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Notes d'auteur :

Bon celui-ci est plus long que les deux premiers textes, mais vous commencez à me connaître hein :D

Ce texte a été écrit avec le thème " Sang Chaud "

Bonne lecture !

 

Léo passa la porte de la maison de sa cousine, un peu éreinté par sa journée. Julia avait immédiatement accepté de le loger quand il était sorti de prison. C’était bien l’une des seules de sa famille proche à s’être manifestée, d’ailleurs. Il y avait bien une autre personne, mais impossible de vivre avec lui pour des raisons évidentes. Cela faisait six mois que Léo n’était plus sous contrôle judiciaire, ce qui lui facilitait grandement la vie. Il avait miraculeusement retrouvé du travail, en tant que chauffeur pour un homme d’affaires. Son casier n’avait pas gêné son patron. Ou plutôt ce dernier lui avait donné sa chance. Chance que Léo avait saisi à pleines mains. Il cherchait maintenant un logement après quasiment un an et demi de cohabitation avec Julia.

Cette dernière était en train de regarder tranquillement la télé. Léo lui fit la bise, et prit place à coté d’elle. C’était facile de vivre avec sa cousine. Elle n’avait pas beaucoup d’amis, encore moins de petit-ami. Si bien que Léo n’avait pas l’impression de gêner. De toute façon, Julia assurait qu’il ne la dérangeait pas.

- Toi, t’as la flemme de faire à bouffer, vu comment t’es avachie dans le canapé, devina Léo amusé.

- Ah mais totalement.

- Pizza ?

- Pizza. Ça donne quoi pour la recherche d’appart’ ?

- J’ai un rendez-vous, mercredi matin. J’espère que ce sera bon, cette fois.

- C’est drôle, t’es pas trop matérialiste comme type, mais t’as un mal fou à à te décider.

- J’y peux rien si le type est déterminé à me refiler des taudis.

- Ouais bah si c’est comme ça, change d’agence.

La sonnette retentit soudainement. Julia se leva, légèrement surprise. Ils n’attendaient personne et il était déjà tard.

- Je m’en occupe, toi commande les pizzas.

- Bien, madame. Comme d’hab ?

- Ouaip.

La commande passée, Léo retourna dans le salon. Celui-ci était un peu plus rempli. Un garçon d’environ sept ans avançait timidement dans la pièce. Son petit frère, à la démarche encore maladroite, le collait de près. Julia discutait avec leur mère, une grande femme métisse que Léo avait déjà aperçu une ou deux fois.

- T’as déjà dû rencontrer Marlène, Léo. Et ça, c’est Matthieu et Paul. La petite famille, ça c’est mon cousin Léo.

- On s’est croisé une ou deux fois dans la rue, peut-être, se rappela Léo.

- La baby-sitter m’a lâchée, et je dois quand même partir travailler. J’espère que ça ne vous dérange pas.

- J’aurais peut-être dû commander plus de pizzas, plaisanta-t-il.

- Oh non, ne vous en faîtes pas, ils ont mangé, assura Marlène, en ricanant. Ça ne te dérange vraiment pas, au moins ? demanda-t-elle à Julia.

- Maais non. En plus, ce sont des amours.

- Super. Je dois vraiment y aller. Je serais de retour vers une heure du matin.

- Pas de soucis, on garde les gobelins. Le couché vers 20h30, ça ira ? On va passer un peu de temps avec eux quand même.

- Ça me va. Allez j’y vais. Bisous les garçons, et soyez sages.

Une fois les enfants couchés dans le lit de Julia, ce qui ne fut pas aussi simple que prévu, les cousins purent enfin manger tranquillement. Léo était un peu intrigué par cette femme.

- Elle habite la rue depuis combien de temps ? Je l’avais déjà vu dans le coin, mais je la croise peut-être une fois par semaine.

- Deux mois je dirais. Et elle est infirmière, donc elle a des horaires assez variables.

- J’imagine, ouais. En tout cas, je maintiens mon souhait de ne jamais avoir de mômes.

- Faudrait déjà que t’arrête d’être un ours avec tout le monde, et te trouver une nana pour ça.

- Très drôle. Mais reconnais qu’ils sont terribles.

-Agités peut-être, mais je connais des gosses bien pires que ça, à l’école, répliqua sa cousine qui était institutrice. Et entre nous, cousin, je crois que tu lui as tapé dans l’oeil, ajouta Julia avec un sourire.

 

- Ça, j’en doute.

