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Notes :

Salutations à tous !

Bon, avec plusieurs mois de retard, j'ai enfin pu trouver le temps pour développer une idée que j'avais en tête depuis à peu près un an, lorsque R_Even avait lancé son concours. Le concept m'avait beaucoup inspiré, et j'avais commencé à travailler sur les personnages et l'intrigue, avec lesquells j'avais beaucoup aimé jouer. L'IRL a fait que j'ai dû reporter l'écriture aux callendes grecques, et il s'avère que ça tombe maintenant !

J'ai essayé de respecter au mieux les contraintes originales du concours, même en étant HC. Ce qui m'intéressait le plus, c'était cette idée de pouvoir jouer avec les 5 clichés des films d'horreur. J'ai tenté quelques trucs avec, j'espère que ça fonctionnera. Globalement, on peut considérer cette histoire comme un thriller psychologique à tendance horrifique.

Soyez bien attentifs à la lecture ;)

On remercie grandement notre chère Dictatrice-en-cheffe Norya pour ses corrections et sa bêta fort encouragantes !

 

L'intrigue, les personnages et l'univers sont de ma création et sont une oeuvre de fiction. Toute ressemblance avec des faits ou des personnes réels serait fortuite.

Notes d'auteur :

Et on débute donc cette histoire avec une introduction plutôt classique dans le genre. Bonne lecture !

Chapitre 1 – Lambert

 

 

 

Ce furent les rayons de soleil caressant son visage qui extirpèrent Lambert de la somnolence dans laquelle il avait plongé à cause de la chaleur étouffante de cette fin du mois de juillet. Entrouvrant les paupières, il vit les arbres défiler rapidement devant la fenêtre de sa voiture, zébrant ainsi le paysage de longs pics derrière lesquels le soleil continuait sa course paisible de fin d’après-midi. Se sentant tout ankylosé, le jeune homme changea de position et étira ses longues jambes, tout en émettant un léger grognement.

« Ah ! La Belle au Bois Dormant se réveille enfin ! s’exclama la chauffeuse en jetant un coup d’œil dans le rétroviseur.

— Pas trop tôt, renchérit la jeune femme assise à la place passager. Un peu plus et le prochain contrôle de police nous arrêtait pour transporter un cadavre sur la banquette. J’étais à deux doigts de sacrifier le fond de ma gourde pour te réveiller.

— Je suis heureux que tu t’en sois abstenue aussi longtemps, ironisa Lambert. Je ne suis pas sûr que les parents d’Ufoama aurait bien aimé retrouver leur banquette arrière noyée.

— Boarf, le temps qu’on rentre à la fin du week-end, ça aurait déjà séché avec ce soleil, balaya la chauffeuse.

— Et puis de toute façon, ça n’aurait pas été la première bouteille renversée sur cette banquette, ni même le premier… liquide, laissa entendre la passagère.

— Merci pour ses détails croustillants, Annick, rétorqua Lambert qui se colla contre la portière pour éviter d’être en contact avec la moindre zone suspecte.

— Relax ! railla la jeune femme, ce qui eut pour effet de faire onduler ses longs cheveux cuivrés. Tu sais bien que je me fous de toi. Si on ne peut plus troller, à quoi bon. »

            Lambert se permit un léger rire nerveux avant de se repositionner convenablement, mais n’en retint pas moins la blague douteuse de son amie. C’était Annick qui avait tout organisé. Malgré sa tendance à paraître toujours ailleurs et avoir des réflexions hors propos, elle avait eu la présence d’esprit pour organiser ce petit week-end entre amis. Se languissant de leurs jours sur les bancs de la fac, elle avait contacté Lambert et Ufuoma pour leur proposer de passer un week-end dans une cabane perdue dans la Forêt de la Double, histoire de renouer des liens qu’ils avaient délaissés ces derniers temps. À l’en croire, elle avait aussi pris contact avec Layla, qui depuis leur groupe, était partie sur Paris.

Le jeune homme était excité par le week-end qui s’annonçait : passer deux jours avec ses trois meilleures amies lui permettrait de se vider un peu la tête, alors qu’il entamait sa dernière année de thèse. Et puis revoir Layla après plus de cinq ans donnait à l’ensemble une saveur particulière. Leur groupe avait toujours été soudé, depuis le lycée, mais Lambert avait toujours eu le béguin pour Layla sans avoir jamais pu trouver le courage de le lui dire. Lorsque la jeune femme était partie pour la capitale, il était resté cloîtré chez lui une semaine entière à se morfondre dans son chagrin. Personne d’autre ne le savait, mais il suspectait Annick d’avoir des doutes. Malgré les apparences, elle avait toujours été la plus perspicace du groupe.

