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Notes d'auteur :

Et voici le thème "Le clocher des Perdus" 

La pastresso


 


La Pastresso parcourt la vallée sans se lasser, malgré les perles de brume glaciales qui s'accrochent à son châle et à sa jupe, rondes comme des graines de chapelet. Elle chante à mi-voix pour se donner du courage ; son sourire est doux et un rien rêveur.


La Pastresso est une bergère sans chèvres et sans moutons, qui ne marche dans les plaines et les forêts que par mauvais temps, à la recherche de fantômes.


Autrefois, la coche des perdus sonnait au sommet du campanile sitôt que la brume se levait et à la manière d'un phare envoyant ses signaux aux bateaux égarés dans la tempête, elle ramenait au village les voyageurs surpris par les intempéries. Mais la cloche a été fondue pour une guerre depuis longtemps avalée par le temps et la traître et brumeuse vallée avait avalé d'innombrables âmes.


Alors les pleurs avaient commencé, les sanglots longs des perdus, des oubliés, et la Pastresso qui avait enterré ses neuf enfants les entendaient mieux que quiconque. Elle pouvait aussi entendre la sonner cloche, qui n'existait pourtant plus, sitôt que la brume se levait.


Alors elle avait commencé à arpenter les forêts et les vallées pour retrouver les pauvres fantômes perdus, les consoler et les guider.


 


La Pastresso file, inlassable ; le cuir de ses chaussures craque sous la pluie, son sourire est tendre de chimères ; insaisissable elle glisse entre les arbres et les gouttes, humant l'odeur de la mousse et de la terre humide ; et à bien la regarder avant qu'elle ne disparaisse dans un nuage, elle semble un peu spectrale elle-même.  

Note de fin de chapitre:

Rien d'historique aujourd'hui ! j'espère que ça vous aura plu !

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