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“Quoi ?” s’écria Emma qui faillit s’étouffer avec son scone.

Etant donné que Vanessa avait été prise toute la semaine, les deux amies avaient décidé de manger ensemble un petit-déjeuner à l’appartement de Vanessa avant qu’Emma ne parte à son travail.

“Raconte-moi cette soirée romantique avec Thomas Johnson !” dit Emma avec attente.
“Ce n’était pas romantique !”
“Comment ça ? Pas romantique ? Vous avez cuisiné des pâtisseries ensemble toute la soirée et tu dis que ce n’était pas romantique ! J’imagine vos mains se liant en pétrissant la pâte à biscuits… C’est le summum du romantisme !”
“N’exagère pas quand même, Emma !” rit Vanessa. Son amie avait tendance à tout surenchérir.

Vanessa lui raconta le déroulement de la soirée. Emma l’écouta avidement, en buvant son café.

“Et il n’a pas essayé de t’embrasser ?”

Vanessa fut choquée par la question.

“Thomas est un vrai gentleman ! Il ne m’aurait jamais embrassé !”
“Ah oui ? A part ça, comment tu l’as trouvé ? Est-il toujours aussi mignon ?” demanda-t-elle les yeux pleins  de curiosité.
“Il était… plutôt cool !” répondit Vanessa en rougissant.
“Alors, tu ne le trouves plus aussi prétentieux que lors de l’interview ?”
“Il… était différent ! Lors de l’interview, j’avais l’impression qu’il ne voulait que m’impressionner avec son entreprise, sa maison et sa richesse. Mais hier, je l’ai senti beaucoup plus humble. A mon avis, il ne s’attendait pas à passer sa soirée à faire des muffins ! Et j’ai passé… un moment très agréable !”

Emma la regarda d’un air plein de sous-entendus.

“Quoi ?” s’exclama Vanessa en captant le regard de son amie.
“Mais rien !” s’écria Emma, l’air de rien. “Tu aurais dû le prendre en photo !”
“Une photo ?”
“Mais Thomas Johnson avec un tablier à fleurs ! C’est quelque chose à voir au moins une fois dans sa vie !”
“C’est vrai qu’il était très viril dans cette tenue !”

Elles éclatèrent de rire.

“Bon et maintenant ? Que comptes-tu faire ?” l’interrogea Emma après avoir englouti un nouveau scone.

Vanessa se demandait toujours comment son amie pouvait engloutir autant de nourriture sans prendre un seul gramme. Cela devait être dans les gênes Harrington car Howard avait la même constitution. Si Vanessa mangeait plus que nécessaire, elle savait qu’elle prendrait tout de suite un ou deux kilos. Elle faisait donc toujours attention.

“Pour l’instant, je ne ferai rien ! Il vient juste me chercher à 10h30 et ensuite, on ira ensemble distribuer les pâtisseries et les petits cadeaux que j’ai préparés.”
“Et c’est tout ?”

Vanessa inspira profondément. Elle n’avait pas vraiment réfléchi à tous les événements qui s’étaient déroulés depuis dix jours. Elle avait l’impression de vivre une autre vie que la sienne. Son premier article, le bal, la rencontre avec Thomas, l’interview, son deuxième article, la soirée de la veille et désormais la journée à venir. Bref, cela faisait un peu trop de choses pour elle en très peu de temps… De plus, c’était la période de Noël et elle ne pouvait pas en profiter comme elle le souhaitait en travaillant autant même si ce n’était pas pour lui déplaire. Elle n’était pas allée une seule fois au marché de Noël et n’avait pas bu un seul vin chaud, à son plus grand désespoir. Heureusement pour elle, elle avait acheté à l’avance les cadeaux qu’elle comptait offrir.

