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Notes d'auteur :

 

Bonjour, bonjour !

 

Je vous propose aujourd'hui de découvrir le troisième chapitre du Bord du Monde. Un chapitre nettement plus long que les précédents et qui marque la rencontre entre nos deux personnages.

As usual, un grand merci à mes bêtas-chéries : Mariye et Mojack qui sont toujours au rendez-vous.

Bonne lecture et à très vite dans la note de fin !

 

Chapitre 3 : L'autre monde

 

Laurelene lissa les pans de sa veste parme tout en se redressant légèrement. À force d’attendre, elle avait molli et s’était affaissée sur la banquette. Un « clac » sec comme un coup de fouet avait suffi pour qu’elle se redonne une allure convenable. Un regard à la dérobée lui confirma que sa patience avait été récompensée. Cela étant dit, elle était plus en avance qu’il était en retard. Pouvait-on d’ailleurs parler de retard lorsqu’un des invités n’avait aucune espèce d’idée de son statut ? Sûrement pas. Peu importe.

Laurelene lissa donc les pans de sa veste, se redressa et inclina son menton à quatre-vingt-dix degrés de sorte que son port de tête soit altier, mais pas prétentieux. Ridicule ? Peut-être. Sûrement. Sans doute. Elle tenta de relâcher ses muscles et eut la détestable sensation de « mollir » derechef. Stupide. Se pencher vers l’avant pour prendre son verre fut tout ce qu’elle trouva pour contenter les deux entités antithétiques qui devaient avoir pris possession de son corps. Assurément deux suppôts de l’effroyable angoisse qui avait supplanté le stress ressenti chaque samedi soir depuis trois semaines. La première fois ne comptait pas, il n’avait pas eu le temps de se saisir d’elle ; la surprise l’avait cueillie pour ne plus la quitter avant qu’elle franchisse le seuil du Bord du Monde dans l’autre sens et qu’un léger plaisir s’en mêle alors.

Deux femmes, de toute évidence fortement alcoolisées, passèrent devant elle pour se rendre aux sanitaires. Elles riaient si outrageusement fort que Laurelene tourna la tête en direction du comptoir. À être trop expansives, leur soirée risquait de prendre fin plus vite qu’elles ne devaient le vouloir. Car c’était ce qu’il se passait quand l’alcool avait trop d’emprise sur un client : le gérant le mettait à la porte. Enfin… c’était ce que Laurelene pensait. Ou n’était-ce que dans les films ?

Elle se fit la plus discrète possible pour ne pas attirer leur attention lorsque les comparses repassèrent devant elle. Mais le détour par les toilettes semblait avoir légèrement refroidi leurs ardeurs.

Laurelene plongea le nez dans le reste de son sirop pétillant désormais trop chaud. Elle engloutit le tout d’une longue traite. Et manqua de s’étouffer lorsqu’en rouvrant les paupières, son regard tomba sur le petit c… sur le dos d’un homme à pantalon noir, chemise à carreaux bleus et noirs, bretelles noires quadruple attache, chaîne à la ceinture et rangers qui passait à son tour sous ses yeux. Mortifiée, elle reposa vivement le verre, redressa son menton à quatre-vingt-dix degrés, mais le mal était fait. Pour quelqu’un qui avait attendu, elle avait finalement été prise de court. Il ne fut pas long et Laurelene écouta bientôt la porte vitrée des toilettes être repoussée dans un léger couinement que ne parvenait pas à étouffer la musique. Elle aurait voulu se montrer aussi digne que son maintien et ses manières, mais se retrouva à basculer la tête la première dans son sac à main où ses effets furent les seuls témoins d’un intense rougissement.

Lorsqu’elle eut le courage de glisser un regard en direction du billard, il était de retour auprès de ses amis et donnait une tape mi-consolante mi-narquoise dans le dos de l’un d’eux, un grand homme en polo Ralph Lauren. Laurelene se fustigea. Ce n’était pas la première fois qu’elle se trouvait sur son chemin, mais sa réaction était tout à fait inédite. Était-ce car elle n’avait pas d’alcool dans son verre ou bien car elle avait passé la semaine à se convaincre qu’il serait peut-être enfin temps de donner un sens réel à ses venues dans ce pub ? Elle n’en avait pas l’ombre d’une idée et, au fond, cela ne servait à rien de le savoir.

