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Notes d'auteur :

Le groupe de @Carminny , @lilychx , @Wapa et @Layi s'est précipité dans la pièce 2 ! Avec un soulagement qui sera de courte durée, vous vous rendez compte que vous avez atterri dans la bibliothèque.

Votre thème : Douce évasion.
Vos contraintes :
- votre chapitre doit se dérouler le matin (entre le lever du soleil et midi).
- votre chapitre doit se dérouler par un temps pluvieux.
- vous devez insérer une citation de votre choix sur un thème donné (l'imagination).
- les émotions suivantes et leurs champs lexicaux sont interdites : sérénité, apaisement, joie, bonheur, extase.

Le texte fais 1035 mots selon http://compteur-de-mots.net/

Merci pour toutes vos super review ! Et pour tous ceux et celles qui voulait en savoir plus sur les personnages et l'ambiance du texte précédent : "Rituel" et bien je compte développer se monde et ses personnage dans une histoire plus longue !


Meric à @Tiiki pour la correction !
Orageuse


La chaleur était étouffante sous les toits et le martèlement des gouttes de pluie sur la tôle était assourdissant. Il était impossible pour Judith de se concentrer sur ses révisions. La matinée était déjà bien avancée, mais il restait deux heures avant de pouvoir déjeuner. Deux heures de torture mentale, à essayer de comprendre les diagrammes alambiqués du professeur Martin. Il fallait impérativement que Judith les connaisse sur le bout des doigts, car elle savait que l’examen qui aurait lieu le soir même serait sur ces fichus diagrammes.

L’humidité faisait gonfler les cheveux de la jeune femme. L’air était empli d’électricité statique qui interagissait violemment avec les ustensiles magiques qui encombraient le minuscule appartement de la sorcière, créant autour d’elle des arcs bleu et violet.

Et plus Judith s’impatientait sur les diagrammes, plus la tension électrique était palpable dans l’air. Quelle idée avait-elle eue de prendre cette option ! Tous l'avaient pourtant prévenue : même avec ses dispositions naturelles à maîtriser la foudre, les cours du professeur Martin sur la conduction électrique dans la magie étaient parmi les plus compliqués. Et rares étaient les élèves qui parvenaient à finir le cycle proposé par l'exigeant professeur. Mais la jeune femme se refusait à abandonner. Elle exigeait d’elle-même une moyenne la plus haute possible et il était hors de question qu’une simple option fasse baisser son excellence ne serait-ce que d’un point.

Elle tapait nerveusement du bout de ses doigts le bois de son bureau au même rythme effréné que la pluie qu’elle voyait tomber par la minuscule et unique fenêtre de sa chambre de bonne. Un espace d’une douzaine de mètres carrés dans lequel tenaient, plus par les lois de la magie que celles de la physique, un lit, un espace d'hygiène, une plaque de cuisson et un bureau.

À l’extérieur, on n'était pas loin du déluge et cela ne l’arrangeait pas. Elle aurait aimé pouvoir aller prendre l’air pour remettre ses méninges en place. Mais l’air était tellement chargé en électricité qu’elle s'attendait à tout moment à ce que l’orage éclate. Et vu la conduction de son corps, elle attirerait la foudre en si grande quantité qu’elle serait incapable de la canaliser et serait rapidement perdue dans le courant.

Pourtant, si elle ne voulait pas devenir folle, il fallait qu’elle s’évade de ces diagrammes et de cet environnement, ne serait-ce que quelques instants.

Les yeux de la jeune femme se posèrent sur la petite boîte en métal posée sur le coin du bureau. C’était une très mauvaise idée. Elle le savait. Mais c’était la seule solution qu’elle avait pour s'accorder l’évasion mentale dont elle avait en cet instant si désespérément besoin.

Tant pis pour les risques. Elle saisit la boîte et s’allongea sur son lit. Elle ouvrit le couvercle et un message en lettres lumineuses apparut devant ses yeux : “Donnez des ailes à votre imagination, mais essayez de garder les pieds sur terre, car même les oiseaux ont besoin de se poser pour se nourrir et construire leurs nids. ”**

Un message de mise en garde. Elle savait que les doses d’imagination étaient une magnifique manière de s’évader de son quotidien et permettaient de trouver de l’inspiration en toutes occasions, mais elles étaient également très addictives et faisaient complètement perdre la notion du temps.

Elle programma son réveil pour qu’il sonne une heure plus tard. Une heure de cette douce évasion devrait suffire. Elle attrapa les diagrammes du professeur Martin et avala une pilule d’imagination. Le monde s'effaça pour ne laisser que le bruit de l’eau ruisselant sur le toit et les diagrammes danser autour d’elle.

Les couleurs étaient bleues et violettes, très vives, presque aveuglantes. Des spirales envoûtantes tournoyaient autour de Judith. Son cerveau était en train de divaguer dans une douce cacophonie d'idées, libérant un à un les verrous du blocage mental qu’elle avait sur les diagrammes du professeur Martin.

Sa magie s'activa d'elle-même dans cet état second, son esprit s’évadant totalement de l’espace et du temps. C’était ça, la clé des diagrammes. S’affranchir en douceur de ces concepts archaïques du temps, de l’espace et du corps, et ne s’attacher qu'à la magie et à l'électricité présentes dans toutes choses, vivantes ou non vivantes, pour accroître sa puissance.

Judith comprenait enfin les principes que le professeur Martin tentait vainement d’expliquer avec ses mots et ses schémas, mais qu'il était impossible de comprendre sans en avoir fait soi-même l’expérience en pleine conscience. Sans cette douce évasion de son esprit. Mais comme il était interdit de consommer des drogues au sein de l'université, le professeur ne pouvait pas donner la clé à ses élèves, et c'était pour cela que si peu d'entre eux parvenaient à maîtriser ce cours.

Le réveil sonna, et il fut temps pour Judith de revenir à la réalité. La pluie était moins forte à présent, et l’électricité statique se dissipait peu à peu comme si l’évasion par l’imaginaire de la jeune femme l’avait consommée.

Elle se redressa lentement, encore dans le vague, la bouche pâteuse et les muscles raides. Bien que la dose fut très faible, elle avait été suffisante pour lui laisser une drôle d’impression. Comme si elle avait dû laisser s'échapper une partie de son esprit.

Elle se leva et sortit de son minuscule appartement, descendant rapidement les cinq étages qui la séparaient de l’extérieur. Elle n’avait plus peur de l’orage à venir, elle était libre maintenant que son esprit et sa magie avaient compris.

Le contact de l’eau sur son visage tendu vers le ciel lui était agréable. Et d’un coup, elle sentit s'abattre la foudre sur elle. Alors, avec une simplicité enfantine, elle la laissa doucement s’évader à travers son corps pour rejoindre la terre.

Puis, comme si de rien n’était, Judith se remit en route pour trouver de quoi déjeuner.

Note de fin de chapitre:

**Citation de Gilberto Araújo de Alcântara

Merci pour votre lecture !

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