“Je ne veux pas me faire de film, Emma ! Ma vie est un peu trop chamboulée en ce moment. Donc, oui, ce sera tout… pour l’instant.”

oOoOo



A 10h30 précise, Thomas arriva dans sa berline noire. Il avait bien sûr un chauffeur qui conduisait pour lui. Lorsque la voiture s’arrêta au niveau de Vanessa, le chauffeur sortit de la voiture et vint prendre les cartons qu’elle portait dans ses bras pour les mettre dans le coffre. Thomas sortit également pour lui proposer de s’asseoir à ses côtés. Elle lui sourit et s’installa sur la banquette arrière.

“Vous allez bien, Vanessa ?” lui demanda Thomas après s’être installé à son tour.
“Oui très bien et vous ?”
“Très bien, merci !”
“Je vous remercie de m’emmener et de m’accompagner pendant ces visites. Honnêtement, vous risquez de vous ennuyer, ce sera assez monotone pour vous !”
“Mais pas du tout ! Bien au contraire ! Je n’ai jamais fait cela de ma vie !”

Thomas avait l’air ravi mais Vanessa n’était pas vraiment rassurée. Ce qu’allait voir Thomas n’était sûrement pas le genre de chose qu’il avait l’habitude de voir au quotidien, elle espérait qu’il ne serait pas choqué ou écoeuré.

oOoOo



Le chauffeur ainsi que les deux occupants de la berline ne virent pas la voiture noire qui les suivait. Annabelle Merrytown, assise sur la banquette arrière de sa propre voiture, était en train de se ronger un ongle. C’était une très mauvaise habitude qu’elle avait quand elle était stressée. Pourtant, ses mains étaient parfaitement manucurées. Mais cela ne l’empêchait pas de mordiller son faux ongle. Si elle avait pu, elle se le serait arraché sur place tellement elle bouillonnait de colère.

Comment cette moins-que-rien de Vanessa Bale se trouvait-elle à l’instant même dans la voiture de Thomas Johnson ? Depuis leur première rencontre, elle avait fait suivre la jeune femme. Elle savait que cette parvenue était retournée au manoir des Johnson, malgré ses menaces. Elle avait su aussi que l’héritier des Johnson avait passé la soirée de la veille chez cette femme. Quand elle l’avait appris, elle avait failli sauter sur la gorge du messager, son pauvre garde du corps, pour l’étriper. A la place, elle avait jeté par terre tous les objets fragiles de sa chambre. Elle s’était même coupé la main.

Elle regarda le pansement qu’elle avait sur le dos de sa main droite. Cette coupure lui permettait de ne pas oublier la honte et la haine qu’elle avait ressentie. Jamais ne l’avait-on traité ainsi et il était hors de question que cette situation continue.

Elle avait un plan dans la tête.

oOoOo



Vanessa et Thomas arrivèrent dans un premier hôpital. Ils furent accueillis par l’un des médecins qui les emmena à l’étage du service pédiatrique.

Ils avancèrent dans le couloir les bras chargés de cartons. Vanessa avait refusé que le chauffeur, prénommé Anthony, ne serve que de “porteur de carton” et en avait pris un sous son bras, ce qui avait obligé Thomas à faire de même. Ce dernier avait néanmoins demandé au chauffeur de porter le troisième carton.

Vanessa les avait également obligés à porter un bonnet rouge de Noël sur la tête. Thomas avait refusé en bloc au début mais devant l'insistance de la jeune femme, il avait été obligé de s’incliner. Même Anthony avait dû accepter les lubies de Vanessa. Pendant qu’ils marchaient, Thomas avait l’impression d’être ridicule, les gens se retournaient à leur passage et les dévisageaient. Et visiblement, cela faisait rire Vanessa puisqu’elle n’avait pas quitté son sourire qu’elle avait affiché dès qu’elle l’avait vu avec le bonnet. Il rumina dans son coin.

Ils arrivèrent enfin dans la section des malades de longues périodes. Thomas appréhendait un peu, c’était la première fois qu’il faisait ce genre de choses.

Ils entrèrent dans une première chambre. Ils y trouvèrent un enfant âgé de 8 ans qui jouait sur sa Game Boy. L’enfant était accompagné de sa mère qui était en train de lui éplucher une pomme. Elle se leva dès qu’elle les vit.

