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Notes d'auteur :

Thème : Lorsque j’étais une oeuvre d’art

La main droite vers le ciel et la gauche déployée au bout d’un bras qui s’ouvre dans la direction opposée. La tête projetée vers l’arrière et les cheveux qui forment un arc au-dessus. Le dos arqué, une jambe tendue et l’autre pointée loin devant. Les couleurs du costume sont des flammes qui plutôt que de brûler font vivre. Chacune des fibres de son corps vivre, chaque parcelle d’elle est au bon endroit. Même si la photo est immobile, le mouvement transparait et transporte ceux qui la regardent. Tout est parfait. Une véritable œuvre d’art.



La musique s’est depuis longtemps arrêtée tant pour cette danse que pour toutes celles qui ont suivies. La photo n’est qu’un souvenir d’un talent passé. Il n’aura fallu qu’une soirée pour tout chambouler. Un saut qui s’étire dans le temps et dans l’espace qui déchire l’avant et l’après. La grâce et l’infinité de l’art d’un côté. La blessure et la finalité de l’autre. Une montée étincelante toute en souplesse vers les projecteurs qui me suivent de leur faisceau doré et une chute où rien ne va plus. Le sol arrive beaucoup trop vite, mon pied ne suit plus, il me lâche.



La foule se lève, mais pas pour m’acclamer. J’entends les cris stupéfaits, inquiets, ils ne peuvent pas s’adresser à moi, ils ne peuvent pas m’être destinés. On envahi ma scène, on s’adresse à moi. Je vais bien, j’ai envie de leur crier, je vais bien. Les jours passent, les médecins disent de me reposer, mais je ne peux pas. Je ne peux risquer de perdre ma place. Je m’entraine sur mon pied toujours un peu plus faible. Il ne supporte plus mon poids, mais je continue sur mon autre jambe. Les jours passent encore, mon pied est enflé, il ne bouge plus, même dans l’immobilité il hurle de douleur. Ou est-ce moi qui hurle? C’est fini. Je ne peux plus danser, mon pied n’aura plus jamais la grâce qu’il a un jour possédé, alors j’abandonne.



J’étais une étoile montante, j’étais destinée à briller, je brillais de mille feux. J’étais l’idole des jeunes danseurs, leur but à atteindre, le rêve dans leurs yeux. J’étais tout ce que je voulais tout ce qu’on attendait. J’étais la toile des peintres lorsqu’ils apposent enfin leur signature, la chanson qui résonne enfin à la radio, la statue enfin exposée dans un musée, l’œuvre qu’on admire encore après toutes ces années. J’étais une œuvre d’art.



Je regarde la photo et j’entends à nouveau le rythme à mes oreilles. Je me remémore la foule qui disparait et les projecteurs qui se fondent dans le décor. Il n’y a plus que la mélodie et mon corps qui se tentent l’un et l’autre. Serait-ce la musique qui suit chacun de mes pas ? La puissance de mes muscles, la beauté de mes mouvements, l’énergie qui circule dans mon corps. J’imagine les bouquets immenses qui me félicitent après chaque performance et les affiches plus grande que nature qui me représentent dans des positions incroyables. Les flashs des photos, les ovations, l’odeur des grands théâtres… Un sourire rejoint mes lèvres malgré moi.

Note de fin de chapitre:

Encore une fois, ce texte se rapproche un peu de la poésie. Plus qu’une semaine!

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