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Notes d'auteur :

Ré-écriture du texte "Sous-sol 347" de l'épreuve 1

 

Lorsque Ophelia ouvrit les yeux, elle ne vit rien. D’abord persuadée d’être devenue aveugle, elle paniqua, puis réalisa qu’elle était seulement plongée dans l’obscurité. Un petit point rouge clignotant dans le haut à droite de son champ de vision l’en assura, ils avaient dû éteindre les lumières pour économiser l’énergie. Il fallait simplement laisser le temps à ses yeux de s’adapter ou aux responsables d’allumer la lumière. Ils devaient être arrivés en bas maintenant, car la voix qui annonçait les consignes et le temps restant s’était tue. Ou alors étaient-ils encore en train de descendre ? La jeune femme s’était endormie alors qu’il ne restait que quelques minutes avant la descente et était dans une grande confusion.

 

 

 

Elle se pencha doucement vers son amie sur le siège à sa droite et chuchota son nom pour lui demander des explications, mais elle n’obtint que le silence. D’ailleurs, l’entièreté de l’habitacle était anormalement calme. Personne ne parlait, personne ne bougeait. Seul un léger vrombissement résonnait aux oreilles de la jeune médecin. Ils ne pouvaient pas s’être tous endormis ? Ophelia tendit la main vers son amie et la secoua légèrement, mais elle ne réagit pas. Elle tenta à tâtons de prendre son pouls et le trouva très lent, comme si elle était dans un état comateux. Elle lâcha alors rapidement son amie sous le choc. Que se passait-il ? Elle demanda, timidement d’abord, puis avec plus de convictions ensuite si quelqu’un l’entendait. Aucune réponse parmi les cinquante personnes partageant la pièce-ascenseur qui devait les amener dans un bunker des kilomètres sous l’apocalypse à la surface de la Terre. Le petit point rouge clignotant sembla alors s’emballer en même temps que son cœur qui battait à tout rompre. L’absence de bruit était telle que les battements de son cœurs semblèrent alors résonner tout autour d’elle, étrange musique qui la fit paniquer d’avantage,. Elle se força à prendre de longues inspirations, mais sans succès. Elle ne pourrait pas se calmer avant de comprendre ce qui arrivait. Elle détacha alors sa ceinture de sécurité avec des gestes maladroits et se leva de son siège.

 

 

 

Elle ne fit pas un pas qu’une violente nausée et des étourdissements la saisirent et ses jambes flanchèrent l’envoyant au sol. Il lui fallu encore plusieurs minutes pour réussir à s’asseoir puis à se lever, mais lorsqu’elle entendit des pas approcher, elle se propulsa d’elle-même au sol mut par un mauvais pressentiment. La lourde porte s’ouvrit dans un grincement abominable et un halo de lumière pénétra la salle. Il y eut un moment pesant de silence qui lui parut bien pire que les battements de son cœur précédemment.

 

 

 

— Ils sont tous morts ? demanda une voix sèche et grave.

 

 

 

— Pas morts, mais dans un coma, répondit un autre homme.

 

 

 

— Pourquoi ne pas les avoir tués ?

 

 

 

— Trop cher. Et puis, ils le seront bien assez tôt.

 

 

 

Un rire gras résonna alors dans la pièce et Ophelia se ratatina sur le sol, pour se fondre dans les ombres.

 

 

 

— Bon, débarrassez-moi de ces corps rapidement. Il nous reste peu de temps si on veut atteindre ce bunker.

 

 

 

C’était donc ça ! Ils voulaient prendre leur place dans l’abri souterrain !

 

 

 

— Hey, Ben ! lança alors la première voix. Il y a un siège vide là !

 

 

 

Son siège. Elle réalisa qu’il fallait qu’elle s’éloigne et vite, alors elle rampa de toutes ses maigres forces vers l’autre rangée avant de se faire trouver. Elle réalisa au moment où Ben ordonna qu’on fouille la salle, à quel point elle s’enfuyait en vain. Il n’y avait aucune autre issue. Elle était coincée avec des individus prêts à tout pour survivre alors qu’elle manquait déjà de force.

 

 

 

— On sait que tu es là, murmura une voix féminine cette fois. On t’attrapera, crois-moi. Tu ne fais que retarder ton heure…

 

 

 

Mais Ophelia ne l’écouta pas et continua de s’éloigner vers le fond de la salle. Méthodiques, les individus vérifiaient chaque rangée, une après l’autre. Bientôt, il ne resterait plus que la dernière et ce serait fini. Elle sentait qu’ils prenaient leur temps malgré les ordres de leur chef. Ils aimaient la torturer, la faire attendre dans le noir. Que lui feraient-ils lorsqu’ils l’attraperaient?

 

 

 

Mais elle n’eut jamais sa réponse, car une voix féminine et crachotante résonna alors :

 

 

 

— Départ imminent. Préparez-vous à ressentir une forte secousse.

 

 

 

Elle n’eut que le temps de voir dans les yeux de ses poursuivants une terreur sans nom avant de ressentir une forte attraction vers le haut et puis le noir total, le vrai.

 

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