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Notes d'auteur :
J'avais pris pour décision de ne pas poster la suite de cette histoire sans avoir tout écrit au préalable. Ça m'aura pris bien plus de temps que je ne l'avais pensé... mais au moins, c'est fait ! J'espère que ça continuera à plaire aux personnes qui avaient accroché si elles traînent toujours dans le coin ;)

Précédemment : alors qu’il essaye de trouver “le passé” de son hôte sur le deuxième disque dur d’une entreprise du CAC 40 qu’elle a en sa possession, notre geek a été appelé à la rescousse par son frangin pour se débarrasser d’un virus...
Fichier 3.0

Il suspendit son index au dessus de la touche Entrée quelques secondes avant de l’abaisser dans un geste théâtral, fier de lui. Et voilà : virus : 0 ; Geek : 1 ! Il l’avait enfin éradiqué et se permit de lever les bras - autant en signe de victoire que pour s’étirer, à vrai dire. C’est qu’il lui avait donné du fil à retordre ce polymorphe qui, évidemment, avait invité quelques amis rootkits et rogues à la partie via un cheval de Troie, histoire de lui faire perdre un peu de temps avant d’arriver à le débusquer.

Satisfait, il regarda l’heure et s’aperçut avec surprise que la soirée n’était pas aussi entamée qu’il l’avait pensé. Il fallait dire qu’il avait bossé quasiment toute la nuit précédente pour être sûr de se débarrasser de cette menace à temps. Il ne s’était accordé que deux petites heures de sommeil et cela commençait à se faire sentir. Mais il avait bien fait, il allait pouvoir s’accorder une nuit entière de sommeil avant de réinstaller tout un système de sécurité digne de ce nom sur le PC de son frangin, qui allait déjà être ravi et soulagé de la bonne nouvelle. Et avec tout ça, il serait encore dans le délai imparti pour venir en aide à sa b... enfin, à Elle, quoi. Ouais, il était vraiment temps qu’il aille dormir, se dit-il en amorçant un mouvement pour se lever.

À ce moment-là, la porte du bureau s’ouvrit sur son frère qui le regarda plein d’espoir :

- Tu t’en sors, vieux ?

Avec un sourire en coin et un air un peu supérieur qu’il n’arborait qu’en de rares occasions pour plaisanter, il répliqua :

- Si je m’en sors ? Tu rigoles, j’espère ? Depuis tout ce temps, tu ne sais toujours pas à qui tu as affaire ou quoi ?

Il savoura le moment. Voir l’anxiété quitter le visage de son frère pour laisser place peu à peu à un large sourire était une belle récompense à ses yeux.

- T’es le meilleur ! Je savais que je pouvais compter sur toi. Et ça tombe à pic, les autres viennent de débarquer pour faire la fête, on va pouvoir célébrer ça avec des toasts à ton honneur.

- Quoi ? Me dis pas que tu les as invités alors que je me tuais à la tâche pour toi ?

- Bien sûr que non ! Ils n’étaient pas au courant, ils sont venus comme d’hab, sans prévenir. Je les aurais virés si tu n’avais pas fini, c’est justement pour ça que je venais voir où tu en étais. Je ne suis peut-être pas aussi doué que toi mais je suis bien moins bête qu’eux, hein ! Je sais que tu as besoin de calme pour bosser, lui assura-t-il en lui ébouriffant affectueusement les cheveux.

- Et là j’ai besoin de dormir. Je suis désolé mais je suis HS, ça sera vraiment sans moi la petite fête si tu veux que je protège ton PC demain avant de retourner chez elle.

- Chez elle ? Me dis pas que tu penses à cette cinglée avant de penser à toi ? Tu l’as déjà bien assez aidée comme ça. Tu as le droit de profiter un peu, t’es en vacances quand même ! J’aurais jamais dû t’impliquer là-dedans...

- T’inquiètes ! Ça ne me dérange pas. Vraiment ! ajouta-t-il devant l’air sceptique de son frère. C’est même plutôt intéressant au final, on...