“Bonjour madame ! Je suis Vanessa et voici mes amis Thomas et Anthony. Nous faisons partie de l’Association “Pour un Sourire” et nous avons un petit quelque chose pour Adrian.”
“Bonjour !” dit la mère. “Dis bonjour Adrian !” lança-t-elle à son enfant qui n’avait pas levé la tête de sa console de jeux portable.

Elle sourit et s’approcha de son enfant en lui chuchotant quelques mots à l’oreille. Il releva enfin la tête de sa console portable et tourna une mine curieuse vers les personnes dans sa chambre. Adrian portait un bonnet en laine qui devait certainement protéger sa tête nue et Thomas remarqua que l’enfant n’avait pas de sourcil. Sa peau était très blanche et il avait des cernes sous les yeux. Il semblait malade, pourtant, ses yeux pétillaient quand il les regarda.

“Bonjour Adrian !” lança Vanessa en s’approcha du lit de l’enfant.
“Bonjour ! Vous m’avez apporté un cadeau ?” s’écria Adrian d’un air avide.
“Adrian !” le gronda sa mère.

Vanessa sourit. Elle s’assit sur une des chaises de la chambre et posa son carton à ses pieds. Thomas se posta derrière elle.

“A quoi tu joues ?” lui demanda-t-elle.
“A Super Mario !” répondit Adrian content de pouvoir parler de son jeu préféré.
“J’avais jamais vu une Nintendo Switch de cette couleur !”
“C’est le tout dernier modèle, la Nintendo Switch Lite !”
“Et qu’est-ce qu’elle a de mieux que les anciennes versions ?”
“Elle est plus performante, je peux jouer plus longtemps et les designs des jeux sont supers ! Et puis, je peux jouer en ligne avec mes copains !”

Thomas avait du mal à suivre la conversation. Il regarda la console de jeux avec beaucoup de curiosité.

“Est-ce que tu me peux me montrer comment on y joue ?” demanda-t-il soudain à l’enfant en pointant du doigt la console.
“Oui bien sûr ! Viens, je vais te montrer !” lança Adrian en proposant à l’homme de s’asseoir à côté de lui sur son lit.

Il s’assit à côté du garçon et prit la console entre ses mains. Adrian lui montra comment jouer à Super Mario. Thomas éclata de rire, il n’avait jamais touché à une console portable de sa vie. Il aima bouger ses doigts pour pousser les différents boutons et contrôler le personnage qui s’affichait sur l’écran. Il le fit sauter, courir, lancer des attaques… Il demanda des conseils à Adrian dès qu’il se trouvait coincé et l’enfant le guidait en se moquant de ses piètres prouesses.

“Haha tu es tombé ! T’es mort !” s’esclaffa le garçon.
“Je peux faire une autre partie ?” demanda Thomas, frustré d’avoir perdu aussi rapidement.
“Mais oui, regarde, t’appuies sur Continue.”

Vanessa les regarda les yeux ébahis. Le grand Thomas Johnson, coiffé d’un bonnet rouge de Noël, était en train de jouer sur une Nintendo Switch avec un garçon de 8 ans. La scène était surréaliste. Elle fut tentée de sortir son portable pour le prendre en photo comme le lui avait suggéré Emma afin d’immortaliser ce moment unique mais elle n’avait pas le coeur à lui faire ça, lui qui détestait qu’on le prenne en photo. Elle avait eu peur que Thomas se sente mal à l’aise mais au contraire, il était comme un poisson dans l’eau. Au bout d’une dizaine de minutes, elle se racla néanmoins la gorge. Ils avaient encore d’autre enfants à visiter et ils ne pouvaient pas s’éterniser ici. Thomas releva la tête et d’un seul regard, comprit. Il redonna la console portable à Adrian en le remerciant et se leva pour se reposter derrière Vanessa.

“Adrian, nous avons apporté quelque chose pour toi !” dit-elle avec un sourire.

