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Notes d'auteur :

Et voici le dernier chapitre ! J'espère que cette conclusion apportera des réponses à vos éventuelles questions. :)

Je m'excuse pour les éventuelles répétitions ou coquilles. Je me suis relue plusieurs fois, mais étant donné que j'ai écris ce chapitre d'une traite, il est fort possible que j'ai laissé passer plusieurs fautes. 

LETTRE XXXIV

10 février 1873, Bath

A Megan Cunningham

Ma chère Megan,

Comment pourrais-je t’en vouloir malgré tes mots durs ? Tu viens de perdre tes deux sœurs. J’ai perdu deux cousines et je suis plongée dans un abîme de tristesse, je n’ose donc imaginer tes propres tourments. Je te témoigne tout mon soutien et tout mon amour, bien que cela ne te soit sûrement pas très utile à distance. Je prie pour toi chaque soir et j’espère sincèrement pouvoir te serrer contre moi le plus vite possible, en pleine forme.

Je suis heureuse de voir que tu es plus que vigilante concernant ta nourriture et que tu redoubles de prudence envers ce monstre de Mrs Cotton. Mais je suis aussi horrifiée de te voir prête à prendre tant de risques ! Je t’en supplie, fais attention à toi. Si jamais elle te voit écrire à son amie… Je n’ose imaginer les répercussions. Ou pire, si cette amie ne te crois pas, ou est sa complice ? Que feras-tu ensuite ? Réfléchis bien avant d’envoyer cette lettre – ne l’envoie pas si tu ne l’as pas encore fait. Je ne supporterais pas de te perdre toi aussi.

Papa a reçu des nouvelles de Scotland Yard. Ils n’ont pas voulu trop en dévoiler sur l’enquête en cours, mais ce qu’il y a de certains, c’est que la femme qui voyage avec vous est bien celle qui a pris la fuite dans le nord du pays. Elle a quitté Wallbottle suite à la mort de son beau-fils, décédé des suites d’une fièvre gastrique, et les autorités n’ont cessé de la chercher depuis.

Dans leur lettre, Scotland Yard nous affirme qu’ils vont prendre l’affaire en main. Papa dit que cela signifie sûrement qu’ils vont envoyer une équipe à Bath pour la cueillir dès l’arrivée du train. Malgré cette idée rassurante, je ne peux m’empêcher de trembler pour toi. Tu es toujours coincée avec une meurtrière jusqu’à ton arrivée ici et je ne peux rien faire pour t’aider. Cette impuissance va me rendre folle.

Encore une fois, fais attention à toi, je t’en supplie.

Avec tout mon amour,

Abigail

***

LETTRE XXXV

12 février 1873, Bath

A Megan Cunningham

Miss Cunningham,

Je dois vous avouer ne pas savoir comment commencer cette lettre. Je suis profondément désemparée, perdue, égarée. Je me sens trompée et flouée, par une amie de longue date en qui j’avais confiance, et cette douleur me laissera sûrement une cicatrice à vie.

Je vous remercie d’avoir pris l’initiative de m’envoyer une lettre. Même si je me sens à présent stupide et naïve d’avoir cru Mary Ann toutes ces années. Pourtant les signes étaient là, sous mes yeux, et j’ai refusé de les voir.

Je sais pertinemment que votre haine n’est pas dirigée contre moi. Cependant, je souhaiterais m’expliquer et vous accorder quelques éléments de compréhension. Autant pour votre repos que le mien.

J’ai rencontré Mary Ann il y a sept ans, en octobre 1866. Elle venait tout juste de perdre son second mari et je me suis sentie touchée par cette pauvre femme que la tragédie avait frappé deux fois alors qu’elle était si jeune. C’est tout ce que j’ai vu jusqu’à tout récemment : une victime de la Mort, qui se contentait d’en encaisser les coups avec la patience d’une sainte.

