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Notes d'auteur :

On y est ! :D J'espère que vous êtes prêt parce cette histoire rythmera le reste du Calendrier de cette année.

Sortez le moonshine et les colts mouahahaha :D

Ptite précision, certains chapitres auront le droit à leur musique attitrée pour encore plus d'ambiance ;)

 

The Man Comes Around



L’homme en gris boitait, et les loups le suivaient de très près.

C’était une belle journée ensoleillée, mais l'inconnu ne voyait plus l’environnement montagneux qui s’étendait devant lui qu’en d’inquiétantes nuances de gris. Il s’appelait Jonah Silver. Sa barbe était drue et ses cheveux emmêlés et sale. Et il s’accrochait à son couteau, devenu une extension de son bras. Sa seule arme.

L’une de ces satanées bestioles avait commencé par l’attaquer à la jambe, très violemment deux heures plus tôt. Après l’avoir éventrer, Jonah était parti précipitamment de son campement. Dans la panique avait oublié toutes ses biens. Y compris sa vieille carabine. Qui de toutes façons était vide.

Alors qu’il s’assurait qu’il avait mis suffisamment de distance entre lui et les loups, il se prit les pieds dans un rocher et dévala la pente sur plusieurs mètres. La descente fut rude et il se cogna à plusieurs reprises contre d’autres rochers, sans heureusement se fendre le crâne. Ce qui en soi, était préférable. Car ses poursuivants allaient sauter sur l’occasion. Littéralement, en fait. Il supposait qu’il s’était aussi cassé le bras et peut-être une côte ou deux.

Il venait d’atterrir dans un champ de fleur. Un immense champ de fleurs blanches qui semblait indiqué avec une cruauté sans commune mesure, son destin funeste.

Difficile de ne pas les entendre approcher et grogner, même à moitié conscient. Il entendait aussi d’autres bruits moins reconnaissables.

Cependant les coups de feu qui suivirent, eux, l’étaient parfaitement. Jonah sentit qu’on s’approchait de lui.

- Il est en vie ? demanda un homme

- On dirait, fit une seconde personne. On va faire en sorte qu’il le reste.

Une femme visiblement.

- Bon aide-moi à le mettre sur le chariot, ordonna-t-elle.

- Pour en faire quoi ? On n’a ni la place à la maison ni le matériel pour le soigner.

- Et Mrs Finley ?

- Ah j’y avais pas pensé.

- Allons chez Ann, alors. Ça nous fera moins de route, en plus.

Jonah se sentit alors soulever par les deux personnes et ne put s’empêcher de grogner de douleur. L’une d’elle resta veiller sur lui. La jeune femme comprit-il en percevant sa respiration douce et légère. Elle lui prit aussi la main.

- Tenez le coup, ce ne sera pas très long, dit-elle d’un ton rassurant.

Il essaya de parler mais ne reconnut pas sa propre voix.

- Economisez vos forces, vous en aurez besoin.

De la suite, Jonah n’en eut que des bribes de souvenirs, quand il se réveilla un matin. Il se souvenait seulement qu’une femme avait recousu ses blessures, qu’on changeait ses bandages chaque jour et qu’on lui apportait à boire et à manger régulièrement. Le reste du temps, il le passait à dormir ou à végéter dans une épaisse brume. Son bras et sa jambe le faisaient souffrir. Mais il s’en sortait avec de simples mais importants hématomes au lieu des côtes cassées qu’il avait imaginé. Quelqu’un avait laissé des fleurs sur la commode proche de son lit. Jonah n’avait jamais eu l’âme d’un botaniste, et n’était pas fichu de les reconnaître. Mais il devait avouer que cela apportait un peu de fraîcheur à la pièce.

Une petite fille rousse et haute comme trois pommes, jouait sur le sol avec sa poupée. Elle semblait complètement dans son monde.

- Excuse-moi, petite... commença-t-il.

La réaction de la fillette fut pour le moins violente puisqu’elle poussa un long cri aigu et prit la poudre d’escampette, aussitôt. Jonah comprit que sa voix d’outre-tombe en était la cause. Il entendit alors quelqu’un parler dans la pièce d’à coté, quelques minutes plus tard.

- Pour commencer, Constance Finley, je peux savoir ce que tu faisais dans la chambre du malade ?

- Mais c’est Lee, il voulait pas que je vienne avec lui. Du coup je voulais trouver un endroit tranquille pour jouer.

