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Notes d'auteur :

Bonjour/bonsoir !

Cette fois, on entre dans le vif du sujet. Je vous laisse découvrir ce deuxième chapitre et je vous souhaite une bonne lecture.

Lyssa

Lundi 16 décembre – 8 jours avant la veille de Noël – New York

Anna se réveilla ce matin-là avec une sensation extrêmement désagréable au creux de l’estomac. Peut-être que cela était dû à ce rêve plutôt réaliste où Evan ne se privait pas pour lui dire ce qu’il pensait de son comportement immature. Selon lui, tout ce qui s’était passé entre eux était de sa faute, et elle n’était qu’une petite manipulatrice sans états d’âme.

Ce fut donc d’un pas lent, tiré d’un film de zombie de série Z, que la jeune femme se dirigea vers la cuisine, ouverte sur le salon. Elle s’installa sur l’un des hauts tabourets et s'avachit sur le bar en bois fabriqué deux ans plus tôt par Austin. Justement, celui-ci, sembla s’inquiéter de l’état d’Anna puisqu’il fronça les sourcils en déposant une tasse de café devant son amie.

« Mal dormi ? demanda-t-il.
— grumph, grommela-t-elle en trempant ses lèvres dans le liquide amer.
— T’as l’air d’une déterrée, ma vieille, lui fit-il remarquer.
— Une bonne douche, un brin de maquillage et il n’y paraîtra plus. »

Rachel, fraîche et pimpante, venait de sortir de sa chambre. Vêtue d’un tailleur strict bleu jean et perchée sur ses talons de trente centimètres, elle tranchait tout particulièrement avec sa sœur, habillée d’un pyjama gris délavée et les traits tirés par une mauvaise nuit. Même les cheveux roux de Rachel avaient été dressés en un chignon serré alors que ceux d’Anna, d’un brun terne, partaient dans tous les sens.

« Tu peux me servir une tasse de café, Austin ? Je dois partir dans cinq minutes. Mes clients m’attendent sur la cinquième avenue », les informa-t-elle dans un sourire qui traduisait son excitation.

Rachel travaillait depuis presque cinq ans dans une agence immobilière réputée. Si en sortant de Princeton, elle aurait plutôt voulu devenir créatrice de mode, ses parents avaient longuement insisté pour qu’elle trouve ‘un métier à sa hauteur, qui prouverait sa valeur’. Elle n’avait pas voulu les décevoir, surtout quand son père avait ajouté : « Tout de même, tu en as les capacités. Ta sœur est une incurable rêveuse, mais toi, tu as un esprit pragmatique. »

La jeune femme de l’époque avait alors postulé dans cette agence lorsqu’elle s’était trouvée un studio à New York, et elle avait été engagée grâce à l’aide miraculeuse de son paternel. Au fur et à mesure des visites, ce métier qu'elle avait considéré comme prenant mais pas nécessairement passionnant était devenu une véritable vocation pour elle. Le hasard, pour cette pro du contrôle, avait décidément bien fait les choses.

« La cinquième avenue, siffla Austin.Tu risques de t’en tirer avec une belle commission si tu parviens à les appâter.
— A qui le dis-tu ! s’exclama-t-elle, visiblement ravie, en se saisissant de sa tasse de café.
— Je dois voir Lauren Hamilton aujourd’hui… leur dit Austin, déconfit.
— La patiente qui en pince pour toi ? interrogea Anna, relevant soudainement la tête.
— Elle-même, répondit-il avec une grimace confuse. Elle pense que je renie mes sentiments. Hier soir, j’ai reçu une centaine d’appels de sa part. Je ne sais plus quoi faire pour qu’elle parvienne à accepter qu’elle souffre d’un trouble de la personnalité qui fausse la vision qu’elle a de ses relations sociales et qui entraîne des troubles affectifs et comportementaux. La semaine dernière, elle s’est mise à hurler qu’elle m’aimait dans la salle d’attente…
— C’est triste, commenta Rachel tout en avalant sa dernière gorgée de café. Tu devrais la confier à un collègue. Féminine, de préférence. Je file au boulot, bonne journée ! »

Et, attrapant son sac à main, la jeune femme courut vers la porte de sa démarche souple et dynamique. Austin, l’index sur ses lèvres en signe de réflexion, paraissait réfléchir à la suggestion de Rachel. Il songeait effectivement de plus en plus souvent à laisser Lauren aux bons soins d’un de ses collègues, mais il n’arrivait pas à se détacher de l’idée qu’il la laissait tomber.

Abandonner cette jeune femme brisée par la vie revenait à établir un constat d’échec et, pour ce jeune psychiatre brillant qui disposait de son propre cabinet, c’était inenvisageable. Austin avait toujours été de ceux qui se plaisent à tendre la main à ceux en ayant besoin, malgré des abords cyniques, c’était donc tout naturellement qu’il s’était dirigé vers ce corps de métier. Seulement, le cas de Lauren entamait sa vie privée et le laissait hésitant sur la démarche à suivre.

