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Notes d'auteur :
Les trois contraintes du chapitre :
- Votre chapitre sera ecrit au présent
:- Il s'écoulera 3h entre le début et la fin de votre chapitre
- Un de vos personnages doit mourir.
Hector s’approche d’elles mais Déméter le repousse d’un bras.
- N’avance pas, Hector. Le moindre pas que tu feras vers elle augmentera ma fureur. Rester éloigné est ta meilleure chance qu’il ne lui arrive rien ! lui intima la Déesse.

Au loin à l’horizon, le soleil apparaît de plus en plus. Hector juge qu’il doit être aux alentours de sept heures du matin.

- Que m’as-tu donc apporté, Demoiselle ? Que je juge l’intérêt que me porte ton village.

Déméter soulève la bâche en toile grossière qui recouvre la charrette. Il y a quantité de jarres de céréales, des amphores d’huile d’olive et de vin, des tissus de grande qualité. Elle prend un temps infini à tout détailler. Il semble à Hector qu’une heure est passée.
- Intéressant, murmure Déméter finalement. Tes sages ont bon goût, jeune fille, et savent comment me parler. Je ne suis pas à acheter, mais je suis d’humeur badine. Que me veut-on ?
- Ephèse se meurt, belle Déesse, supplie Cressida en tombant à genoux devant Déméter, nous avons un besoin vital de pluie !
- Oh ces pauvres petits mortels qui ont besoin de tout et ne peuvent rien contre la Nature, c’est affreux ! minaude Déméter.

Dans sa dévotion, Cressida n’entend pas le ton dangereusement mielleux de la Déesse mais Hector, lui, perçoit que les choses n’avancent pas aussi bien qu’ils pourraient l’espérer. De toute évidence, Déméter ne va pas se contenter des dons du village. Il lui faudra autre chose et le jeune homme frissonne à l’idée du prix qu’il lui faudra sans doute payer.

- Relève-toi à présent, Mortelle ! intime-t-elle.
Maintenant, Cressida sent très clairement la menace dans la voix de la déesse, aussi décide-t-elle de garder une posture de déférence, du mieux qu’elle peut.
- J’aurais aimé quelqu’un d’autre que toi pour m’amener ces présents. C’est ça qui est décevant. Tu devrais, comme toutes les autres avant toi, mourir pour cela.

Cressida ouvre des yeux affolés et cherche du regard Hector. Le jeune homme est déterminé. Il a compris depuis un moment déjà que ce que veut vraiment Déméter, c’est lui. Il sait que c’est la fin car il ne l’aime pas, toute déesse qu’elle est. Lui, il n’a que Cressida pour briller dans ses yeux. Il jette un oeil au soleil. Il doit être déjà neuf heures. Le temps semble horriblement s’étirer en longueur.

Il s’avance alors vers Déméter et se positionne entre elle et Cressida.
- Belle Déesse, commence-t-il en courbant le dos avec respect, je te supplie de laisser la vie à la jeune Cressida derrière moi.
- Que me proposes-tu en échange, jeune présomptueux ?
- Moi.

Déméter a un large sourire et s’approche d’Hector. Elle glisse la main sur sa joue.
- Ainsi, tu veux m’offrir ta vie et ton corps en échange de ta jeune Cressida ? Qu’est-ce qui te fait penser que j’accepterai ?
- Je ne suis qu’un simple mortel, mais je sais encore reconnaître quand une femme me désire.

Déméter éclate de rire à ces mots.
- Voilà qui est inattendu. Tu me plais encore plus et tu as raison, je te désire et je t’aurai car rien ne me résiste, lui susurre-t-elle à l’oreille, son souffle glissant dans le cou d’Hector et le faisant à nouveau frissonner.
Déméter s’écarte de lui et sourit.
- Je t’accorde ce que tu veux mais il faut qu’elle parte dans l’heure et sans jamais se retourner car aucun mortel ne doit savoir ce qui se déroule sur la Montagne aux Cyprès. Dans ma bonté, je vous laisse ce temps pour vous dire adieu.

Hector se précipite sur Cressida et la relève.
- Tu dois y aller, mon amour. Nous n’avons pas le choix.
- Mais je ne peux pas partir sans toi ! Que vais-je faire ? pleure Cressida.
- Tu dois vivre. Le reste ne m’importe pas, répond-il en l’embrassant.

Il la serre dans ses bras un long moment, puis il l’entraîne ensuite vers le sentier qui les avait menés au sommet.
- Va et ne te retourne pas, lui dit-il une dernière fois.

Cressida s’élance sur le sentier tandis que Déméter vient se poster près d’Hector et pose la main sur son épaule.
- Enfin seuls, s’exlame-t-elle en souriant à Hector.
Le jeune homme ne répond pas et garde les yeux fixés sur la silhouette de Cressida qui s’éloigne.
- Enfin presque, murmure-t-elle
Hector se retourne vers elle mais il sait qu’il est trop tard. Au loin sur le sentier, un énorme serpent vient d’apparaître face à Cressida. Hector se précipite vers elle mais avant qu’il n’arrive à ses côtés, l’animal se jette sur elle et la mord au cou. Cressida hurle et tombe à terre, la main contre sa plaie, dans une vaine tentative d’endiguer le flot de sang qui se déverse sur le sentier.
Hector tombe à genoux à côté d’elle, la suppliant de ne pas mourir.
Elle a une quinte de toux sanglante et Hector la serre dans ses bras. Quelques minutes passent où il sent sa respiration s’atténuer jusqu’à s’arrêter. Il la serre encore plus fort, enfouit son visage dans les beaux cheveux bruns de Cressida et hurle son nom à s’en briser les oreilles.

Déméter s’approche.
- Tu peux être fier d’elle. Finalement, elle te méritait peut-être, elle a été courageuse. Son sacrifice ne sera pas vain et vous aurez ce que vous êtes venus chercher. La pluie tombe déjà sur Ephèse.
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