Mais lorsque j’y réfléchis à présent, je suis si horrifiée de réaliser tous les corps qu’elle a laissé derrière elle ! Des maris, mais des enfants aussi. Comment a-t-elle pu porter atteinte à la chair de sa chair ? Cette simple pensée me donne d’horribles frissons. Jamais je ne pourrais toucher à un seul cheveu de mon garçon, jamais. Et pourtant, aussi terrible cela soit-il, je sais maintenant avec conviction que c’est elle qui a tué ces pauvres enfants. Les siens, ceux des hommes qu’elle épousait. Tous décédés de fièvres gastriques, et je n’avais jamais fait le lien. Je me sens horriblement coupable à présent, de me dire que j’aurais pu éventuellement tous les sauver.

J’ai été aveugle, Miss Cunningham, je le sais à présent. Aveugle durant sept ans. Je dois avouer avoir commencé à entretenir des soupçons lorsqu’elle m’a informé de la mort de votre sœur, Miss Anna, lorsqu’elle a mentionné la fièvre gastrique, la même maladie ayant emporté le pauvre Charles Edward. J’ai trouvé cette coïncidence étrange, elle m’a provoqué des migraines durant plusieurs jours et j’ai dû garder le lit. Puis votre lettre est venue tout éclairer et je ne sais si le soulagement d’avoir compris a été plus intense que l’horreur que j’ai ressentie.

Sachez, ma chère, que je refuse de la laisser s’en sortir ainsi. Je refuse d’avoir été bafouée et trompée toutes ces années sans connaître de justice. J’ai confié à Mary Ann tous mes secrets, et je n’ai reçu en retour que tromperies et mensonges. Je ferais tout ce qu’il est en mon pouvoir pour l’arrêter, soyez-en sûre. Vous la verrez derrière les barreaux, cette femme horrible qui a assassiné sans pitié vos deux adorables sœurs. C’est une promesse.

Faites attention à vous et à très bientôt,

Scarlett O’Neill

***

LETTRE XXXVI

15 février 1873, Gloucester

A Abigail Quincy

Chère Abi,

Ta lettre a été un véritable soulagement pour moi. Celle-ci sera courte, et je m’en excuse d’avance, mais je me sens trop faible pour écrire ces jours-ci.

Tu ne peux savoir à quel point je suis heureuse de savoir Scotland Yard prêts à l’appréhender. Je me dis que le cauchemar est bientôt fini et que je verrais le bout du tunnel dans peu de temps. Ce long voyage de souffrance, de peur et de haine sera achevé dans quelques jours et je pourrais enfin pleurer mes sœurs en paix.

Sache que j’ai également, malgré tes conseils, contacté Mrs O’Neill, l’amie de Mrs Cotton. C’était bien inconscient, je te l’accorde. Mais mon imprudence a payé. Mrs O’Neill avait déjà commencé à avoir des soupçons, et ma lettre n’a fait que les éclairer. Elle témoignera en notre faveur et est prête à tout pour voir cette femme enfin arrêtée.

Je t’écris ces mots enfin apaisée. Malgré une toux qui ne me quitte pas, je suis enfin détendue. Miss Murray finalise ce que Papa lui a demandé de faire pour Anna. Nous repartons dans quelques jours. L’idée d’être enfermée avec elle dans le même compartiment ne m’effraie plus désormais. J’éprouve une joie sauvage à la pensée de ce qui l’attend à l’arrivée.

A bientôt chère cousine, il me tarde de retrouver le confort d’un amour fraternel dans tes bras,

Megan

***

LETTRE XXXVII

19 février 1873, à bord du train

A Abigail Quincy

Abi,

Cette lettre sera encore plus courte que la précédente. Je me meurs, Abi. Je le sens, je le sais. Mes toux se sont intensifiées. Je n’arrive plus à dormir. J’ai même craché du sang hier. J’ai des maux de ventre épouvantables. Et elle me regarde, de ce regard pernicieux qui me donne des frissons. Je sais qu’elle m’a empoisonné. Je ne sais pas comment, mais je le sais, au plus profond de moi. Je sais aussi qu’il est bien trop tard, et qu’elle a gagné. Plus rien ne pourra me sauver.