De son coté, Léo devait cependant reconnaître que c’était une très belle femme.

Marlène fit de nouveau appel à Julia le lundi soir suivant. La baby-sitter l’avait en fait lâchée pour de bon. Mais cette fois la jeune mère avait prévenu Julia en avance. Matthis, l’aîné, demanda à Léo s’ils pouvaient faire une partie sur la console de jeux de Léo.

- Tu pourrais commencer par dire bonsoir déjà, le gronda sa mère.

- Désolé. Bonsoir !

- Irrécupérable, ce gamin, fit Marlène en levant les yeux au ciel. À plus tard.

- Bon courage, Marlène.

Elle sonna toutefois cinq minutes plus tard.

- Je suis en panne de batterie, leur apprit-elle, dépitée.

- Léo, tu l’emmènes ?

Un instant réticent, il se ravisa. C’est son véhicule de travail et il n’avait pas vraiment envie de l’utiliser hors de ses horaires de travail. Mais leur voisine semblait réellement désespérée.

- On remettra la partie à plus tard.

Il mit sa veste et trouva ses clés dans la poche droite.

- C’est parti. Je regarderais demain pour la batterie.

- Super. Merci beaucoup.

Le trajet se passa silencieusement pour commencer, avec seulement de la musique à bas volume. Léo ne mettait pas la radio durant ses heures de travail, par égard pour son patron mais il aimait toujours autant conduire avec du son dans les oreilles. Puis Marlène engagea la conversation. La BMW ronronnait comme toujours.

- Chouette voiture.

- Bah techniquement, elle n’est pas à moi et je suis pas sensé la sortir hors des heures de boulot.

- Je vois. Merci encore.

- De rien, mais n’empêche, à force de vous sauver la mise, ça va vous coûter un repas si ça continue.

- Vous aimez bien emmerder les autres, en fait, constata-t-elle amusée.

- Un peu trop parfois peut-être.

- Mais allons-y pour le repas, dit-elle. Avec votre cousine et les deux petits affreux, bien entendu.

- Ah mais ce n’était pas pour un dîner en tête à tête, la nargua Léo.

- Vous êtes désespérant. Disons... dimanche prochain ?

- Parfait. C’est à droite au rond-point, c’est ça ?

- Oui.

Léo gara la BMW sur une place de parking. Marlène regarda sa montre, et poussa un soupir de soulagement.

- Incroyable, je suis en avance, alors que c’était pas gagné.

- C’est mon boulot d’arriver à l’heure.

- Vantard. Bon je vous laisse. On devrait se tutoyer, sinon.

- Ça me va.

Elle l’embrassa sur la joue et sortit de la voiture. Alors qu’elle commençait à traverser la rue, Léo baissa la vitre.

- Je reste en ville, ce soir. Je te récupère ?

- Avec grand plaisir, cria-t-elle. Une heure du matin.

- Bien, madame !

Bon maintenant il devait trouver une occupation.

- Chouette fille, dit Léo à voix haute, en redémarrant la voiture.

Durant les sept heures qui suivirent, Léo se promena sur les quais, puis dîna dans un fast-food, avant de zoner en centre-ville. Le chauffeur ne s’accordait pas souvent ce genre de moment en solitaire, mais il les aimait particulièrement. Il y avait quelque chose de particulier à déambuler seul dans les rues de plus en plus désertes, au fil des heures. Quand il reprit la voiture pour retourner à l’hôpital, un type sembla vouloir le défier à la course à un feu. Ayant envie de s’amuser, Léo fit semblant d’accepter d’un appel de phare puis le laissa démarrer en trombe tout seul.

Quand il revit le véhicule quelques mètres plus loin, son chauffeur se faisait contrôler par la police.

- Crétin, commenta-t-il.

Léo reprit la même place que lors du premier trajet et attendit. Il était un peu en avance alors il observa les alentours. Tout semblait calme. Il sortit de la voiture pour fumer une cigarette. Mais il ne pouvait s’empêcher de guetter discrètement les deux types qui attendait près de l’entrée principale. Les heures de visites étaient terminées depuis longtemps. Mais surtout ce n‘était clairement pas juste une simple pause clope. Ils semblaient réellement attendre quelqu’un. Ils n’étaient pas angoissés ni stressés. Et surtout ils ressemblaient à nombres de personnes que Léo avait côtoyé dans sa vie passée.

Il reçut un appel de Julia.

- Tout va bien ?

- Ouais, je suis à attendre Marlène.

