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Notes d'auteur :

 

    Contraintes 

     

  • Devront être mentionnés : 

Une chanson : 'Leave a light on'

Une langue morte : latin

Un artiste : Tom Walker

Une science : médecine

Une époque : Moyen-Age

Un vêtement : chemise

Élément capital, une ville : Kyoto

 

  • Un personnage devra briller par son absence : Alaric

  • Le texte ne pourra pas être écrit à la première ou la seconde personne, uniquement à la troisième.

  • Dans votre dernière phrase le mot 'fin' devra apparaître. 

  • 1 000 mots minimum : 2 000 mots


Je pensais réussir à rejoindre le chapitre où l'explication de ce qu'il arrive à Paulin et à Ambre est totalement expliqué avant la fin du concours mais il faudra finalement deux chapitres supplémentaires pour en arriver là. Je vais tâcher de les écrire au plus vite. En attendant, voici une partie du dénouement ^^.

 

 

 

Dès que les premières veloutes de la magie de Malrosie l'effleura, Ambre sut que le sort allait échapper au contrôle de sa créatrice. Dans ses veines, il pouvait sentir une seconde magie se réveiller et le parcourir.

Et pour la première fois de nombreuses années, l'homme sentit ses douleurs physiques s'évanouir mais son esprit n'était pas aux commandes, poussant Ambre à tenter de se débattre contre les deux emprises différentes tout en essayant de faire refouler la panique.

Ses options étant limitées, l'immortel cessa de lutter contre le second sortilège en espérant pouvoir échapper à Malorsie avant d'affronter ce nouveau problème. Son esprit sembla passer au second plan, refoulé dans un petit espace, son corps commençant à se mouvoir indépendamment de sa volonté tandis qu'il observait les événements en simple spectateur.

Malorsie laissa les mots s'écouler lentement de sa bouche, précisant ainsi en des termes clairs ce qu'elle souhaitait. La magie n'acceptant que des consignes précises, la sorcière formula sa requête de lier Ambre à un autre clan dont elle demandait simultanément la création.

La litanie prononcée dans un latin parfait résonna jusqu'aux confins de la grotte. Malorsie aurait pu s'exprimer en français mais elle avait toujours considéré cette langue ancienne bien plus digne d’interagir avec la magie. Et cela lui rappelait l'époque du Moyen-Age où elle était née et pendant laquelle elle avait étudié cette langue.

Concentrée sur tâche, la sorcière ne remarqua pas les changements qui étaient en train de s'opérer chez son ennemi. La chemise de l'homme, malgré son épais coton, ne suffisait pourtant pas à obstruer totalement la lueur qui s'échappait de son torse. Si elle avait pris garde, Malorsie aurait vu que le tatouage d'Ambre vibrait. Le cercle s'était brisé pour former les douze chiffres du clan.

Le regard d'Ambre était fixe et son visage figé mais le reste de son corps avait recouvré sa mobilité. Perdue dans ses incantations, Malorsie lutta trop tard contre la main qui enserra son poignet. L'éclair de magie qu'elle reçut la plongea dans l'inconscience en quelques secondes.

Le corps d'Ambre continua de se mouvoir indépendamment de sa volonté. L'homme sentait son tatouage s'agiter et il avait reconnu les symptômes d'un second sortilège, reconnaissant l’œuvre d'une deuxième sorcière.

Il se vit s'avancer vers l'entrée de la grotte dont il franchit librement l'ouverture. Ambre avança à pas réguliers dans un salon puis vers une porte d'entrée sans réellement remarquer le décors, sa conscience emplie de l'espoir de pouvoir sortir et revoir les siens.

Ambre n'avait aucune d'idée d'où il se trouvait et la vaste étendue d'herbe s'étalant devant lui ne le réconforta pas. Il était capital qu'Ambre puisse rejoindre la ville la plus proche. Cependant, l'homme n'avait aucune d'idée de la direction que son corps prenait et il ignorait le but de la seconde sorcière.

L'homme marcha lentement, ressentant le contact du vent sur sa peau et aveuglé par la lueur du soleil qu'il n'avait pas vu depuis bien longtemps. Malgré sa vision floue, ses pieds continuèrent d'avancer selon la volonté du sortilège.

Ambre pensa à Alaric et Glenn et espéra qu'il pourrait les revoir prochainement. Les kilomètres défilèrent jusqu'à son arrivée sur un sentier entouré de bambous. Ambre n'avait que rarement voyagé, heureux de sa vie sur le sol français mais il avait par le passé rendu visite à d'autres clans et d'autres numéros 13.

