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Notes d'auteur :

Le thème cette fois est Invasion viking. Et j'ai un peu pris le thème à la lettre :D Mais pas trop non plus.

Bonne lecture !

 

 

Quand le grand et renommé Eric Leifsen lui avait proposé de partir en sa compagnie, afin de découvrir de nouvelles terres où s’installer et prospérer, Narvi Dent-de-serpent n’avait pas hésité un seul instant. C’était son ami depuis des années après tout. Avec son knorr et avec sa dizaine d’hommes, il faisait pâle figure comparé à d’autres équipages, pourtant les hommes de Narvi étaient les plus valeureux des combattants et marins que comptait ce monde. On les redoutait sur nombre de mers.

Sigurd était son second. Il était jeune et un peu inconscient par moments, mais en grandissant il était assuré d’avoir à la même renommée que son oncle, ce dernier en était persuadé.

Leur première étape vers l’inconnu en partant de l’Islande fut une immense côte gelée. Ceci dit après quelques temps d’exploration, il s’avéra que cette nouvelle contrée disposait de suffisamment de terres et d’étendues d’herbe pour être habitable. Leifsen la nomma Pays Vert avec l’aval de tous ses camarades. Les premiers contacts avec les locaux se passèrent à merveille. Ces derniers avaient la peau mate et d’étranges yeux, mais ils se montrèrent plus accueillant que la plupart des peuples que les hommes du Nord avaient pu rencontrer au fil des siècles. Peut-être parce qu’ils ne tenaient absolument pas à leur imposer un unique Dieu ridicule, avait un soir supposé Narvi, hilare et légèrement ivre. Ses hommes l’avaient suivi dans son éclat de rire.

Les autochtones leur avaient indiqué la présence de terres encore plus étendues par-delà l’océan. Eric avait décidé de les explorer, sitôt l’hiver passée.

Les étrangers ne les avaient pas trompé et après quelques semaines de navigation, les colons de Leifsen posèrent le pied sur une nouvelle terre. Ils avaient quelque peu dévié de leur cap initial suite à une tempête mais c’était pour le mieux. Cet endroit était clairement fertile. De la vigne sauvage y poussait. Ainsi Leifsen la nomma Vinland.

La colonie prospéra un temps. Toutefois la maladie commença à s’installer. La violence aussi, et il fut important d’établir rapidement une société durable. Par chance les natifs du coin étaient du genre belliqueux. Suffisamment pour rassembler la colonie en une seule et même horde prête à déferler sur eux. Ils finirent par forcer les sauvages à l’exil, après quelques massacres. Mais ce n’était pas suffisant pour Leifsen, qui voulait découvrir toujours plus de terres.

Encore une fois, Narvi se porta volontaire. Avec son équipage de douze hommes, il servirait d’éclaireur en arpentant la rivière qui s’enfonçait manifestement très loin dans les terres.

Eric Leifsen ne revit jamais son plus fidèle ami.

La reconnaissance se passa à merveille dans un premier temps, seul quelques escarmouches avec les sauvages ternirent leur voyage et ils durent enterrer l’un des leurs. De treize, ils passèrent à douze.

Le temps, puis la promiscuité entraînèrent la maladie et ils durent s’arrêter sur une crique. Mais ils avaient perdu quatre des leurs, avant de prendre une décision. De douze, ils passèrent à huit.

Ils décidèrent de rester quelques jours sur cette crique, leurs compagnons décédés ayant sérieusement entamé leur morale. Et puis il leur fallait pêcher et chasser, le besoin de provision se faisant sentir.

Une nuit, ils tombèrent par hasard sur un campement de ces sauvages. Ils les tuèrent presque tous dans leur sommeil, hormis les femmes, qu’ils violèrent sans ménagement pour passer le temps. Cependant au matin, celles qui étaient encore en vie avaient disparues du campement des guerriers. Holgarr, un homme très massif accusa Sigurd de les avoir aider à fuir. Après tout le jeune second avait refusé de leur faire le moindre mal. Celui-ci clama qu’il les avait en effet libéré et qu’elles avaient assez souffert comme ça. Bien que déçus, ses hommes acceptèrent l’initiative. Hormis Holgarr qui s’emporta.

- Voilà qui me ne surprend guère venant de toi, fils de chienne. Oui, mes amis, j’estime que vous devez savoir. Ce petit coq est tombé amoureux d’une esclave de son père. Celui-ci refusant de la libérer, notre second a poignardé le vieil homme dans un accès de rage. Il a survécu évidemment, et il l’a exilé. Non sans auparavant, découper les seins de la fille devant les yeux de ce …

Holgarr ne put jamais finir sa tirade. Sigurd le transperça d’une lance avant de s’acharner sur lui à coups de hache. Narvi était évidemment au courant du passé de Sigurd mais il faisait confiance et estima que la mort de Holgarr était une juste punition pour sa gouaille un peu trop forte.

Il n’en resta que sept.

Au quatrième jour, Narvi estima qu’il fut temps de repartir. Cependant une brume terrible les empêcha de suivre la rivière. Les hommes commencèrent à croire que le père du loup leur jouait l’une des ses nombreuses ruses dans le but de les rendre fous. Certains estimèrent qu’il fallait faire un sacrifice. Un sacrifice humain.

Esprit purement logique, Narvi refusa, au grand regret de ses hommes. Pourtant comme ses guerriers, il avait ressenti les énergies mystiques qui se dégageaient de cette crique. Des énergies des plus négatives, le mal à l’état pur.

Alors, contre son gré, leur capitaine fit office de sacrifice. Horrifié par ce qu’il s’était passé, Sigurd prit la fuite dans la forêt. Avec la nette intention de venger Narvi de la folie qui avait envahi le coeur de l’équipage.

Il n’eut cependant pas à le faire.

Au matin, les hommes étaient tous morts, dévorés vivants. Sigurd n’avait pas pu dormir à cause de leurs cris. Durant la nuit, il avait aperçu une silhouette massive se déplacer lourdement entre les arbres. La créature faisait bien la taille d’un ours brun et se déplaçait sur ses deux pattes arrières, comme un homme le ferait. Et surtout elle disposait de bois de cerfs. Sigurd crut qu’il allait se faire dévorer à son tour mais la bête ne le remarqua même pas.

Observant avec horreur les restes de son équipage, il observa le bateau heureusement épargné. Sa terreur augmenta d’un cran quand il comprit que leur capitaine n’avait pas été dévoré par la créature, mais par leur propres compagnons, pris de folie. Sans nul doute, la bête était un messager des Ases pour les punir de leurs actes.

Il ne pouvait pas remonter le courant puissant et revenir vers Vinland. Aller de l’avant fut son seul choix. Il prépara malgré tout un bûcher pour ses camarades tombés.

Les maigres provisions restantes sur son embarcation, Sigurd s’enfonça dans les terres, vers un endroit qu’il espérait plus accueillant.

 

Note de fin de chapitre:

Voilà voilà :)

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