« Tu sais, je pense que Rachel a raison. Cette femme te bouffe la vie. Il y a encore un mois, elle était arrivée sur le pas de notre porte, argumenta Anna en reposant sa tasse vide. Il a fallu que tu lui promettes de la recevoir le lendemain matin pour qu’elle parte. Quand elle m’a vue, j’ai d’ailleurs cru qu’elle allait m’arracher les cheveux…
— Elle a menacé de te poursuivre dans tout New York s’il le fallait, fit Austin, consterné. Je lui ai certifié que nous n’étions qu’amis. Elle ne t’aurait pas lâchée autrement.
— En faisant cela, tu entres dans son jeu…
— Je sais », acquiesça-t-il, abattu.

Anna n’osa pas poursuivre la discussion, et posa simplement une main sur celle de son ami. Celui-ci lui adressa un pauvre sourire attristé. La jeune femme savait que son meilleur ami prenait son métier à coeur et qu’il devait actuellement batailler avec les traumatismes vécues par sa patiente pour qu’elle puisse avancer. La jeune femme finit par se lever et, dans un rictus faussement joyeux, elle s’exclama :
« Allez, hauts les cœurs ! Dans huit jours, nous serons dans le Michigan, loin de Lauren, de Josh, et de Stuart ! »

Josh avait été le petit-ami de Rachel pendant quatre ans. Elle l’avait connue alors qu’elle venait d’emménager à New York et qu’elle venait d’être engagée. Il était serveur, et bossait dans le petit restaurant accolé à l’agence immobilière où elle travaillait encore à présent. Il l’avait remarquée, lui avait donné son numéro. Ils s’étaient revus, avaient pris quelques verres, s’étaient embrassés. Ils avaient fini par emménager ensemble, mais Rachel s’était vite rendu compte que le blondinet plutôt mignon qu’elle avait rencontré n’était plus le même entre quatre murs.

Les petits mots d’amour avaient été remplacés par des allusions cruelles sur sa façon de vivre, sa manière d’être, ses jupes trop courtes et ses décolletés trop vertigineux. Son quotidien avait été teinté de disputes et de harcèlement psychologique. Elle l’aimait, alors elle l’avait supportée trois ans de plus. Jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus. Il avait gardé l’appartement, et elle était venue habiter avec sa sœur et Austin malgré les supplications de son ex. Un an après leur séparation, Josh l’appelait encore, lui promettant de changer si elle revenait.

Stuart avait été le petit-ami d’Anna pendant huit ans. Gentil, doux, attentionné, elle n’avait jamais rien eu à lui reprocher, à part le temps. Le temps qui avait effrité les sentiments qu’ils se portaient. Leur relation s’était terminée au printemps dernier parce qu’ils ne s’aimaient plus, tout simplement. Pourtant, Anna regrettait parfois ces instants où il l’enlaçait, où ils partageaient des marrons glacés près du sapin de Rockefeller Center, en lui disant à quel point elle était jolie avec ses petites joues roses et rondes. Ces moments où ils se promenaient dans les rues, dans un silence réconfortant. Elle le revoyait parfois, ils étaient restés amis. Il aimait les livres de sa petite librairie.

« Cesse de traîner et vas te laver, tu sens le vieux rat crevé », la chambra Austin en lui lançant un torchon sale.

Anna poussa un cri indigné, et il s’ensuivit un combat à base de torchons et de cuillères en bois dans la cuisine de l’appartement 4B. Si Rachel avait été là, elle aurait très certainement ronchonné sur l’immaturité caractéristique de ces deux-là, mais comme elle arpentait déjà les rues de New-York de manière à rejoindre la cinquième avenue, sa sœur et son meilleur ami n’avaient pas à s’inquiéter. Et puis, elle pouvait bien ronchonner tant qu’elle le pouvait, mais chacun savait parfaitement qu’elle n’aurait, de toute façon, rien fait pour les arrêter. Rachel avait cela de particulier que, sous une carapace de froide maîtrise d’elle-même, elle était finalement plus fragile et plus tendre que sa grande sœur.


Anna passait tous les jours près de la place où se trouvait le sapin du Rockefeller Center. Tous les jours, elle se plaisait à lever les yeux pour l’admirer. Ce matin-là, comme les autres, n’y fit pas exception. Elle n’aperçut donc pas que le vendeur de marrons chauds et son stand étaient installés au même endroit que la veille. Lui la vit à travers la foule et ne manqua pas de l’interpeller.

« Hey, Anna au manteau rouge ! » cria-t-il, faisant se retourner quelques passants sur lui.

