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Notes d'auteur :

Et voilà pour le thème "Aspic" !

A travers des océans de Sable

 

La momie, agenouillée, prie. Sa voix ressemble à un râle, une plainte rauque, comme si sa gorge était noyée par les milliers de grains de sables qui engloutissent la vallée des rois, et elle porte une tristesse aussi ancienne que les pyramides. Sa peau et le lin de son habit de mort ne font plus qu'un ; seuls ses yeux brillent avec la fièvre d'une vie maudite, pestiférée, hors des normes et hors du temps.

La longue mélopée n'invoque ni dieux ni diables, uniquement le nom de celle qu'il a aimée plus que ce que les lois de la nature ne l'y autorisaient.

Dans le silence de la pièce, on n'entend que le craquement d'un petit feu, mais bientôt une porte grince et le bruits de pieds nus glissant avec maladresse sur le carrelage se mêle au chant des flammes et à la mélopée du mort.

Elle est vivante et belle, sa peau est brune, ses joues encore arrondies par l'enfance, ses lèvres son pleines, ses cheveux crépus et fous ; ses grands yeux noirs sont noyés de rêve ; elle marche avec le dos droit et le menton haut de la princesse qu'elle a été quelque trois mille ans plus tôt, et qu'elle sera bientôt de nouveau.

Elle s'immobilise devant la Momie et ne voit pas un hideux cadavre mais les traits de celui qui lui a tout donné dans une autre vie ; et elle sourit.

La Momie lève un regard intenses vers l'amour de sa vie.

Pour renaître, il faut mourir et l'aspic divin est déjà enroulé autour des chevilles nues de la jeune femme, prêt à frapper.

Le mort la contemple, comme frappé par la foudre : dans son monde de fantômes, de sable et de poussière elle est une oasis et les siècles de souffrance disparaissent, avalés par le temps.

Une larme unique, impossible mais réelle, brillante, s'accroche un instant à la joue décharnée et meurt sur les lèvres desséchées ; l'aspic lève la tête en sifflant et, fendant l'air à la manière d'un éclair, il frappe.

La tête baissée, la momie a tendu la main, lentement et plus rapide que la lumière ; il n'est ni d'ici, ni de là-bas, ni d'ailleurs ; les crocs du serpent se sont fichés dans sa paume. Il n'a pas pu la tuer encore.

Elle était trop jeune, trop vivante, trop innocente.

 

Lorsque la jeune fille revient à elle-même, une brise venue du désert traverse la fenêtre pour disperser une poussière grise et maudite. Elle ignore ce qu'elle fait ici ou comment elle est arrivée là, mais une tristesse infinie et qu'elle ne comprends pas lui écrase le cœur et noie sa peur et son incompréhension.

 

Elle se souvient de rêves étranges, merveilleux et irrémédiablement perdus ; un chagrin millénaire transperce sa poitrine.  

Note de fin de chapitre:

Et voilà ! Après le fantôme, faust, les zombies, le vampire  et l'homme invisible, une ptite momie ! 

Voilà voilà c'était mon dernier monstre mignon du recueil ! j'espère que ça vous a plu :) 

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