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Le 09/04/1988

 

Ma chère Maggie, 

Comment vas-tu ? Comment se passe ta nouvelle vie sur ton île ? Tu as déjà eu l’occasion de nager avec les dauphins ?

Je suis certaine que tu dois déjà être bien bronzée. Je suis tellement jalouse de ta peau et de la belle couleur qu’elle prend au soleil. Je crois que jusqu’au bout, malgré les protections solaires, ma peau aime trop la couleur écrevisse pour que je bronze normalement.

Mon quotidien est devenu bien ennuyeux depuis ton départ. Nos après-midis ragots me manquent. Nos confidences aussi. Je tourne en rond depuis que tu es partie vivre le rêve de ton mari. Alors, pour passer le temps, je range la maison. Cette semaine, c’est le grenier. Il y a tellement de vieilleries dedans. Lucas ne jette jamais rien.

Des piles usagées, de vieux journaux, des cartons déchirés, un vieux tourne-disque qui a connu des jours meilleurs. La liste est tellement longue que c’est impossible de l’écrire. Heureusement que je suis folle de mon mari, car cette manie de tout garder me rend chèvre.

Aujourd’hui, j’ai trouvé un ski. L’autre a été égaré pendant notre séjour à Chamonix de l’an dernier.

Je t’imagine en train de rire en lisant ces lignes. Tu me manques Maggie.

 

J’ai aussi trouvé ma vieille boite à souvenirs de nos années folles. Dedans, j’ai trouvé les lettres que nous échangions adolescentes, et surtout ça :


« Orqjxh ylh d od uhlqh » 


Te souviens-tu des heures que nous avons passées à nous envoyer des lettres codées ? Je suis certaine que comme moi, tu as perdu la main depuis le temps. J’ai mis du temps à me souvenir de comment les déchiffrer. L’âge et la mémoire ne font pas bon ménage. 


Déjà onze heures ! Je dois encore passer au marché acheter des fraises pour les petites. Elles viennent passer le week-end à la maison. Ce sera peut-être l’occasion de leur apprendre notre code. 

 

Je t’embrasse,

 

 

Ta Rosie,

 

 

 

 

13/05/1988

 

Ma Rose,

 

Comme je suis heureuse d’avoir eu de tes nouvelles. Je suis désolée de te répondre qu’aujourd’hui, mais la maison est encore en chantier. Je n’ai pas une minute à moi. Léon travaille depuis notre arrivée à Moorea. Il n’a pas pris un seul jour de repos pour m’aider à nous installer, et comme il rentre que tard le soir, je gère seule. 

 

Tu me manques. Je me sens si seule ici. Les gens me regardent bizarrement. Je suppose que c’est parce que nous venons d’emménager. Je l’espère en tout cas, car pour l’instant, je ne suis pas certaine d’aimer ma nouvelle vie sur cette île.

C’est tellement différent de notre vie d’avant.

Heureusement que Léon gagne bien sa vie car tout est cher. Moi qui aime le fromage, je n’en mange plus, c’est quatre fois le prix de chez nous. 

 

L’avantage de vivre sur une île c’est qu’il y a la mer partout autour. Elle est si belle.

La vue depuis la maison est incroyable. Je me réveille face à l’océan. J’espère avoir un jour l’occasion de te faire visiter. 

La maison est très grande. Il y a plusieurs chambres pour les invités. Nous avons une petite dépendance face à la mer qui va me servir d’atelier. Travailler le bois y sera plus facile que dans la maison. 

Et toi, comment vas-tu ?


Bien sur, que je me souviens de ce code. Ma mémoire a toujours été meilleure que la tienne. Ne me fronce pas ce nez, tu sais que j’ai raison.

Je me souviens encore des heures que nous avons passées pour le créer et du nombre de lettres que nous avons écrites en l’utilisant. 

 

La prochaine fois, complexifie un peu. Longue vie à nous, oui !


À ton tour de t’amuser un peu. Difficulté moyenne (facile pour moi).

 

 

Oh glpdqfkh, f'hvw oh mrxu gx pdufkh. M'dfkhwh ghv iudlvhv srxu phv shwlwhv-iloohv. Mh ohv pdqjh dyhf gx fkrfrodw. Fdu M dlphudlv elhq txh od ylh vrlw frpph xqh erlwh gh fkrfrodw, dx prlqv fkdtxh vhfrqgh vhudlw vdyrxuhxvh.

 

 

Alors ?

 

 

Mh w'hpeudvvh,

 

 

Maggie

 

 

 

 

 

 

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