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Notes d'auteur :

Et voilà le thème du "Corbeau" ! 

Charleston

Un gel éternel règne sur ce petit bout de terre, du moins dans le cœur des hommes. Lorsque la neige recouvre les pierres, son blanc n'a rien de pur ; il glace le sang. Lorsque l'automne fait tomber ses feuilles d'or, elles pourrissent avant d'être belles ; l'été n'est qu'une sécheresse nauséabonde ; le printemps est interdit.

 

Aujourd'hui, sur le promontoire en son centre, un drôle de corbeau danse.

 

Sans musique, devant un auditoire si silencieux qu'on pourrait presque entendre les battements des cœurs de ces spectateurs interdits, qui ne savent que dire ni que penser. Dans leur cœur est chevillée le même fiel qui meut Julius. Ils comprennent.

 

Tout vêtu de noir, les traits déformés par la fureur, il danse, avec urgence et frénésie ; ses bras battent l'air comme la plus étrange des corneilles ; ses pieds fous frappent la terre, l'emportant dans un charleston électrisée par la haine et qui ne le soulage pas une seule seconde. Sa muette virevolte ne ramènera pas les morts. Mais il ne peut pas s'arrêter pour autant, alors il continue.

 

Julius a fait se tordre de rire jusqu'aux planches des plus grands théâtres de Broadway, il a conquis tout Hollywood avec ses réparties cinglantes ; même ceux qui n'ont jamais entendu parler de lui le connaissent un petit peu, sans le savoir ; mais aujourd'hui, si loin de l'Amérique, tout cela est dérisoire, futile. Sa danse aussi est dérisoire, et pourtant elle bourdonne, l'étouffe, et il ne peut s'arrêter avant d'avoir fini les mesures qui résonnent dans sa tête et vrillent ses tempes.

 

Alors, ses bras retombent le long de son corps ; tremblant de sueur il descend de son promontoire et retourne d'un pas vif vers la voiture qui l'a emmené ici. Le corbeau a refermé ses ailes, et, le bec serré, lui d'habitude si cinglant, il s'envole, sans un regard en arrière, sans un adieu aux ruines du Bunker dans lequel Hitler s'est suicidé.

 

 

Note de fin de chapitre:

Encore une fois, ceci est une histoire vraie, et c'est celle de Julius Marx, plus connu sous le nom de Groucho, le plus célèbre des Marx Brothers, dont voici la bouille : 

Le combo lunette, moustache sourcils est si connu que vous avez déjà du le croiser !

Américain d'origine française et plus précisément alsacienne, il avait découvert lors d'un voyage en Europe que la tombe de ses grands parents avait été saccagée et détruite, à l'instar de toute la partie juive du cimetière où ils étaient enterrés, et sa réaction a été celle que je raconte si-dessus. 

Voili voilou pour ce second texte, on se retrouve demain pour le suivant !

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