- Tu vois que le courant passe bien entre vous deux.

- Les fauves dorment ?

- Oh que oui. Et ne change pas de sujet !

Léo observa les deux types devant l’entrée. Une silhouette qu’il commençait à apprécier venait de sortir de l’hôpital et les deux types la suivait.

- Je dois filer.

- Mais ...

Léo raccrocha sans attendre et se dirigea vers Marlène, avant de se raviser et de retourner à la voiture prendre le démonte-pneu dans le coffre. Juste au cas où. Il le cacha dans sa veste, enfila sa capuche et trotta pour les rattraper.

Les types avaient coincé Marlène dans une petite ruelle. Léo écouta d’abord la conversation, la capuche de son sweat toujours sur la tête. L’un d’eux avait un accent de l’est.

- Tu comptes nous rembourser quand ?

- C’était le problème de Karim, pas le mien.

L’un des types, celui en survêtement rouge accueillit la réponse avec un violent coup de poing . Marlène se retrouva à terre, le dos contre un mur de briques. C’était suffisant pour que Léo se décide à agir, il sortit son arme de fortune de sa veste et porta un coup furieux à la cuisse au type à la chemise noire. Ce dernier se retrouva à genoux et Léo le frappa à la tête avec son pied. L’autre voulut l’attaquer mais Léo lui lança son démonte-pneu en pleine face. Il était furieux et engagea ensuite un violent corps à corps avec son adversaire durant lequel il reçut quelques coups. Le type se jeta finalement sur lui, mais Léo passa sa tête sous son bras, et recula pour lui éclater le crâne contre le mur de briques, le laissant assommer.

Légèrement essoufflé, il prit son arme de fortune et mit un nouveau coup à son premier adversaire. Cette fois-ci dans le ventre. Puis il releva Marlène et la fit courir, jusqu’à la voiture. Il démarra la BMW en trombe et quitta l’hôpital le plus vite possible.

Léo conduisit longtemps, encore sous le coup de l’adrénaline et de la rage, il ne faisait pas vraiment attention à sa façon de conduire. Il s’arrêta dans un coin tranquille et souffla un bon coup. Il observa ensuite le visage de Marlène. Le gars n’avait pas frappé très fort, en fin de compte. Un peu de glace pour limiter le gonflement allait suffire, supposait-t-il. De son coté, il avait l’arcade sourcilière bien ouverte et les phalanges sérieusement abîmées.

- Une clope ?

- Je veux bien oui.

- Dehors alors, le boss va gueuler si la voiture sent le tabac.

Il la laissa sortir puis lui donna une cigarette, avant de l’allumer.

- Merci, encore une fois.

- Je me suis méfié d’eux directement, mais je pensais vraiment pas que c’était toi qu’ils cherchaient. Tu m’expliques ?

- Je ne sais pas si tu as besoin de te mêler de tout ça.

- C’est un peu tard, là. Déjà parce que si les flics se mêlent de l’histoire, je suis sans doute bon pour retourner en cabane quelques mois. Et ensuite parce que les types vont vouloir se venger.

- T’as fait de la prison ?

- T’as cru que j’avais appris l’art du combat auprès d’un grand maître de kung-fu ? demanda Léo sarcastique.

- Ce n’est pas le moment de faire de l’esprit.

- C’est vrai, excuse-moi. J’ai pris six ans parce que j’étais chauffeur lors d’un braquage. Mais c’est du passé. Bon pourquoi ils s’en prennent à toi ?

- Mon mari leur avait emprunté de l’argent pour monter une affaire.

- Légale ?

- Oui. Il a emprunté vingt milles euros. Voyant que ça ne marcherait pas, il a rendu l’argent qu’il avait encore sous la main et à commencer à rembourser le reste tranquillement. Sauf qu’entre temps, il s’est tué en voiture, il y a deux ans.

- Je vois.

- Sauf que maintenant c’est foutu d’avance.

- Pour l’instant, on va rentrer et soigner tout ça, mais je t’assure que ce n’est pas une situation insurmontable. J’imagine qu’en tant qu’infirmière, t’as tout ce qu’il faut dans ta trousse de secours.
- Oui, puis avec mes fils, je suis bien obligé. Ils sont du genre casse-cous.

- Merveilleux. Il faut mettre Julia au courant par contre. Elle mettra tes garçons en lieu sûr, le temps que tout soit réglé. Il se fait tard, on devrait rentrer.