La jeune femme sursauta en prenant conscience que c’était à elle que ces mots s’adressaient, et ses joues rosirent de gêne. Elle s’approcha cependant en fronçant les sourcils de mécontentement :
« Vous êtes toujours comme ça ?
— Comme quoi ? fit-il avec son large sourire.
— Si… si expansif ! répondit-elle en secouant la tête, vaguement agacée.
— Toujours ! répliqua-t-il aussitôt. Je ne vendrais pas grand-chose si je ne l’étais pas. »

Elle ne rétorqua rien, soufflée par sa déduction. Le vendeur, Lenny de son prénom, prenait un malin plaisir à observer son visage se teinter d’un rouge soutenu à travers ses nombreuses taches de rousseur. Il laissa passer quelques minutes avant de reprendre la parole.

« Vous allez travailler ?
— Oui. Je travaille dans une librairie, pas très loin d’ici.
— J’aurais pu le deviner, fit-il avec un clin d’œil.
— Pourquoi ?
— Vous avez l’air d’une héroïne de roman. »

Anna ne sut pas si elle devait prendre cette phrase comme une insulte ou comme un compliment. Comme chaque fois où elle se sentait mal à l’aise, elle se tordit les mains nerveusement. Lenny éclata d’un rire un peu rauque qu’elle trouva, à son grand étonnement, plutôt charmant.

« Au cas où vous vous poseriez la question, c’était un compliment.
— Je suis curieuse, dit-elle au bout de quelques secondes, à quoi est-ce que vous pouvez le déterminer ?
— Vous semblez constamment perdue dans vos pensées. Vous êtes à part de la foule. Vous savez, je passe mon temps à vendre des marrons chauds en cette période alors, le reste du temps, j’observe les gens. Je leur imagine une vie, c’est assez amusant, expliqua-t-il sans perdre son sourire. Parfois, je m’intègre à leur conversation. »

Comme pour prouver ses dires, il avisa deux adolescents qui se tenaient à quelques mètres d’eux et qui venaient de se rejoindre. La fille, petite et frêle, avait sauté au cou de son camarade et ne semblait plus vouloir le lâcher ; le garçon, un peu rond et maladroit, la serrait, glissant quelques mots indétectables à son oreille. Ils n’avaient pas plus de quatorze ans, il s’agissait sûrement d’un jeune couple d’amoureux prépubères. Anna étira un sourire amusé sur ses lèvres.

« Tu m’as manqué, j’ai cru que cette soirée durerait mille ans, mon amour, imita Lenny d’une voix enfantine.
— Oh, toi aussi, poursuivit Anna sans le prévoir. C’était un enfer…
— Pas mal, vous êtes douée.
— J’essaye de me mettre à votre niveau, ironisa-t-elle.
— Douée mais cruelle », conclut-il en posant une main sur son coeur.

Anna ne put s’empêcher de lui tendre son plus joli sourire. Puis, consultant la montre qu’elle avait à son poignet, elle se rendit compte qu’elle avait du retard. Si Monsieur Sam, son patron, s’en rendait compte, elle ne donnait pas cher de sa peau.

« Je vais y aller.
— Je ne bouge pas d’ici. »

Et, tandis qu’elle s’éloignait, il ajouta, faisant de grands moulinets théâtraux avec ses bras :
« Je vous attendrai, Anna ! Je vous attendrai toute ma vie s’il le faut ! »


Lorsqu’elle repassa par la place du Rockefeller Center ce soir-là, Anna ne revit cependant pas le vendeur de marrons chauds. Sentant une pointe de déception l’envahir, la jeune femme secoua la tête de contrariété. A quoi est-ce qu’elle s’attendait finalement ? Ce n’était rien de plus qu’une boutade. Pensait-elle vraiment qu’il l’attendrait toute la journée ? Il aurait très certainement fini congelé vu la neige qui tombait ces derniers jours. Il avait dû partir, rentrer chez lui, et se faire un bon chocolat chaud, voilà tout.

Ses bottes fourrées crissèrent dans la neige tandis qu’elle détournait les yeux de l’endroit où elle l’avait croisé ces deux derniers jours, et elle poursuivit son chemin mais, alors qu’elle contournait la patinoire juste en-dessous du gigantesque sapin, elle entendit quelqu’un crier son prénom. Elle n’eut alors aucun mal à reconnaître la voix de Lenny. C’était vaguement étrange qu’elle lui semble si familière alors qu’elle ne le connaissait que de la veille, mais elle se retourna tout de même. Adossé aux barrières qui surplombaient la piste de glace, le jeune homme souriait de toutes ses dents. Il s’était visiblement habillé plus chaudement entre-temps, et avait ajouté à son long manteau élimé, une longue écharpe verte et un pull à col roulé rouge.

« Je vous attendais, fit-il, fier de lui, alors qu’elle approchait.
— Vous m’attendiez vraiment ? répliqua-t-elle, encore sceptique.
— Je ne mens jamais. C’est un code d’honneur, Anna au manteau rouge, affirma-t-il, la main sur le coeur.
— Je pensais vous acheter des marrons chauds, dit-elle en désignant l’emplacement de son stand.
— Désolé, mais j’ai terminé pour aujourd’hui.
— Ah, c’est dommage. »

Il laissa planer un silence, et elle exécuta un mouvement en arrière, prête à s’en aller.