Moi qui me pensais maligne et intelligente, à l’abri, parce que je savais comment elle procédait, je me sens bien bête à présent. Elle a trouvé ta lettre. Et celle de Mrs O’Neill. Elles ont disparu de mon paquetage. Elle sait que Scotland Yard l’attendra à Bath et elle fera tout pour s’enfuir. Alors je t’en supplie Abi, la dernière demande d’une mourante, ne la laisse pas s’échapper. Fais tout ce qu’il est en ton pouvoir pour ne pas la laisser s’en sortir encore une fois. Amène-la devant la justice et fais-lui payer pour ce qu’elle nous a fait. A nous et à tous les autres.

Ne me pleure pas tout de suite. Tu en auras tout le temps après qu’elle soit passée sur l’échafaud.

 Avec tout mon amour,

Megan

***

LETTRE XXXVIII

22 février 1873, Bath

A Abigail Quincy

Miss Quincy,

Nous n’avons jamais été présentées directement l’une à l’autre. Je me nomme Mrs Scarlett O’Neill, anciennement proche de Mrs Cotton, et j’ai été contacté par Miss Megan Cunningham quelques jours avant sa mort. J’ai appris cette horrible tragédie tout récemment et j’en suis toujours terriblement secouée. Je vous adresse mes sincères condoléances. Je ne peux comprendre l’épreuve que vous traversez ou la peine que vous ressentez, mais je vous soutiens de tout mon cœur.

Je prends la plume fébrile, mais j’ai estimé qu’il était de mon devoir de prendre sur moi pour vous écrire. Je ne sais ce que Megan vous a raconté, mais sachez que je suis prête à tout pour arrêter Mary Ann. Elle a perpétré assez d’horreurs dans sa vie pour que j’aie envie de la voir mourir à son tour. Aussi affreux que cela puisse paraître.

Elle m’a écrit une lettre hier, qui m’est parvenue ce matin. Elle m’informe qu’ils se sont arrêtés à Bristol suite au décès de Miss Megan et que Miss Murray y attend les instructions de ses employeurs. A lire sa lettre, j’arrive presque à croire qu’elle ressent tristesse et pitié pour cette pauvre famille Cunningham ! Mais tout n’est évidemment que mensonges et tromperies. Elle me demande de l’argent pour rejoindre Edimbourg avec Miss Murray en tant que soutien moral. Encore un mensonge. Je suis persuadée qu’elle ne veut que s’enfuir, et qu’elle veut m’utiliser pour cela, comme lorsqu’elle s’est enfuie de Wallbottle. Je ne serais pas étonnée de savoir que Miss Murray elle-même ainsi que les autres passagers la soupçonnent. Quoiqu’il en soit, elle ne compte pas mettre les pieds à Bath.

D’où ma question et le but de cette lettre : que faisons-nous ? Miss Megan m’avait affirmé que vous et votre père étiez en contact avec Scotland Yard. Je pense judicieux de les informer de ce changement. Je me tiens à votre disposition si un quelconque témoignage est requis.

Avec toute mon amitié et mon soutien,

Scarlett O’Neill

***

LETTRE XXXIX

6 mars 1873, Londres

A Mr et Mrs Cunningham

Chers Mr et Mrs Cunningham,

L’enquête ouverte suite aux meurtres de vos trois filles, Miss Rachel, Miss Anna et Miss Megan, a pris fin hier soir. Nous vous livrons dans cette lettre les conclusions de l’affaire et nous vous demandons de ne pas communiquer ces détails à la presse, dans un souci de confidentialité. Dans le cas contraire, nous serons dans l’obligation d’appliquer une peine judiciaire.

