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Notes d'auteur :

Et voilà pour le 13ème Thème : Charivari !

Charivari

 

Holler boys, holler boys, make the bells ring, make the bells ring.

 

Bang, bang, Owain frappait deux casseroles l'une contre l'autre ; juché sur les épaules de Richard, il haranguait la troupe d'étudiants avec un grand sourire, ses yeux brillants de malice. Un nuage de peur et de percussions flottait tout autour d'eux ; les six garçons les plus robustes tiraient et poussaient une énorme charrette de bouse avec un enthousiasme débordant.

Et ils chantaient à plein poumons.

 

Holler boys, holler boys, make the bells ring, make the bells ring.

 

Stephen faisait ses valises, les mains tremblantes de peur et de rage. Il fourra une veste sans la plier dans son sac, la ressortit aussitôt en se demandant si elle n'est pas trop légère, est par conséquent superflue, pour là où il allait. Là où il allait... dans un mouvement de fureur incontrôlée, il arracha une partie de la manche ; le son des coutures qui craquaient ne lui apportèreent aucun soulagement. Ses yeux étaient injectés de sang, ses joues violacées par la haine ; un silence de mort était tombé sur la maison, même les domestiques avaient fuit. Tout était de sa faute à Elle. Il leva les yeux vers le portrait de son épouse, saisit la bougie éteinte posée sur la commode la plus proche, et avec des gestes rapides et violents écrasa la cire sur son visage, comme s'il la poignardait, encore, encore et encore. Il interrompit soudain son geste : il devait fuir, sans plus tarder.

Le Charivari était en route, et il venait pour lui.

 

Holler boys, holler boys, make the bells ring, make the bells ring.

 

Clare, assise à côté du lit de sa sœur, lui lisait Jane Eyre. Emily, malgré la douleur et les os brisés, souriait. La voix de de son aînée était belle, douce et profonde, elle l'apaisait, au moins un peu. Quelque part dans la ville, une foule d'étudiants frappaient des poêles à frire et des plateaux en métal les uns contre les autres.

Clare suspendit sa phrase un instant ; de la fenêtre de sa chambre, dans la petite maison plantée en haut de la colline, elle pouvait voir les toits de la ville s'étaler comme une mer d'ardoises rutilantes. Le soleil brillait encore dans un ciel parsemé de nuages blancs et dodus, et les clameurs du charivari leur parvenaient, de plus en plus fort.

Les deux sœurs échangèrent une regard.

Clare sourit faiblement, le cœur encore ravagé par la vue des blessures d'Emily. Cette dernière ferma les yeux, douce, immobile, brisée ; alors sa sœur reprit la lecture, lui tirant un nouveau sourire.

 

Holler boys, holler boys, make the bells ring, make the bells ring ! There is a man in our town who often beats his wife, so if he does it anymore, will put his nose right out before ; Holler boys, holler boys, make the bells ring, make the bells ring. *

 

 

 

 

Note de fin de chapitre:

Au 17ème siècle, en Angleterre (et aussi en France d'ailleurs) existait une espèce de "justice populaire" qui à travers des charivari punissait les hommes qui battaient leurs femmes, entre autres.  Bon ici je suis restée dans une histoire guère ambigüe, mais c'est un sujet assez épineux en vrai puisque du moment que quelqu'un était soupçonné de quelque chose qui ne plaisait pas (adultère ou même pardon d'adultère. Genre si un homme était cocu et décidait qu'il en avait rien à fiche, il pouvait se faire harceler jusqu'à ce qu'il accepte de "punit sa femme", et n'importe quoi qui ne plaisait pas en général, hop, charivari dans la tête du "coupable".  

 

*Holler boys, Holler boys, faites sonner les cloches ! Il y a un homme dans notre ville qui bat souvent sa femme, alors s'il recommence on lui cassera le nez, Holler boys, Holler Boys, sonnez les cloches !

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