« Il n’y a pas que les marrons chauds dans la vie, plaisanta-t-il, son regard s’attardant sur des parents qui tentaient d’apprendre à leur enfant à tenir debout sur ses patins. Si vous m’accompagnez sur cette piste, je vous emmènerais dans une pâtisserie artisanale dont vous ne pourrez plus vous passer. »

La proposition sonna si sincèrement que la jeune femme en resta sans voix. C’était vraisemblablement la première fois qu’on lui demandait un rendez-vous en procédant de cette manière. Stuart, lors de leur rencontre, avait été très traditionnel. Il était venu acheter plusieurs livres avant d’oser lui demander son numéro de téléphone. Ce n’était qu’au bout de trois mois, alors qu’il venait de plus en plus souvent dans sa boutique, qu’il lui avait soumis l’idée de boire un verre ensemble, ce qu’elle avait accepté timidement. Lenny, lui, ne paraissait ni tenir compte des traditions, ni du fait qu’elle puisse être gênée par cette demande déroutante.

« Est-ce que vous me demandez de sortir avec vous ? interrogea-t-elle, ses joues s’enflammant.
— Rien d’aussi formel, rassurez-vous, rétorqua-t-il en éclatant d’un rire insouciant.
— Je ne comprends pas, murmura-t-elle, en évitant son regard.
— Apprenons simplement à nous connaître, Anna au manteau rouge, fit-il d’un ton plus doux. Ce que je vous propose, c’est simplement de passer un moment sympathique ensemble. Ensuite, nous verrons bien ! »

Une moue se forma sur les lèvres de la jeune femme tandis qu’il continuait à la scruter sans aucune gêne. Indépendamment de tout ce qu’elle pouvait penser des relations et de leur fonctionnement, ce garçon lui plaisait bien. Son sourire et ses grands yeux noirs illuminaient les alentours, comme s’il rayonnait au milieu de cette poudre blanche et de la brume glacée, comme si Noël résonnait à travers lui. Et puis, qu’est-ce qu’elle risquait à accepter ?

« D’accord, mais je ne suis pas une patineuse hors pair, ironisa-t-elle avec un petit sourire.
— Vous n’aurez qu’à vous tenir à moi, dit-il avec un clin d’œil charmeur.
— Et si je vous fais tomber ?
— Alors, je mourrais en héros ! »

Anna prit un instant pour contempler la piste qui, en contrebas, était déjà remplie de touristes et des éternels habitués de la place du Rockefeller Center. La patinoire était l’une des plus célèbres et des plus splendides de tout New-York et pouvait accueillir jusqu’à cent cinquante visiteurs. Ouverte seulement pour les fêtes de fin d’année, elle rayonnait de cette atmosphère froidement chaleureuse.

De là où elle se trouvait, on pouvait également admirer la statue Prométhée, veillant sur ses hôtes de sa fontaine glacée par les vents froids de la saison. La jeune femme habitait sur la 47th avenue, près de Times Square, et travaillait sur la 50th, elle connaissait donc très bien les lieux puisqu’elle avait eu, chaque année, l’occasion de voir la patinoire s’installer dès les débuts de l’hiver. Bien qu’elle n’avait eu la chance de l’expérimenter qu’une ou deux fois, l’une avec Austin, l’autre avec Stuart, elle avait conscience que le prix que l’on devait débourser pour y entrer n’était pas négligeable. Malgré elle, ses yeux se rivèrent sur la tenue de Lenny.

« Quatre-vingt onze dollars pour quatre-vingt dix minutes de patinage, c’est un peu cher pour ce que c’est, non ?
— Peut-être bien, mais c’est une sacrée expérience ! » rétorqua-t-il en désignant la piste où les rires et les chants de Noël s’élevaient.

Anna se mordit la lèvre alors que le jeune homme fendait la foule pour se diriger vers le guichet de la patinoire. Elle ne pouvait décemment pas lui avouer qu’elle le trouvait trop pauvre pour payer une somme pareille. La jeune femme opta alors pour une autre solution, plus douce et plus logique aussi selon elle.