Mrs Mary Ann Cotton, passagère du train en partance d’Edimbourg, a rejoint le compartiment de vos filles après leur arrêt à Durham. Elle a effectué le voyage en leur compagnie, dans le but certain de se fournir un alibi. Elle fuyait alors Wallbottle, où elle avait assassiné son défunt mari Frédérik Cotton et le fils de celui-ci, Charles Edward.

D’après nos différents interrogatoires auprès de médecins qualifiés, Mrs Cotton aurait utilisé de l’arsenic à très faibles doses pour induire chez ses victimes des fièvres gastriques de plus en plus violentes, menant jusqu’à une mort qui paraît naturelle. Vos filles ayant été suspicieuses, elles ont parlé de leurs doutes à leur cousine Miss Abigail Quincy. Le père de celui-ci nous a contactés et nous avons mené l’enquête.

Différentes pistes nous ont appris que Mrs Cotton aurait été à l’origine de pas moins de vingt-et-un meurtres dans le nord de l’Angleterre. Des crimes passés inaperçus jusqu’ici car réalisés avec discrétion. Son but était d’empocher les assurances vies de ses maris. Et elle y est parvenue jusqu’à la mort de Charles Edward et de la forte méfiance des habitants de Wallbottle.

Elle s’est enfuie du village grâce à l’aide de son amie, Mrs Scarlett O’Neill. Mrs O’Neill n’était pas au courant de la nature de son départ et s’est empressée d’aider une femme qu’elle pensait honnête. Au cours du voyage, Mrs Cotton s’est vue devenir la cible des soupçons de vos filles et a donc décidé d’écarter ce danger de son chemin.

Nous l’avons appréhendée dans la nuit du 5 au 6 mars grâce aux informations précieuses fournies par Miss Abigail Quincy et Mrs Scarlett O’Neill, dans la campagne de Thornbury, alors qu’elle essayait de s’enfuir à pied. Elle nie toute implication dans tous les meurtres que nous lui avons cités, mais plusieurs indices l’accablent. Elle a été incarcérée à la prison de Durham. Son procès a débuté hier et connaîtra très certainement une fin rapide. Nous vous contacterons pour vous faire part de la date d’exécution.

Nous avons eu confirmation par les autorités locales que les corps de vos filles vous ont été rendus. Nous vous adressons nos plus sincères condoléances et espérons que vous connaîtrez un certain réconfort à l’idée de savoir le coupable de ces horribles crimes mort et enterré d’ici peu de temps.

Bien à vous,

 

Le service criminel de Scotland Yard

Note de fin de chapitre:

Je vous remercie du fond du coeur d'avoir lu jusqu'au bout ! J'espère sincèrement que cette petite histoire vous a plu. Personnellement j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, ce concours m'a vraiment permis de tenter des genres dont je n'avais pas du tout l'habitude, donc merci aux Beiges pour m'avoir fait sortir de mes retranchements ! :D

Pour ceux qui souhaiteraient des petites précisions. Mary Ann Cotton est une personne ayant réellement existé. Née en 1832 et décédée en 1873, elle était une tueuse en série anglaise et a été effectivement accusée d'avoir assassiné plus de 21 personnes dans le nord de l'Angleterre, principalement à l'aide d'arsenic. Tous les éléments mentionnés dans l'histoire la concernant sont vrais (le nom de son mari, de son beau-fils, le fait qu'elle voulait empocher les assurances vies, etc). En revanche, elle a réellement été arrêtée suite au meurtre de Charles Edward, j'ai inventé le fait qu'elle s'enfuyait de Wallbottle et toute la suite. Elle a été jugée et exécutée en mars 1873 et a proclamé son innocence jusqu'au bout.

Si jamais vous avez davantage de questions, n'hésitez pas à me les poser ! :) Je serais aussi plus que ravie de connaître votre avis sur ce texte ! :hug: Et bien sûr, n'hésitez pas à aller faire un tour sur les autres textes du concours !

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