui, elle, tes proches… toi. Ton estime de toi. Et j’aurais aimé être là pour t’offrir mon soutien. Tu penses peut-être que tu n’as eu que ce que tu méritais, que tu l’avais bien cherché. Beaucoup te l’avaient affirmé d’ailleurs. Mais ils s’en sont remis alors que toi, au fond, tu n’arrives toujours pas à faire ton deuil… à l’accepter… à t’accepter.

Oh ! Tu fais front. Courageusement. Tu survis grâce à cette passion pour notre job. Tu te donnes à cent pour cent dans toutes ces recherches qui pourront un jour sauver des vies. Mais tu laisses la tienne en suspens. Tu refuses de t’attacher à nouveau, par crainte des conséquences. Tu ne te fais plus confiance pour nouer des relations avec les autres.

Cette fragilité, c’est peut-être ce qui m’a séduit. De jolie en reine du lycée, tu es devenue belle à mes yeux en femme brisée. Tu as cette grâce que seule une peine réelle peut procurer, cette grâce que certaines tueraient pour posséder, ignorant tout de ce qu’il faudrait sacrifier pour en bénéficier. Et dès le début, ça m’a donné envie de te protéger. Alors je me suis accroché. J’ai réussi malgré tes réticences à faire partie de ta vie. À te montrer au moins un peu, je l’espère, qu’elle valait le coup d’être sauvée, qu’il y avait encore de l’espoir, que tu pouvais à nouveau avoir des amis, des gens sur qui compter, des gens qui t’apprécient…

Oui, tu as le droit d’être heureuse. Tu as assez porté ta croix, tu sais. Tu as le droit. Tu le dois. Tu dois le laisser s’en aller, tu dois tirer un trait. Peut-être que jamais tu n’oublieras, c’est vrai, mais si tu le veux, tu as le droit et tu peux choisir de tourner la page. Bien sûr, ça doit te faire peur. Tu ne veux pas revivre ça et c’est plus facile de se raccrocher à cette douleur pour te convaincre que c’est le fardeau que tu dois porter. Mais tu as assez payé, je t’assure. Et j’aimerais tellement pouvoir être celui qui te le montrera. Celui qui le remplacera.

Tu te tournes vers moi, tout sourire, et m’interroge d’un haussement de sourcils quand tu vois mon air mélancolique. Bien vite cependant, tu comprends et tes yeux se voilent. Tu redoutes déjà de me faire du mal mais tu ne vois pas… tu ne vois pas que c’est en refusant d’essayer que tu me feras bien plus de mal qu’en voulant y croire ne serait-ce qu’un instant. Je ne te demande pas de m’aimer, je sais qu’il est encore trop tôt… Je sais que je ne serai sans doute au mieux qu’un maillon de la chaîne qui te permettra d’aller mieux. Et peu importe mes sentiments dans l’affaire, c’est tout ce que je veux, que tu ailles mieux. Moi je survivrai, je m’adapterai, tant qu’un sourire illuminera ton visage.

C’est tout ce que je veux…
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