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Notes :

Hey ! :D

Petit changement prévu pour cette année. Il y aura bien des nouvelles comme l'édition précédente mais considérablement moins que l'an dernier. Puisque j'ai prévu d'y intégrer une petite histoire d'une bonne dizaine de chapitres, qui je l'espère vous plaira.

( Pour les curieux, l'image de couverture est quand même un très gros indice sur le sujet de cette histoire :D )

Notes d'auteur :

On commence par les nouvelles donc :D Celle-ci a pour thème "guitare" et est relativement courte. Je voulais écrire sur le sujet depuis un moment et ça tombait très bien :)

 

La femme de chambre arriva devant la porte de la chambre d’hotel. Les clients s’étaient plaints d’un étrange bruit, comme un coup de feu. Comme le disait le maître d’hôtel un peu plus tôt, on pouvait s’attendre à tout et son contraire avec ces groupes de heavy metal. Elle toqua une première fois. Puis une deuxième. Ne recevant aucune réponse, elle utilisa son passe et pénétra dans la chambre.

- Mr Goodman ?

Pas de trace du client et la pièce était plongée dans le noir. Ce n’était pas qu’un simple cliché, ce musicien avait laissé l’endroit dans un état lamentable. Des bouteilles d’alcools divers et variés étaient éparpillées partout dans la chambre. Les cendriers débordaient de mégots de cigarettes et de joints.

Il y avait un cadavre sur le lit. Celui du client. Et une feuille de papier sur le lit. Quelqu’un, sans doute le client, avait écrit dessus. La femme de chambre, sans faire davantage attention au mort, prit la lettre et la lut.

Ce soir était le clou du spectacle. Le 20 mai 2005 marque la fin de Frank Goodman. Maintenant j’en suis certain. Mon talent de guitariste s’est envolé comme l’étrange beauté me l’avait prédit. Oubliez les cornes, la queue et le teint écarlate. Le diable est une pute rousse en robe noire, qui n’en demeure pas moins redoutable.

Car oui, ce n’est pas que le titre de l’un des meilleurs morceaux des grands Speed Demon,
mon groupe, ce qui a changé ma vie. J’ai mis un pied en enfer depuis longtemps. Et je l’ai compris bien trop tard. Mais je ne voulais que la gloire. J’ai bel et bien passé un pacte avec Satan.

Oui en lisant cette lettre de suicide, parce
c’est bel et bien de mon suicide qu’il s’agit, vous me prendrez sans doute pour un type complètement fou. Vous n’avez probablement pas totalement tort. Le bluesman Robert Johnson aussi est passé pour un taré, avec son histoire de pacte avec Satan, j’imagine. Seulement son contrat devait être sacrément pourri, pour caner à vingt-sept ans. Personnellement, j’ai passé les vingt-sept ans, il y a longtemps déjà.

Mais je me dois
de tout raconter.

j’avais vingt ans, c’était les années 80 . Les années Reagan pour la faire courte. La décennie où le metal était devenu vraiment intéressant et aussi diversifié qu’il ne l’est aujourd’hui. Et lucratif, surtout.

Mais pas vraiment pour moi, on va dire. Pas à ce moment du moins.

Je n’avais pas de travail stable, le groupe que j’avais créé avec mes potes de la fac ne marchait pas. Et ma copine était enceinte, mais Lucy s’était barrée trois mois plus tôt avec un péquenaud fan de country et des Allman Brothers du nom de Cassidy. On s’était battu lui et moi. Je lui avais pété la mâchoire avec une queue de billard pour la peine, mais ça n’avait pas soulagé ma douleur pour autant. Bon ça m’avait aussi valu quelques ennuis avec la justice.

Mais bon, je m’inquiétais surtout de mon piètre talent pour la guitare, à ce moment-là. Les autres aussi jouaient comme des pieds, mais je ne pouvais pas leur en vouloir. Ce groupe était juste un passe-temps pour eux.

Un soir, alors que je ren
trais du bar, je suis tombé sur une magnifique jeune femme. Elle semblait perdue. Je me suis directement dit que toute tentative de drague était vouée à l’échec, je crois. Elle était beaucoup trop belle pour moi. Je dois qu’avec mon acné encore présente, ma petite moustache ridicule et mes cheveux longs, je n’étais pas dans la meilleure période de ma vie.

Pourtant elle est venue vers moi, et
j’ai fini sans trop savoir comment dans un autre bar, alors que j’étais déjà en train de macérer dans mon jus, depuis un moment. On a discuté longtemps avant de rentrer chez moi, dans ma ridicule chambre d’étudiant. J’avais déjà signé le contrat au bar, je crois. Mais j’étais tellement fait, que je ne m’en souvenais déjà plus. On a fait l’amour. Longtemps. Pour réellement conclure le pacte, maintenant que j’y repense. Enfin j’imagine que c’est ça.

Le lendemain, elle avait disparu. Elle n’avait laissé qu’un parchemin sur mon bureau. Fait en peau humaine, à ma grande surprise. J’ai vraiment cru halluciné sur le coup, mais les faits étaient ce qu’ils étaient. J’avais bel et bien passé un contrat avec Satan, lui-même. Ou elle-même, plu
tôt.

Les résultats ne se sont pas fait attendre bien longtemps. Les notes défilaient dans ma tête à toute vitesse.
Un simple solo, ma Némésis d’avant le contrat, était d’une facilité déconcertante à jouer. Alors j’ai quitté les gros nazes et j’ai passé des auditions pour intégrer Speed Demon. La suite vous la connaissez. On est le groupe le plus important de ces dernières années et j’en ai vu du pays. Je me suis marié aussi. Une belle erreur qui n’a duré que un an et m’a coûté la moitié de ma fortune pas exceptionnelle mais tout de même conséquente.

Je savais que le contrat avait une fin, évidemment. Alors j’en ai profité à fond de ces années. Mais ces dernière semaines, j’ai compris que c’était fini. Mes doigts sont devenus de plus en plus imprécis, jusqu’à ce soir
avec ce concert catastrophique. Alors je pense qu’il est temps de s’arrêter là, sans regrets ni chagrin.

P.S : Pardon pour tout le
bordel.

La femme de chambre termina la lecture avec le sourire. Elle écrasa la lettre dans sa main. Celle-ci fut soudain entourée de flammes, qui se reflétait dans les yeux de reptile de la jeune femme. Le pitoyable témoignage réduit en cendres, elle s’adressa ensuite au cadavre.

- Tu aurais au moins pu attendre que je vienne te voir. Enfin… à tout de suite, mon chou !

Note de fin de chapitre:

Quelques petites infos amusantes ( enfin façon de parler :D) : Robert Johnson existait bel et bien, et le type avait bien laissé propagé la rumeur comme il avait conclu un pacte avec Satan. Du coup c'est de là qu'est partie mon idée.

Sinon pour le post-scriptum de Frank : il s'agit d'un message que le chanteur d'un groupe de black metal assez connu a laissé avant de se faire sauter la cervelle.

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