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Notes d'auteur :

Voici le dernier chapitre de cette courte histoire.

 

Bonne lecture :)

Cela faisait déjà deux bonnes heures qu’elle marchait sous le soleil déclinant. Les rayons orangés venaient se répercuter sur les parois rocheuses qui l’accompagnaient. Elle avançait doucement, mais sûrement, la route n’était pas des plus praticables. Quelques éboulements avaient causé d’important dégât et elle devait faire attention à chacun de ses pas pour ne pas tomber ou se casser une cheville. Plus les minutes défilaient et plus la nuit commençait à l’envelopper. Les minces filés de lumières qui traversaient les murs de roches peinaient à lui fournir suffisamment de clarté pour se permettre d’accélérer le pas.

 

 

 

Ombelline fatiguait et plus elle avançait et plus elle sentait quelque chose sonder son âme et sa magie, comme pour déterminer si chaque pas était nécessaire, si chaque pas était autorisé à se trouvait là. Elle finit par s’arrêter, épuisée, il lui restait encore une bonne heure de marche avant de voir la fin de cette espèce de tunnel à ciel ouvert, cette gorge profonde qui s’assombrissait d’heure en heure. Elle attrapa sa bouteille d’eau et bu les dernières gouttes qu’il lui restait. Elle poussa un profond soupir et décida de se remettre en route, si on l’attendait réellement dans cette cité, elle aurait de quoi se restaurer et se coucher en arrivant là-bas.

 

 

 

Malgré la dure traversée, ses pensées étaient obnubilées par les silhouettes, qu’elle avait vu en rêve. Un garçon et une fille qui tenter de lui transmettre un message, elle n’arrivait pas à comprendre lequel et plus elle cherchait et plus la réponse semblait se défiler. Elle trébucha sur un caillou qui s’en alla rouler au loin, l’écho se répercuta contre la pierre dans un grondement sinistre qui la fit frissonner. Elle tomba à genoux sur le sol rocailleux, épuisée, pleine de poussière et de terre. La fatigue physique qu’elle ressentait n’était rien comparée au reste, une sensation féroce lui tiraillait les sens, comme si quelque chose aspirait sa magie. Elle était à bout de force, sa cheville la faisait souffrir et elle sentait comme une ombre planait au-dessus d’elle. Un danger la guettait et elle le sentait, elle était trop exposée ici, trop à découvert et une aucune cachette ne semblait totalement sure.

 

 

 

Elle tenta de se relever, ses membres douloureux refusaient de la porter plus loin, mais elle tient bon, elle avança, petit pas par petit, grappillant quelques mètres lorsqu’elle sentit un courant d’air froid à côté d’elle. Une peur panique l’envahit, lui glaçant les os, elle tourna la tête, scrutant la demi-obscurité à la recherche de quelqu’un ou de quelque chose. Elle ne vit rien, mais Belle sentie le coup qui la propulsa contre la roche, la laissant retomber sur le sol, à demi-consciente, elle n’eut que le temps de souffler la formule de protection pour activer la pierre de pyrite avant qu’une deuxième rafale ne s’abatte sur elle. Protégée par la pierre, elle resta clouée au sol et sombra dans l’inconscient. Elle n’entendit pas les pas sur le sol rocheux, ni les sorts qui fusèrent à côté, elle ne sentit pas non plus que quelqu’un la soulevait de terre, ni les soubresauts chaotiques qui la bercèrent.

 

 

 

Lorsqu’elle ouvrit enfin les yeux, sa tête lui faisait mal, une douleur lancinante martelait son crâne. Sa vision, encore brouillée, ne capta que la lumière et elle mit plusieurs minutes à se rappeler les événements de la veille. Chaque incursion dans sa mémoire ne faisait qu’accentuer la douleur, mais Ombelline était tenace et malgré cela, elle continua, cherchant à se souvenir, à comprendre où elle était et ce qu’il s’était passé, mais le brouillard enveloppait toujours son esprit. Elle finit par retomber dans l’inconscient, épuisée par ses tentatives.

 

 

 

Elle ne sut combien de temps elle resta dans le coma, le choc à la tête avait été violent et les sortilèges de protection qui entouraient la ville avaient aspirés une grande partie de sa magie. Elle peinait à se remettre de l’attaque et malgré la force qu’elle avait en elle, malgré les efforts qu’elle tentait, elle restait prostrée dans sa léthargie. Une infime partie d’elle avait conscience de son état, mais tout son être refusait de coopérer et de se ranimer. Elle avançait dans un brouillard constant, tentant de chasser les nuages qui la maintenaient inconsciente, se raccrochant aux silhouettes qui accompagnaient son errance. Elle ne savait même pas si elle avait réussi à atteindre Nihila.

