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Notes d'auteur :
Hola !
Cette fois, c'est l'inverno de Vivaldi qui accompagne ce texte (j'ai complètement dévié de la playlist originale à ce stade, j'essaie même plus de me rattraper). Un texte un peu différent des autres, d'autant plus que je n'ai pas forcément l'habitude (ni l'expertise) de ce genre de scène !
Les conseils de guerre étaient une agonie.

Peter n'aurait su dire exactement quand est-ce que ça avait commencé. Lorsque Sofia était arrivée, noble quelconque débarquée de nulle part pour prendre le commandement de leur armée, il s'était attendu à une figure fantoche, placée là pour avancer les intérêts de sa famille. Puis elle l'avait défié en duel.
Peut-être était-ce là, à terre et désarmé, qu'il aurait voulu voir son sourire victorieux fleurir encore sur les lèvres de Sofia.

Et maintenant, il était là, à tenter de prendre les bonnes décisions, de choisir les justes batailles, et il lui suffisait d'un regard vers la commandante pour qu'il ne perde le fil de ses pensées. Il se sentait si stupide. Sofia lui souriait, et Peter acquiesçait à toutes ses propositions. Elle effleurait sa main, indiquant la position d'un fort sur la carte, et il se surprenait à rougir comme un écolier devant les pensées qu'élicitait ce simple contact. Elle avait de belles mains, blanches et fines, et il se demandait quelle serait la sensation de ses doigts sur sa peau, le long de son torse, se perdant dans ses cheveux...

— ... et ainsi, en obtenant les faveurs du comte, ses troupes pourront prendre à revers l'escadron de... Général, est-ce que vous m'écoutez ?

Peter fut brusquement tiré de sa rêverie et leva les yeux vers Sofia, dont l'air sévère était adouci par un demi-sourire.

— Toutes mes excuses, votre Grace.

Elle écarta le formalisme d'un revers de main, ayant demandé déjà bien trop qu'il l'appelle par son nom, et se pencha au-dessus des plans étalés sur la table du conseil, soutenant son regard.

— Vous vous surmenez, Général. Vous arrive-t-il seulement de dormir ?

Il se perdit un instant dans ses yeux verts, ignorant avec force la voix dans sa tête qui lui suggérait qu'elle pourrait le rejoindre dans son lit pour s'en assurer. Il se détourna d'elle, une pointe de rouge sur les joues, et fixa la carte pour tenter de se donner une contenance.

— Je ne laisserais pas les événements de la Faille se reproduire. Nous avons eu de la chance d'en réchapper. Vous auriez pu...

Ses épaules s'affaissèrent, le souvenir du regard déterminé de Sofia avant de se jeter au-devant de l'ennemi encore vif. Qu'elle ait survécu était un miracle. L'avalanche qu'elle avait provoquée les avait sauvés, couvrant leur fuite à travers les montagnes.

— Vous auriez pu y rester, termina Peter dans un murmure.

Elle posa une main chaude sur la sienne. Le contact inattendu lui noua l'estomac ; en levant les yeux, il réalisa qu'elle s'était rapprochée de lui et que ses lèvres n'étaient plus qu'à un soupir des siennes. Le regard plein de sollicitude, elle lui répondit avec un sourire :

— Et pourtant je suis encore là.

Elle était si proche. Il ne lui suffirait que de se pencher pour effacer la distance qui les séparait encore, et cette simple perspective le brûlait de part en part. Par tous les dieux, elle était si belle. A quoi pensait-elle, ses yeux verts rivés dans les siens ? Entendait-elle le son de son coeur, battant à tout rompre dans sa poitrine ? La décence aurait exigé que Sofia retire sa main une éternité plus tôt, mais elle restait pressée sur la sienne. Son délicat parfum le submergeait et emportait avec lui toute pensée cohérente. Au diable la prudence et le doute ; elle était tout ce qui comptait à ses yeux et il devait le lui dire.

— Lady Deinven, je..., commença Peter.

La porte de la salle de conseil s'ouvrit à la volée, et Sofia recula vivement. L'intendante rassembla les rapports posé sur la table à la hâte, manifestement plongée dans ses pensées, avant de se rendre compte de leur présence. Elle s'interrompit, étudiant leurs visages embarrassés, et arqua un sourcil.

— Commandante, général, salua-t-elle avec l'ombre d'un sourire, avant de quitter la pièce aussi rapidement qu'elle était arrivée.

Dégrisé, Peter se morigéna. Comment pouvait-il simplement oublier que dehors, la guerre faisait rage ? L'heure n'était pas la romance, quand bien même elle existerait, ce dont il n'avait aucune certitude. Il était le général de ses armées. Elle le voyait comme son allié, son ami peut-être ; espérer plus était irresponsable.
N'osant la regarder, Peter inclina la tête et se dirigea vers la porte.

— Je vais m'atteler aux préparatifs de l'expédition, votre Grace, s'excusa-t-il.

A peine avait-il posé la main sur la poignée qu'il sentit qu'on le tirait par le coude. Il se retourna, et Sofia se haussa sur la pointe des pieds pour déposer un chaste baiser sur sa joue. Il se figea, stupéfait, tandis qu'elle reculait d'un pas, un sourire aux lèvres.

— Prenez soin de vous, Peter. Je ne voudrais pas voir mon général s'écrouler de sommeil sur le champ de bataille.
— Je... Je ferais attention, votre Grace.

Elle le relâcha lentement, sa main glissant le long de son bras. L'instant sembla s'étirer, infini.
La voix de la raison soufflait à Peter que s'il ne quittait pas immédiatement la pièce, il allait commettre une erreur monumentale.
La voix du coeur, elle, lui fit franchir la distance qui les séparait, passer un bras autour de sa taille et une main dans ses courts cheveux blonds avant de poser ses lèvres sur celles de Sofia, enfin.
Note de fin de chapitre:
Merci d'avoir lu !
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