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Notes d'auteur :

Et voici le second élément surprise de l'intrigue ^^.

 

 

Malorsie, sorcière de son état, sourit en parcourant la lettre qu'elle tenait entre ses mains. Elle aimait la relire régulièrement, le doux goût de la victoire demeurant intact même après une vingtaine d'années.

Le repas que le numéro treize avait tant souhaité au retour d'Alaric n'avait jamais eu lieu. Et Ambre n'avait jamais revu son précieux petit frère. Cela avait été si aisé, elle avait toujours su qu'il commettrait une erreur un jour ou l'autre.

Elle n'avait eu aucun mal à s'approcher de lui tandis qu'il était en train de s'approcher d'une boite-aux-lettres dans une rue déserte, elle n'avait eu besoin que d'un chiffon imbibé de chloroforme et le tour avait été joué sans même avoir recours à la magie. Et le clan n'avait jamais pensé que le départ d'Ambre n'était pas volontaire.

Souriant toujours, Malorsie glissa soigneusement le courrier dans son coffre-fort avant de prendre le chemin de la cave. Elle descendit l'escalier sans se presser avant de lancer un léger sortilège à la porte tout en sifflotant son air de musique classique préféré.

Le passage s'ouvrit de lui-même, la laissant entrer dans une grotte. Ambre reposait à même le sol dans la même position que la dernière fois qu'elle était passée lui rendre visite. Ces dernières années, elle avait alterné des somnifères et de légers poisons pour le maintenir dans un état d’inconscience.

Malorsie se pencha et avant de faire glisser ses ongles sur la joue d'Ambre. Comme à chaque fois qu'elle posait les yeux sur lui, la sorcière ne put pas s'empêcher de se remémorer le jour où elle avait perdu face à lui, bien des siècles auparavant.

Alaric n'avait jamais été sien mais rien ne l'avait empêché d'en faire à sa guise. Depuis le premier jour après leur rencontre, Malorsie avait suivi l'homme qu'elle convoitait.

Les premiers siècles, le clan était resté uni, vivant ensemble, conscient qu'elle pouvait exiger n'importe quoi d'eux. Malorsie s'était en effet servie des treize hommes afin d'accumuler une petite fortune et elle s'était fait un malin plaisir à les maintenir séparer le plus possible.

Et sa plus grande joie avait été de s'introduire dans la chambre du couple pendant qu'Alaric dormait afin de tenter de l'approcher à sa guise. Ambre ne pouvait pas dormir mais il restait parfois dans le lit à ses côtés mais ce n'était pas toujours le cas.

Lorsqu'Ambre la surprenait dans la pièce, il n'hésitait jamais à l'affronter physiquement. Elle employait alors la magie pour le repousser, le blessant souvent sévèrement au passage. Ambre ne pouvant pas mourir et étant enchaîné à son corps pour l'éternité, chaque victoire avait été la bienvenue même si elle devait payer le contre-coup d'avoir utilisé la magie à mauvais dessin.

Et le bruit avait toujours terminé par réveiller Alaric qui rentrait alors dans une colère noire. Il était magnifique dans ces moments-là, cela n'avait jamais manqué de lui rappeler le soldat qu'elle avait admiré sur le champ de bataille.

Malheureusement, Ambre s'était rapidement mis en travers de son chemin, ne s'éloignant plus de la chambre après l'avoir surprise plusieurs fois. Cela n'avait en rien entamé sa détermination. Malorsie avait provoqué bien des imprévus qui avaient forcé Ambre à s'éloigner de sa demeure pendant la nuit et Alaric ne pouvait pas se passer éternellement de dormir.

Mais, une nuit avait été celle de trop, Ambre l'avait attendue et lui avait jeté un sort. L'homme n'était pas un sorcier mais il avait réussi à en apprendre les bases, surprenant ainsi Malorsie. Cette dernière avait compris par la suite qu'elle ne pouvait plus physiquement s'approcher du clan sans s'évanouir.

Elle avait cherché pendant des décennies le gain qu'elle avait reçu en compensation de cette perte puisqu'il était ainsi que la magie fonctionnait. Malorsie avait menacé d'autres sorciers afin de trouver la réponse et avait terminé par savoir qu'elle ne pouvait plus approcher les membres du clan à l'exception de la personne qui avait lancé le sortilège et qu'elle pouvait localiser à volonté.

Dès cette découverte, elle avait élaboré un plan afin d'enlever Ambre mais des décennies avaient été nécessaire pour le mettre en œuvre, l'homme n'étant que rarement seul. La sorcière n'avait pas pensé que les membres du clan graviteraient réellement autour du numéro treize. N'étaient-ils pas à la base des inconnus sans points communs ?