« Je crois qu’on y arrive, murmura Ufuoma en ralentissant à l’approche d’un chemin croisant la départementale.

— Euh… Oui, c’est bien là, confirma Annick en vérifiant sur leur itinéraire. Dans son mail, le proprio me disait qu’il y avait un portail en fer forgé… Oui, regarde, ça doit être ça. »

            Lambert suivit la direction pointée par son amie et découvrit effectivement un vieux portail en fer forgé, sur lequel du lierre avait poussé à travers les barreaux. La jeune rousse descendit de la voiture et fit pivoter les deux grilles, puis Ufuoma s’engagea sur le chemin, les brindilles séchées crissant sous les pneus. Ils suivirent le sentier pendant une dizaine de minutes avant d’arriver sur une clairière débouchant sur un étang. L’eau était d’un calme plat. Ufuoma continua de suivre la piste, qui semblait contourner l’étendue d’eau, jusqu’à ce que les trois amis découvrent au détour d’un arbre une cabane située au milieu.

« Annick ! se plaignit Ufuoma, dont le ton trahissait l’impatience. Il fallait que tu choisisses une location perdue au milieu de l’eau ! Tu ne pouvais pas prendre un truc normal ?

— Hé ! C’est pas ma faute. Ils avaient dit que c’était facile d’accès !

— Facile d’accès comment ? Ma voiture n’est pas amphibie !

— Peut-être qu’il faut utiliser cette barque, » proposa alors Lambert en pointant quelque chose de l’autre côté du parebrise.

            Effectivement, échoué sur le rivage, on pouvait voir une barque suffisamment grande pour cinq personnes. Une paire de rames étaient négligemment posées sur le bord, la pagaie plantée dans le sable. Ufuoma approcha lentement sa voiture à proximité de l’embarcation puis coupa le contact. Les trois jeunes adultes sortirent et vinrent alors inspecter la barque. Lambert n’était jamais monté sur un bateau d’une aussi petite taille, mais elle lui paraissait à première vue normale.

« Vous avez déjà manœuvré quelque chose comme ça ? demanda Ufuoma.

— Euh… Non, avouèrent les deux autres.

— Bon, vu qu’il n’y en a qu’une, on va attendre Layla, ça évitera de faire des allers-retours inutiles. En attendant, on va embarquer nos affaires. »

            Comme toujours, elle prenait la direction des opérations, mais Lambert sut au léger froissement de son nez épaté qu’elle n’approuvait pas le choix d’Annick. Ils s’activèrent en silence, même si Annick vint sur le rivage et lança quelques cailloux dans l’étang sans raison apparente. Lambert venait de déposer son sac de couchage dans la barque lorsqu’il entendit le son d’un moteur se rapprocher rapidement. Il se retourna vers le chemin, et quelques secondes plus tard une moto apparut, avec deux personnes dessus. Le deux-roues alla à la rencontre du groupe d’ami et s’arrêta près de la voiture dans un bruit puissant d’embrayage.

            La personne qui se tenait à l’arrière fut la première à descendre, tandis que le pilote coupait le contact et plaçait la béquille. Lorsque le passager retira son casque, Lambert eut le souffle coupé de surprise : c’était Layla, reconnaissable entre mille avec ses cheveux blond vénitien qui détonnait avec le teinte mate de son visage. C’était une teinture, mais Lambert aurait pensé que depuis le temps, son ancienne amie aurait abandonné sa phase rebelle et serait revenue au châtain, sa couleur naturelle. À moins que ce n’était pas une phase. Lorsqu’elle eut fini de démêler ses cheveux, Layla remarqua ses anciens amis et son visage s’illumina d’un sourire éclatant alors qu’elle leur faisait des signes vigoureux pour les saluer. Quelque chose attira l’attention de Lambert : alors que son amie portait encore sa tenue de motarde, elle semblait y être à l’étroit et peu à l’aise dans ses mouvements.

            Cependant, il fut rapidement tiré hors de ses réflexions lorsqu’il découvrit le pilote, qui avait retiré son casque également. C’était un homme d’à peu près son âge qu’il n’avait vu à présent qu’en photo sur FaceBook : Victor Valiente. Sa présence étonna Lambert, Annick leur ayant dit que Layla allait venir accompagnée mais jamais le jeune homme n’aurait suspecté que le mystérieux inconnu serait l’ex de son amie. Pourquoi les deux avaient-ils gardé contact alors que leur séparation remontait à deux ans désormais ? D’autant plus que rien n’avait indiqué que Layla avait conservé ses liens avec Victor. Bon, après la réflexion, Lambert se rappela que son amie avait pratiquement déserté les réseaux sociaux après sa séparation, n’intervenant plus que de temps en temps. Suivant timidement Ufuoma qui allait à leur rencontre, il essaya de réfléchir à ce qu’il avait à dire à Layla.