Bien entendu, elle l’avait vu pour la première fois lors de la soirée en compagnie des autres étudiants de la faculté de droit. Sinon, quel intérêt de s’y présenter de nouveau par la suite ? Elle était revenue au Bord du Monde sept jours après ce fameux samedi, aux alentours du même horaire, sans trop savoir ce qu’elle faisait là et encore moins si sa supposition hasardeuse aboutirait à quoi que ce soit. Ce soir-là encore, elle n’était sûre de rien. Et puis, à quoi cela pourrait-il ou devait-il bien aboutir ? Laurelene n’en n’avait pas davantage d’idée. Ce qui était incontestable tenait en quelques mots : elle était venue dans cet endroit étrange et, comme dans la pire ou la meilleure des comédies romantiques, elle avait croisé un regard encore plus singulier. De prime abord, considérant les sensations et émotions qui l’avaient habitée, elle avait tout bonnement cru retrouver une connaissance. Quand il fut établi qu’elle ne le connaissait pas, elle avait songé qu’il avait un « visage passe-partout ». Le genre de traits semblables à ceux d’un ou plusieurs autres. Mais ça n’avait pas été ça non plus. Elle ne le connaissait pas et son visage était aussi dissemblable que possible à ceux auxquels on aurait pu le comparer. Le plus surprenant aurait été qu’elle l’ait connu. Visiblement, cet homme était aux antipodes de tout ce qui n’avait jamais influencé ou juste effleuré la vie de Laurelene.

Pourtant, c’était comme si. Comme si, dans toute sa différence, il lui était lié d’une manière ou bien d’une autre. En vérité, elle n’avait que rarement croisé son regard clair. Mais elle avait eu l’occasion, de même que le temps, de l’observer et de s’acclimater à ce style vestimentaire et la personnalité que celui-ci paraissait refléter.

Pour ne jamais s’y être intéressée de plus près que lorsque ses amis y étaient confrontés, Laurelene ne savait, encore une fois, rien de la façon dont elle était supposée aborder cet homme. « Était-elle supposée le faire ? », était aussi une question récurrente dans son esprit tourmenté. Agacée, elle coupa court à ses tergiversations et se dirigea d’un pas décidé vers le comptoir. Les sourcils froncés, elle garda le regard bas avant de marmonner le désormais et ridiculement célèbre « Heineken ».

Elle regagna sa place en abandonnant sur la table le « verre » auquel elle ne toucherait pas. Son portable accapara son attention tant et si bien qu’elle aurait presque trouvé l’ironie qui lui tomba dessus amusante si elle n’avait pas eu un sursaut des plus vifs avant de lâcher un ignoble…

— … Hein ?

Désormais face à elle, Monsieur l’inconnu au joli petit c… qu’elle ne connaissait pas et dont le visage ne ressemblait à aucun autre eut un rire léger.

— Je disais : sympa tes Doc.

Laurelene crut avoir mal entendu mais même après analyse complète de chacun des termes, elle ne comprenait toujours pas le sens de sa phrase.

— Mes… quoi ?

— Tes Doc. Tes chaussures.

Ah !

— Ah…

Elle se mit à regarder à son tour ses sortes de grosses bottines bordeaux à coutures jaune criard qu’elle avait aux pieds.

— Elles sont à ma sœur.

Ce fut tout ce qu’elle trouva à dire.

— Alors ta sœur a de bons goûts. Et tu as eu le bon goût de les lui piquer.

Il n’y avait aucune forme de flatterie dragueuse et vaseuse dans sa voix. Il énonçait juste ce qui, pour lui, était un fait acquis.

— Je ne sais pas trop… J’avais des doutes sur le mariage avec le mauve et c’est encore plus inconfortable que des escarpins !

Alors c’était ça ? leurs premiers mots l’un à l’autre. Un échange aussi atypique qu’affligeant de banalité ? Laurelene venait-elle vraiment de lui confier à demi-mots qu’elle avait… mal aux pieds ?! C’était lamentable. Pitoyable.

Il haussa les épaules.

— Probablement parce qu’elles ne sont pas faites. Et c’est pas mal, ce violet avec ce bordeaux. Tu ne bois pas ?