« Je ne vous ai pas réglé les quatre sachets de marrons chauds hier, dit-elle en se mettant à sa hauteur.
— Et alors ? s’enquit-il sans comprendre.
— Je pourrais… payer cette fois-ci.
— C’était un cadeau, répliqua-t-il en lui souriant. Et, quand bien même ce ne serait pas le cas, vous ne me devriez que quinze dollars, pas cent. Écoutez, Anna, ça me fait plaisir, ajouta-t-il en déposant une main sur son avant-bras. Si vous tenez à me remercier, acceptez et amusez-vous, vous voulez bien ? »

Il semblait à Anna que le jeune homme qui se trouvait à ses côtés, les mains dans les poches de sa longue veste et le regard fixé sur la file qui avançait plus ou moins vite, était plus têtu qu’elle. Cette réflexion saugrenue lui arracha un sourire, tandis qu’il tournait de nouveau la tête vers elle, reprenant la parole :
« Vous connaissez la légende qui entoure l’histoire de la patinoire du Rockefeller Center ? s’enquit-il.
— Non, répondit-elle en haussant les sourcils, intriguée.
— Comme vous le savez sûrement, le Comcast Building, qui a été inauguré en 1933, fit du Rockefeller Center un centre d’affaires et de divertissement important au sein de New York, explicita-t-il d’un air mystérieux. John D. Rockefeller voulait attirer plus de visiteurs et il aurait eu l’idée d’en construire une à cet endroit car un vendeur de patins à glace faisait des démonstrations en utilisant l’eau gelée du Rockefeller Plaza.
— Vraiment ?
— Vraiment. Il ne faut jamais sous-estimer un vendeur, conclut-il avec un sourire en coin.
— Bien, acquiesça-t-elle, vaincue. Je tâcherais de m’en souvenir à l’avenir. »

Anna affichait un tel faciès mi-figue mi-raisin que Lenny éclata une seconde fois de ce rire qu’elle lui avait déjà trouvé craquant la veille. De la même manière, sans pouvoir s’en empêcher, elle se détendit et lui offrit un léger sourire.

« Sourire vous va bien, vous devriez le faire plus souvent », déclara-t-il, calmant sa soudaine hilarité.

Du bout des lèvres, la jeune femme le remercia. La file s’était rétrécie durant le laps de temps de leur conversation, le guichet venait de se libérer, et Lenny s’avança, sortant deux billets de cinquante dollars de sa poche qu’il tendit à l’homme derrière la vitre. Il paya les deux places, demanda sa pointure à Anna, et récupéra les patins qu’il venait de louer pour les quatre-vingt dix minutes sur la glace.

La jeune femme le suivit sans rien dire, bien que le fait qu’il lui paye cette virée sur l’eau gelée continuait à la déranger un tantinet. Elle avait toujours détesté que Stuart lui offre le restaurant, ou simplement un verre, et elle avait toujours fait en sorte de lui rendre la pareille. Son ex petit-ami avait compris son état d’esprit et leurs sorties s’organisaient ainsi, une fois c’était l’un qui choisissait ce qu’ils feraient et payait en conséquence, une fois c’était l’autre. De cette façon, Anna ne se sentait jamais comme inférieure ou redevable pour quoi que ce soit.

Alors qu’elle enfilait les patins, elle sentit le regard de Lenny se poser sur elle et observer ses traits crispés. Inquiet de par sa réaction, il se pencha vers elle et chuchota :
« Je ne veux pas que vous pensiez que je vous retiens en otage. Vous savez, si vous le désirez, vous êtes libre de vous en aller.
— Ce n’est pas cela, le contredit Anna en relevant les yeux vers lui, confuse. J’étais simplement en train de penser que je vous devais une sortie. Je n’ai aucune envie que vous vous mettiez à croire que je suis de ces femmes à qui l’on doit tout payer et…
— Je ne le crois pas. Vous êtes même particulièrement coriace dès qu’il s’agit de vous offrir quelque chose », railla-t-il gentiment.

Anna ne savait plus où se mettre. Elle se demandait encore comment elle avait pu sortir une telle phrase sans balbutier ou s’évanouir de honte. Venait-elle réellement de l’inviter à sortir une deuxième fois avec elle ? Et de sous-entendre qu’il lui plaisait en lui disant qu’elle n’était pas une femme frivole ? Était-elle devenue folle ? Si elle s’écoutait à l’instant, elle n’avait plus qu’une envie : partir en courant.

Lenny laçait tranquillement ses patins en lui adressant un sourire de temps à autre. Finalement, comme il voyait qu’elle n’avait toujours pas lacer les siennes, il s’agenouilla et entreprit de le faire à sa place. La jeune femme écarquilla les yeux, surprise par son initiative. A vrai dire, elle aurait pu en être vaguement contrariée, et lui reprocher de ne pas lui avoir demandé son avis en la prenant très clairement pour une princesse en détresse, mais elle se tut. Peut-être que c’était à cause du fait qu’il fronçait les sourcils de concentration, ou tout simplement parce que ce geste semblait si naturel chez lui.

Une fois qu’il eut terminé, le jeune homme se redressa et lui tendit sa main. Anna l’observa quelques secondes, ne sachant comment réagir. Stuart ne lui prenait jamais la main en public, ou si peu. Quand elle y réfléchissait, peut-être que leur relation était plus platonique qu’elle ne le pensait à l’époque. En fin de compte, elle était devenue ce qu’elle devait être au début : purement amicale.