- Tu n’es pas obligée de coller ton frère tout le temps comme ça, enfin. Et ça change rien au fait que tu n’avais rien à faire dans cette chambre. Bon tu iras voir Selma, elle trouvera bien quelque chose qui t’occupera.

- Mais maman, j’ai pas envie de travailler.

- Connie, fit sa mère d’un ton sans appel.

- Bon d’accord.

- Mais d’abord, tu viens avec moi et tu t’excuses auprès du malade. J’imagine qu’il a déjà connu mieux comme réveil.

La porte s’ouvrit sur une grande femme, aussi rousse que sa fille, et la petite Connie, son portrait craché, cachée derrière les jupons de sa mère, jetant un regard noir à Jonah. Mrs Finley avait le visage miné par la fatigue,mais Jonah pouvait lire dans son regard sa force et son mental hors du commun. Il devait aussi reconnaître qu’elle était très belle. La petite peste, elle, avait l’air d’un chaton qui cherchait sans cesse une nouvelle bêtise à faire. Mais elle plissait toujours les yeux à chaque fois qu’elle croisait le regard de Jonah.

- Bonjour, comment vous vous portez ? fit la femme.

- Bien j’imagine, compte tenu de la situation.

- Ann Finley. Et la petite souris cachée derrière moi, c’est Connie.

- Jonah Silver.

La fillette présenta ses excuses avant de sortir en courant. Elle en avait cependant profité pour tirer la langue à Jonah dans le dos de sa mère. Le malade ne dit rien. Le caractère de la gamine avait même un coté plus qu’amusant. Laissés en tête à tête, Ann s’approcha tranquillement et s’assit sur le lit. Elle ausculta Jonah pendant un moment.

- En quelle année sommes-nous ?

- 1893. En juillet, j’imagine, à moins que j’ai dormi deux semaines d’affilée.

- On dirait que vous n’avez, par je ne sais quel miracle, pas pris de coup sur la caboche.

Elle rapprocha ses mains entre elles avec un sourire. Jonah ne la connaissait guère suffisamment pour l’assurer, mais cette femme semblait l’incarnation de la bonté.

- Ça va définitivement mieux, qu’il y a quelques temps. Vous avez eu une fièvre importante pendant deux ou trois jours. Je dois reconnaître que j’ai cru vous perdre.

- Vous êtes médecin ?

- Oh non, je ne suis guère plus qu’une simple fermière, répondit-elle. Mais la plupart des médecins du coin sont des charlatans, qui vous ferait passer n’importe quel liquide louche pour un remède miracle. Et le reste est trop cher. Par chance, mon défunt père, paix à son âme, l’était et il m’a laissé le seconder pendant des années. Le bon point c’est que vous vous rétablissez rapidement et que vos blessures sont au final assez bénignes. Puis j’ai pu réduire votre fracture assez facilement, sans vouloir me vanter, conclut-elle avec un petit rire.

- Je vois, merci alors.

- Vous pouvez rester le temps de vous rétablir complètement bien entendu.

- Si besoin je vous aiderais à la ferme, pour vous dédommager.

- Ce serait avec grand plaisir. Mais attendez d’avoir récupérer avant.

- L’homme et la femme qui m’ont ramené ici travaillent pour vous ?

- Les jumeaux Bluebird ? Oh non, mais ce sont de très bons amis. Presque des membres de la famille à vrai dire.

- J’aimerais les remercier.

- Ils tiennent un comptoir de chasse dans les montagnes, mais ils passent régulièrement à la ferme, ne vous en faîtes pas. Je vous laisse, reposez-vous Jonah, vous en avez besoin.

Ann se leva et se dirigea vers la porte.

- Pas un seul instant vous m’avez demandé comment je me suis retrouvé dans cette situation, fit remarquer Jonah.

- Vous m’en parlerez en temps et en heure, assura-t-elle. Mais je crois avoir deviné l’essentiel. Oh j’avais oublié. Ed a retrouvé votre campement ou du moins ce qu’il en restait il y a quelques jours. Il manque des choses je suppose et on dirait qu’une horde de sangliers a tout dévasté, mais vous il reste quand même quelques possessions, y compris votre fusil.

- Est-ce qu’il aurait trouvé un médaillon ? En platine.

- Oui, l’objet m’a même bien tapé dans l’œil, je le reconnais. Il a une valeur sentimentale ?

- C’est tout ce qui me reste d’un proche.

- Alors n’en dites pas plus, je vous l’amène de ce pas, assura-t-elle. On dirait bien que vous avez eu énormément de chance, Jonah Silver.

Note de fin de chapitre:

Et à demain pour la suite !

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