Il l’avait remarqué. Et il l’avait aussi remarquée, elle, de toute évidence et pas uniquement depuis ce soir-là. Laurelene nia.

— Et tu ne bois pas quoi ?

Elle eut le réflexe de répondre « de la bière », mais il était évident que ce détail ne lui avait pas échappé.

— … Heineken.

Ses lèvres se pincèrent et il retroussa légèrement le nez en signe de répulsion.

— Je comprends mieux pourquoi tu ne la bois jamais. C’est dégueulasse.

— Ah…, répéta Laurelene, partagée entre l’étonnement et l’humiliation.

— Et avant, il y avait quoi dans ton verre ?

Il s’était rapproché de sa petite table ronde pour laisser passer quelqu’un dans son dos. À présent, Laurelene était presque contrainte de le regarder par-dessous les cils. Elle ouvrit la bouche mais il se détourna brusquement, scruta le passage et le bloqua en tirant à lui un tabouret sur lequel il prit place. Rien n’aurait pu paraître plus naturel tandis que sa chaîne cliquetait doucement sur le bois ciré. Aussitôt, toute son attention fut rendue à la jeune femme.

— Diabolo, avoua-t-elle d’une petite voix.

Elle aurait aimé mentir, mais la vérité l’avait trahie.

— Fraise ?

— Grenadine.

Un air ravi égaya son visage et Laurelene aurait juré que de la gourmandise habillait désormais ses yeux de jade.

— Tu attends quelqu’un ? s’enquit-il joyeusement.

Quelqu’un d’autre que lui ?

— Non.

Un mouvement de tête enfantin appuya sa réponse.

— Pic, se présenta-t-il. Enfin, tu peux m’appeler comme ça. Autrement, c’est Paul.

— Laurelene.

— Enchanté, Laurelene.

Son regard était sérieux mais sa voix était teintée d’accents si enjoués qu’ils étaient proches de l’amusement.

— Enchantée, répéta la jeune femme en se prenant à triturer le bout de ses longs cheveux bruns.

Une fois n’était pas coutume, elle les avait détachés pour la soirée. D’ordinaire, ils étaient retenus en un chignon ou une queue de cheval. Haute ou basse, mais toujours chic et distinguée. Les relâcher donnait à Laurelene l’impression d’être… cool.

— Pourquoi « Pic » ? lança-t-elle, les yeux baissés.

Il lui expliqua que cela venait simplement de son nom de famille, « Picault ».

— Je vais me chercher un truc à boire. Tu me gardes la place ?

Il lui offrit un sourire engageant en délaissant son tabouret. Rosissant, Laurelene opina et préféra conserver des lèvres scellées de peur de se répandre en mièvreries. Elle n’osa pas davantage le suivre des yeux lorsqu’il s’éloigna.

 

— Et voilà !

L’Heineken fut reléguée sans ménagement sur une table vide et une sorte de petite… chope au verre épais la remplaça. Paul Picault la retourna vers Laurelene qui déchiffra un mot.

— C’est un demi de Barbãr, enseigna-t-il au même instant.

— Je ne connais pas.

Confuse, Laurelene pensa qu’il voulait peut-être lui présenter ce qu’il buvait.

— Je sais. Goûte, l’encouragea-t-il. Tu devrais aimer. C’est de la bière au miel.

— Oh euh… Tu n’es pas obligé de me faire boire dans ta chope, tu sais.

— Elle n’est pas pour moi.

Laurelene ne l’avait pas vu, toute focalisée qu’elle avait été sur l’étrange boisson à la couleur – elle le reconnaissait – alléchante, mais il avait également apporté un grand verre de liquide rouge.

— C’est un cocktail ?

— Un Diabolo grenadine.

Il laissa passer sa surprise en partant lui-même d’un petit rire avant de reprendre :

— Si jamais je me suis trompé sur la bière, j’aurais au moins pris quelque chose à ton goût.

Ainsi, il ne toucha pas à sa limonade au sirop et Laurelene se retrouva à tremper ses lèvres dans la mousse blanche jusqu’à capter l’arôme moelleux du miel emprisonné au cœur de la bière paradoxalement âcre. Celle-ci était bien plus épaisse en bouche que la Heineken ou les classiques panachés qu’elle avait déjà pu tester. Attendant que tombe son verdict, Paul la fixait intensément et silencieusement. Presque religieusement.

