Lien Facebook



En savoir plus sur cette bannière

- Taille du texte +

Le garçon est assis au fond de la salle de classe.

Ce n'est pas un choix ni une quelconque fatalité, non c'est tout simplement sa place.

D'ailleurs il ne s'en plaint pas.

N'allez pas croire qu'il en tire le moindre orgueil mais il est tout simplement dans l'acceptation de sa condition.

Autour de lui d'autres enfants préparent leur avenir avec détermination.

Lui, son rôle est simple.

La fonction de cancre est une nécessité comme une autre.

Il l'assume non sans vaillance.

Ils l'ont répertorié, enfant limité et fragile, il y a des évidences contre lesquelles il est inutile de lutter.

Alors vaille que vaille il passe ses classes au fond de la salle.

Mais si il est cancre il n'est point méchant, irrespectueux, non il aime ses camarades, ses professeurs.

Bien sûr il est quelquefois un peu étrange.

Les livres qui lui sont gratuitement donnés par l'assistante sociale du lycée, se voient promptement débarrassés de la page spécimen et atterrissent, moyennant de la menue monnaie, dans les étagères de son seul pote d'alors, le très, le trop sérieux Gibert Jeune.

Ainsi sans coup férir il passe toutes les classes du secondaire, aidé en cela par certains de ses professeurs désireux de donner au garçon une chance qu'il ne saisira point.

Qu'est-il advenu de ce garçon ? Nul ne le sait, mais certains prétendent qu'il est toujours assis à la même place, à gauche au fond de la classe.

La pérennité du cancre est assurée, et que vive la France.
Vous devez vous connecter (vous enregistrer) pour laisser un commentaire.