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Notes :
Bonjour bonjour !
Nous voici donc à l'épreuve d'immunité du premier tour de Koh-LantHPF. Les superbes Omi et Catie Brogniart m'ont posé les contraintes suivantes :
Thème : Votre personnage doit surmonter un obstacle, celui de votre choix, qu’il soit physique ou psychique, en faisant preuve de volonté
Contraintes :
• Sentimentalisme = Insérer (au moins) trois sentiments différents
• Sprint = rendu avant lundi 23h
• Formellement INTERDIT d’utiliser la lettre V
• 500 à 2000 mots (1173 d'après le compteur)

Bonne lecture !
Il était une fois un petit poney pie nommé Gribouille. C’était un très beau poney au poil étincelant et au caractère malicieux qui adorait toutes sortes de friandises. Sans aucune retenue, il était capable d’engloutir pommes, carottes, morceaux de pain sec par dizaines. C’était peut-être même son trait de caractère principal, la gourmandise. Mais, dites-moi, ne serait-ce pas un point commun à tous les poneys ?

Gribouille habitait un centre équestre entouré de prés magnifiques. Chaque matin, il était sorti sur l’un d’entre eux et y restait jusqu’à l’heure du déjeuner. Chaque matin, Gribouille trépignait d’impatience d’être sur ce délicieux tapis émeraude. Le cœur battant à toute allure, il piaffait pendant que l’humaine qui le nourrissait, Tina, attachait son licol autour de son nez. Le pré ! Endroit de tous ses espoirs et tous les délices ! Une seule hâte occupait ses pensées de petit poney affamé : il allait au pré ! Il trottinait sur le chemin pour atteindre leur objectif plus rapidement. Mûre, son amie la ponette blanche, l’accompagnait lentement. Elle était déjà plus âgée et ne comprenait pas son attirance pour un endroit qu’elle estimait ennuyeux. Cela ne dérangeait pas Gribouille qui, tout à son empressement, faillit arracher sa longe à Tina. Fort heureusement, ils atteignirent le pré sans incident et Gribouille plongea sur l’herbe fraîche.

Ou du moins il essaya. Là où l’herbe poussait encore densement le jour précédent, il mordait dans une boue triste et morne. La catastrophe ! Gribouille jeta un regard plein de peine sur cette étendu brune. En plus, Tina était repartie, ne lui laissant pas l’opportunité de se faire emmener sur un autre pré. Toutes ses espérances brisées, il fit quelques pas, la tête proche du sol à la recherche d’une brindille ou deux. Il n’était plus que tristesse et douleur. Sa belle matinée en train de brouter partait en fumée et il ne s’imaginait pas quoi faire d’autre.

– Et oui, il a beaucoup plu cette nuit, le railla Mûre en s’ébrouant. Les grands qui étaient dehors plus tôt ont tout piétiné.

C’était le plus grand des drames. Pourquoi les grands poneys auraient-ils le droit de leur gâcher leur sortie quotidienne ? Pourquoi sortaient-ils plus tôt dans la journée ? Gribouille aurait aimé pleurer toutes les larmes de son corps comme le faisaient parfois les fillettes pourries-gâtées pendant un caprice. A son grand désarroi, ce n’était pas ainsi que les poneys exprimaient leur peine.

Mûre, peu perturbée par ce changement soudain, se roula dans la boue et se transforma en poney brun. Gribouille ne se sentait même pas d’humeur à l’imiter, alors même que se rouler était agréable et embêterait à coup sûr l’humain qu’il porterait sur son dos l’après-midi. Mais non. Pas d’herbe à l’horizon. C’était la déchéance.


Comment ça, pas d’herbe à l’horizon ? Bien sûr que si ! Gribouille pointa les oreilles et s’approcha de la clôture. Comment était-il passé à côté de cela ? De l’autre côté de la barrière, hors du pré, à droite et à gauche du chemin qui reliait écurie et pré, poussait une quantité non négligeable d’herbe. Elle possédait une couleur si appétissante, une odeur si alléchante, et certainement un goût à la hauteur de ses attentes.

