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Notes d'auteur :
Hola !
Il est minuit à l'heure où j'écris et je viens de finir de rusher ce texte, je ne garantis donc en aucun cas l'exactitude de mes mots :mg:
En tout cas, c'était un plaisir de participer et de sortir un peu de ma zone de confort grâce à la Beigie !
Louis, c'était juste un mec rencontré au hasard d'un bar.

Adossé au mur froid de la gare, Antoine finit sa cigarette. Pendant combien de temps avait-il tenté de se persuader qu'il n'était qu'un étranger, un inconnu, une passade ? Les nuits l'avaient trouvé inlassablement dans le dédale des rues qui menaient à cet appartement perché au neuvième étage. Louis, c'était rien.
Puis un jour, il n'avait plus su mentir et il était parti.

Il écrase le mégot sous son talon, las. Les gens se ressemblent tous. Leurs regards se croisent sans jamais s'accrocher, épuisés, blasés. Personne ne le voit vraiment.
Puis celui qu'il attend arrive enfin.

-


Antoine, ce n'était pas quelqu'un de bien.

Il l'avait su dès la première seconde et pourtant il avait plongé sans même hésiter, hypnotisé par ce sourire d'arnaqueur qui exsudait la perdition. Noyées dans l'alcool ses dernières réticences, balayées d'un revers de main.
Louis, il s'était présenté.
Antoine, l'autre avait répondu.
Il n'avait pas besoin de plus.

Un an plus tard, il a un train à prendre. Plus en retard encore à chaque seconde qui passe, il prend pourtant le temps d'accrocher son regard aux passants à contre courant. Par habitude, ou peut-être parce qu'il cherche encore un visage dans la foule.
Il le trouve.

- Salut.

Silence.

- Ca faisait longtemps, Louis.
- Tu es parti.
- C'est compliqué.

L'annonce d'un départ imminent résonne sur le parvis de la gare.
Il ne bouge pas, pris dans le feu des yeux d'Antoine.
C'est comme si ce rêve avait pris pied dans la réalité, celui-là où leur dernière nuit ne connaitrait pas de fin, où il ne partirait jamais sous couvert de la nuit sans même un adieu.
Dans cette histoire, il se serait réveillé à côté de ce corps enchevêtré dans les draps blancs. Il aurait passé la main dans ces cheveux ébouriffés de sommeil puis du bout des doigts dessiné le contour de ses épaules et de son torse. Dans cette histoire, Antoine lui aurait dit qu'il l'aimait.

-


A vrai dire, il commençait à se demander si c'était réellement une bonne idée. Revoir Louis, c'était retomber dans ce cercle d'errances avec lui pour seul phare. C'est oublier peu à peu ce qu'il croyait connaître de lui-même. C'était céder à la caresse de ses lèvres et s'abandonner.
Un peu gêné, il joue avec son briquet que le vent éteint sans arrêt. Il ne sait plus quoi dire, quoi faire. Il se rappelle seulement ces soirs où sans un mot il venait toquer à la porte de Louis, où le voyant tout prenait sens.

D'une impulsion, il rompt l'inertie.

Il attrape le col de la veste de Louis, l'attire contre lui, cueille son visage d'une main et l'embrasse férocement. Peut-être qu'il n'avait jamais oublié le goût de ses lèvres, en fin de compte. Peut-être que c'était tout ce qu'il attendait.

-


Il sent la froideur des doigts d'Antoine à travers les plis de sa chemise alors que ses mains viennent chercher sa peau nue comme si elles n'avaient nulle autre place en ce monde. Il l'entraine à l'ombre d'une arcade, loin des regards inquisiteurs des passants. Les yeux d'Antoine reflètent les siens, affamés. Il est si proche et l'odeur de son parfum l'intoxique dangereusement ; ce n'est plus dans ses veines un courant électrique mais la foudre qui le frappe à chaque contact de sa peau.

-


Pour un peu, il oublierait qu'ils ne sont qu'à demi cachés de la foule incessante des passagers. Louis, Louis, Louis, il lui arracherait cette chemise bouton après bouton, lentement. Il meurt d'envie de caresser la toile de pantalon qu'il sent tendue contre sa cuisse pour l'entendre gémir son nom. Il veut qu'on l'implore, qu'on le supplie de mettre fin au supplice de ses doigts qui défont trop lentement sa ceinture. Il veut entendre la respiration erratique de Louis au bord de l'extase, putain Antoine putain oui putain, puis plus rien.
Il n'aura jamais la patience d'atteindre son appartement.


-



Louis a raté son train.
Il entend Antoine fermer la porte derrière lui. Il ne le retient pas.
Il le sait, il reviendra.
Note de fin de chapitre:
Merci d'avoir lu !
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