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Notes :

Bonjour, bonsoir,

 

Voici ma participation au concours d'Hazalhia (on a échangé nos OC) sur le thème Première rencontre.

 

En espérant que cette histoire vous plaise, je vous souhaite bonne lecture :)

Notes d'auteur :

Voici le premier chapitre de ma participation au concours d'Hazalhia.

 

Bonne Lecture :)

Ombelline avait terminé sa dernière année d’étude, il était temps pour elle de se trouver un job pour pouvoir enfin quitter cette maison. Elle n’avait plus rien à apprendre de sa mère, question magie, elle la surpassait, grâce à son don, depuis quelques années déjà. Elle ne rêvait que d’une chose, rencontrer des gens comme elle et trouver un endroit où vivre en toute liberté. Bien sûr, elle avait ses sœurs, qui, comme elle, possédait le don de la magie, mais ce n’était pas la même chose. Ici, dans cette ville, dans ce quartier, elle n’avait pas le droit d’utiliser ses pouvoirs, ni même de les montrer. Pas que les non-magiciens en aient peur, simplement, c’était la tradition et elle ne devait pas être brisée.

La jeune femme soupira lourdement, rejetant ses longues boucles brunes en arrière. Quel beau rêve, pensa-t-elle cynique, pourtant, les rêves, c’était sa spécialité. Son don lui avait fait peur quand elle était plus jeune, voir les rêves des personnes endormis qui l’entouraient, ce pouvait être magnifique, comme terrifiant. Quand elle avait compris qu’elle pouvait les rendre réels, elle s’en était servie, pas toujours pour faire le bien, mais il fallait bien s’entraîner.

Ombelline se leva de son lit d’un geste las, du haut de son mètre soixante-quinze, elle ne pouvait tenir debout que dans une partie restreinte de sa chambre. Elle soupira encore. Sa fenêtre, grande ouverte sur la rue, laissait entendre les cris des enfants du quartier qui s’amusaient dehors. La chaleur alourdissait l’air d’heure en heure, mais les gamins ne semblaient pas impactés par la moiteur d’avant orage. Elle s’approcha de la vitre, contemplant le quartier qui l’avait vu grandir, n’espérant qu’une seule chose, qu’il ne la verrait pas y mourir.

Elle rajusta sa blouse immaculée qui laissait ses bras nus en cette période estivale, enfila un pantalon fluide kaki et chaussa ses sandales en cuir doré. Elle avait passé toute la journée dans sa chambre, trop maussade pour descendre et se sociabiliser, mais son estomac criait famine et si elle ne faisait pas acte de présence, elle était bonne pour une soufflante qu’elle n’oublierait pas de sitôt. Elle rejoignit donc sa mère à la cuisine, en train de s’affairer pour le dîner de ce soir. Des salades en tout genre remplissant plusieurs assiettes, étaient éparpillées sur l’îlot central, la jeune femme ne put résister et chaparda un morceau de poulet qui dépassait.

- Bonsoir, maman, dit la jeune femme en s’avançant.
- Bonsoir, chérie, tu daignes enfin te présenter à ta mère, souffla la vieille dame, espiègle.


Ombelline ne répondit pas, se contentant d’observer sa mère qui remuait énergiquement sa vinaigrette. Elle s’assit sur un des tabourets du comptoir, grignotant nerveusement l’ongle de son petit doigt. Elle ne savait pas comment lui annoncer, elle ne voulait pas partir comme une voleuse, mais lui avouer, à voix haute, son envie de fuir, lui semblait une montagne insurmontable. Elle savait pertinemment qu’elle lui ferait une peine monstre et ce n’était pas ce dont elle avait envie. Elle ne voulait pas voir sa mère s’effondrer, elle qui avait toujours parût si forte et si robuste. Elle savait le chagrin dont elle l’affligerait, elle avait déjà eu l’occasion de voir des larmes sur le visage de sa génitrice lorsque son frère aîné avait emménagé avec sa fiancée, quelques rues plus hauts. Alors savoir que sa fille comptait quitter définitivement la ville, ce n’était pas possible, ce serait trop pour elle. 


Elle piocha un autre morceau de poulet avant de se lever, embrassa sa mère sur la joue et finit par remonter dans sa chambre, à l’abri des regards, elle pourrait continuer à mettre au point son plan d’évasion. Elle se jeta sur le dessus-de-lit couvert de fleurs bleu et rose, son regard papillonnant à travers la pièce. Sa chambre était minuscule, un lit simple en bois sombre, une armoire près de la porte et une table sous la fenêtre avec une vielle chaise de bois branlante qui menaçait de s’effondrer chaque fois qu’elle s’asseyait dessus. 


Son bureau était toujours bien rangé, jamais une feuille ni un crayon ne dépassait, tout était toujours très bien ordonné. Pourtant, quelque chose n’allait pas, une sorte d’enveloppe, posée à l’arrache sur le plateau, tachait le décor. Elle était sûre que la missive ne se trouvait pas là avant qu’elle ne descende à la cuisine et ce n’était pas elle qui l’avait posé là de manière aussi négligée. Piquée par la curiosité, elle se leva doucement, s’approchant avec précaution de la table comme si un monstre risquait, à tout moment, d’en surgir.


Elle attrapa le document, soupesa le papier, c’était une belle enveloppe beige, avec des petites fioritures encadrant l’écriture souple et ronde qui dénonçait le destinataire.