Il se souvenait de la forêt d'Arashiyama, près de Kyoto qui était également une ville tenue par une sorcière depuis de nombreux siècles. Son espoir s'en trouva renforcé de se trouver à proximité d'alliés mais la déception de ne pas se savoir en France, là où son clan devait être, était tout aussi grande.

Ambre avait besoin de revoir Alaric au plus vite. Le couple n'a jamais été séparé aussi longtemps. Et cette question l'obsédait, où était son compagnon ? Etait-il bien en sûreté, loin d'ici ? Si son compagnon avait su ce à quoi il pensait à l'instant, Alaric aurait ri, lui qui avait été soldat dans de nombreuses vies n'avait jamais craint la sorcière.

Ambre éloigna ses pensées de son amant qui lui manquait tant. L’inquiétude prenant le dessus, avait-il une apparence lui permettant de passer inaperçue auprès des personnes qui croiseraient bientôt sa route ?

La réponse allait malheureusement lui être donnée bien plus vite qu'il ne l'aurait souhaité. Quelqu'un avançait en sens inverse sur le chemin, c'était un homme caucasien et un touriste s'il pouvait en juger selon l'appareil photo serré dans la main de l'inconnu.

Ambre espéra que l'homme le dépasse sans s'occuper de lui. Cependant, l'inconnu le repéra rapidement et s'approcha de lui, son visage marqué par l'inquiétude.

- Monsieur ? Vous n'avez pas l'air d'aller bien ? Avez-vous besoin d'aide ?

Le fait que l'homme se soit exprimé en français le déstabilisa. Il s'était attendu à entendre de l'anglais, la langue la plus rependue à l’étranger parmi les voyageurs. Mais Ambre ne devait absolument pas voir un médecin, la science ne pouvait rien pour lui.

Malorsie reprit conscience rapidement, la fureur l'animant. La sorcière se laça à la poursuite d'Ambre, se servant du fait qu'elle avait le pouvoir de le localiser. Et contrairement à sa cible, elle était en pleine forme malgré la réception de la récente surcharge magique.

Elle courut en utilisant d'amples foulées et en étant aidée par sa connaissance des lieux. Malorsie arriva rapidement à la lisière de la forêt. La sorcière savait qu'elle pénétrait sur le territoire d'une de ses consœurs mais la colère lui avait fait perdre son discernement.

Lorsqu'elle vit Ambre, elle ne prit pas le temps de s'arrêter et se jeta sur lui, comptant sur le poison qui l'affaiblissait depuis des années. Malorsie s'aperçut de la présence d'un autre homme qu'uniquement lorsque l'inconnu essaya de la maîtriser.

Ce n'était pas la première fois que Malorsie se battait et elle n'utilisait que des coups bas tout en se moquant éperdument de la gravité des blessures infligées. Quelques minutes plus tard, les deux hommes étaient au sol.

Malorsie saisit Ambre par sa chemise, soulevant son buste du sol afin d'être certaine que son massage soit entendu. Elle remarqua alors que son ennemi était sous l'effet d'un autre sortilège. Malorsie rit, certaine d'être plus forte que la sorcière de Kyoto.

- Jamais tu ne reverras Alaric. Dans sa prochaine réincarnation, tu ne seras plus rien à ses yeux. D'ailleurs, il n'est même pas là ! Crois-tu qu'il ait passé du temps à te rechercher ? Il a tourné la page depuis bien longtemps.

L'éclair de défi qu'elle vit dans les yeux d'Ambre malgré son regard fixe contribua à alimenter sa colère. Ses tentatives de mensonges avaient échoué. Elle le relâcha brutalement avant de saisir l'inconnu.

- Puisque nous avons de la compagnie, autant en profiter ! D'une pierre deux coups ! Regarde-le bien ! Cet homme possédera bientôt toute ta vie.

Ambre sentit la magie se réunir dès que la sorcière commença son incantation. La brûlure vint en premier, son tatouage semblant s'attaquer à sa peau. Et il pouvait voir le tee-shirt de l'inconnu rougeoyer.

Ambre rassembla son sang froid, il baignait dans la magie dans un moment où elle était pure et pendant lequel les sortilèges commençaient à peine à se former. Le sort de la sorcière de Kyoto s'évapora, se dissolvant dans le courant de magie.

Malorsie avait toujours joué avec les limites, Ambre décida donc d'abattre ses deux uniques cartes. Il n'était pas né sorcier mais la magie était une entité propre jugeant de la validité d'un sort avant de l'accepter.

Il savait que les sortilèges ne permettaient pas de retour en arrière et Malorsie tentait de modifier un contrat depuis bien longtemps passé. Et ni Ambre, ni l'inconnu n'avaient donné leur accord.