« On y va ? s’enquit Lenny en haussant un sourcil interrogateur.
— Allons-y », abdiqua Anna en prenant sa main.

Il la releva et elle eut l’impression de ne plus savoir marcher. La dernière fois qu’elle avait chaussé des patins à glace remontait à trois ans. Austin, voyant que sa relation avec Stuart était au point mort, avait voulu lui changer les idées. Elle avait passé l’intégralité de la séance à se tenir aux barrières, tâtonnant bêtement sous les regards hilares d’une bande d’adolescents. Ce souvenir cuisant raviva le rose de ses joues et tandis qu’elle avançait dans des mouvements instables, Anna pria pour ne pas avoir de cloques, les chaussures lui comprimant douloureusement les chevilles.

Ils parvinrent sur la piste au bout de quelques minutes et Lenny, conscient de la fragilité de la jeune femme à cet instant précis, s’empara de ses deux mains, l’entraînant avec lui sur la glace.

« Si vous tombez, je tombe.
— Vous risqueriez de vous faire mal par ma faute, ironisa-t-elle dans une grimace peu assurée.
— Je suis plus solide que j’en ai l’air », répliqua-t-il avec un rictus en coin.

Elle sourit en constatant que les mains du jeune homme dans les siennes lui apportaient une certaine stabilité et, peu à peu, Anna prit confiance en elle. Son dos, jusque là courbé, se redressa et elle lâcha même l’une des mains de Lenny pour patiner sans avoir l’air d’une enfant apeurée.

« Vous vous débrouillez bien.
— Vous dites ça pour me faire plaisir ! lui dit-elle timidement.
— C’est vrai », avoua-t-il dans ce rire rauque qu’elle avait pris l’habitude d’apprécier.

Le manteau rouge d’Anna virevoltait aux côtés de la veste aux bords élimés, et la jeune femme oubliait toutes les subtilités de son inconscient, la méfiance et les barricades qu’elle avait longtemps érigées autour de sa vie et de ses relations. Ce soir, elle laissait tomber ses contrariétés et ses peurs. Ce soir, elle vivait un peu plus que d’habitude.


Après leur tour de piste sur Rockefeller Center, Lenny avait entraîné Anna sur Lexington Avenue. La rue était décorée de centaines d’illuminations en cette période des fêtes de fin d’année, et la neige d’un blanc immaculé donnait à cet atmosphère glaciale une touche de féerie. Sur leur passage, une chorale de Noël, tout de vert et rouge vêtue, entonnait « Jingle bells, jingle bells, jingle all the way ! » avec enthousiasme.

Il était près de dix-neuf heures, et la jeune femme consulta sa montre, s’inquiétant soudainement de ce que pourrait penser Austin et Rachel. A aucun moment, elle n’avait songé à les prévenir de son retard. Sa sœur devait certainement s’imaginer mille et uns scénarios sordides et morbides, et le pauvre Austin subissait sûrement ses crises de panique.

« Je dois passer un coup de fil », dit-elle à Lenny alors que celui-ci ne cessait plus de lui montrer les différentes décorations avec émerveillement.

Le jeune homme acquiesça, s’excusant de son débit de paroles inarrêtables, alors qu’il prenait soudainement conscience qu’il ne lui avait pas posé une question qui s’avérait importante. Il se passa une main derrière la nuque, apparemment gêné. Ce sourire lui donnait l’air d’un petit garçon qui venait de faire une grosse bêtise, et Anna ne put s’empêcher de le trouver charmant.

« Je me rends compte que je ne vous ai pas demandé si… Enfin, j’aurais dû… Vous êtes accompagnée, Anna ?
— Croyez-vous vraiment que j’aurais accepté si je l’étais ? rétorqua-t-elle en riant un peu.
— Oui… Enfin, je veux dire non. Bien sûr que non, fit-il, penaud.
— Je dois prévenir mes colocataires que je rentrerai plus tard, ou ils vont se faire un sang d’encre », résuma-t-elle.

Elle s’éloigna de quelques mètres et sortit son téléphone portable de son sac. Sitôt qu’elle eut composé le numéro de Rachel, celle-ci décrocha :
« T’es où ? rugit-elle dans le combiné, manquant de lui percer le tympan. J’étais sur le point d’appeler la police, Anna !
— Calme-toi, tempéra celle-ci. Je suis simplement sortie avec un ami. Je suis sur Lexington Avenue.
— Un ami ? Quel ami ? Je le connais ? débita sa sœur sans reprendre son souffle.
— Tu ne le connais pas. Je ne rentrerai pas tard.
— S’il t’arrive quelque chose, je… »

Anna esquissa une moue agacée. Sa sœur avait toujours été ainsi. Lorsqu’elle était au lycée, Rachel, qui était encore au collège, insistait pour lui préparer ses boîtes repas. Elle était douée en cuisine, elle l’était également pour jouer le rôle de la sœur aînée voire de la mère surprotectrice. Ce rôle qui aurait dû être le sien, et qu’elle n’avait jamais pris finalement, sa cadette s’en était emparé. Rachel se tut brusquement, et un crachotement dans le téléphone indiqua à Anna qu’Austin était intervenu.

