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Paris, septembre 1943.

L'homme se dirige d'un pas assuré vers le commissariat de quartier auquel il a été affecté.

Ses pensées vagabondent, allant de ses actions de résistant à l'enfant qui d'ici peu l'incitera à une plus grande prudence dans le cadre de ses activités guerrières.

C'est une belle journée automnale et ne serait-ce la présence de l'occupant, il pourrait se sentir pleinement heureux.

Il est maintenant à proximité du pont, et en grand amateur de poésie, il marmonne quelques vers du poème de Guillaume Apollinaire "sous le Pont Mirabeau".

Instantanément il se remémore d'autres oeuvres du poète plus licencieuses, obscènes mais qui témoignent de l'esprit fertile, tourmenté de l'écrivain " les onze mille verges, les mémoires d'une jeune don Juan".

Il est maintenant sur le pont, à quelques mètres de lui, sur le parapet une femme avec dans ses bras un petit enfant, s'apprête à commettre l'irréparable.

Dans un élan morbide elle se précipite dans les eaux boueuses du fleuve.
L'homme oublie Guillaume, l'occupant, l'enfant qui va naître et sans hésiter franchit le parapet du pont et plonge.

En quelques brasses il parvient à hauteur de la femme et de son petit, les saisit et tente de les ramener vers la berge mais la désespérée oppose une forte résistance décuplée par un désir de mort tel que l'homme n'a d'autre alternative que de l'étourdir d'un coup de poing.

Avec difficulté il parvient à ramener la femme et l'enfant sur la berge.

Ils sont sains et saufs.

L'homme gardera en souvenir de cette baignade forcée, une légère paralysie faciale qui apportera à sa physionomie une certaine douceur qui lui vaudra le doux sobriquet de " Mignon" dont l'affublera sa petite fille qui verra le jour quelques mois plus tard .
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