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Notes d'auteur :
Hola !
Le texte d'aujourd'hui a été écrit avec le thème du Chateau ambulant par Joe Hisaishi (qui est juste un des meilleurs compositeurs actuel, de mon point de vue tout à fait objectif). J'espère que ce texte vous plaira (et vous inspirera à faire des randonnées ->).
Les premiers mètres sont durs. La pente est raide, et le souffle vient rapidement à te manquer tandis que tu t'habitues péniblement aux sentiers rocailleux de la montagne.
Le soleil frappe ta nuque, insistant, coupé parfois par l'ombre bienvenue de quelques arbres.
Tu penses à ta voiture, qui sera une véritable fournaise une fois que tu seras redescendu. Tu penses au travail qui t'attend lundi, aux tâches à prioriser et au rendez-vous à préparer. A la machine de linge à lancer en rentrant, aux courses à faire demain, aux factures à régler.

La douleur dans tes muscles est presque bienvenue. Il y a une satisfaction à sentir ton corps tout entier se tendre dans l'effort. Tu te sens vivant. Entier.
Enfin, tu arrives à la fin du premier dénivelé, face à un lac d'un bleu incroyable. Ce n'est pas la couleur de la mer s'échouant tranquillement sur la plage d'un atoll. C'est plus profond, plus ancien. Tu restes ébahi un instant, un peu tiraillé par l'envie de t'y jeter. Mais la route est longue encore jusqu'au sommet, alors tu reprends ta marche.

Le rythme de ton souffle s'est calmé, calqué sur tes pas certains. Il fait si calme, ici. Tu n'entends que le bruit du vent dans les herbes et le tintement lointain de clochettes. Et puis tes pensées, toujours. Tu rejoues encore la scène, son regard qui soutient le tien, longtemps, bien trop longtemps, et une pointe de chaleur te monte aux joues. Tu te questionnes, encore, sur une histoire impossible et pourtant probable. Tu caresses du regard les sillons qui traversent la montagne, imaginant un invraisemblable scénario qui te tord agréablement au creux du ventre.

Le sentier rétrécit, laissant la place à ruban de terre sinueux qui trace des lacets jusqu'au sommet. Oubliés, les rêves éveillés ; il n'y a plus devant toi qu'un pied devant l'autre, entre les hautes herbes et les fleurs. Au coeur de la nature, tu n'es pourtant pas seul avec toi-même. Il y a un genre de frisson qui court sous ta peau, et là où tu poses les yeux, le monde est si beau. Tu oublies tout le reste.

Enfin se dresse devant toi la crête acérée de la montagne, et tu puises dans tes forces pour escalader les derniers rochers. Soudain, c'est un nouveau monde qui s'offre à toi. Le lac, immense et bleu, la forêt de sommets verdoyants effleurés par la neige, le sifflement du vent qui emmêle tes cheveux. Tu es minuscule, tu n'es rien et rien n'a pas d'importance. Tous tes problèmes deviennent poussière. Tu te sens presque régal, à surplomber monts et vallées ; tu voudrais étreindre la beauté qui s'offre à tes yeux.
Pendant un instant, tu comprends ce que c'est vraiment d'être heureux.
Note de fin de chapitre:
Merci d'avoir lu !
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