« Il est sympa ce mec ? s’enquit-il d’un ton enjoué. Éclate-toi, meuf, et te prends pas la tête, elle va finir par s’épuiser.
— Rends-le moi, Austin ! hurlait Rachel derrière le combiné, essayant vraisemblablement de récupérer son bien.
— Il est sympa, oui », affirma Anna avant de raccrocher.

Lenny l’attendait près d’une vitrine où étaient disposés des lutins articulés qui emballaient quelques paquets cadeaux. Des enfants accompagnés de leurs parents s’esclaffaient devant l’un d’entre eux qui n’arrivait pas à faire un nœud de ruban. Lorsqu’elle revint vers lui, il lui sourit de toutes ses dents.

« C’est ça que j’aime à Noël, lui avoua-t-il alors qu’ils reprenaient leur chemin. La magie qu’on peut trouver dans chaque petite chose. Les gens semblent plus ouverts, moins ternes que le reste de l’année.
— Tu as sans doute raison, dit-elle en hochant la tête, sans se rendre compte qu’elle s’était mise à le tutoyer.
— Et toi, Anna ? reprit-il automatiquement. Qu’est-ce que tu aimes à Noël ?
— Les marrons chauds, le taquina-t-elle. Et toutes les friandises qu’on peut trouver. Je devrais faire plus attention à mon tour de taille », laissa-t-elle échapper dans un rictus cynique.

Anna se disait parfois que la vie était injuste. Si Rachel pouvait manger tout ce qu’elle voulait sans prendre de poids, ce n’était pas son cas. Elle parvenait à se raisonner quelquefois mais, aux périodes de fêtes, elle prenait toujours une taille de pantalon en plus.

La jeune femme, même à seize ans, n’avait jamais ressemblé aux adolescentes filiformes. Cela avait longtemps engendré des complexes, et quelques moqueries de la part des élèves les plus populaires du lycée où elle étudiait. Austin, trop maigre selon eux, avait également été la cible de moqueries. Elle se souvenait encore des quolibets sur leur passage : « Le fil de fer et la boule ». Bien qu’elle ait retrouvé un poids qu’elle jugeait convenable et des rondeurs agréables, son corps lui jouait souvent des tours, s’amusant à faire du yo-yo selon son régime alimentaire.

Lenny passa son bras sous le sien, comme s’il sentait que ce sujet était sensible. Elle s’était soudainement renfermée sur elle-même et les traits de son visage s’étaient crispés. Cependant, la chaleur du corps du jeune homme près du sien raviva le rouge de ses joues.

« Tu es très bien comme tu es. Il vaut mieux savourer la vie que de s’en priver.
— C’est ce qu’on se dit pour se réconforter, répliqua-t-elle, sarcastique, en se dégageant doucement.
— Je le pense vraiment. Je suis sortie pendant deux mois avec une fille qui comptait toutes les calories qu’elle avalait. Un véritable cauchemar, tu peux me croire. »

Elle l’observa du coin de l’œil, comme pour déterminer s’il disait la vérité. Il eut cet air serein qui lui fit chaud au coeur alors qu’ils s’arrêtaient devant une petite boutique qui portait le nom de « Smith, de père en fils » en lettres d’or. La vitrine, élégamment décorée aux couleurs de Noël, emplie de guirlandes lumineuses et de bibelots argentés, donnait un aspect chaleureux et traditionnel que reflétait également l’intérieur.

Dès qu’ils entrèrent, Anna se sentit imprégnée par l’intimité des lieux. Tout, dans la pièce, donnait l’impression qu’on était dans un endroit qu’on connaissait bien, comme si notre grand-mère nous attendait dans la cuisine alors qu’un feu ronflait doucement dans la cheminée. Un sapin était gracieusement posé près des tables rustiques où les clients pouvaient s’installer et commander un chocolat chaud avec leur pâtisserie s’ils souhaitaient la déguster sur place. Dans le fond de la pièce, un père Noël saluait en s’exclamant joyeusement: « I wish you a merry christmas ! ».

Sur les étalages, protégés par une vitre, de fabuleuses mini-bûches, des financiers en forme de bonhomme de neige à l’orange et à la cannelle, des cannes de Noël en pâte à cookie, et les typiques sablés auraient donné envie à n’importe quel visiteur qui serait entré par un heureux hasard. La plus grosse pièce de la collection était installée sur un étalage personnel. Il s’agissait d’une adorable maison en pain d’épice.