Ils rentrèrent chez Marlène et se soignèrent. Julia les rejoignit. Les garçons allaient partir chez l’oncle de Léo, dès leur réveil. Léo resta dormir chez Marlène, une batte de base-ball à portée de main, juste au cas où. Marlène rejoignit son lit, et Léo resta éveillé un moment sur le canapé. Elle redescendit à un moment. Ils discutèrent, apprirent à se mieux connaître, puis Marlène l’embrassa subitement. Ils firent l’amour sur le canapé, puis rejoignirent la chambre de la jeune femme.

- Attends, je viens de comprendre, t’as l’attention de rembourser à ma place ? lança Marlène, la tête posée contre le torse de Léo, ses longs cheveux frisés détachés.

- Ouais, pourquoi ?

- Je sais pas si je peux accepter.

- Bah décide-toi rapidement alors.

- J’imagine que c’est mieux de devoir de l’argent à toi qu’à eux.

- Non non non, tu me dois rien. J’en ai pas besoin de cet argent. Il dort tranquillement chez un ami depuis six piges. Autant qu’il serve à quelque chose d’utile. À vrai dire, ce serait même mieux si je m’en débarrassais totalement.

- C‘est de la folie, Léo. On se connaît à peine. À moins que t’espère autre chose.

- Bah maintenant non pour le coup. Je l’ai déjà eu.

- Ah ah, très drôle.

- On ferait mieux de dormir. Le meilleur moment pour avoir Basile au téléphone, c’est le matin.

- Je n’ai toujours pas accepté ton aide.

- J’ai jamais dit que t’avais le choix, fit remarquer Léo avec un sourire.

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La petite citadine de Marlène s’arrêta à l’entrée du camp de gitans.

- T’es sûr qu’il va te le rendre tranquillement cet argent ?

- Mon beau-père a plus d’honneur qu’un samouraï. Il préférerait s’ouvrir le ventre plutôt que de trahir le moindre de ses amis, alors la famille n’en parlons pas. Et puis il m’a élevé après la mort de ma mère, je lui dois pas mal d’emmerdes mais aussi beaucoup de trucs biens.

 

Léo sortit du véhicule suivit de Marlène. Il appela une bande d’adolescents et il leur donna quelques billets pour qu’il garde la voiture.

- T’es le fils de Pierrot, non ? demanda-t-il à celui qui semblait le plus âgé.

- Ouais. Et je me souviens bien de toi.

- Cool. Je veux pas qu’il manque quoi que ce soit sur et dans sa voiture, sinon ton daron en entendra parler, compris ?

- Bien monsieur.

Ils progressèrent dans le camp lentement, Marlène ayant du mal à marcher sur le terrain abîmé. Léo serra quelques mains au passage. Le mobile-home de Basile était tout au fond, plus imposant que les autres.

- Bas’ ? On est là.

Ils aperçurent la tête d’un homme dégarni d’une soixantaine d’année, au visage marqué.

- Entrez, et enlevez pas vos chaussures, ma belle, dit-il d’une voix grave. Je passerais un coup de serpillière après, de toutes façons

Léo et Marlène marchèrent jusqu’à la cuisine. Basile se leva et pris son beau-fils dans les bras et serra la main de Marlène.

- Vous prendrez bien un café tous les deux.

- Je veux bien, ouais.

- Avec plaisir.

Léo lui récapitula toute l’histoire.

- Je connais ces types de réputation. Des polonais, si je dis pas de conneries. Des guignols. Mais même des guignols peuvent être dangereux. Putain, ils t’ont bien amoché.

- J’ai pas vraiment cherché à parer, on va dire.

- Bourre dans le tas et encaisse, hein, fit Basile avec un sourire. Je te reconnais bien là-dedans. La petite Julia va bien ?

- Elle est avec les garçons de Marlène.

-T’as besoin de combien en tout ?

- Douze milles.

- Dix milles pour la dette et deux milles pour la tranquillité. Ils ont dégustés aussi, j’imagine.

- Voilà.

- Classique. Suis-moi. Mais tu sais que tu peux récupérer tout d’un coup, hein ?

- Comme je te l’ai dit les dix premières fois, je n’ai pas un besoin vital de cet argent.

- Me voilà banquier, maintenant, excellente blague. Marlène, vous pourriez attendre dehors, s’il vous plaît ?

- Pas de soucis.

- Je fais vite, assura Léo.

Léo suivit le vieil homme dans sa chambre. Celui-ci ouvrit son coffre-fort, compta l’argent dans les liasses qui appartenaient à Léo et mit la somme demandée dans une enveloppe et la lui tendit.

