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Notes d'auteur :
Thème : Origami
Ce texte se déroule dans le même univers que l’image de la forêt (6 décembre) et le chant des baleines (12 décembre), mais le personnage n’y est pas présent
Un oiseau volait dans le ciel clair. Pas un nuage, même à l’horizon, ne venait menacer son escapade. Il avait malgré cela un vol un peu saccadé comme s’il volait pour la première depuis longtemps. Blanc comme neige au dessus du parc, il survolait les têtes des enfants qui s’étiraient pour tenter de l’attraper, mais, avec une agilité surprenante vu son vol erratique, il évitait les petites mains d’un simple battement d’ailes. Il se laissait porter par les courants d’air ne faisant que rectifier maladroitement sa trajectoire.

Il semblait frêle, comme si un simple contact pouvait le déchirer. En fait, c’était presque vrai, ses ailes étaient si minces qu’on voyait la lumière du soleil à travers elles. Une de ses ailes avait un drôle d’angle, confirmant un accident expliquant sa trajectoire chaotique. En le voyant si loin d’elle, Cordélia eut un pincement au coeur, malgré tout le contrôle qu’elle avait sur lui, elle ne pouvait être certaine que tout irait bien. C’était risqué, mais il devait voler, c’était ainsi qu’il resplendissait et non pas lorsqu’il était immobile perché sur le bord d’une fenêtre.

Elle agita les doigts et l’oiseau réagit à son ordre, s’élevant un peu plus haut, plus près de son véritable univers. Les enfants s’exclamèrent en le voyant s’éloigner, déçus de perdre leur chance. D’un autre mouvement de sa main, elle le fit tourbillonner sur lui-même, ce qui attira de nouveaux cris, admiratifs, cette fois. Il était magnifique, tout simplement. Son petit protégé semblait de plus en plus à son aise, de plus en plus fluide dans son vol. Elle en était fière, c’était grâce à elle. Elle lui permettait de s’envoler un peu plus haut chaque jour, mais ils ne devaient pas abuser, ni l’un ni l’autre de ce vol magnifique.

Elle leva doucement son bras et tendit son poignet pour redresser sa main. Appelé vers elle, l’oiseau se rapprocha, puis se déposa dans sa paume ouverte vers le ciel. La sortie était terminée, ils reviendraient demain si le temps le permettait. Le contact de la peau de Cordélia sembla l’endormir et l’oiseau s’immobilisa, les ailes toujours déployées de chaque côté de son corps. La magie qui l’avait animé quitta son corps sans étincelle, sans bruit, et l’oiseau de papier redevint ce qu’il était, un simple origami.
Note de fin de chapitre:
Merci d’avoir lu!
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