Le garçon se releva dans son lit et les regarda de nouveau avec attente. Vanessa sortit un petit paquet contenant un amigurumi. Quant à Thomas, il sortit un paquet de pâtisserie avec un muffin et quelques biscuits. Adrian accepta les deux cadeaux avec joie. Il goûta immédiatement un biscuit et eut un air de plaisir sur le visage.

“C’est bon !” dit-il.

Quand il découvrit la pieuvre en amigurumi, il éclata de rire.

“Je suis plus un bébé !” lança-t-il mais il déposa quand même la petite peluche sous son oreiller. “Merci !”
“Mais je t’en prie ! Prends bien soin de toi Adrian ! Tu es un enfant vraiment courageux !” dit Vanessa.
“Merci encore pour le jeu !” dit à son tour Thomas.

Et ils quittèrent la chambre d’Adrian pour visiter un autre enfant.

oOoOo



Au bout de deux heures et demie, ils revinrent vers la voiture déchargés de leurs cartons. Ils avaient distribué tous les paquets qu’ils avaient prévu d’offrir dans cet hôpital. Vanessa avait préparé d’autres cartons pour les deux hôpitaux qu’ils comptaient visiter. Dès qu’ils sortirent, Thomas en profita pour retirer le bonnet rouge stupide qu’il avait sur la tête. Il savait qu’il devrait encore le porter mais il était hors de question qu’il porte ce couvre-chef à l’extérieur.

“Il va falloir que nous distribuions plus vite les cadeaux car nous n’avons plus beaucoup de temps. Le troisième hôpital ferme à 17h, donc, nous devons nous dépêcher,” fit Vanessa. “J’espère que vous n’avez pas trouvé ça trop long, Thomas !”
“Non, pas du tout, c’était très intéressant et cela m’a fait plaisir de voir tous ces enfants heureux ! Surtout qu’ils ont l’air d’avoir apprécié nos pâtisseries !”

Vanessa lui jeta un coup d’oeil, il était visiblement content. Elle avait aimé l’attitude de l’héritier des Johnson. Il avait mis de côté son arrogance pour parler avec les enfants sans aucune aversion. Il avait d’ailleurs été très populaire parmi les malades. Il tenait même à la main un dessin qu’une petite fille lui avait offert.

Ils arrivèrent enfin à la voiture mais furent surpris de voir le coffre de celle-ci ouverte. Ils se rendirent directement à l’arrière et ce qu’ils virent les horrifièrent : le coffre avait été forcé et tous les cartons des cadeaux avaient été ouverts et les petits paquets avaient été mis en miettes. Vanessa vérifia chaque carton pour découvrir les pâtisseries en bouillie et les amigurumi, certainement tailladés avec un couteau. Les cadeaux étaient irrécupérables.

Vanessa, les yeux en larmes, regarda Thomas. Celui-ci était tout aussi mortifié qu’elle mais elle sentit qu’il vibrait également de colère car il serrait les poings.

“Qui a pu agir de la sorte ?” lança-t-il d’une voix grondante.
“Je ne sais pas. Mais c’est horrible d’avoir fait ça,” dit Vanessa, d’une voix blanche.
“Si je le tenais, je le tuerais !” fit-il en donnant un coup sur le coin de la voiture.

Vanessa sursauta. Elle regarda autour d’elle pour voir s’il pouvait y avoir un suspect qui traînerait dans les parages mais elle ne vit aucune personne de louche. Sans vraiment y réfléchir, elle chercha instinctivement une berline noire. Elle ne pouvait pas s’empêcher de penser que c’était certainement l’oeuvre d’Annabelle Merrytown. Vanessa n’avait pas d’ennemi, en tout cas, pas d’ennemi déclaré avant de rencontrer Thomas. Et la noble l’avait ouvertement menacée quelques jours auparavant. Vanessa n’avait pas vraiment tenu compte de ses menaces, les prenant à la légère. Désormais, elle savait de quoi était capable Annabelle. Sa colère monta d’un cran.

“Nous allons devoir annuler la visite des autres hôpitaux. Je vais les appeler tout de suite.” dit Vanessa, d’un air triste, en sortant son portable.

