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Notes d'auteur :

Hey ! Pour le thème Chateau de Versailles, j'avais envie de partir sur une nouvelle à la fois steampunk et uchronique. Je sais pas si c'est réussi, n'étant pas familer avec la SF, en général.

Mais en tout cas, je me suis bien amusé à l'écrire :D J'espère qu'il en sera de même pour vous à la lecture. :)

 

- Charles, avez-vous entendu la nouvelle ? Les anglais auraient renversé leur monarque. Avec l’aide des écossais et de la république de Norvège.

Il n’y avait aucune joie, dans la voix de Jeanne. Principalement de l’inquiétude même. Bien sûr elle avait peur que la même chose se produise ici en France. Ce quart de XIXe siècle était marqué par les révolutions. Elle craignait que cela mette fin à la petite vie bien rangée que lui offrait son époux grognon mais aimant derrière ses apparences d’ours mal léché.

Mais il n’y avait aucune chance que cela se produise. Tout allait bien ici.

- Cela ne change absolument rien pour moi dans l’immédiat, fit remarquer sobrement Charles, en train de travailler sous ses drôles de machines. Pour vous non plus à vrai dire, ma chère. Le roi Lothaire est probablement le meilleur monarque que l’on ait eu dans ce pays. Le peuple est heureux pour ce que j’en sais. Et nous en avons eu la preuve ces dernière années avec la Norvège et la Suède, les révoltes arrivent parce que le peuple est malheureux et affamé.

-Pourtant cela pourrait donner des idées à certains. Même dans le plus grand confort qui soit, l’être humain voudra toujours plus, Charles.

- C’est vrai, reconnut-il.

Il ne le montrait certes pas souvent mais c’était principalement pour ça qu’il l’aimait, sa Jeanne. Elle disposait d’un esprit des plus vifs et n’avait jamais eu peur de le démontrer. Ce qui avait pour résultat que le jeune ingénieur n’avait pas peur de parler de ses avancées avec son épouse. Car il était sûr qu’elle comprenait dans les grandes lignes le fonctionnements des Beans.

Les Beans était des chariots en aciers auto-propulsés à l’aide de la vapeur et du charbon. Ils étaient appelés ainsi à cause de la forme de haricot de l’habitacle qui surplombait les quatre roues du véhicule. La vapeur était une énergie dont on avait découvert l’utilité vingt-cinq ans plus tôt. Son utilisation au quotidien avait révolutionné de nombreuses domaines. Les transports bien entendu, mais surtout la guerre. Après tout, chaque nouvelle découverte trouvait d’abord un intérêt dans le domaine militaire et il en était ainsi depuis toujours.

Les Beans étaient des monstres de vitesse fait uniquement pour le sport, si bien que leur utilisation se faisait uniquement sur des circuits créés spécifiquement pour ce véhicule. En conduire un était aussi extrêmement dangereux et nombre de pilotes avaient perdu la vie durant des courses. Leurs pendants civils étaient beaucoup moins rapides et plus maniable, mais affreusement chers si bien que seul l’élite pouvait s’en procurer.

Charles n’avait rien créé, il n’avait pas le génie nécessaire pour cela. Mais il était un ingénieur compétent pour tout ce qui touchait à l’utilisation de la vapeur. En plus d’être sa passion, il avait réussi à en faire son métier. Et il les peaufinait ces bolides, testait sans arrêt de nouvelles configurations possibles pour augmenter leurs performances, et surtout vendait ses services aux pilotes de Beans .

- Je crois que j’ai trouvé comment améliorer la mobilité des Beans.

- Oh vraiment ?

- Le châssis est souple de base mais seules deux roues tournent vraiment lors des virages. Alors que si les quatre tournaient en même temps et dans le même angle… il me reste juste à trouver comment faire en sorte que cela fonctionne.

- Cela paraît logique, en y repensant. Mais vous vous pencherez là-dessus après le déjeuner, décréta sa femme, d’un ton sans appel. Claudine ! Où en est le repas ?

Une petite femme replète d’une soixantaine d’années apparut devant la porte. Charles connaissait sa bonne depuis l’enfance, elle avait travaillé pour ses parents et peut-être même pour ses grands-parents. Mais il n’en n’était pas tout à fait certain

- Le repas est presque prêt, madame. Monsieur, vous avez reçu un courrier important, à l’instant.

- Important à quel point ? demanda Charles en rangeant ses outils.

- Et bien, je ne pense pas me tromper en disant qu’il s’agit du sceau royal.


Charles descendit de la calèche d’un pas lent et peu assuré. Le château de Versailles était juste devant lui, imposant et majestueux. Le roi en personne l’avait convoqué et il aurait été impoli de refuser. La question était de savoir pourquoi. Même si il était évident que cela avait un rapport avec les occupations de Charles. Lothaire était un amateur de courses de Beans et lui-même un excellent pilote professionnel.

On le guida dans le hall. Outre la décoration plus classique aux couleurs chatoyantes, ce simple hall était une vitrine technologique à lui seul. Des automates ressemblant comme deux gouttes d’eau à des êtres humains dansaient sans jamais s‘arrêter. Les œuvres d’art n’étaient dans l’ensemble que formes géométriques mouvantes et mécaniques au comportement aléatoire.

Le mouvement, voilà la clé de tout cela. Il avait toujours été présent dans la vie des hommes bien sûr. Mais maintenant tout n’était que mouvement, et ceux qui avaient vécus bien avant la découverte de la puissance de la vapeur et du charbon avaient l’impression d’avoir stagné une majeure partie de leur vie. Il y avait quelque chose d’effrayant là dedans . Charles avait beau être concerné de très près par ce changement, l’impression d’avancer dans un monde inconnu était toujours plus forte année après année. Mais pour autant rien n’avait vraiment changé. Il y aurait toujours les guerres et la misère. Et l’humain resterait le même.

Du moins à court terme.

Parce que depuis qu’il avait franchi le portail du château de Versailles, Charles se disait que l’Homme allait de plus en plus se rapprocher des Dieux et les tutoyer. Cela n’était qu’une question de siècles.

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