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Chapitre 13

 

 

D'un geste sec, Annaëlle fait claquer l'élastique de son bracelet contre la peau de son poignet.

Une fois.

Deux fois.

Trois fois.

Elle marque les secondes, inlassablement, les unes après les autres, le temps que Ben rassemble tout le monde autour des ordinateurs afin de leur faire part du plan de bataille qu'ils ont tous les deux élaboré quelques minutes plus tôt.

Bien entendu, comme à son habitude, Noah commence par râler.

" Bon, qu'est-ce que vous nous voulez encore ? "

Ben se tourne vers Annaëlle pour soupirer avec évidence. Elle se mord la lèvre inférieure, consciente de l'agacement que son frère provoque chez tout un  chacun ce soir, autant que de sa propre incapacité à remédier à cela. Et dire que ça va être à elle de le supporter quand ils vont commencer leur chasse aux fantômes. Quelle partie de plaisir en perspective...

" Nous voulons porter secours à vos amies et sortir de la maison au plus vite. " commence alors Ben, sans vraiment répondre à Noah, mais plutôt tourné vers les autres. " Pour cela, nous avons peut-être une solution. Intéressés ? "

" Quelle question ! " s'exclame Bastien en levant les yeux et les bras au ciel. " Bien sûr que nous sommes intéressés ! Alors, c'est quoi le plan de bataille ? "

Annaëlle se rapproche d'eux, sans lâcher le bracelet de sa grand-mère, dont elle fait tourner les pierres autour du fil. Elle n'aime pas vraiment le porter, pas dans cette maison du moins. Elle se sent comme amputée d'un de ses sens, privée de son ouïe ou de sa vue. Paradoxal quand on sait qu'elle aurait tout donné vingt-quatre heures plus tôt pour ne plus être dérangée par la présence des esprits.

" Tu ne crois pas si bien dire en parlant de bataille. " commence Ben, dès qu'Annaëlle se poste près d'eux, reprenant ainsi les mots de Bastien.

D'un geste de la main, il indique l'étudiante et reprend :

" Avec votre amie, nous sommes tombés d'accord pour nous occuper des revenants de la maison. Le seul moyen de sortir d'ici, c'est de se débarrasser de celui ou ceux qui nous empêchent de partir. "

" Vous allez partir à la chasse aux fantômes ? " s'étonne Amir, haussant les sourcils si haut qu'ils disparaissent sous les boucles qui tombent sur son front. 

Nous allons partir à la chasse aux fantômes. " rectifie Ben. " Après ce qu'il vient d'arriver à l'étage, hors de question de laisser qui que ce soit en arrière. Nous allons nous diviser en deux équipes et parcourir la maison à la recherche de tout ce qui la hante et répondre aux dernière volontés des défunts. Je préfère vous prévenir, ce ne sera pas toujours une partie de plaisir. Certains peuvent se montrer... récalcitrants. "

Annaëlle observe les réactions de chacun. Clarence et Luc se contentent d'acquiescer de la tête, déjà partants pour suivre leur idée. Rien d'étonnant puisque c'est certainement leur lot quotidien. Léo a les sourcils froncés par une intense réflexion et les bras croisés, Amir se gratte la tête d'un air indécis et Noah tire une tête de six pieds de long. Quant à Bastien, il affiche deux émotions assez contradictoires : il semble apeuré et, en même temps, étonnamment heureux. Voilà qui a le don de déconcerter Annaëlle qui en oublie son bracelet et ses angoisses. 

" Sérieux ? " s'exclame l'adolescent, un demi sourire radieux prenant naissance sur ses lèvres. " On va vraiment jouer les ghostbusters ? "

Ben, qui avait commencé à rassembler des affaires en attendant que tout le monde digère la nouvelle, s'interrompt dans ses gestes, plus que surpris par la réaction inattendue du garçon. En fait, tout le monde se tourne vers Bastien avec surprise.

Ce dernier poursuit, comme si de rien n'était :

" Vous savez que c'est l'un de mes films préférés ? J'ai bien dû le voir une bonne trentaine de fois ! "

C'est Luc qui s'empresse de doucher l"enthousiasme de l'adolescent.

" T'emballe pas trop, ça n'aura rien à voir. Nous n'avons clairement pas le même matériel, ni les mêmes revenants. Et même si on parle vulgairement d'ectoplasme, ils n'ont rien de tangible, pas pour nous en tout cas. Seuls Ben et Annaëlle seront capables d'agir. Alors ne t'attends pas à un déluge de slime ou quoi que ce soit d'autre. Nous nous contenterons de les assister. "

Bastien semble tout de suite déçu, comme le prouvent ses épaules qui s'affaissent et son sourire qui se fane. Mais à la surprise générale, il reprend assez rapidement du poil de la bête et clame :

" Peu importe. Chasser les fantômes, même si je ne les vois pas, ça reste un truc cool. "

Annaëlle voit Amir secouer la tête en prenant un air perdu.