Elle était dépitée. Thomas quant à lui fouillait dans les cartons pour voir si un seul cadeau était intact mais ils avaient tous été sauvagement détériorés.

oOoOo



Emma, Howard et Vanessa marchaient vers un bar dans le quartier de Soho. Vanessa, comme elle l’avait promis à James, avait organisé une soirée de retrouvailles avec ses anciens amis d’Oxford mais elle avait préféré le faire dans un lieu neutre plutôt que chez elle. Elle avait trouvé ses deux amis Harrington très réticents devant sa proposition mais elle leur avait assuré qu’il y aurait leurs amis de la fac. Dès qu’ils entrèrent dans le pub, ils furent en effet accueillis par deux de leurs anciens camarades qui s’étaient déjà commandés des bières.

Ils se saluèrent à renfort de cris. Quand d’autres amis arrivèrent à leur tour, ils les sifflèrent sans faire attention aux regards de mépris que les clients leur envoyèrent. Et quand finalement James fit son apparition, l'excitation fut à son comble. Seuls Emma et Howard ne participèrent pas à cette effusion de joie.

Ils s’échangèrent des banalités tout en commandant leur boisson et trinquèrent bruyamment.

Emma boudait dans son coin, Howard se sentait mal à l’aise mais ce dernier participait néanmoins à la conversation bien qu’il répondait à James d’une manière froide. Ce dernier, ne s’offusquant pas de la tiédeur de son ancien ami, avait l’air très heureux d’être là et avait lancé un regard de reconnaissance à Vanessa qui lui fit un grand sourire.

“Oh, arrête de faire cette tête !” lança Vanessa à son amie qui était assise juste à côté d’elle.
“Je ne sais même pas pourquoi je suis là !” s’écria Emma. “Je n’étais même pas dans la même fac que vous à Oxford !”
“Oui, mais tu traînais toujours avec nous ! Franchement, tu devrais faire un effort. Regarde Howard !”
“Oui, mais c’est pas Howard qui s’est fait humilier !”
“Oh, je t’en prie, Emma, c’était il y a plus de trois ans cette histoire. OK, tu ne peux pas pardonner à James mais au moins, parles un peu avec les autres ?”

Emma se renfrogna un peu plus plus mais n’en perdit pas le nord pour autant.

“Alors, cette journée avec Thomas Johnson ?” lui chuchota-t-elle d’un air malicieux.

Ce fut au tour de Vanessa de perdre sa bonne humeur. Emma se redressa sur son siège en voyant l’air inquiet de son amie.

“Cela s’est plutôt mal terminé !” dit Vanessa.
“Comment ça ?”
“Avec Thomas, ça s’est bien passé, il était content de faire la tournée des hôpitaux avec moi. Lorsque l’on a visité le premier hôpital, il s’est très bien comporté, bien mieux que je ne le pensais. Malheureusement, quand on est retourné à la voiture, tous les cadeaux qu’on comptait offrir par la suite ont été sabotés.”
“Quoi ?” s’écria Emma si fort qu’elle fit tourner la tête de leurs amis. “Désolée ! Reprenez votre conversation ! Comment et pourquoi ?” souffla-t-elle à l’oreille de Vanessa.

Vanessa lui raconta tout. Les menaces d’Annabelle Merrytown et ses soupçons.

“Bonté divine !” lança Emma, vibrant de colère. “Elle a osé détruire les cadeaux de dizaines d’enfants ! Elle a une pierre à la place du coeur ?”
“Je n’ai rien dit à Thomas car il était très mécontent, comme tu peux t’en douter ! Je crois qu’il aurait perdu son sang-froid si je lui avais donné mes soupçons. Je ne sais pas si c’est vraiment elle et je ne voulais pas l’accuser à tort car cela aurait pu causer un incident diplomatique… tu sais… entre personne de la haute société...”
“On s’en fiche de leur statut ! Tu aurais dû quand même lui dire ! Le problème, c’est qu’elle s’en sort sans problème et qu’elle risque de récidiver si tu ne fais rien ! Fais gaffe à toi, Vanessa !”
“Oui, je sais…”

Howard jetait des regards vers les deux amies et tentait d’écouter leur conversation mais il voyait bien qu’elles ne voulaient pas l’inclure. Il se sentit vexé d’être ainsi mis de coté.

oOoOo



Howard avait insisté pour raccompagner Vanessa chez elle. Cette dernière ne voulait pas mais Emma avait également penché du côté de son frère après ce que son amie venait de lui raconter. Elle n’était pas rassurée de voir Vanessa rentrer seule chez elle.

