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Elle m'aime, elle m'adore.

Depuis ma prime enfance elle m'accompagne, discrète mais fidèle, bien plus que les Femmes qui ont jalonné mon existence.

A l'évidence elle m'aime.

Sur mon berceau déjà elle se penchait tellement désireuse de m'enlacer.

Puis vint l'adolescence, patiente elle regardait avec dédain les jouvencelles qui virevoltaient autour de son promis.

Sa rancoeur fut plus grande quand la mère de mes enfants fit irruption dans ma vie.

En plusieurs occasions Elle tenta de me dérober aux convoitises de la jeune femme.

Les subterfuges dont elle usa, étaient d'une grande modernité: échec de la thrombolyse, anticoagulants récalcitrants.
Mais les exorcistes de l'ordre des Diaconesses veillaient au grain.

Aux Canaries elle n'hésita pas à faire appel à ses odieuses sirènes pour m'attirer vers des rivages ou notre union pourrait enfin être consacrée mais Neptune d'une vague salvatrice contraria ses projets de communion.

Il y quelques années elle prépara, avec amour, un bouillon de onze heures délicatement parfumé d'oignon, un filtre d'amour en quelques sortes, mais un superbe silure qui passait par là me prêtant son encolure me ramena sur les rives de la rivière.

C'est sûr, elle m'aime, elle m'adore.

En dépit des stigmates de l'âge, mes rides, mes cicatrices sont pour elle les atouts de séduction dont j'use pour la séduire.

Pourtant, amis, cette passion n'est pas partagée.

je ne l'aime pas.

Ses idées sont d'une noirceur qui me font horreur.

Ses projets de voyage me glacent le sang.

Ses messes noires heurtent ma sensibilité de païen.

De plus ce n'est pas mon idéal féminin.

J'ignore pourquoi mais j'ai une préférence marquée pour sa sœur jumelle, la vie.
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