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Notes d'auteur :

Voici mon texte écrit en réponse à la sixième épreuve de Plumes en Folie 3, concours organisé par l'équipe de modération du Héron ! Il répondait aux contraintes suivantes :

- Contrainte principale : Votre texte devra se passer d'une voyelle de votre choix parmi les suivantes : A, E, I, O et d'une des consonnes suivantes : S, N, R, T, L (j'ai choisi ici d'enlever le O et le L).

- Contrainte bonus : Pour cette fois, le texte fait plus de 2000 mots (non respecté)

Bonne lecture !

Jenna marche parmi des ruines.

Ses pieds nus s’égratignent sur des pierres aiguës vêtues de suie. Sur sa peau terne et suspendus à ses cheveux d’ébène, des restes de fumée. Ses mains fines saisissent du vide. Ses yeux se perdent dans un chagrin immense.

A deux pas, des ruines. Des chapeaux égarés. Des guipures déchirées. Des chaussures perdues. Des gravats, des bâtiments éventrés, des rues fissurées. Des carcasses disséminées. Un désert de vie. Brume, ténèbres, incertitudes.

Juste une gamine désemparée.

— Maman ?

Jenna frémit, traversée par une peur infinie. Une unique survivante, qui n’est ici qu’à cause d’une cave barricadée. Sa demeure est à présent inexistante. Un tas de ruines, de même qu’une cité entière. Une cité qui n’était pas bien située, sur un chemin de carnage. Un chemin tracé par une armée sans pitié.

Ici, un cabinet de médecin réduit en cendres. Et ici un restaurant indéfiniment vide. Chaises renversées, menus épars, assiettes brisées.

Maintenant, Jenna est devant une banque qui n’en est pas vraiment une. Une façade brunie de suie, un drapeau déchiré qui pend, une entrée béante. Et dedans, du sang. Carmin, épais, répugnant.

Fuite. Frayeur. Terreur.

Jenna s’enfuit jusqu’à tituber de fatigue. Un site dénué de sang. Maman n’est pas présente.

Epuisée, Jenna s’assied.

— Maman…

Un gémissement, une demande, une prière.

Un chat émerge des ruines. Jenna se redresse et tend  sa main. Une minute après, Sebastian est sur ses cuisses, désespérément en attente de caresses. Sebastian, c’est un bébé. C’était ? Jenna ne sait pas. Bébé Sebastian a disparu, papa et maman aussi. Jenna n’arrive à distinguer aucun d’eux, dans cette brume de désastre.

Jenna regarde ce qui est dans sa périphérie. Pas un survivant. Jenna ne sait pas ce qui a pu susciter ça. Jeune, ingénue, naïve. Barbarie surprenante, cruauté étrange.

Une guerre ? Ce n’est pas une guerre. C’est une vengeance. Jenna n’est qu’une gamine de serviteurs, qui n’étaient pas au fait des évènements.

Jenna est une des victimes d’une dispute vaine et enfantine.

Une princesse répudiée, une reine fâchée, des excuses chassées d’un revers de main. Et une attaque en traître, inhumaine et barbare. Aucun survivant. Excepté Jenna et un chat, Sebastian.

Jenna se redresse, serrant dans ses bras un des derniers êtres vivants de cette cité. Pauvre camarade.

Jenna marche parmi des ruines.

Cherchant ses parents, petit frère Sebastian, sa maîtresse, ses amies, un marchand, un rescapé.

Mais pas une âme ne vit.

Jenna serre ses petites dents, sans geindre. Avancer, persévérer, vivre. Sa mère a bien éduqué sa gamine. Un père jamais présent, mais une mère qui disait : « Résiste, persévère, reste ferme face aux embarras d’une vie dure de servitude ».

Jenna n’a jamais vraiment saisi ce que ça signifiait, jusqu’à maintenant. Sans rien d’autre qu’un chat, Jenna est tenue de s’en tirer, avec sa tête et sa ténacité.

Une gamine de six ans, prête à braver chaque ennui, avec uniquement un chat.

Une vraie aventure.

Ainsi, Jenna quitte ces ruines brumeuses et tachées de sang.

Déterminée à vivre.

 

Note de fin de chapitre:

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