L'homme pensa le plus clairement possible, espérant que la magie prenne bien compte de ces éléments avant d'accepter le nouvel équilibre. Le courant de magie commença à ralentir avant de redoubler d'intensité.

Malorsie se sentait grisée par la magie vibrant autour d'elle, chevaucher cette puissance à l'état pur était une sensation incroyable. La sorcière ne comprit que trop tard qu'elle était en train de perdre le contrôle. La magie se retourna contre elle en quelques secondes, la plongeant dans l’inconscience.

Dès que la sorcière s'écroula, Ambre se déplaça lentement vers l'inconnu, talonné par la crainte que son ennemie ne se réveille aussi rapidement que la première fois. L'homme était paniqué, essayant maladroitement de soulever son tee-shirt.

Ambre emprisonna ses mains dans les siennes avant de prendre la parole, cherchant son souffle, la douleur qu'il ressentait au torse étant insupportable. Les mots qui sortirent de sa bouche furent prononcés avec peine.

- Comment t'appelles-tu ?

L'homme tourna son visage vers lui, son souffle également laborieux.

- Paulin.

Ambre fixa Paulin tout en pressant légèrement ses mains.

- Paulin, il faut que nous nous partions d'ici.

Ambre se leva à grande peine avant de rechuter à terre. Après plusieurs tentatives, il arriva à se maintenir debout. L'homme aida alors Paulin à faire de même avant de faire quelques pas en se soutenant mutuellement.

La chance semblait commencer à lui sourire lorsqu'il constata que Paulin ne contestait pas sa décision et se laisser guider sans qu'ils ne croisent pas d'autres personnes à l'intérieur du parc. Les kilomètres suivants relevèrent de la torture mais Ambre n'était pas homme à se laisser facilement abattre. Il avait traversé d'autres situations aussi pires par le passé et son espoir de revoir bientôt Alaric demeurait intact.

Les deux hommes étaient au milieu d'une petite ruelle déserte lorsque Ambre s'aperçut de la présence d'une autre personne, son frère se tenait au bout de l'allée. La dernière fois qu'il l'avait vu, Glenn n'était qu'un bébé mais il aurait reconnu cette démarche et ce regard n'importe où.

Les genoux d'Ambre ployèrent, entraînant également Paulin dans sa chute et l'homme accueillit les ténèbres avec sérénité.

Il sortit de son sommeil à cause d'un trop plein d'agressions sensorielles. L'homme entendait une légère musique en plus de la voix de son frère qui semblait au téléphone tout en ressentant la morsure de la brûlure.

Ambre apprécia ensuite le contact du coton sur ses jambes et la douceur du matelas sous ses muscles endoloris par la douleur. Puis, il s'aperçut que Paulin était allongé à ses côtés. Et en dernier, l'homme sentit l'odeur des glaïeuls sur son oreiller lorsqu'il tourna la tête en direction de son frère. L'homme se rappela du parfum qu'il avait offert à son compagnon pour les grandes occasions qui avait la même senteur.

Glenn venant de se tourner vers lui, Ambre laissa échapper un mince filet de voix.

- Glenn, ça va ? Où est Alaric ? Est-il en France ?

Glenn marcha jusqu'à lui à pas lents, le regard braqué le torse nu d'Ambre, une expression peinée sur le visage avant de prendre délicatement sa main dans sa sienne après avoir tendu le bras vers la table de nuit.

- Je vais éteindre la musique, je ne pouvais pas supporter le silence pendant que j'attendais ton réveil. Je l'aime bien ce morceau, il me fait penser à toi. Je trouve que 'Leave a light on' est approprié, c'est toujours ce que tu as fait pour nous, laisser une lumière allumée afin de nous ramener chez nous. Oui, cette chanson de Tom Walker est réellement indiquée. Désolé, je suis inquiet, je divague un peu. J'étais en train de faire un tour pour me dégourdir les jambes et tout d'un coup, mon tatouage m'a brûlé brièvement. Et une heure plus tard, par hasard, je tombe sur vous. Nous t'avons tellement cherché, Ambre. Je ne sais pas où est Alaric. Il ne dit plus rien à personne depuis bien longtemps, il s'est absenté ce matin sans rien dire. J'ai laissé un message sur son répondeur.

Ambre hocha la tête, assimilant toutes ces informations. Il aurait posé des questions sur son tatouage et sur l'état de santé de Paulin mais l'épuisement l'emporta de nouveau. Avant de s'endormir, Ambre sourit, l'heure de la fin de sa séparation d'avec les siens avait sonné.

 

 

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