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Notes d'auteur :
Second tour :
Le groupe de @Carminny , @lilychx , @Selket , @Wapa , @Layi et @Ivanhoe s'est précipité dans la pièce 4 ! Votre course effrénée vous amène jusqu'à la serre. Un délicieux mélange d'odeurs et de couleurs vous envoûte, mais vous restez sur vos gardes...

Votre thème : Exquise fragrance.
Vos contraintes :
- votre chapitre doit se dérouler au crépuscule.
- votre chapitre doit se dérouler par un temps venteux.

Pour 1 point supplémentaire, vous pouvez faire mention de l'un.e des personnages suivant.e.s :
- Dorea Black.
- Cassandre (original).
- Laetita (original).
- Harry Potter.
- Silvère (original).

Tout en se baladant dans sa propriété fraichement acquise le personnage se retrouve submergé par des odeur qui l'emmène visiter des émotions qui ne sont pas les siennes.

Mon texte fait 720 mots selon http://compteur-de-mots.net/

Merci a Tiiki pour la correction. Et bien-sûr un grand merci à Xuulu pour la création du personnage de Silvère et de son atteler !
L'héritage


J'ai hérité de cette demeure un peu par hasard. Il n’existe plus d’héritier direct. On m’a remis les clés ce matin même. J’ai directement sauté dans mon véhicule personnel pour avaler les kilomètres qui me séparaient de mon nouveau bien. Heureuse de quitter ma ville. Cette caverne d’acier où seules les odeurs de plastique, de bitume et de poussière flottent. Saturant nos appareils olfactifs, nous empêchant de profiter pleinement de notre organe.

Le vent s'est levé et le soleil décline déjà lorsque j’arrive sur le sentier menant à la maison, donnant une clarté étrange à l’environnement. J’ai toujours adoré ce moment de la journée. Il est, à mes yeux, magique. Ça commence toujours par un moment de flottement, quand le soleil tombe et qu’un parfum d’hésitation qu’on appelle crépuscule se lève. Les dernières lueurs du jour sont avalées par l’horizon. J’aime cet instant, voir le changement dans l'atmosphère. À se demander comment peut se faire ce petit miracle quotidien, ce perpétuel mystère qui fait qu’en quelques secondes, on passe du côté obscur de la Terre. Les rues se vident et les villes reprennent leur souffle. Ce moment d’obscurité met en lumière nos fissures.

C’est vrai que la faune nocturne dans nos villes de béton et d’acier est assez particulière. Il y a ceux qui travaillent, ceux qui sortent pour voir les putains ou boire un verre, oublier la misère de leur vie, oublier leur pathétique destin. Dans la nuit qui s'annonce, la journée qui vient de s’achever s’y reflète.

Ici, on entend les créatures du jour qui cherchent leur refuge pour la nuit, tandis que celles de la nuit s’éveillent tranquillement pour aller en chasse, faisant résonner la nature d’une symphonie unique et merveilleuse.

Devant moi se dresse mon héritage. Je sors de mon véhicule pour m’approcher. C’est une maison entourée d'un terrain, comme on n'en fait plus depuis des décennies. La bâtisse est vieille et délabrée, mais pas dénuée de charme. Ce qui me frappe, c’est l’odeur de cèdre et d’orange charriée par le vent. Cette odeur m’envoûte, tranche avec les fragrances ternes et mornes de mon quotidien et me pousse à m'approcher de sa source. Je tombe sur une orangeraie jouxtant une serre redevenue sauvage. Toutes ces fragrances, émises par les variétés de plantes, font chavirer mes sens.

Je finis par tomber sur un atelier. Je m’y réfugie pour échapper au vent qui se fait de plus en plus fort. C’était sûrement le lieu de travail d’un parfumeur. Une espèce de joyeux bordel organisé. Un millier de flacons en verre répandus sur des étagères, des bureaux, des armoires, une bibliothèque, et pour la plupart vides. Séchés par le temps. Tout y est poussiéreux. Je m'assois devant l’orgue à parfums. Des notes sont étalées dans tous les sens. Des recettes signées “Silvère”.

Mon regard est attiré par un petit flacon d’environ 100 ml doté d’un bouchon de liège. Autour du goulot, une petite ficelle maintient une étiquette. Paroxysme. C’est le nom qui a été inscrit d’une écriture élégante. Le flacon est vieux et légèrement trouble, mais il reste quelques gouttes dans le fond. J'ouvre, une odeur de mousse de chêne m'enveloppe, mélangée à des notes de vétiver, de girofle, de pamplemousse et une subtile fragrance de yuzu.

Cette Exquise fragrance m’emporte aussitôt dans une autre temporalité. Et bientôt le vent qui fait rage dehors devient l’écho de ma colère intérieure.
Mais cette colère, cette rage, ce n'est pas la mienne. Je comprends que c'est celle de Silvère. L’homme qui a créé ce parfum subtil. L'homme à qui appartient cet atelier.

Cette colère a quelque chose de réconfortant pour moi. Tout comme ces odeurs qui m'enveloppent. Je devine que personne n’a osé démolir ce lieu où on retrouve les fragrances et les émotions historiques, depuis longtemps oubliées par mes contemporains. Peut-être pourrais-je transformer ce lieu en musée ? Pour permettre aux citadins de se souvenir de ce qu’est un parfum. De se souvenir de l’intensité des émotions qui nous habitaient autrefois.
Note de fin de chapitre:
Merci beaucoup de m'avoir lu !
J'espère que se petit texte vous à été agréable à la lecture. N'hésitez surtout pas à me dire ce que vous en avez pensez.
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