- Elle est bien mignonne, ta gamine. Enfin… vous êtes ensembles, au moins ?

- C’est encore un peu tôt pour le dire. On se connaît vraiment depuis deux-trois jours.

- Des fois, c’est suffisant, comme pour moi et ta mère. En tout cas, ça se voit que tu l’aimes.

Il glissa aussi quelques chose d’assez lourd dans la poche de son sweat. Et l’invita à sortir.

- En derniers recours. Mais on peut venir en renforts, si t’as besoin.

- Ça devrait aller.

- Ramène-le moi après. Et dans tous les cas, tu me tiens au jus. Les filles, arrêtez donc d’embêter la dame !

Même si Marlène semblait beaucoup apprécier la discussion avec les petites filles rassemblées autour d’elle.

- Ça y est ?

- Oui.

- Dis-moi quand je dois les appeler. Oui promis, je reviendrais.

---------

La remise de l’argent devait se passer dans les cuisines d’un restaurant turc en centre-ville, le soir même. Par sécurité, seul Léo se rendit sur les lieux du deal. Marlène attendait dans un café une rue plus loin. Léo trouva une place où se garer et observa un moment le revolver que Basile lui avait donné. Il était tenté de l’emmener avec lui au besoin. Mais il se ravisa et le mit discrètement dans la boîte à gants et n’emporta que l’argent et son téléphone portable.

Un serveur le guida dans les cuisines du restaurant, puis dans une arrière-salle. Ils étaient un peu plus nombreux, cette fois. L’un d’eux le fouilla, et garda son portable. Il prit place à la table.

L’homme en face de lui avait le visage taillé à la serpe. Au sens propre, semblait-il

- Un verre ? dit-il en désignant une bouteille.

- Je bois pas en principe, mais allez.

- Santé.

- Santé, dit également Léo en vidant son verre.

- T’as la somme que nous doit la pétasse ?

- Plus les deux milles pour les pépins de santé.

- Euh ouais, on y a réfléchit et t’as pratiquement fêlé le crâne de Pavel. Ça fera mille euros de plus.

- Je m’y attendais un peu.

- Ça pose un problème ?

- Non, il faut juste que j’appelle une connaissance pour ça.

Le chef ordonna quelque chose en polonais, et on rendit son portable à Léo. Celui-ci appela Basile.

- Ouais, ils veulent un peu plus que prévu.

Il laissa Basile parler puis s’adressa à l’homme devant lui.

- Je vous le passe.

- Si tu veux.

Il prit le téléphone, le mit à son oreille. Et Léo regarda avec un sourire légèrement goguenard, son visage se décomposer peu à peu. La conversation téléphonique s’arrêta après quelques minutes et le portable de Léo lui fut rendu. Ce dernier avait l’impression que c’était surtout Basil qui avait parlé.

- T’es le fils adoptif du Chacal? Et c’était vraiment lui au téléphone ?

- Oui, à moins que tu veuilles attendre qu’il te rende visite pour en être sûr.

- On se contentera de ce qu’on a là.

- Merveilleux. Dans ce cas j’y vais.

Léo se leva et s’apprêta à partir. Mais avant ...

- Tiens, vu que je suis encore là, ajouta-t-il froidement. Vous ne vous approchez plus de Marlène ou de ses gamins, peu importe la raison. Ça ira un peu plus loin des crânes fêlés, dans le cas contraire.

Il retourna à la voiture. Il souffla un bon coup, et reprit l’arme dans la boîte à gants avant de la cacher sur lui. Il démarra la voiture de Marlène, et récupéra celle-ci au café. Arrivés à un feu, Marlène demanda comment la rencontre s’était déroulée.

- À merveille, problème réglé. Ils ne te causeront plus d’ennuis.

- T’es génial.

- Je suis pas totalement satisfait. Je m’étais promis de m’éloigner de tout ça.

- Tu le peux maintenant, dit-elle en lui caressant la main.

Léo lui montra discrètement le revolver. Marlène ne parut pas surprise.

- Basile ?

- Oui. Je ne l’ai pas pris avec moi au restaurant, mais j’étais tenté de le faire.

- Le principal c’est que personne n’est mort et que surtout tu t’es servi de ta tête avant d’utiliser tes poings. Allez, on va ramener cette horrible chose à ton père.

- Merveilleuse idée.

Le feu passa au vert et la citadine de Marlène redémarra.

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