Il se retint quand il entendit du bruit dans le couloir. Les potes de son frère approchaient et, avec leur élégance habituelle, le saluèrent en entrant :

- Hey ! Comment va ? Toujours devant ton PC à ce que je vois ?

- Vous êtes lourds, les gars, il vient de me rendre une fière chandelle. D’ailleurs, ce soir, on boit en son honneur, leur apprit-il en le prenant par l’épaule pour l’entraîner avec eux.

- Cool ! Merci le génie !

- Tu veux qu’on appelle des filles pour fêter ça ? Ça te changera.

- Non, merci. Et je suis vraiment crevé donc ça sera sans moi, désolé.

- Arrête ! La laisse pas pourrir la soirée, profite ! Elle peut bien attendre un jour de plus.

- Elle ? Oh ! Me dis pas qu’il a une copine, ça y est ?

- Petit cachotier !

Il soupira, maudissant les amis de son frère de s’être pointés et d’avoir un humour aussi lourd. Franchement, ce soir, il n’était pas d’humeur et il commençait à lutter pour rester avec eux tellement Morphée lui faisait de l’oeil. Il entendit vaguement son frère leur expliquer que ce n’était pas ce qu’ils croyaient, que c’était juste une harpie qui lui menait la vie dure. Et eux de rétorquer en ricanant qu’ils ne voyaient pas la différence avec leurs copines. Il sentit aussi un poing venir s’écraser sur son avant-bras, ce qui lui arracha une grimace - vraiment, les manifestations de virilité qui lui laissaient des hématomes, il s’en passait très bien, merci. Il n’avait aucune intention de se cosplayer en Na’vi dans les jours à venir.

Il ne voyait pas trop comment se tirer de là, son frère ne semblant pas vouloir comprendre qu’il avait réellement besoin et envie de dormir. Et il n’avait pas la force d’argumenter avec eux alors qu’ils ne l’écouteraient pas, trop heureux qu’ils étaient d’être réunis et trop égoïstes ou justes incapables d’essayer de se mettre à sa place une seconde. Pour eux, la définition d’une bonne soirée était gravée dans le marbre et l’idée que d’autres puissent penser différemment n’avait jamais dû leur venir à l’esprit. Et puis, l’un d’eux s’écria :

- Hey, les mecs ! C’est qui cette bombe ?

Interloqués, tous se tournèrent dans la direction indiquée et il ne réalisa vraiment de qui il était question que lorsqu’il entendit un ton railleur répliquer :

- Sympa l’accueil.

Bizarrement, cela eut le don de le réveiller et il sentit un sourire narquois se former malgré lui sur ses lèvres alors qu’il s’approchait de son PC. Mais son frangin le devança et s’assit devant l’engin pour être bien visible de la webcam intégrée :

- Tu pourrais le lâcher deux secondes, s’il te plaît ? Ce soir, il profite de sa liberté alors merci d’arrêter de le harceler, ok ?

Il voulut protester et expliquer la situation mais il eut droit à un nouveau coup de poing amical dans l’omoplate qui ne lui en donna pas l’occasion.

- Arrête ! C’est elle le soi-disant tyran infernal qui te pourrit la vie ?

- J’ai jam...

- Ma belle, tu me retiens prisonnier chez toi quand tu veux, je serai moins grognon que le Schtroumpf geek ici présent.

- Moi aussi, c’est quand tu veux, beauté ! surenchérit un autre avec un clin d’oeil et un sourire Colgate digne de Ken - le Ken de Barbie, évidemment ; le faciès du Survivant, c’est elle qui l’afficha lorsqu’elle répondit froidement :

- Très peu pour moi le baby-sitting, et encore moins avec des gosses lourdingues dans votre genre.

- C’est pas... tenta-t-il de lui dire mais elle avait déjà coupé la connexion.

- Bien, elle a compris le message cette fois on dirait, se félicita son frère.

- Mais pas toi, apparemment ! répliqua-t-il d’un ton sans appel.

Et puis il ajouta, pour compenser mais sans oser le regarder dans les yeux pour qu’il ne voie pas la colère et la déception qui le gagnaient :

- Je suis crevé, je vais me coucher.

