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A l’intérieur de la maison, Eleanore regarde autour d’elle avec intérêt.

— Gard maman, dit-elle en me montrant des coquillages qu’elle regarde à distance.

Pour fréquenter assez souvent l’atelier d’artiste de son grand-père, elle sait qu’il vaut mieux regarder certaines choses de loin.

— C’est joli, je lui dis, en regardant moi aussi la pièce avec curiosité.

Elle glisse sa petite main dans la mienne, sans doute un peu impressionnée par cet endroit qu’elle ne connaît pas. Pas encore.

Je pose le sac de mon ordinateur portable près d’une chaise, et attends avec Eleanore au milieu de la pièce.

— Une petite visite guidée ? propose Alexander qui ferme la porte derrière moi.

Je n’ai pas vu qu’il était ressorti. Il tient dans ses mains plusieurs sacs de courses qu’il dépose sur la grande table avant de nous inviter d’un geste de la main à le suivre.

 

Les murs intérieurs sont recouverts de lambris en pin blanc. La porte d’entrée donne sur une grande salle à manger. Une longue table en chêne est posée au milieu de la pièce sur un vieux parquet en bois. Une nappe blanche immaculée recouvre la table et plusieurs bougeoirs en bois flotté la décorent.

Contre le mur du fond, il y a une commode blanche où un vase rempli de fleurs fraîches est posé au milieu et une lampe de chevet de chaque côté du vase.

La table est prévue pour recevoir une grande famille. Il y a une dizaine de chaises autour de celle-ci. C’est vraiment très joli et accueillant. Un lustre en bois descend du plafond vers le milieu de la table.

 

Il n’y a pas de porte qui sépare la salle à manger du salon. Juste une grande ouverture. Je m’avance dans la pièce, émerveillée, conquise par l’endroit. Eleanore est dans les bras de l’acteur qui lui montre des objets de son enfance. Un coquillage qu’il a ramassé à neuf ans. Un dessin qu’il a fait.

La décoration a été pensée pour rendre la maison agréable et reposante. Il y a un grand canapé bleu-gris sur lequel un plaid à peine plus clair est posé sur le dossier dans un mouvement qui se veut négligé. Une magnifique bibliothèque en pin blanc est posée contre le mur de droite.

Mon intérêt est accru lorsque je vois plusieurs classiques posés à côté de bande dessinée.

Ces classiques surtout ceux de Jane Austen me donnent envie de me poser sur le canapé et ne pas y bouger pendant plusieurs heures. Une table basse blanche avec plusieurs rangements se trouve devant le canapé face à deux fauteuils.

Des suspensions en bois au plafond et un magnifique manteau de cheminée sur lesquels plusieurs photos trônent fièrement. Cela doit être chouette pour les soirées après avoir passé la journée sur la plage.

 

Derrière le canapé, il y a une grande baie vitrée d’où je vois le sable et plus loin la mer. La maison est vraiment les pieds dans l’eau.

Apparemment ce n’est pas pour l’instant, car Alexander bifurque sur la gauche et nous entraîne vers la cuisine.

Quand nous rentrons dans une nouvelle pièce, il se tourne directement vers moi pour voir ma réaction. Je suis surprise. La pièce est plus moderne que le reste de la maison tout en restant dans les mêmes gammes de couleur. Les meubles sont blancs, les murs gris foncé. Un magnifique tableau composé d’empreintes et mains et de pieds est accroché fièrement dans la pièce. Je vois que je ne suis pas la seule à aimer.

La table est blanche. Un saladier est rempli de fruits qui font de l’œil à Eleanore qui doit commencer à avoir faim à l’heure qu’il est. Il y a une porte qui donne sur l’extérieur.

 

Nous sortons de la cuisine pour nous enfoncer dans un couloir étroit où les murs sont remplis de photos. Je me promets de venir les observer avec plus d’attention plus tard. Alexander nous conduit vers un escalier qui doit mener, je le suppose à l’étage de l’habitation. Eleanore monte les marches entre nous deux. Dans le hall de nuit, il y a plusieurs portes de chaque côté du couloir.