— C’est… Différent, déclara Laurelene.

Son bras ne s’abaissa pas, mais sa main s’inclina au contraire instinctivement et elle prit une seconde (bien que première véritable) gorgée.

— Tu aimes ?

Le plus discrètement possible, Laurelene lécha le haut de sa lèvre supérieure afin d’en retirer la mousse. Aussi déroutant et presque choquant que cela puisse lui paraître, elle ne put qu’acquiescer. L’instant d’après, Paul sirotait son Diabolo.

 

Il ne s’enquit jamais de son âge, mais lui demanda ce qu’elle faisait, où elle étudiait et si cela lui plaisait. Questions des plus conventionnelles qu’elle lui retourna sans délai après avoir soutenu que si : le droit est un domaine tout à fait intéressant et vivant. Il parut un peu gêné de lui avouer se trouver actuellement en « stand-by » – c’étaient ses mots – dans sa vie étudiante et professionnelle, même si Laurelene ne porta aucun jugement. Cela ne la concernait pas. Rapidement, la conversation dévia sur un sujet beaucoup plus personnel. Tous deux avaient habité la Capitale une grande partie de leur vie avant de déménager. Évidemment, cela n’avait rien d’exceptionnel, mais ils apprirent avoir vécu dans deux quartiers mitoyens et seule la volonté des parents de Laurelene de l’envoyer faire ses études dans des écoles privées les avaient retenus de se rencontrer dans le cadre scolaire.

Laurelene se mit à rougir ostensiblement quand Paul souligna qu’elle avait terminé sa bière bien plus vite qu’il ne l’aurait cru possible. La tête de la jeune femme lui tournait d’ailleurs et elle s’était rarement sentie aussi légère. Ses pensées étaient un peu emmêlées mais elle prenait grand soin de parler calmement et avec dignité. Pourtant, la simplicité de Paul Picault atténuait la distinction que beaucoup considéraient être de la pédanterie chez elle. En opposition totale avec son accoutrement, il ne faisait preuve d’aucune excentricité et se trouvait même être très raisonnable, pondéré dans ses propos et tranquille. Sans changer du tout au tout, Laurelene s’était rapidement calquée sur sa dynamique qui semblait lui venir naturellement. Naturel était un terme qui résumait très bien tout ce qui se déroulait depuis qu’il s’était installé à sa table.

— Tu ne retrouves pas tes amis ? demanda-t-elle finalement.

La question lui brûlait les lèvres depuis longtemps.

— Mes amis ?

Il acheva son Diabolo.

— Les deux hommes avec qui tu es à chaque fois, répondit-elle sans vraiment prêter attention à ce qu’elle disait.

La brusque envie de se plaquer la main devant la bouche pour avoir gaffé lui prouva qu’elle ne se maîtrisait finalement que très peu. Maudite bière très bonne !

— Eux ? Ils sont partis il y a deux heures, quand je suis venu te voir.

Il avait un sourire en coin un tantinet moqueur mais, comme Laurelene l’avait déjà remarqué, ses yeux témoignaient de plus de sérieux. Il paraissait ravi. Ou bien la bière lui jouait encore des tours et elle ne saisissait pas qu’il se fichait juste d’elle et de son absence totale de résistance à l’alcool. Quoi qu’il en soit, l’attention de Laurelene se heurta à tout autre chose.

— Deux heures ?! s’étrangla-t-elle en portant vivement sa montre en cuir fin sous ses yeux.

Il était une heure et demie du matin. Paul parut comprendre que cela sonnait comme la fin de cette curieuse soirée alors que la jeune femme se mettait à taper compulsivement sur son smartphone. La réponse de ses parents ne tarda guère. Ils la jugèrent déraisonnable et l’encouragèrent vivement à rentrer sous les plus brefs délais.

— Je suis navrée, mes parents m’attendent.

Ses excuses étaient lamentables, d’autant plus à vingt-deux ans, mais il les accepta sans broncher. Laurelene craignait tant que ses parents ne la privent de sortie la semaine suivante qu’elle manqua cruellement d’apprécier l’instant lorsque Paul saisit la veste légère qu’elle avait ôté et l’aida à l’enfiler. Elle parvint à balbutier un vague « Merci », rougissant de son étourderie et déçue qu’il ait rompu le contact presque instantanément après que le lin ait recouvert ses épaules à demi-nues.