“Cela s’est plutôt bien passé, ce soir !” lança Howard d’un air innocent, pendant qu’ils marchaient sur le trottoir enneigé.
“Oui, plutôt ! C’était sympa d’organiser cette soirée ! Il faudrait que l’on fasse ça plus souvent !”
“Oui !”
“Tu as pu parler avec James ?”
“Oh, un peu ! Il fallait bien, non ?” maugréa Howard. “Il n’arrêtait pas de loucher sur Emma. Comme si elle allait retourner avec cette face de rat !”
“Franchement, c’est du passé. James regrette vraiment ce qui s’est passé !”
“Bah, il aurait dû y penser avant de faire ce qu’il a fait !”

Trois ans auparavant, alors qu’ils finissaient à peine leurs études, ils avaient organisé une soirée et James, certainement ivre, avait embrassé une autre fille alors qu’il sortait avec Emma depuis plusieurs mois. Cette dernière ne lui avait jamais pardonné et c’était également la raison pour laquelle Howard ne lui parlait plus. Cela avait jeté un froid dans leur amitié.

“Il paraît que tu étais avec Thomas Johnson, aujourd’hui, pour ta tournée des hôpitaux ?” s’écria Howard, d’un air que se voulait désinvolte.
“Oui mais ça s’est plutôt mal passé ! Parlons d’autres choses, je n’ai pas envie de t’embêter avec mes histoires !” dit Vanessa, ne voulant pas entrer dans les détails.
“Tu ne me déranges jamais, Vanessa ! Tu sais que tu peux tout me raconter !”

Howard s’était rapproché d’elle en marchant et leurs épaules se touchaient désormais. Vanessa n’y fit pas attention.

“Non, je ne veux pas te mêler à tout ça !” reprit-elle en lui souriant.

“Alors, tu as pu finir ton article sur les éliminatoires du Championnat de Rugby ?” demanda-t-elle en changeant de sujet.

oOoOo



Après avoir ramené Vanessa chez elle, Howard marchait seul dans la rue. Il était pensif. Il était secrètement amoureux de Vanessa depuis plusieurs années. Plusieurs fois, il avait failli avouer ses sentiments à son amie mais il n’avait jamais franchi le pas. Et surtout, il n’était pas sûr que ses sentiments soient réciproques.

Il pensa à Thomas Johnson et à toute cette histoire. A cause de lui, Vanessa avait été au bal des prétendantes. Au début, il avait été heureux d’offrir cette opportunité à son amie. C’était lui qui avait recommandé Vanessa à renfort d’arguments à Jane, leur rédactrice en chef. Cependant, son idée s’était retournée contre lui. Désormais, son amie fréquentait ce Thomas Johnson. Il était en colère contre lui-même. Il les avait quasiment poussés dans les bras l’un de l’autre à cause de sa stupidité ! Bien sûr, il était heureux pour son amie d’un point de vue professionnel, elle avait les capacités de devenir journaliste. Mais si cela devait l’éloigner encore plus de Vanessa, il n’était pas d’accord.

Tout en ruminant ses mauvaises pensées, il ne fit pas attention à la berline noire qui s’arrêta à son niveau.

“Etes-vous Howard Harrington ?” demanda la voix féminine dans sa direction.

Il se retourna, surpris qu’on l’interpelle ainsi dans la rue. Une belle jeune femme aux cheveux blonds cendrés avait baissé la vitre de sa voiture de luxe et le regardait avec un grand sourire sur les lèvres.

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