« Oh, c’est… incroyable, murmura Anna, soufflée par la beauté des lieux.
— Mon père ne doit pas être loin. Il sera ravie de te rencontrer. »

La jeune femme ne saisit pas immédiatement la portée de ses paroles mais, dès qu’elle en comprit le sens, elle se tourna vers Lenny, surprise que cet endroit appartienne à sa famille. Bien sûr, elle adorait déjà l’ambiance qui se dégageait de la boutique mais n’était-ce pas trop précipité de l’amener ici ? Pire, de lui présenter l’un de ses parents. Anna se mordit la lèvre, contrariée par la situation, et posa une main sur son épaule.

« Ne le dérange pas. Je vais rentrer de toute façon.
— Tu devrais rester et choisir ce qui te fait envie, Anna, insista Lenny en lui adressant un regard déçu. On vient juste d’arriver. Je t’assure que tu ne le regretteras pas. Tu pourras emporter des sablés pour tes amis.
— Tu tentes de parler à mon estomac pour me convaincre ? le taquina-t-elle, caustique.
— Est-ce que ça fonctionne ? s’enquit-il, malicieux.
— Peut-être… laissa-t-elle planer. Disons que ça se pourrait bien, dit-elle en glissant un œil gourmand autour d’elle.
— Parfait !
— Tu es diabolique !
— Je sais », se vanta-t-il, fier de lui.

Les yeux noirs de Lenny brillaient d’une lueur qui la troublait. Elle finit par détacher les yeux du jeune homme pour les reporter sur les trop nombreuses pâtisseries qui se trouvaient autour d’elle. Était-ce bien raisonnable d’engouffrer l’un de ces délices à cette heure-ci ? Une once de remords la parcourut en songeant à la salade composée que sa sœur avait préparé pour elle, comme elle le lui avait demandé en début de mois pour pallier aux trop nombreux mets du réveillon.

« D’accord, renonça-t-elle dans un soupir. Qu’est-ce que tu me conseilles ?
— Bien le bonsoir ! » s’exclama brusquement une voix grave.

Un homme d’une cinquantaine d’années venait de surgir de l’arrière-boutique. Anna n’eut aucun doute sur le fait qu’il s’agissait du père de Lenny. A l’image de son fils, son sourire enthousiaste lui mangeait la moitié de son visage, et ses yeux noirs luisaient de gentillesse. Seules de nombreuses rides sur son teint mat traduisait son âge. Il portait un tablier tâché de farine sur un pull trois fois trop grand pour lui. Son sourire s’agrandit en les voyant, et il s’avança, l’une de ses mains fines tendues vers Anna.

« Je suis Darryl, le père de Lenny.
— Enchantée. Je m’appelle Anna, répondit la jeune femme en rougissant.
— Bienvenue dans notre humble boutique ! » fit-il en serrant ses mains dans les siennes.

L’homme la relâcha avec un sourire aimable et s’excusa de son impolitesse en retournant dans l’arrière-boutique, les laissant de nouveau seuls. Lenny sembla un instant embarrassé, et crut bon de s’expliquer :
« Mon père n’est pas très bon en ce qui concerne l’accueil des clients, encore moins lorsqu’il s’agit de se présenter à mes amis. Il juge bon de le faire, mais il a toujours pensé qu’il ne devait pas s’immiscer dans mes relations.
— Je l’ai trouvé très agréable », le rassura la jeune femme.

Elle hésita un instant à lui confier que les siens n’auraient même pas pris la peine de faire les présentations, surtout à l’heure actuelle où elle ne leur adressait plus la parole. La rancœur qu’elle ressentait à leur égard était si vive qu’elle ne leur pardonnait pas la distance et le manque d’affection auxquels elle avait eu droit au cours de son enfance. Désormais, bien qu’ils essaient de la recontacter, elle ne prenait pas la peine de répondre à leurs sollicitations. Ils étaient responsables de sa méfiance et de ses failles.

« Suis-moi, je vais te servir les meilleurs gâteaux qu’on puisse trouver au sein de la ville ! » fit Lenny dans un sourire charmeur.

Note de fin de chapitre:

Je vous avoue que, de base, Lenny ne devait pas être si adorable. Plus j'écris sur lui, plus ce garçon me surprend. En écrivant sur ces deux-là, j'avais tellement envie de patiner avec eux sur la place du Rockfeller Center (:mrgreen:) mais aussi, et surtout, de déguster l'un des gâteaux de la boutique... Et vous ?

Rachel et Austin sont moins présents dans ce chapitre mais ils le sont quand même d'une façon ou d'une autre. Vous verrez qu'ils font partie intégrante de cette histoire. J'ai une véritable tendresse pour eux.

Quant à Anna, c'est certainement l'héroïne la plus compliquée qui soit et sur laquelle j'ai eu l'occasion d"écrire. Elle est très méfiante sous ses abords rêveurs et elle est quelque peu aigrie parfois...

 

Hormis cela, vous remarquerez que j'ai mis le paquet question "ambiance de Noël" dans ce chapitre. ;)

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