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Notes :
Il est temps de vous dévoiler mon thriller fantastique en cours de réécriture. C'est autant pour vous proposer un récit dans lequel vous plonger, pour vous divertir (ou peut-être plus que ça ?) et passer un bon moment, que pour recueillir vos retours et avis.

La pluie battait le bitume lorsque le taxi démarra en trombe. La carrosserie jaune paraissait terne dans la nuit noire. Le bruit du moteur couvrait le mutisme dans lequel s’était plongé le conducteur. Visage dissimulé sous son chapeau. Mais peu importe, la passagère n’avait pas dit un mot en entrant dans l’habitacle. Après s’être frictionné les bras, elle se jeta sur son téléphone portable. La lumière bleue trahit l’appréhension dans ses yeux surlignés de charbon. Elle soupira au moment d’envoyer son message.

Le rdv avec le client s’est mal passé. Code rouge. Je rentre en taxi. A tout à l’heure.

‒ C’est possible d’accélérer un peu ?

La jambe dénudée bondissait à l’arrière, martelant le plancher. Elle mâchait frénétiquement une de ces gommes sans sucre ajouté. Le chauffeur ne broncha pas. Il se contenta de rester concentré sur la route sans faire attention au caprice de sa cliente. Pour qui se prenait-elle ?

La jeune femme finit par calmer son corps anxieux et s’accorda un peu de répit. Elle s’accouda sur le bord de la vitre, le regard perdu quelque part dans le paysage fait de nuances sombres et de points de lumière. Avoir fait tout ces kilomètres pour rien. La paye de fin de mois se verrait amputer de la note de frais. Toredit – Cleveland, Cleveland – Toredit. Ça allait lui coûter un bras. Le prochain client serait forcément un gros dégueulasse. C’était comme ça que Chantal fonctionnait.

‒ Hey, vous avez manqué la sortie ! Fallait prendre Toredit Sud.

En se redressant sur son siège elle ne constata aucune réaction de la part du chauffeur. Mis à part que ses yeux marrons se reflétaient dans le rétroviseur principal. Elle aurait juré que le gars du taxi précédent avait les yeux bleus. Un frisson la traversa de la tête aux pieds. Pas dû à la température cette fois.

La voiture s’embarqua sur la voie de sortie suivante. Roclebandie – Toredit Nord. Ce débutant s’était simplement trompé, il allait rattraper le tir en traversant la ville. Le décors de goudron se transforma rapidement en une forêt dense. Ici, plus aucun point lumineux, pas âme qui vive. Juste elle et lui, dans ce taxi ambulant.

D’une seconde à l’autre, alors que les arbres défilaient derrière la vitre, elle se retrouva le front dans le siège avant, stoppée net par la ceinture de sécurité. Le coup de frein brutal avait immobilisé la voiture. Affolée, elle tira sur le tissu qui la clouait à la banquette. En appuyant brusquement sur la boucle, elle ne faisait que renforcer l’attache, elle qui espérait pouvoir se libérer.

‒ Que se passe-t-il ? Demanda-t-elle, la voix chevrotante.

‒ Un chevreuil.

Elle tenta de se décoller du siège. Lorsqu’elle passa la tête entre les deux appuis-tête à l’avant, elle ne vit rien. Rien d’autre qu’une légère brume flottante devant l’éclat blanc des phares.

Sans rien dire, le chauffeur ouvrit sa portière et sortit.

Dès lors, elle sentit venir la suite. Cet homme n’était pas là pour faire une course. Il voulait probablement sa dose, gratuitement et sans permission. La suite ne serait que douleur et peine. A quelques kilomètres de la première maison, en pleine nuit, cachés dans la forêt de Roclebandie, elle imagina le pire. Des images, fugaces et indolores, qui présageaient de son funeste sort. Trop tard pour réagir.

La portière arrière s’ouvrit sauvagement. Elle s’acharnait à essayer de se détacher. Mais une main crochue agrippa sa tignasse bouclée et la tira vers l’extérieur au moment où elle réussit. Elle tomba à même le sol, celui, tâché de terre, de Toredit. C’était froid et humide. La pluie avait tout juste cessé. La seule chose qu’elle vit de l’homme avant qu’il ne la frappe à mort – ou presque – fut ses chaussures. Pas celles d’un bouseux du coin, mais celles d’un businessman. Un type plein de fric qui n’aurait aucun mal à se payer une femme comme lui. D'une ville prestigieuse.

Le coup de pied derrière la tête l’assomma sur le coup. Elle n’eut pas le temps de sentir le sang couler sur sa joue égratignée.

Quand l’une de ses paupières lourdes daigna enfin se lever, son corps tremblait. Il lui fallut quelque secondes et une souffrance atroce pour comprendre que la torture avait continué pendant son absence. Une vague de froid s’empara d’elle. Sa peau nue à même le sol. Un flot de larmes se déversa de ses yeux, maculant ses joues et ses lèvres de tracés noirs. Elle ne pouvait plus ignorer le poids qui l’opprimait par terre. Celui de son tortionnaire, qui mettait toutes sa conviction à forcer la porte interdite. En voulant se hisser et fuir, elle sentit qu’il avait pris soin de nouer ses mains dans son dos. Impossible de faire le moindre mouvement. Elle était condamnée à subir le viol jusqu’au bout.

Jusqu’à ce qu’une masse informe et coupante s’abatte sur son crâne.

Note de fin de chapitre:
N'hésitez pas à me donner votre avis. A chaud ou à froid, il sera bon à prendre ! Grâce à vos commentaires, je saurais si je suis sur la bonne voie ou non.
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