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Notes d'auteur :

Le calendrier de l'Avent est terminé mais comme mon histoire ne l'est pas, je poste aujourd'hui le dernier chapitre ...

Avec le thème : le tisserand

L’hiver s’installait. Le stock de laine dans lequel Eulric se faisait un lit à chaque coucher du soleil diminuait au fil des soirs et des semaines. Mais le garçon profitait toujours de nuits chaudes et d’un bon sommeil pour continuer et avancer dans son projet de jours en jours.


Au fil de ses promenades, le jeune garçon avait déjà pu récupérer assez de pointes et de vis et avait entassé son trésor plutôt rouillé et archaïque dans l’atelier désaffecté au bout de la rue des artisans.

Il lui faudrait encore quelque outils et beaucoup de temps pour mener à bien son projet, mais le garçon restait motivé.

Les morceaux de bois avaient pris forme. Le métier à tisser ne serait pas bien grand mais déjà Eulric s’imaginait y passer ses journées devant, afin de travailler et exploiter la laine comme il en rêvait chaudement chaque nuit.

Au bout de quelques semaines, Maliena avait réussi à donner à Eulric quatre vieux écheveaux. Maintenant, lors de leur courts rendez-vous, la jeune femme écoutait les avancées du garçon et l’encourageait dans son projet. Sans elle, Eulric aurait vite été dépassé et perdu. Mais Maliena, altruiste et bienveillante soutenait son petit protégé et faisait tout ce qu’elle pouvait pour l’aider.

Maliena était une femme déjà avancée en âge. Elle raconta une fois à Eulric qu’elle avait cinq enfants et que Maëlia était sa petite dernière mais que ses quatre grands fils étaient déjà actifs et possédaient chacun un travail dans les villages voisins. L’aîné était charpentier. Le deuxième s’était engagé dans l’armée. Le troisième travaillait chez un maraîcher quant au benjamin, il commençait comme commis dans une ferme voisine. Son mari travaillait comme berger. C’était la laine de ses moutons qui était filée dans l’atelier. Mais l’atelier ne lui appartenait pas et il comptait sur la vente des écheveaux et des produits obtenus pour notamment payer le loyer pour l’hiver.

Eulric aimait bien Maliena. Elle avait tout à fait l’âge d’être sa mère, mais elle était beaucoup plus gentille que les souvenirs douloureux qu’il gardait de ses propres parents.

Eulric était motivé par les encouragements de Maliena et voulait pour lui, comme pour elle, réussir dans son projet. Avec les conseils et les explications de sa marraine, il commença ainsi son premier tissage alors que l’hiver était maintenant bien entamé.

Tous les écheveaux n’avaient pas la même teinte. Il choisit de mettre la pelote la plus marron en fil de chaîne. Ceux qui étaient attachés au montant du haut de son métier à tisser. Il les avaient fait pendre en les alourdissant d’une pierre qu’il avait enfermée dans les brins de laine.

Pour le fil de trame, il avait choisi la plus belle des laines qu’il avait. Et alors il commença à répéter les gestes que Milena lui avait montré discrètement derrière l’atelier. Dessus, dessous, dessus, dessous. Il répétait les mouvements sérieusement et scrupuleusement.

Avec patience, Eulric s’appliquait. Sans se rendre compte du temps qui passait il restait assis de longues heures assis devant son métier à tisser. Le geste était simple mais très répétitif et très précis.

Eulric ne s’en préoccupait pas, il prenait un vrai plaisir à toucher la laine glisser sous ses doigts.
Il se réchauffait au contact de la matière.
Il admirait son tissu grandir au fil du temps...

Seul dans l’atelier désaffecté qu’il s’était approprié, Eulric voyait la passion pour la laine et le tissage grandir au fil des jours.

Un jour après son travail, Maliena était venu lui rendre visite. D’abord inquiète par ses absences, elle fut rassurée en découvrant que le garçon était trop occupé désormais pour l’attendre à l’arrière de la manufacture. Il avait son propre atelier maintenant. Et cela ravissait Milena.

- Tu es vraiment doué, complimenta-t-elle. Je vois que tu t’appliques beaucoup. C’est vraiment du bon travail. Si tu continues comme ça, tu pourrais même vendre ton travail. Je suis certain que tu aurais des clients sur le marché.

Pour le moment, Eulric tissait surtout pour lui. Avec ses premiers petits ouvrages il s’était fabriqué une veste qu’il enfilait par-dessus son unique chemise en coton et des guêtres qui lui réchauffaient les jambes. Il ne savait pas encore comment coudre ses tissus pour se faire un pantalon mais comptait bien s’en fabriquer un. Malheureusement, son stock de laine que lui avait fourni Milena arrivait également à sa fin. Bientôt, il ne pourrait plus tisser et le regrettait déjà.

- Quand nous aurons fini nos ventes, après le dernier marché d’hiver, je pourrais peut-être t’apporter quelques nouvelles pelotes. Et puis la tonte des moutons reprendra au milieu du printemps, après il y aura de nouveau du travail pour nous à l’atelier.

Eulric avait encore des choses à apprendre et s’en réjouissait. Il adorerait un jour pouvoir aller à Felletin, voir ce fameux marché où la laine était reine. Vivre au rythme de la laine, cette matière si chaude et réconfortante devenait sa raison de vivre. Ne plus se soucier pour se nourrir et dormir. Ne plus être obliger de se cacher, de voler ou de quémander, voilà tout ce que la laine et le tissage le faisait rêver.

- - -





Pendant la fin de l’hiver, Maliena continua de soutenir Eulric qui s’améliorait de semaines en semaines. En peu de temps, le jeune garçon avait beaucoup mûri. Il avait suffi d’un hiver rude et surtout d’une rencontre déterminante pour faire de lui un jeune homme.

- Maintenant que tu es un vrai tisserand, salua Maliena alors que l’atelier de filage fermait ses portes et sa production pour la saison. Vis de ta passion comme un honnête homme et n’ai pas peur, montre ton talent et partage le avec tous ceux qui veulent bien le voir.

Note de fin de chapitre:

Merci pour votre lecture


et


Joyeux Noël !

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