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Notes :

Ce texte est ma participation à la première épreuve d'immunité (textes originaux) du concours de Catie et Omi : Koh-Lanta, l'île des HPFiens.

Trigger Warning: LGBTQ+phobie. Evocation de violences morales et physiques.

 

Contraintes générales :

  • Votre personnage doit surmonter un obstacle, celui de votre choix, qu'il soit physique ou psychologique. L'obstacle surmonté dans ce texte est le rejet des autres, leur haine et la violence subie par le personnage.
  • La lettre V ne doit pas être présente dans le texte.
  • Le texte doit comporter entre 500 et 2000 mots.

Contraintes personnelles :

  • Sprint [niveau 2] : Ecrire et poster en trois jours, soit avant lundi 12 avril.
  • Sentimentalisme [niveau 2]: Insérer (au moins) trois sentiments différents. Ils sont en gras dans le texte.

 

Notes d'auteur :

Bonne lecture à toutes et tous !

 

Tu as seize ans, l’insouciance en moins. Tu as l’éclat de la jeunesse, les bleus en plus.

Tu es une personne comme les autres, le genre en moins. 


Ils te disent que ce n’est pas naturel, que ce n’est pas normal. Tu réponds que tu as déjà essayé, de rentrer dans leur norme. De toutes tes forces.


Et ça fait mal.


Ça fait putain de mal. Si être normal c’est si douloureux, tu préfères être toi. Juste toi. Ils te disent que ce n’est pas possible. Ils ne te laisseront faire. Toi pourtant, tu as juste besoin qu’on te laisse être.


Non, tu seras comme ils l’exigent ou tu ne seras pas.


-


Leurs mots sont plus douloureux que leurs coups. Leurs insultes marquent ton cœur plus profondément que leurs poings sur ton corps.


Chaque mot résonne comme la pire des insultes dans leur bouche. Et dans la tienne il n’y a plus que le goût amer de la colère mélangée à celle du sang.


Là, ta joue contre le goudron, tu sais que ce serait si facile de ne plus bouger, de ne pas te redresser. De ne plus essayer, d’attendre que ça passe. Juste attendre, t’arrêter. Simple.


Si simple même que c’en est terrifiant. Une promesse trop tentante. Peut-être qu’après tout ce n’est pas si important ? Un mensonge, mais un mensonge auquel tu pourrais croire en un clin d'œil. Oui ce serait si facile. Mais tu ne peux pas, tu ne peux pas.


Tu ne peux pas.


Ce n’est pas toi. Ils essaient de te détruire, de faire de toi quelqu’un d’autre, mais tu ne leur donneras pas ce plaisir. Du plus profond de tes entrailles la colère émane, engloutit tout sur son passage. Quelque chose en toi se déchaîne et maintenant, tu es inarrêtable.


-


Tu n’as jamais eu peur. Au début, tu te détestais. De cette même haine brûlante qui dansait dans leurs yeux et qui te consumait. Tu te détestais de ne pas réussir à garder pied, à tenir tête.


Tu te haïssais d’être si faible. De ne pas réussir à te battre. De tomber, encore et encore, sur ce sol trop dur et trop froid. Sol sale souillé de sang. Tu le détestais presque autant que toi.


Ton apathie face à leur attitude comme combustible à ta haine de toi. Tu te dégoûtais. Bile acide qui ne quittait pas ta gorge, suintait par tous tes pores. Dégoût primaire qui te donnait le besoin d’échapper à ton propre corps, à tes pensées. Besoin à en être malade. Dégoût à en gerber.


Le temps a passé. Ce même sol s’est fait familier. Il est là quand tu recules, il te soutient quand tu titubes, il t’accueille quand tu t’allonges. Tu as appris à l’aimer. Parce que c'est lui qui t’aide à te redresser. Tu y prends appui et tu te remets debout. Toujours. 


-


Le goût du sang. Le goût des larmes. Encore.


Leur guerre n’est pas la tienne. Ton identité n’est pas un champ de bataille. Et malgré tout, leur besoin de tout décider fait de toi un dommage collatéral. 


C’est ton âme contre leur haine. Ça aussi, ça fait mal.


Ça fait mal, mais à quoi bon y penser. Tu n’as qu’une chose à faire. Te redresser. Coup après coup. Insulte après insulte. Bientôt tes larmes seront les leurs. Tu te le promets. De toutes tes forces.


Tu n’es pas faible. Tu es toi.


Tu es toi. Et personne ne peut te retirer ça.

Tu es toi. Et personne d’autre.


-


Les insultes que tu connais par cœur. Répétées. Récitées. Disque rayé.


Leur lassitude est ton salut, leur lassitude est ta liberté. Leur détermination se fissure. La tienne grandit.


Tu te répètes ton prénom, comme une litanie. Une prière qui te rappelle qui tu es. Tu serres les dents et tu t’accroches. De tout ton être. Tu t’accroches à ce qu’il y a au fond de toi. L’assurance que tu es une belle personne. C’est ton humanité contre leur cruauté.


Tu ne baisses pas le regard. Tes yeux sont secs. Tu te redresses, comme à chaque fois. Tu ne tombes plus mais tu te redresses toujours. Tu grandis sous leurs mots inutiles et futiles.


Tu grandis et tu es magnifique.

-


Tu as dix-sept ans, et tu es toujours là. Parfois même tu souris. Parce que tu n’as pas abandonné. Parce que les coups ont cessé. Les mots pas tout à fait. Un semblant d’ignorance. Le mieux que tu puisse espérer.


Tu souris parce que leur haine ne dicte plus chacun de tes pas. Tu as presque ce que tu aurais toujours dû détenir.


Tu as dix-sept ans, ta route ne fait que commencer. Les premières pages de ton existence sont écrites à l’encre rouge. On te dit de penser au futur et dans ta tête tu cries. Le présent est trop présent. Le passé douloureux. Le futur attendra. 


Les obstacles, les uns après les autres, insaisissables, combats innombrables. Ils t’attendent. Et maintenant tu sais que tu auras la force de les surmonter. Encore et encore, parce qu’il le faut.


Et peut-être qu’un jour, ça ne fera plus mal.

 

 

Note de fin de chapitre:

J'espère que ça vous a plu malgré le sujet difficile. Je suis curieuse de savoir ce que vous en avez pensé, donc n'hésitez pas à me laisser un petit (ou long) commentaire ! ^^

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