" Ce n'est pas toi qui étais persuadé que cette maison voulait notre peau tout à l'heure ? Et maintenant, t'es partant pour aller chatouiller des esprits ? "

Bastien hausse des épaules avec un regard hautain et réplique :

" Tu sais que dans la plupart des films d'horreur, ce sont ceux qui prennent les choses en main qui ont le plus de chance de s'en sortir ? "

Annaëlle n'a jamais été très friande de ce genre cinématique - sa propre vie étant un film d'horreur au quotidien, elle a toujours préféré des thématiques moins effrayantes - alors elle ne peut pas vraiment dire si Bastien a raison ou tort, mais elle espère fortement que ce soit le cas. Voilà qui augmenterait considérablement ses propres chances de finir cette soirée sans trop de casse.

" C"est vrai. " confirme Luc, occupé à surveiller les écrans et ce qu'il se passe dans les autres pièces de la maison. " Et si on suit cette logique, ce sont nos médiums qui ont les meilleures statistiques de survie. Tu feras sans doute partie des pires, vu qu'à part tenir une lampe torche, tu ne serviras sans doute pas à grand-chose. "

" Luc ! " s'exclame alors sèchement Clarence, en faisant peser un regard lourd de sens sur son ami.

" Quoi ? " se défend aussitôt ce dernier, pas dérangé le moins du monde par sa dernière remarque. " Je préfère être franc. Au moins, comme ça, il sera plus prudent. Ce qu'on fait n'a rien à voir avec un jeu ou un film. Nous sommes dans la réalité. Et elle peut faire très mal. "

Annaëlle étouffe un frisson. L'un des détecteurs d'ectoplasme posé sur la table choisit ce moment pour soudainement se mettre à biper. Tous les yeux se posent aussitôt sur l'engin qui trône en bonne place et dont l'aiguille qui monte doucement vers le rouge n'échappe à aucun regard. Ben cesse aussitôt de s'occuper du tas de feuille qu'il était en train de rassembler et se redresse, scrutant autour de lui. Clarence et Luc se penchent vers les écrans. Annaëlle se met à trifouiller son bracelet et se rappelle alors qu'elle ne peut plus sentir l'approche des esprits et comprend que ce sont les derniers mots de Luc qui l'ont fait frissonner, pas l’apparition soudaine d’un esprit.

Un léger courant d'air froid entre par l'arche qui les sépare du hall et traverse la salle à manger. La porte entrouverte derrière Luc, Clarence et Ben se ferme brusquement. Tout le monde sursaute. Noah, qui se trouve juste à côté de sa sœur, a d'ailleurs un mouvement si violent qu'il en renverse une chaise. Annaëlle le regarde avec surprise. Mais son intérêt pour son cadet est de très courte durée.

La porte qui mène à la cuisine se rouvre tout doucement, en grinçant. Dans l’entrebâillement sombre, Annaëlle aperçoit deux grands yeux clairs, ronds comme des soucoupes, seule trace de couleur au milieu de l'espace noir. Surprise et apeurée par l'apparition, Annaëlle en oublie brièvement de respirer. Les garçons observent tous à leur tour la porte mais aucun ne semble voir ce que la jeune femme perçoit.

" Il y a quelqu'un. " annonce Ben à mi-voix, comme s'il craignait de faire fuir l'apparition. " Je ne discerne qu’une ombre très légère ; les images seront peut-être plus parlantes. "

Luc et Clarence se retournent aussitôt vers leurs ordinateurs, le premier pianotant sur l'un des claviers.

Le cœur tambourinant d'Annaëlle choisit cet instant pour lui rappeler que, pour sa survie, l'apport constant en oxygène est loin d'être optionnel ; elle se remet alors à respirer, mais sans doute un peu trop vite ; sa tête tourne.

" Rien à l'image. " dit Clarence.

Le jeune homme lève les yeux pour croiser le regard d'Annaëlle. Elle comprend aussitôt ce qu'il veut. Un début de panique monte en elle, accentuant son vertige. Même si elle a accepté de jouer le jeu quelques minutes plus tôt, à présent qu'elle se trouve face à la réalité des choses, elle se dégonfle complètement. Elle n'a aucune envie que le spectre qui les espionne depuis la cuisine comprenne que Ben n'est pas le seul être vivant présent dans la maison à pouvoir communiquer avec eux.

" Tu vois quelque chose ? " demande alors Clarence, constatant que la jeune femme reste muette et prostrée.