« Layla ! Ça fait une paye ! s’exclama Ufuoma. Comment ça va depuis le temps ! Il faut que tu me racontes cette histoire d’escapade nocturne dans les Bois de Vincennes !

— Je suis trop contente de vous revoir tous les trois ! les accueillit Layla en enlaçant Annick. Vous m’avez tellement manqué !

— Et donc c’est toi Victor ?

— Yeah, chérie, répondit l’intéressé. Layla m’a proposé de la rejoindre pour vous rencontrer, je n’ai pas pu dire non à l’appel. »

            Alors qu’Ufuoma s’apprêtait à lui faire la bise, Victor tenta de l’embrasser mais la jeune femme réussit à esquiver astucieusement, lançant un regard gêné à Layla qui saluait Lambert. Celui-ci l’enlaça également pour lui faire la bise, mais l’étreinte que lui rendit son amie failli lui couper la respiration, comme s’il avait été pris dans un étau. L’instant d’après, elle déchargea le top case qui ne contenait qu’un sac de sport, alors que Victor retirait sa combinaison sous laquelle il ne portait qu’un T-shirt et un short de bain, puis il troqua ses bottes pour une paire de tongs. Il en profita pour remettre son attirail en place, non sans lâcher un soupir de satisfaction.

« Allez, viens Bébert ! invita-t-il en se dirigeant vers la barque. On va en profiter un max toi et moi !

— Euh d’accord… mais, on ne devrait pas…

— T’inquiète, chuis sûr qu’elles vont pouvoir se débrouiller toutes seules. Alors dis-moi, ajouta-t-il en plaçant son bras sur les épaules de Lambert une fois qu’ils furent éloignés, laquelle tu prends ?

— Pardon ? s’étouffa Lambert.

— Laquelle tu comptes te faire ce week-end ? J’ai des capotes pour deux si t’as oublié d’en prendre. Si ça ne te dérange pas, j’aimerais bien me faire la noire, elle a un de ses culs que j’en ai déjà la trique.

— Euh… Je ne… Je n’ai pas…

— Ah, fais pas ton timide avec moi ! Je sais que t’en as pincé pour Layla à l’époque, mais crois-moi, elle a bien changé maintenant.

— Euh… Je te l’ai dit, bafouilla Lambert qui virait au rouge, je n’ai… Enfin, je…

— C’est tes potes, j’ai compris, glissa Victor avec un clin d’œil. Mais si tu ne comptes pas tirer, c’est bien dommage en pareille compagnie. Puis si t’es pas intéressé, je pourrais bien me faire la rouquine, aussi. »

            Lambert ne savait plus où se mettre. Il ne savait pas s’il était honteux ou s’il terrifié. Il avait déjà croisé des personnes comme Victor, mais jamais il n’avait interagi d’aussi près avec eux. Ils le mettaient mal à l’aise, et tout ce qu’il avait envie de faire en général, c’était simplement de s’enfoncer dans le sol et de disparaître à jamais. Il rigolait aux blagues par automatisme, faisant semblant de comprendre certaines allusions, mais à chaque fois il était terrifié à l’idée que quelqu’un comprenne qu’il était encore vierge.

N’ayant jamais eu le courage de demander et personne ne l’ayant jamais fait pour lui, il n’avait jamais eu l’occasion. Personne ne le savait : sa famille pensait qu’il ne voulait simplement pas partager ses expériences avec eux, ses amis pensaient qu’il avait déjà eu l’occasion de le faire avant qu’il ne les rencontre au cours de ses études supérieures. Il soupçonnait Annick d’être au courant, mais elle n’avait jamais directement abordé la question, et Lambert n’avait lui-même pas envie de s’y attarder.

            Victor monta dans la barque sans même la mettre à l’eau ni attendre les autres. Lambert resta dehors, trop gêné à l’idée de se montrer grossier envers ses amies. Ufuoma et Annick arrivèrent juste derrière lui avec leurs dernières affaires et elles prirent place à l’avant de la barque, faisant face à Victor qui s’était installé les jambes écartées, les bras affalés sur le rebord. Nerveux, Lambert vérifiait pour la centième fois qu’il avait bien tout ce dont il avait besoin, lorsqu’il entendit Layla arriver à son tour.

« C’est le seul moyen d’y aller ?

— À moins que tu veuilles t’y rendre à la nage, je ne vois pas d’autres solution, poupée, railla Victor. Quoi que ça ne me dérangerait pas de te voir faire trempette.