— Voilà ta chambre, murmure Alexander en s’accroupissant à côté de notre fille. C’est la chambre que mes neveux occupent quand ils viennent passer quelques jours ici avec mon frère et sa femme.

Je note mentalement qu’il a des neveux et un frère.

 

Impatiente, Eleanore ouvre la porte, pousse un cri de surprise, saute sur place en frappant dans ses petites mains. Au bout de quelques secondes à regarder partout autour d’elle, elle court jusqu’à un cheval à bascule qui se trouve au milieu de la pièce.

C’est une vraie chambre d’enfant. Il y a deux lits jumeaux. De vieux jouets en bois. Un coffre à jouets dans un coin de la pièce sur lequel sont posés plusieurs coussins colorés. Des voitures. Des tracteurs. Des trains, des cubes à empiler et tellement d’autres jouets, de livres, de peluches.

Les murs sont blancs comme le reste de la maison. Sauf le mur du fond qui est peint à l’ardoise. Il y a des dessins à la craie dessus.

C’est ce que j’ai fais aussi dans sa chambre. Je trouvais ça rigolo de lui permettre de dessiner à sa guise de nouvelle chose.

Au milieu de la pièce, à côté du cheval à bascule, il y a un tipi.

 

Je rigole en regardant Eleanore tester un jouet avant de le reposer et passer au suivant. Elle ne sait plus où donner de la tête alors qu’elle ne manque pas de jouets à la maison. Que du contraire. Mais, c’est tellement différent de découvrir de nouvelles babioles.

Alexander est debout à côté de moi, il regarde avec adoration notre petite fille. Je connais ça. Je suis toujours autant admirative de la voir faire telle ou telle chose. Pour lui, c’est quelque chose de nouveau. Il va y avoir beaucoup de première fois.

— Tu penses qu’on peut continuer ?

Il chuchote pour ne pas déranger notre fille qui joue dans le tipi. Elle chantonne aux peluches. Quand elle joue, Eleanore est perdu dans son monde imaginaire et ne fait plus attention à ce qui l’entoure. J’acquiesce. Elle ne sera pas perturbée plus que ça par notre départ.

 

Dans le hall de nuit, je marche derrière lui. Je songe à ses jouets que j’ai achetés en trop qui auraient leur place ici.

— J’ai plusieurs jeux à la maison qu’elle pourrait laisser ici, si elle le veut.

Alexander se stoppe. Je me stoppe à mon tour. Il se tourne vers moi et se passe la main dans les cheveux en me souriant timidement. Je sens une boule de chaleur se propager dans mon corps. J’ai envie de grogner de frustration.

— J’en ai acheté quelques-uns...beaucoup plus que ça, il avoue doucement. Je ne connais pas ce qu’elle aime, je voulais être certain de viser juste au moins pour un jouet.

Je me mords fort l’intérieur de la joue car je ressens soudain un élan de tendresse pour lui.

Alexander ne me quitte pas des yeux. Ses yeux détaillent mon visage avec tendresse. J’ai beaucoup de difficultés à décrypter les expressions de son visage – merci le métier d’acteur ! – mais ses yeux, eux, m’aident de temps en temps à savoir ce qu’il pense.

Je fronce les sourcils au moment où des sentiments contradictoires s’incrustent dans mon esprit déjà perturbé par sa présence.

C’est là, que je me rends compte que je me suis stoppée très proche de lui. Si je tends la main, je touche son torse. Il est si près. Lui aussi s’en rend compte, ses yeux glissent vers ma bouche avant de venir se planter dans les miens.

Dans ma tête, c’est la révolution. Deux camps se font face. Celui qui n’arrive pas à lutter contre l’attirance que j’éprouve pour lui et qui doit être sans doute dirigé par mes hormones. Et l’autre, celui de ma tête qui me hurle de partir de ce couloir le plus rapidement possible. Depuis notre retrouvaille imprévue, c’est le plus souvent le premier qui prend le dessus et encore plus depuis cette nuit en Écosse. Même s’il ne s’est rien passé, le contact de son corps contre le mien, a réveillé une rébellion dont je me serais bien passée.