 

 

 

Mais pourtant, c’était bien le cas. Et chaque jour, les silhouettes se succédaient auprès de la belle endormie, priant pour qu’elle se réveille enfin. Et chaque jour, une ombre restait assise au plus près du lit, sentant que sa place était ici. Les meilleurs guérisseurs résidaient dans cette cité magique et aucun d’eux ne savait comment la guérir. Les potions et sortilèges de guérisons n’avaient aucun effet sur la jeune femme à la peau chocolat, et même les dons innés de guérison n’y faisait rien. Les jours défilaient et de moins en moins de silhouettes ne se succédaient dans la chambre de la métisse, seul l’ombre restait, désormais intégrée au décor, patientant à ses côtés qu’elle daigne enfin se réveiller. Car elle le ferait, l’ombre en était persuadée.

 

 

 

Au fil des jours, de petits changements avaient opéré, les traits si lisses de son visage commençaient à se crisper, ses longs doigts fins frémissaient et le brouillard de son esprit se dissipait peu à peu. Ombelline percevait des sons, des échos, des éclats de lumière, tantôt aveuglant, tantôt apaisant qui la poussaient vers la réalité. Un soir, où la lune brillait d’une lueur bleutée, la jeune femme ouvrit doucement les paupières, son corps pesait lourd, comme si quelque chose l’écrasait contre le lit, sa respiration était saccadée et une douleur aigüe lui martelait le crâne. Affolée, elle tenta de se redresser mais deux mains robustes l’en empêchèrent, la maintenant allongée. Un son rauque, proche du coassement, sortit de sa bouche, lorsqu’elle sentit la pression sur ses épaules, la vision brouillée, elle ne voyait pas qui l’avait repoussé.

 

 

 

Elle tenta mollement de se débattre, les membres ankylosés, mais finit par se repositionner, battant des paupières pour recouvrer un semblant de vision. Quand sa vue devint plus nette, elle fit rapidement le tour de la pièce pour comprendre dans quel lieu elle se trouvait, avait-elle réussi ? Rien n’indiquait le contraire, mais aucun signe ne semblait le prouver. Elle tourna doucement la tête vers l’ombre assise à côté de son lit, un jeune homme, qui ne devait pas être plus âgé qu’elle, la fixait à la fois inquiet et soulagé, un sourire énigmatique étirant ses lèvres fines. Elle planta ses prunelles bleu-gris dans les yeux bleus qui l’observaient, tentant de déceler, derrière son expression singulière, un signe qui lui prouverait qu’elle n’avait rien à craindre.

 

 

 

Sans aucune gêne, Belle détailla son comparse, ses pupilles bleus et sa peau pâle contrastaient tant avec ses cheveux en bataille d’un noir de jais et la barbe naissante qui piquait ses joues. Son cœur rata un battement, tout chez cet étranger lui semblait tellement familier, son visage, l’expression qui habitait ses traits et cette manie de sourire ainsi. C’était comme si elle le connaissait déjà. Comme si elle l’avait déjà vu. Et plus elle cherchait à savoir, plus les souvenirs semblaient se défiler. Il agita une main gantée devant son visage, la faisant sortir de ses pensées.

 

 

 

- Alors, bien dormi, la belle aux dormants, murmura-t-il du bout de ses lèvres roses.

 

 

 

La jeune femme soupira, irritée par le surnom ridicule dont il l’avait affublé. Elle secoua doucement la tête, tentant de replacer une boucle sombre qui la gênait, sans y parvenir. Il s’approcha doucement, voyant son geste et délicatement, souleva la mèche pour la replacer derrière son oreille. Il effleura sa peau, une infime seconde, déclenchant un courant électrique qui la traversa. La lueur de surprise qui se lut dans ses yeux, la conforta dans l’idée que lui aussi l’avait sentie passer. Il se laissa retomber dans son siège, son regard planté dans le sien.

 

 

 

- Je m’appelle Orens. Je suis le petit-fils de Rose. Bienvenue à Nihila, sourit-il mystérieusement avant de laisser échapper un petit rire.

 

- Je m’appelle, coassa Belle avant qu’il ne lui coupe la parole.

 

- Ombelline, je sais. Ma sœur, Palmyre, a reçu une vision de toi. Tu es la dernière des chasseuses de rêves encore en vie, tu sais, souffla Orens, d’un ton désinvolte. Mais assez parlé. Repose-toi, tu en as besoin et nous, nous avons besoin de toi, termina-t-il en se dirigeant vers la porte.

 

 

 

Ombelline ne répondit pas. La dernière des chasseuses de rêves, songea-t-elle, amèrement. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier pour elle. Qui était réellement cet homme ? Épuisée par les questions qui l’assaillaient, elle sombra dans un sommeil réparateur habité par les silhouettes de son coma.