Malorsie avait conscience d'être impulsive. La création du clan avait résulté de ce trait de caractère. C'était arrivé le jour où Alaric avait refusé ses avances après qu'elle ait appris par hasard plusieurs heures plus tôt l’existante d'Ambre en entendant une conversation entre plusieurs soldats.

Piquée au vif, la sorcière s'était précipitée dans l'enceinte du château où elle savait qu'Alaric était en train de travailler. Malorsie avait lancé le sortilège dès que l'homme avait été à proximité.

Et il lui avait peu importé de connaître l'identité des douze autres personnes qui allaient former le clan, laissant le hasard décider de qui serait dans le périmètre immédiat du sort. Elle n'avait pas imaginé qu'Ambre serait quelques couloirs plus loin.

Malorsie continua de laisser ses ongles courir sur la peau de son prisonnier. L'homme avait payé au prix fort de lui avoir interdit d'approcher Alaric. La colère l'avait emportée quelques pas supplémentaires sur le sentier de la guerre et elle pouvait sentir son sang bouillir rien qu'au souvenir du lendemain de sa défaite.

Mais, à l'heure actuelle, il y avait plus grave à ses yeux. La sorcière devait admettre qu'elle était en train de perdre la guerre. Malorsie appréciait particulièrement cette époque, l'invention des moyens d'espionnage les plus sophistiqués avait changé sa vie.

Son obstination lui avait servi, il avait difficile de localiser Alaric qui n'était finalement pas dans la résidence où elle avait enlevé son rival. Même cela lui avait demandé des années pour que ses mercenaires réussissent à trouver comment s'introduire à l'intérieur de la maison du clan sans être remarqué, elle était en possession d'images de sa cible.

Malorsie avait compté sur le fait que le temps œuvrerait en sa faveur, qu'Alaric finirait par oublier Ambre et qu'elle parviendrait à modifier le sort lancé afin d'être physiquement capable de l'approcher.

Mais elle avait beau être une sorcière, elle était tombée de haut ces derniers jours. Elle devait se résoudre à ce que ses espoirs restent vains. Elle avait menacé une grande partie des sorciers foulant cette terre sans obtenir de résultat, contrairement à la dernière fois.

Et elle était surtout peinée depuis qu'elle avait visionné les dernières images en date d'Alaric. En plus de ne pas avoir touché à une seule affaire d'Ambre comme si ce dernier allait revenir le soir même utiliser sa brosse à dents, il avait prévu un nouveau voyage en Asie afin de tenter de retrouver son compagnon.

La douleur générée par cette découverte avait détruit une partie d'elle. C'était comme si Alaric avait tendu sa main pour lui arracher le cœur de la poitrine. Et elle avait alors l'impression de suffoquer lentement.

Lorsque Malorsie pensait à cette situation ces derniers jours, que les battements de son cœur accéléraient jusqu'à ce qu'elle ait l'impression qu'il se cognait contre ses côtes et que ses poumons refusaient d'inspirer de l'air, la sorcière se retrouvait ainsi terrassée par cette émotion forte.

Elle devait alors se forcer à inspirer avant de lentement expirer jusqu'à ce qu'elle retrouve son calme. La douleur refluait alors temporairement jusqu'à sa prochaine manifestation.

Puis, d'autres émotions prenaient également le relais de la douleur, la jalousie et la colère se mélangeaient aussi au maelström de ses sentiments. Que pouvait bien avoir cet homme de plus qu'elle ? Ambre était un homme banal, même pire que cela, il ne pouvait pas être considéré comme un beau spécimen de la gente masculine. Et Malorsie savait qu'Alaric était capable de désirer une femme, il ne s'en était pas privé au cours de sa première vie avant cette rencontre maudite avec ce fermier.

C'était la goutte de trop à ses yeux. Malorsie avait décidé qu'elle valait mieux que ça, qu'elle méritait un homme qui ne pense qu'à elle. La décision était donc prise, elle allait tourner la page. Il ne lui restait plus qu'à se débarrasser du clan.

Concernant Ambre, l'homme devait conserver son immortalité ainsi que sa possibilité d'échanger des souvenirs, il n'avait cependant jamais été mentionné qu'il devait être relié au clan de la Cascade. Elle pouvait créer un nouveau clan et y insérer Ambre.

Quant au déséquilibre crée par son départ, il suffirait d'y introduire un nouveau numéro treize. Et afin que le clan de la Cascade ne vienne pas réclamer vengeance, il suffirait de déclencher un nouveau cycle de réincarnation. Et cette fois-ci, Ambre ne serait pas là pour les réunir et leur rappeler leur passé.

Malorsie fixa son regard sur les douze coffres en bois contenant chacun une fiole d'un puissant poison. Mais elle devait d'abord se soucier de l’exécution de la première étape du plan, elle se pencha donc sur Ambre et commença à réunir sa magie.

 

 

 

 

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