Annaëlle se mord la lèvre inférieure, hésite à répondre. Mais le bleu des yeux de Clarence, toujours fixé à ses prunelles noisettes, ne lâche pas l'affaire. Il veut la forcer à agir, à parler. Peut-être même à pendre les choses en main, puisque Ben ne semble pas percevoir grand chose. Alors Annaëlle fouille tout son être à la recherche d'un brin de courage, chasse son vertige d’un mouvement de la tête et tourne de nouveau son regard vers la porte.

Les yeux clairs sont à présent entourés d'un visage pâle comme la mort, juvénile et creusé par la faim. A l'instar de la fillette blonde aperçue dans la salle à manger peu de temps après leur arrivée sur le domaine, cet enfant a visiblement lui aussi succombé au manque de nourriture. Sa silhouette se précise, comme s'il décidait de se montrer petit à petit. Le jeune garçon porte un vieux pantalon aux genoux rapiécés, des bretelles et une chemise élimée aux manches remontées jusqu'aux coudes. Annaëlle estime qu'il ne devait pas avoir plus de huit ans au moment de son décès.

Elle hésite. Par quoi doit-elle commencer : essayer de communiquer avec le petit garçon, ou plutôt décrire ce qu'elle voit aux autres ?

" C'est un garçon, il n'a sans doute pas plus de huit ou dix ans. " se décide-t-elle finalement à dire, la voix à peine plus haute qu'un murmure, largement audible dans le silence pesant de la pièce, maintenant que Luc a éteint son détecteur à l'alarme stridente. " Il porte de vieux vêtements, je dirais du début du siècle dernier. "

Alors qu'elle continue à décrire ce qu'elle voit, Ben se jette sur la pile de papiers qu'il a posés près de son ordinateur. Il les feuillette rapidement avant de s'approcher d'Annaëlle et de lui présenter une page où une photo en noir et blanc et un petit paragraphe manuscrit apparaissent clairement à la lueur de la lampe du trentenaire.

" Est-ce que c'est lui par hasard ? " lui demande-t-il. 

La photo qui se trouve sous les yeux d'Annaëlle ne représente pas le garçonnet qui est apparu dans la pièce voisine mais son cœur se glace quand elle reconnaît le visage du jeune garçon qu'elle a croisé sur la plage des mouettes il y a si longtemps, et qui n'a cessé de hanter ses cauchemars depuis.

" Non, ce n'est pas lui. " lâche-telle dans un souffle.

Ben prend un air contrarié et retourne fouiller dans ses documents. Annaëlle reporte son regard vers la porte de la cuisine, chassant de son esprit l’image du spectre de son enfance. Elle pourrait presque croire que le trentenaire et elle sont seuls dans la pièce tellement les autres sont silencieux. Heureusement, Luc, Clarence et Léo se trouvent dans son champ de vision, démentant cette impression et la rassurant par la même occasion.

" Qu'est-ce que tu peux nous dire d'autre sur lui ? " demande Clarence, son regard toujours fixé sur elle.

Le petit garçon est toujours à la même place, immobile, dans l’entrebâillement de la porte. De pouvoir deviner aussi aisément la forme de son crâne sous la mince couche de peau de son visage colle des sueurs froides à Annaëlle, et en même temps, éveille aussi un sentiment de pitié. Elle n'ose imaginer ce qu'ont dû être les derniers instants de cet enfant.

" Il ne bouge pas. Il ne semble même pas nous voir. " répond la jeune femme, sourcils froncés. " Ses yeux restent fixes, perdus dans le vide. "

Du coin de l’œil, Annaëlle remarque que même s'il continue de fouiller dans ses papiers, Ben lance de temps à autre un regard vers la cuisine, comme s'il surveillait le spectre.

" Qu'est-ce qu'on fait alors ? " demande Amir à mi-voix. " On attend qu'il fasse quelque chose ? "

Tout le monde se regarde à tour de rôle, excepté Ben et Luc, tous deux respectivement occupés ; par son écran pour l'un et sa liasse de feuilles pour l'autre.

Annaëlle croise d'abord le regard de Clarence. Il semble connaître la réponse à la question d'Amir, mais peu enclin à y répondre. Ensuite, elle échange un regard avec Léo, qui semble perdu. Et enfin, inexplicablement, ses yeux se perdent sur la silhouette de Noah, toujours à côté d'elle. Elle pourrait presque jurer qu'il s'est rapproché de sa personne. Son corps est tendu à l'extrême, ses poings sont serrés et ses yeux sont rivés sur le sol.  Il paraît étonnamment pétrifié.

" Il faut essayer une prise de contact. " fait alors Ben, brisant le silence gênant qui s'était installé et arrachant Annaëlle à son début d'analyse sur l'étrange comportement de son frère.

" Un prise de contact ? " répète bêtement Amir.