 

 

 

Le lendemain matin, une batterie de personnes se pressaient déjà autour d’elle, pour prendre ses constantes, la nourrir et l’aider à faire sa toilette. Belle n’était pas du genre pudique, mais le nombre d’infirmières et de guérisseurs qui l’entouraient lui donnait le vertige. Le défilé prit fin vers 10h et quand le calme fut enfin revenu, elle s’autorisa à s’asseoir et à réfléchir à toutes les nouvelles choses qu’elle devait assimiler. Ainsi, elle avait réussi, mais la liberté qu’elle avait tant espérée ne semblait pas encore gagnée.

 

 

 

Deux coups résonnèrent contre le battant de sa porte, avant qu’une silhouette inconnue ne franchisse le pas. C’était une femme d’une quarantaine d’années, à l’allure sophistiquée et aux boucles blondes patines. Elle s’avança d’un pas ferme et assuré jusqu’au lit.

 

 

 

- Bonjour, Ombelline, je suis Cordélia Furstenberg, se présenta la quarantenaire.

 

 

 

Ombelline, qui n’avait pas encore recouvré assez de voix, se contenta de hocher la tête.

 

 

 

- Je comprends que tu te sentes un peu perdue, commença-t-elle. Mais, permets-moi de t’expliquer pourquoi je t’ai fait venir ici. Il y a encore quelques années, les personnes de ton talent courraient le monde pour aider les autres, les chasseurs de rêves n’avaient pas seulement le pouvoir de voir les rêves et de les matérialiser, mais aussi celui de lire les désirs et les peurs et de leur faire prendre vie, continua la blonde. Un jour, l’Algol se mit en quête de les chasser pour récupérer leur pouvoir et il mit fin à la lignée. Jusqu’au jour où tu es née. Ta mère, t’a caché, au milieu des non-magiciens pour te protéger. Mais aujourd’hui, nous avons besoin que tu rejoignes l’Ordre des 7. Non pas pour te battre, mais pour protéger la magie de l’Algol. C’est pour cela que je t’ai fait venir ici, termina Cordélia dans un souffle.

 

 

 

Ombelline mit plusieurs minutes à comprendre ce que la directrice venait de lui dire. Lorsque toutes les informations furent assimilées, la seule question qui lui vint à l’esprit fut :

 

 

 

- Que représente l’Ordre des 7, coassa la jeune femme. 

 

- L’Ordre des 7 représente l’élite des magiciens, les sorciers et sorcières possédant des dons hors du commun. Au cours des centaines d’années qui se sont écoulées, seul sept pouvoirs ont été recensés : la télékinésie, le don du troisième œil, le contrôle de l’air et de la météo, la maîtrise de l’eau et des créatures marines, la création et la manipulation du feu et l’art de manier les éléments de la terre, et enfin, le don que tu possèdes, celui de rendre réelle des choses qui ne le sont pas.

 

 

 

Belle en resta abasourdie, jamais elle n’avait entendu ce genre de discours, pourtant sa mère devait bien être courant. Sur le coup, elle lui en voulut de lui avoir caché cela, mais c’était finalement pour son bien. Après ces révélations, la directrice lui expliqua ce qu’elle attendait d’elle et comment elle serait formée pour déployer l’entièreté de son don, puis elle finit par quitter la chambre, la laissant seule avec ses réflexions.

 

 

 

Durant les semaines d’entraînement qui suivirent, Ombelline fit face à l’Ordre, composait de Orens et Palmyre, les jumeaux qui l’avaient sauvé, tous deux bruns aux yeux clairs et à la peau aussi blanche que la neige, mais aussi de Nausicaa, une jeune fille d’à peine 16 ans, blonde comme les blés, mais dont les yeux rouges reflétaient la flamme qu’était son pouvoir, Aden jeune homme typé aux yeux en amande aussi sombre que ses cheveux et qui maîtrisait comme personne l’air et ses subtilités. Milo, le plus jeune, ses cheveux châtain tombant sur ses yeux verts aussi à l’aise avec l’eau qu’un dauphin dans la mer et Loris, le plus âgés du groupe, sage et paternel comme la terre qui le représentait, mais aussi doux qu’un agneau malgré sa carrure imposante.

 

 

 

Aussi étonnant de par sa nature taciturne et renfermée, Belle se lia d’amitié avec chacun d’entre eux, se découvrant des points communs et un idéal partagé. Mais la personne dont elle était la plus proche restait Orens, le lien qui les unissait semblait inébranlable. Il la poussait dans ses retranchements, l’encourageait et la réconforter, toujours présent à ses côtés. Elle avait découvert une autre forme de son rêve, elle pouvait enfin être pleinement elle-même. Elle était intégrée et n’avait plus besoin de cacher qui elle était. C’était un premier pas vers son rêve, une première rencontre avec la liberté qu’elle avait tant espérée.

Note de fin de chapitre:

J'espère que cette histoire aura su vous plaire. J'ai passé un bon moment à l'écrire, même si cela m'a semblait difficle, j'espère avoir réussi à vous faire passer un bon moment à vous aussi.

 

N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.

 

À une prochaine fois sur le héron ou HPFanfiction :)

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