 

Il n’y a que les joyeux bavardages de notre fille qui rompt le silence de la maison. Elle, qui ne sait pas ce qui se joue de l’autre côté de la porte de sa chambre. Plus les secondes passent, plus l’air devient électrique. Il ne suffirait que d’une étincelle pour que cette partie de la maison s’embrase.

— Léa, souffle-t-il sans me quitter des yeux.

Comme pour ne pas m’effrayer, il lève doucement la main droite qu’il tend vers moi pour attraper ma main et m’attirer lentement vers lui. Dans mon corps, la bataille fait rage. Il est hors de question que ma tête laisse gagner mon corps. Et pourtant, mes pieds suivent le mouvement. Très vite, mon corps tremblant se retrouve collé au sien. Lorsque je lève mes yeux fiévreux vers lui, je me rends compte que les siens le sont tout autant. Au moment où je vois son visage se pencher vers le mien, et où, je me sens impatiente que ses lèvres se posent sur les miennes, son téléphone nous fait sursauter tous les deux.

Alexander grogne. Son visage est à nouveau sérieux. Sans s’éloigner d’un millimètre, il attrape dans la poche arrière de son jean l’objet qui continue de briser le silence tranquille de la maison.

— Oui !

Pendant qu’il répond avec humeur à la personne à l’autre bout du fil, et au moment où, il voit que je m’éloigne de lui, il attrape ma main droite et secoue la tête. Ses yeux se font suppliant. Malgré ça, je recule. Je dois reprendre mes esprits. J’ai besoin de respirer. Je m’éloigne à l’autre bout du couloir. Là, où je ne sens plus son parfum boisé. Ce week-end était une mauvaise idée. Lorsque mes yeux glissent sur son torse et que l’envie de lui enlever son t-shirt me tord les tripes, je secoue la tête. Définitivement, ce n’était pas la meilleure idée du siècle !

 

Pendant sa conversation, il ne me quitte pas des yeux. Il fronce les sourcils à plusieurs reprises.

— Ce n’était pas ce qui était prévu. Ouais, je sais.

Son ton s’est adouci au fur et à mesure de sa conversation.

— Vois ça avec lui et tu m’envoies un mail avec les détails. Je n’ai pas envie de passer mon week-end au téléphone. Oui, on fait comme ça.

Il éloigne le téléphone de son oreille, et le range à nouveau dans la poche de son pantalon. Je reste à distance. Comme une proie, je reste sur mes gardes. Prête à fuir...encore une fois. Il doit s’en rendre compte car il ouvre une porte à sa droite :

— Voilà ta chambre.

La pièce se trouve juste à côté de celle de notre fille que nous entendons chantonner. Il se décale légèrement et m’invite à entrer.

 

— Wouaw, je murmure en regardant la pièce.

Elle est grande et lumineuse.

Comme pour le reste de la maison, les murs sont recouverts de lambris en pin blanc. Sur le sol, il y a du parquet caché de chaque côté du lit par deux tapis rectangulaires de couleur taupe.

Les deux tables de nuit sont en bois flottés et deux lampadaires sont posées sur le sol de chaque côté du lit. L’épaisse couverture est bleu marine et plusieurs coussins blancs et bleus décorent le lit. Il y a un fauteuil en bois dans un coin de la pièce et un coffre en bois qui sert de banquette devant une fenêtre. Une commode contre le mur de gauche. Un magnifique bouquet de fleurs décore le meuble.

Je suis totalement sous le charme.

— Elle est magnifique, je m’enthousiasme en me tournant vers l’acteur qui guette ma réaction.

Il est resté près de la porte et ne me quitte pas des yeux. Son sourire s’agrandit en voyant le mien.

— C’est la chambre de ma sœur.

Mentalement, j’ajoute ce détail aux éléments que j’apprends sur lui.

Je le vois hésiter. Il ouvre la bouche pour parler. Mais à la place, il secoue la tête et sors de la chambre.

 

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