Cependant, Paul emboîta son pas et l’accompagna jusqu’à la sortie. De l’autre côté de la rue, quelques personnes fumaient, mais l’entrée du Bord du Monde avait été déserté pour leur en laisser l’exclusivité. Terriblement mal à l’aise, Laurelene ne se retourna qu’à moitié, obligeant Paul à engager un pas de côté afin de lui faire face.

— Je… Je dois rentrer, mes parents m’attendent, répéta-t-elle bêtement.

— Je comprends, aucun souci.

Elle ne donna pas suite sur le moment, incapable de prononcer le moindre mot. Son ventre était très contracté, elle avait chaud, froid et sentait son cœur battre dans ses oreilles. Finalement, un murmure trop aigu s’échappa de ses lèvres entrouvertes.

— Je pense être là… enfin dans ce bar, la semaine prochaine. Peut-être que si tu es là aussi… C’était bien ce soir donc, si tu es là, on pourra peut-être partager une nouvelle boisson.

Paul baissa les yeux quelques secondes et sa bouche s’étira comme s’il souriait à une blague personnelle.

— Tu es sur les réseaux sociaux ?

— Oui j’y suis.

— Et ton nom complet, c’est ?

Il avait tiré son portable de la poche de son jean.

— Laurelene. Laurelene Delouis. Attends, je… Je peux ?

Elle n’attendit presque pas qu’il lui tende l’appareil pour s’y agripper et saisir ses nom et prénom dans le moteur de recherche interne. Elle trouva son profil et cliqua sur « Ajouter » sans demander l’autorisation.

— V-voilà…

— Nickel. Bah on se tient au courant par messages si tu veux. Pour la semaine prochaine, si tu es libre.

— Oh… Oui. Oui, bien sûr.

— Tu rentres comment ?

— En voiture. Elle est là-bas.

Du bout de son index à l’ongle vernis de vieux rose très sobre, Laurelene pointa sa C3 grise, à quelques encablures seulement. Elle avait eu beaucoup de chances, une place s’était libérée devant elle alors qu’elle se rendait au grand parking situé à un bon kilomètre de là.

— J’ai exactement la même ! s’étonna Paul, les sourcils arqués.

— Ah ? Je l’aime beaucoup.

— C’est une très bonne première voiture, convint-il.

Il y eut un nouveau silence avant que Laurelene se lance.

— Bon eh bien… à bientôt. Peut-être. Rentre bien chez toi… Paul.

— Merci, rentre bien également. À bientôt… Laurelene.

La brune ne demanda pas son reste. Elle s’éclipsa très vite de peur que Pic finisse par entendre les battements effrénés de son cœur. Un remord la traversa à mi-chemin. Tout cela n’avait rien de bienséant. Elle parvint néanmoins à ne pas se retourner pour lui déclamer des excuses et continua jusqu’à s’engouffrer dans l’habitacle de sa voiture où flottait une douce odeur vanillée.

Elle démarra trop vite et failli caler brusquement lorsqu’elle passa devant Paul, resté fixé sur le seuil du Bord du Monde. Visiblement très détendu, il la regardait en lui adressant un signe de la main.

 

Cette nuit-là, Laurelene dormit très peu, hantée par les souvenirs de sa soirée et le plaisir d’avoir commencé à découvrir l’étonnante personnalité derrière la détonnante apparence de Paul Picault.

Note de fin de chapitre:

 

Alors... n'ayant actuellement reçu aucun retour sur ce site, cela me ferait vraiment très plaisir que vous preniez quelques minutes (voire secondes) pour m'écrire votre ressenti vis-à-vis de cette histoire ou de ce chapitre plus spécifiquement... Un grand merci par avance à celles et ceux qui revieweront.

Bien entendu, j'espère que le chapitre vous a plu et que vous appréciez ce fort contraste entre Laurelene et Pic.

 

Merci pour vos lectures et à très vite avec le prochain chapitre ! :)

MCB

PS : n'oubliez pas la review ! :D

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