Tout en ignorant les ricanements et les remarques sexistes qui avaient fusé, il prit son PC portable et les planta là pour rejoindre la chambre d’amis où il dormait quand il venait ici. Maintenant, en plus d’être exténué, une boule d’appréhension squattait son estomac et il savait qu’il n’arriverait pas à dormir correctement s’il ne parvenait pas à la chasser.

Était-il trop tard ? Avait-elle réellement pris la mouche ? Elle pouvait croire n’importe quoi à l’heure qu’il était : qu’il s’était fichu d’elle en prétextant devoir aider son frère alors qu’il venait faire la fête avec des abrutis, qu’il leur racontait au passage qu’elle était une mégère insupportable, qu’il en avait marre de l’aider... Il voulait lui dire qu’il n’en était rien, rétablir la vérité pour qu’elle n’ait pas l’impression d’être trahie ou abandonnée mais, évidemment, quand il ralluma Skype, elle n’était plus en ligne...

Las, il se passa une main sur le visage pour se donner une seconde de réflexion. Un mail ? Était-ce une bonne idée dans son état de fatigue avancée ? Il allait s’épuiser à trouver les bonnes tournures et, au bout du compte, risquait de tout supprimer décrétant qu’il s’agirait d’une preuve trop flagrante de quelconques sentiments qu’il n’était même pas bien sûr d’éprouver. Tout ce à quoi il arrivait à penser sonnait comme des justifications et, par Merlin, il n’avait rien à se reprocher ! D’ailleurs, qui avait parlé de sentiments, à l’instant ? Il ne voulait juste pas qu’elle lui en veuille pour quelque chose dont il n’était pas coupable parce que… parce qu’il lui avait promis de l’aider. Et qu’il tenait toujours parole. Voilà. Donc… pas de mail.

Il actualisa sa connexion, espérant que cela la fasse apparaître comme par magie de l’autre côté de l’écran. Mais non, toujours rien. Sentant ses paupières s’alourdir et ses yeux le picoter, il se décida finalement pour quelques mots rapides par messagerie instantanée. Il lui tendait déjà une perche. À elle d’être plus futée que les copains de son frère et de la saisir. Elle l’avait côtoyé durant presque une semaine maintenant, elle devait bien être capable de lui faire confiance pour ce genre de trucs, non ?

Après ça, il se força à rester éveillé cinq minutes dans l’espoir qu’elle lise ce message et qu’elle y réponde. Il ne se rappelait pas de la dernière fois où il avait failli à ce point se décrocher la mâchoire tellement il bâillait. Cinq minutes encore, au cas où elle serait dans une autre pièce sans connexion. Parfois il se demandait comment une tête pouvait soudain devenir aussi lourde alors qu’elle restait en place toute la journée sans se faire remarquer. Cinq autres le temps d’aller vérifier ses propres mails et messages qu’il avait négligés en bossant toute la journée et qu’il…

Le lendemain matin, il émergea difficilement d’un sommeil agité et mit quelques secondes à comprendre pourquoi il avait un sentiment d’inachevé. Lorsque les souvenirs de la veille se remirent en ordre, il se rua sur son PC, le coeur battant la chamade. Avait-elle répondu ?

Rarement identification lui avait paru aussi longue à s’établir. Bon, ok, il se faisait souvent cette réflexion, mais ça ramait quand même plus que d’habitude, non ? Quand sa session s’ouvrit enfin et que Skype se lança, il vit avec soulagement l’icône lui indiquant qu’il avait un nouveau message. Il cliqua dessus sans hésiter et découvrit sous ses quelques mots d’explication la réponse qu’elle lui avait laissée seulement quelques minutes après qu’il se soit endormi :

Fichier trouvé. Incapable de l’ouvrir.



Tu fais chier la marmotte


ROSE.cod
Note de fin de chapitre:
Je ne connais pas bien les délais de validation mais je pense poster un chapitre par semaine. Il y en aura 5 ou 6 en tout (j'hésite encore à couper le dernier en deux vu sa taille démesurée par rapport aux autres ^^)
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