Ombelline Lachapelle
Simulacre, quartier de Venefeci
Maison Lachapelle


Elle décacheta l’enveloppe et en sorti un papier à lettres tout aussi décoré, qu’elle du relire au moins trois fois pour être sûre de ne pas avoir rêvé. 


Mademoiselle Lachapelle, 
 
Nous sommes désolés de vous envoyer cette lettre si tardivement. Nous avons eu connaissance de votre don et souhaiterions vous intégrer lors de la prochaine session. 
 
Vos talents de chasseuse de rêves, parce que c’est ainsi que nous nommons les personnes de votre talent, nous intéresses fortement. 
 
Si vous souhaitez en savoir plus, nous vous attendons avec impatience à l’université de Nihila, pour un cursus accéléré.
 
Nos chaleureuses salutations.
 
Cordélia Furstenberg, Directrice.


Elle n’en revenait pas, était-ce une illusion, un coup du destin, sa bonne étoile ? Elle ne savait pas. Elle froissa le papier avant de le fourrer dans sa poche et se mit à chercher dans ses livres de géographie où se trouvait Nihila. Après une bonne heure de recherche, cette ville n’était décidément pas très connue, elle trouva enfin un indice dans un vieux livre poussiéreux de la bibliothèque du premier étage. Tous les livres de magie étaient cachés là, bien à l’abri des regards, dissimulés sous de fausses couvertures de romans d’aventure.


Nihila était une ville côtière à l’ouest de Simulacre, coincée entre deux montagnes, c’était une ville quasi-inaccessible. La légende racontait que seuls les détenteurs de la vraie magie pouvaient la trouver. Presque introuvable, elle ne montrait le chemin qu’à ceux qu’elle choisissait. Difficilement atteignable mais pas impossible. Ombelline chercha encore pendant deux bonnes heures avant que sa mère ne l’appelle pour dîner. Elle trouva le nom des deux montagnes qui la coupaient presque du continent et établit le meilleur itinéraire. Il lui faudrait un peu plus de 4 jours de marches pour rejoindre le Mont Kyrios, presque 6 pour le mont Bélissante.


Son plan était au point, avec un peu de chance et ses quelques économies, elle pourrait peut-être prendre un car pour raccourcir son périple. Déterminée, la jeune femme se leva, étira ses membres douloureux et rejoignit le reste de sa famille dans la salle à manger. Sur les cinq enfants de la famille Lachapelle, il n’en restait que deux à la maison, les jumeaux avaient déménagé l’année passée au bout de la rue dans une coloc douteuse et ne passaient les voir que le dimanche midi lorsque toute la famille se réunissait. De toute façon, elle avait toujours été plus proche de Flore, la benjamine, leur différence d’âge n’avait jamais gêné leur complicité et Ombelline était plus triste de quitter la maison que lorsque ses autres frères et sœur étaient partis. 
Elle s’assit à la grande table ovale, sourit à sa mère, fit un signe de tête à son père et un clin d’œil à sa sœur. Elle partirait ce soir, tant pis pour Darius, Clovis et Clémence, trop âgés pour n’avoir jamais daigné s’intéresser à elle. Clémence l’avait toujours regardé de haut, Clovis se moquait d’elle et Darius l’ignorait. Son plan était prêt, ne restait plus que son sac à faire et elle pourrait enfin dire adieu à cette maison. La perspective du départ l’excitait tellement qu’elle ne se rendait pas compte qu’elle ne les reverrait sans doute jamais. Dans le monde d’Aklaha, lorsqu’on s’établissait quelque part, on ne quittait jamais cet endroit, c’était comme ça, c’étaient les traditions qui voulaient ça.


Elle termina sa salade de poulet, embrassa son père, sa mère et remonta dans sa chambre. Elle attrapa son vieux sac à dos en cuir usé et entreprit de préparer ses affaires. Elle ne voulait emmener que le strict minimum et de toute façon, elle n’avait pas beaucoup d’effets personnels. Ses biens les plus précieux, elle les portait toujours sur elle. Le collier en argent où pendait un croissant de lune entouré par deux étoiles était un cadeau de son père pour ses seize ans. Au poignet, un bracelet tressé de fils noir et vert que sa sœur lui avait confectionné pour ses vingt ans et une bague argentée, avec une toute petite pierre de pyrite en forme de goutte, un cadeau de sa mère pour repousser les énergies magiques négatives. Elle lui avait offert cette bague cette année, pour ses vingt-deux ans, comme si elle savait qu’elle en aurait besoin pour avancer. 


La jeune femme vida quelques étagères de son armoire, sous-vêtements, pantalons, blouses, une paire de sandales et une veste. Elle enfila des bottines, serrant les lacets, un pull fin en coton gris perle et fourra le tout dans son vieux sac. Son regard se porta sur la table de chevet où trônait une photo de famille, une larme emplit de nostalgie roula sur sa joue foncée avant qu’elle ne l’essuie d’un geste las. Elle attrapa le cadre qu’elle rangea soigneusement dans son bagage et se rallongea sur son lit. Elle attendrait la nuit pour s’enfuir, en attendant, une petite sieste ne serait pas de trop.

Note de fin de chapitre:

N'hésitez pas à laisser un review si vous avez des questions ou des conseils, tous les avis sont bons à prendre.

 

À beintôt :)

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