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Notes d'auteur :
Pour ce deuxième tour, j'ai choisi le niveau trois de la contrainte :
Placer (en gras dans le texte) tous les mots de la chanson Parce que je t'aime (que j'ai adoré découvrir, écouter, laisser m'inspirer...)

J'espère que je n'aurais rien oublié !
Bonne lecture...
Il a fallu attendre que les endeuillés pleurent tout leur soûl.
Il a fallu porter le noir, entre chien et loup. Du matin au soir, du soir au matin. Quel mauvais goût ! Mourir, quel manque d’ambition !
Voilà que je commençais à lui en vouloir, à l’oiseau de nuit. Un père devrait toujours être là pour son enfant… Oui, j’étais furieuse, comme je l’avais été dans le passé, d’être punie injustement.
Tout ce temps que j’avais passé esclave du vœu de le retrouver… Et au dernier moment, il m’avait fait un pied-de-nez.
J’étais restée blessée et renfrognée, là, devant le caveau… Même pas triste, à peine les genoux flageolants. Emportée d’ennui plutôt, tandis que les gens venaient me présenter leurs mines défaites, certains que je n’avais jamais vus me tombant presque dans les bras, en sanglots… ça me faisait froid dans le dos. Ça me laissait froide et sans regret.
Quelle sorte de fille ne pleure pas son père ?
En voyant s’approcher Anna, enfin, la question m’a saisie… Elle tenait par le bras celui que je l’avais entendu appeler papa. Leurs deux silhouettes sont passées devant l’arc du soleil couchant, dans la lumière du jour finissantIls se sont arrêtés, juste là, à l’ombre de mon immobilité.
J’ai senti la peur monter, qu’elle ne voie pas de larmes, qu’elle ne me voie pas pleurer… Et cette culpabilité d’autrefois, de toujours, la honte au creux des reins.
Mais coupable de quoi ? De rien ! De rien qu’une envie. Vivre ma vie.
Anna a laissé son père me saluer, puis nous quitter de ce pas d’ancien combattant qui ne m’inspirait rien.
« Oh, je suis désolée… a-t-elle soufflé. Je suis désolée. On restera avec toi ce soir. »
Mon souffle à moi s’est perdu un instant. L’ancien combattant est rentré à l’hôtel. Ce soir-là, après le cimetière de mon père, Anna a passé la porte de chez moi…
Que fut la vie, avant cette nuit ? Je ne sais plus. J’ai oublié…

Depuis que tu es repartie, combien de fois… ? Combien de silences à te rêver ? Les minutes et les secondes, à les compter. Des heures à te chercher. Et sur le bord de ma fenêtre, parfois, il me semble te voir. Il semble que tu me souris. Ah, je préfère ne pas y penser…
Comme je me souviens, encore, de ta main. Cette main. Sur mon épaule, ton épaule, la lumière sans chagrin. J’ai pensé, ce chagrin, qu’il meure entre nos mains… Mes mains, tes mains. Avant demain. Entre nous deux, rien qu’un destin, un fil, rien que du bien
J’ai pensé N’y va pas, sur ce lit de vivant
Tu as dit Viens.
C’était suffisant.
Me pencher dans ton cou, ici, à même ta joue. Notre étreinte, quand la nuit vient. Qu’elle vienne, je n’ai plus peur, je respire enfin.
Ton parfum qui m’emporte, n’importe où ; qu’importe le pays… Qu’importe. Toutes tes envies.
Ce que tu veux, ce que je veux. Pourvu que cet aller soit sans retour. Pourvu que ton souffle caresse mon amour, au rythme lent de tes soupirs. Parce que je ne veux plus de larmes, plus d’adieu. Le silence de mes nuits, c’est la seule chose que je veux. Pour, avec toi, le déchirer… Même s’il faut parfois s’agenouiller. Jusqu’à ta bouche, de mes baisers, faire taire l’envie de t’embrasser… Dans tes cheveux, m’oublier. Renaître, réexister.
Tu sais qu’avant, je sais qu’avant, j’aurais laissé un autre, une autre ; n’importe qui, m’emporter. Dans le noir, me frôler, m’effleurer. Mais maintenant, je suis ta voix, tu es ma voie.
Quel que soit l’après, dis… Je t’aime, il faut l’avouer.
Ne me laisse pas me taire, ni te laisser t’en aller. Je ne veux plus de souvenirs au passé. Je veux ; mieux, mon présent, ta présence. Ou les deux. Oui, les deux, les marier.
Notre nous, le conjuguer.
Note de fin de chapitre:
Et à très vite pour le dernier chapitre !
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