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Notes :
Épreuve 4 - Sens dessus dessous

Un de vos personnages a une déficience sensorielle (vue, ouïe, odorat, toucher, goût). Vous devez construire votre histoire autour de ceci. La déficience sensorielle doit avoir une part prépondérante dans l'histoire.

Contrainte : Le champs lexical associé au sens manquant ne doit pas être employé.
Sans elles



Sans elles.
Il peut toujours. Et plus fort que jamais.
Sentir la fragrance de son parfum, mêlée aux effluves addictives des poudres, des résines et solvants, ces odeurs suaves, entêtantes et toxiques, incrustées dans les draps et sous ses ongles, imprégnées dans les murs, flottant dans leur chambre et dans son atelier. Inondant leur appartement. Partout, autour de lui. À lui en donner la nausée.

Sans elles.
Il peut seulement. Tâtonner.
Sentir sous la pulpe de ses doigts les aspérités de la peinture séchée, pour essayer de se souvenir, de retenir, son visage si souvent esquissé sur ses toiles, dorénavant abandonnées. Et parcourir ces dernières, inlassablement. En un braille si fragile, qu’il devient illisible.

Sans elles.
Il peut encore. Bien plus qu’il ne l’aurait cru possible.
Sentir son coeur battre si fort, contre ses côtes et dans ses tempes, à lui assourdir les tympans, et tout son être vibrer d’effroi, quand il ne trouve pas à temps le téléphone, qui sonne, qui sonne, qui sonne, jusqu’à ce que, finalement, résonne le cri du répondeur, avec son rire ravageur. Dévastateur.

Sans elles.
Il peut simplement. Pleurer.
Sentir le poids de ses larmes perler à ses cils. Puis dévaler lentement ses joues.
Sillons acides et salés. Comme des lames acérées.

Sans elles.
Il peut uniquement. Etre agressé, désespérer, ressentir, encaisser.

Tristes tortures de ses propres sens désormais exacerbés,
Supplices qui chaque jour lui rappellent
Qu’il est maintenant seul et isolé, qu’il doit vivre sans elles,
Perdues toutes les deux en même temps, dans cet accident.

Tristes tortures de ses propres sens désormais exacerbés
Sauf le plus important, source de feu son talent,
Cette faculté naturelle devenue cécité.

Supplices qui chaque jour lui rappellent
Que son ange n’est plus à ses côtés, qu’elle s’est envolée,
Sa femme, sa muse, son inspiration… son éternelle.

Supplices qui l’obligent à présent, à vivre dans ses souvenirs
Pour toujours avec les fantômes du passé
Et dans la bouche un goût, plus amer que jamais.
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