— Bon, je suppose qu’il en revient à moi de nous conduire là-bas, soupira Layla en balançant son sac par-dessus Lambert.

— Oh non, ne t’inquiète pas Layla, je vais m’en occuper ! » intervint-il en se redressant brusquement, mais il fut interrompu net dans son action.

            Layla se tenait juste derrière lui, portant une robe d’été s’arrêtant à mi-cuisse. Elle était impressionnante. Imposante. Alors que l’amie qu’il avait gardé en mémoire était plutôt svelte, la jeune femme qui se tenait devant lui était une véritable montagne de muscles. Ses jambes autrefois élancées étaient devenues deux puissants troncs dont chaque muscle était parfaitement visible et jouaient sous la peau à chaque fois que Layla effectuait un pas. Sa poitrine galbe avait presque entièrement disparu au profit de deux immenses pectoraux que les striations rendaient presque menaçants. Ses larges et rondes épaules se prolongeaient en des bras puissants presque aussi larges qu’une des jambes de Lambert. Layla lui faisait face, mais le jeune homme n’avait aucun mal à deviner les muscles dorsaux qui donnaient à son amie une silhouette de triangle inversé, ou de losange si on tenait compte des imposants trapézoïdaux qui remontaient jusqu’à son cou. Seul son visage était resté inchangé, et avait gardé le merveilleux sourire qu’elle arborait devant la réaction de Lambert.

« Et bien alors, on a perdu la voix ? s’amusa-t-elle d’un ton espiègle.

— J’t’avais dit que c’était une chiffe-molle, railla Victor depuis sa place.

— La ferme Vic, trancha-t-elle. Allez, Lambert, monte à bord que je puisse mettre la barque à l’eau, ajouta-t-elle d’une voix douce. Ça me permettra de me rattraper de ma cinquième place au Championnat de France.

— Champ… Championnat de France ? bégaya Lambert en prenant place aux côtés de Victor, qui affichait un sourire graveleux.

— Tu ne savais pas ? Depuis que je suis montée sur Paris, je me suis mise à l’aviron, expliqua-t-elle tout en soulevant la barque et provoquant une explosion de ses muscles deltoïdes. J’ai fini cinquième au Championnat senior dans la catégorie bateau court, précisa-t-elle en sautant fluidement à bord à son tour une fois la barque flottant à la surface de l’eau. Ma partenaire s’est fait une tendinite, du coup j’ai dû ramer toute seule. »

            Sans ajouter un mot de plus, elle s’installa au centre de l’embarcation, faisant dos aux deux garçons, attrapa les rames et commença à diriger l’esquif vers la cabane. Lambert eut tout loisir de voir les reliefs marqués du dos de Layla s’animer à chaque traction. Il était complètement hypnotisé, il n’avait jamais vu de ses propres yeux une telle exubérance et une telle définition. Même la plupart des athlètes qu’il avait vus à la télévision n’achevaient pas un tel travail digne des planches anatomiques. Il ne fallut que quelques coups de rames pour atteindre l’embarcadère de la cabane. Essayant d’attraper un des anneaux, il réalisa que la cabane était en réalité construite sur pilotis. Avec l’aide de Victor, il réussit à amarrer la barque, tandis qu’Annick et Ufuoma en faisaient de même de leur côté et que Layla maintenant l’embarcation le plus stable possible.

            Une fois l’esquif immobilisé, chacun attrapa ses affaires et monta sur le porche de la maison. Annick fut la première à atteindre la porte, qu’elle ouvrit avec les clés que les propriétaires lui avaient données. Lambert la suivit sur ses talons et découvrit une pièce unique plongée dans l’obscurité. Contre toute attente, on aurait pu croire que quelqu’un venait tout juste de faire le ménage, et il flottait encore dans l’atmosphère cette odeur caractéristique des meubles neufs.

« On peut dire qu’elle a meilleure gueule à l’intérieur qu’à l’extérieur, observa Victor.

— Annick, tu ne m’avais pas dit que nous étions les premiers locataires de la saison ? demanda Ufuoma, suspicieuse.

— Si, mais ça n’empêche pas que la maison soit propre, fit-elle remarquer comme une évidence.

— Bon, assez bavardé, intervint Layla, à l’arrière du groupe. Je n’ai pas envie de passer tout le week-end sur le porche. Qu’on dépose nos affaires et qu’on profite de ce week-end ! »

 

Note de fin de chapitre:

La suite arrivera d'ici quelques jours :D

A très vite donc et n'hésitez pas à laisser des commentaires ou à établir vos théories sur cette maison ^^

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