– Ah non, fit Mûre dans son dos. J’ai passé l’âge de sauter les clôtures.

Le petit poney pie examina la barrière en bois en question. Ce n’était pas faux qu’elle était un peu trop haute pour la sauter. Si un jour elle eut été à la portée de Mûre – et il n’y croyait que moyennement –, elle était certainement hors d’atteinte pour lui. Passer au-dessus était impossible.

Et passer en-dessous ? Gribouille passa la tête sous la latte la plus basse. Oh, ça suffisait déjà pour attraper quelques brins d’herbe. Forçant un peu plus, il sentit la planche de bois grincer. Encore un peu ! Soudain, il eut l’impression que quelque chose lui mordillait l’encolure. Il recula d’un bond en lançant des regards affolés ?

– Tu as touché le fil électrique, expliqua Mûre d’un air endormi.

Bon, passer la clôture debout n’était apparemment pas la solution. Comment se rendre plus petit encore ? Son regard passa sur la couleur brune de son amie. Se rouler pour passer en-dessous de la barrière ? Oui, c’était possible. Il faudrait essayer pour en être sûr mais c’était une idée. Il tapa le sol de son sabot à la recherche du meilleur endroit pour son plan. Ici un caillou, là une taupinière, et enfin un trou peu profond mais assez large pour qu’il s’y couche. Soupirant de joie à l’idée de rejoindre un festin, Gribouille s’allongea et balança ses jambes de l’autre côté de son corps.

– Aïe !
Il se redressa précipitamment. Qu’est-ce qui c’était encore passé ? Ce n’était pas le mordillement qui correspondait à un électrochoc mais bien plus fort. Irrité, il regarda Mûre pour écouter sa sagesse.

– Encore le fil électrique, commenta la ponette. Tu ne pourras pas lui échapper, fais-toi à l’idée que seule ta détermination pourra te mener à l’herbe.

Sa détermination seule ? Ah oui, il était déterminé à brouter. Son estomac réclamait son dû. Ses papilles sentaient déjà le délice qui l’attendait. Hors de question de faiblir maintenant !

– Mais comment je peux faire ? interrogea-t-il son amie. Tu dois bien t’être échappée de temps en temps.
– Bien sûr, mais moi je sautais.

Ça ne l’aidait pas réellement… Passer ni au-dessus ni en-dessous ne s’était avéré pratique. Quelle possibilité lui restait-il ? Passer au milieu ? C’était un peu stupide, après tout c’était là où se trouvait le dangereux fil électrique. D’ailleurs, maintenant qu’il y pensait, ce n’était pas douloureux la première fois. En tout cas, pas comme la deuxième fois. Peut-être que sa crinière l’isolait ? C’était ça la solution ! Il passerait au milieu et pousserait le fil électrique grâce à son épaisse crinière bicolore. Content, il secoua la tête, s’ébouriffant au mieux.


D’un pas décidé, il se plaça face à la clôture. Il passa la tête sous la latte et la remonta aussi haut que possible. Le fil électrique lui mordillait l’encolure mais il était déterminé à ne pas se laisser décourager. Il passerait ! Au prix d’un ultime effort, le bois céda de quelques centimètres, lui permettant de rejoindre la belle herbe émeraude. La joie le prit au cœur. C’était une réussite ! Hennissant son succès, il plongea son nez dans son repas et ferma les yeux de plaisir. Quelques instants plus tard, il sentit la présence de Mûre, ayant elle aussi quitté le pré pour s’adonner aux joies de l’herbe fraîche.

L’herbe est toujours meilleure de l’autre côté de la clôture.
Note de fin de chapitre:
Alors vous aurez compris, l'obstacle est la clôture en bois avec son fil électrique.
Les sentiments successifs sont l'impatience, la tristesse/peine et la joie.
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