Ben acquiesce d'un signe de tête en reposant ses papiers sur la table. Puis, sans ajouter un mot, il s'approche tranquillement de la porte qui les sépare de la cuisine et commence à parler d'une voix apaisante :

" Salut bonhomme. Je m'appelle Benjamin. "

A peine le trentenaire termine sa présentation que le petit garçon disparaît. Surpris, Ben se retourne aussitôt vers l'écran derrière lui, puis vers Annaëlle. Cette dernière secoue vivement la tête pour lui signifier qu'elle non plus ne sait pas où il est passé, ni ce qui a pu pousser l'esprit à prendre soudainement la fuite.

" Il reviendra sûrement. Ça peut arriver que certains esprits prennent peur quand on tente une communication. La plupart d'entre eux n'ont jamais vu de médium avant de faire notre rencontre. " explique Ben à l'ensemble de la pièce.

Sur ces mots, il retourne à ses papiers. Chacun semble respirer un peu mieux dans la pièce, comme si le départ du fantôme avait libéré les occupants de la salle à manger d'un poids sur leurs épaules. Annaëlle n'est clairement pas en reste.

Alors qu'elle ne s'était même pas rendu compte que son corps s'était tendu pendant tout le temps où l'esprit était présent, ses épaules se relâchent, ses poings se desserrent et ses orteils se déplient. Un bref coup d’œil sur l'intérieur de ses mains douloureuses lui apprend que ses ongles ont laissé des traces en forme de demi lune sur chacune de ses paumes. Y-a-t-il meilleur preuve du stress que lui causent les événements ?

Un mouvement sur sa gauche attire son attention ; son frère vient de se laisser tomber sur la chaise la plus proche, lui ramenant en mémoire son étrange comportement. Noah est resté prostré, comme pétrifié par la peur, à un moment où elle se serait plutôt attendue à le voir agité, débordant de colère et criant à tue-tête après ceux qui auraient calqué leur comportement sur le sien. Pourquoi ?

Annaëlle aimerait l'interroger, savoir ce qu'il s'est passé pour qu'il réagisse ainsi, mais elle sait qu'il est inutile d'interroger son petit frère : il ne répondra jamais à ses questions. Au mieux, il éludera, au pire, il la snobera. Autant épargner sa salive. De toute façon, elle en a besoin pour réhydrater sa bouche rendue sèche par l'angoisse des dernières minutes.

Avec un soupir, la jeune femme s'éloigne de Noah pour se servir un verre de soda, un remontant bienvenu et une dose de sucre nécessaire. Elle croise Léo, sans doute motivé par la même idée et posté de l'autre côté de la table.

" Sacrée soirée, hein ? " fait-il dès qu'il la remarque. " Ça va aller pour toi ? "

Elle acquiesce d'un signe de tête. Affirmer le contraire n’aiderait en rien, même si ce ne serait que la stricte vérité. Autant faire semblant et rassurer ceux qui peuvent encore l'être.

Léo lui laisse le temps d'avaler le contenu de son verre avant de demander :

" Est-ce que je peux faire partie de ton groupe ? "

Surprise, Annaëlle lève son regard vers lui et lit dans son regard bleu océan qu'il est très sérieux.

" Je t'ai promis de rester près de toi tout le temps qu'on sera ici, tu te souviens ? J'aimerais tenir ma promesse du mieux possible. "

Annaëlle laisse échapper un petit son qui ressemble à un rire de sidération. Leur échange sur le parking ne remonte sans doute pas à plus deux heures mais elle a l'impression qu'il s'est passé des jours depuis.

" Tu t'étais engagé pour une durée de cinq minutes seulement. " lui rappelle-t-elle alors.

C'est au tour de jeune homme de laisser échapper un sourire amusé et rire très discret. En être à l'origine réchauffe instantanément les joues d'Annaëlle. Elle remercie mentalement la pénombre permanente de la maison de cacher cette embarrassante réaction à son interlocuteur.

" C'est vrai. Mais comme mon estimation était particulièrement mauvaise, je m'excuserais en prolongeant mon engagement. Si ça te convient, bien sûr. "

Annaëlle hésite un peu avant de lui répondre. Si Léo l'accompagne pour sa chasse aux esprits, il sera véritablement témoin de ses capacités, de ce à quoi peut réellement ressembler sa vie. Elle n'a pas vraiment envie que ce soit le cas car une part d'elle - même si elle est très enfouie sous des tonnes et des tonnes de doutes et d'appréhensions - aimerait garder une chance de plaire au jeune homme. Et en même temps, si tout ce qu'il s'est passé depuis qu'ils sont entrés dans la maison ne l'a pas déjà convaincu de la fuir, il y a peut-être une petite chance pour que le reste ne lui donne pas non plus envie de courir dans la direction radicalement opposée.

Alors, histoire d'en avoir le cœur net, Annaëlle acquiesce d'un signe de tête, terminant ainsi de constituer le groupe qui l’accompagnera dans les couloirs sombres du domaine des Saules.

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