Lien Facebook



En savoir plus sur cette bannière

- Taille du texte +

Notes :

Dernière épreuve des Douze Travaux d'HPF.

Il y avait, sûr, quelques contraintes :

- 3 Thèmes possibles, un seul à choisir : Animaux Fantastiques - Terres d'Afrique - Civilisations Antiques

- Un texte de 3 000 mots maximum sur le compteur HPF

- Inclure 3 des mots suivants en gras dans votre texte
Olivier, Biche, Rose, Vautour, Paon, Dauphin, Feu, Cyprès

- 3 personnages maximum

- Une histoire en 3 chapitres est imposée

Notes d'auteur :
Dans ce premier chapitres, 3 nouvelles contraintes :
- Votre chapitre fait plus de 1 300 mots au compteur HPF
- Votre récit s'etale sur 3 jours consécutifs
- Un de vos personnages a un âge multiple de 3
Il y avait bien longtemps sur les collines de la belle cité d’Ephèse que la pluie n’était plus venue offrir ses bienfaits aux habitants. Les temps étaient au soleil rude qui rendait les terres arides et jetait des flammes dans les champs et les forêts alentours. Les récoltes des oliviers et des champs de blé risquaient fort de n’être point suffisantes. La peur envahissait le coeur des concitoyens d’Ephèse alors que seulement quelques courtes semaines les rapprochaient de l’automne.

La ville décida, suite à un vote, que la belle Cressida aux yeux de biche, qui venait de fêter ses dix-huit ans serait celle qui amènerait les offrandes des habitants à la Déesse Déméter.

Cressida s’était sentie honorée d’avoir été élue et avait préparé son balluchon avec grande joie, tandis que les autorités de la ville avaient préparé pour elle une charrette tirée par un âne pour transporter les offrandes.
Le seul à ne pas partager la liesse générale était Hector, le jeune fiancé de Cressida. I craignait Déméter. On louait son intelligence et beauté mais lui la craignait plus que tout. Leur ville avait bâti un temple en hommage à Artemis et Hector était persuadé que Demeter enviait l’autre Déesse. Il avait si peur pour Cressida qu’il décida de l’accompagner. Il savait qu’il n’en avait pas le droit, mais mieux valait tout risquer que laisser Cressida entre les mains jalouses de Demeter.

Le jour du départ, Hector se leva avant le chant du coq et e faufila à travers les champs pour se poster à la sortie de la ville, où il savait que Cressida passerait.

On apercevait à peine les premiers rayons du soleil au-delà des collines de la ville quand Cressida, tenant l’âne tirant la charrette au bout d’une corde, arriva sur le chemin. Dès qu’elle passa près du bosquet d’arbres où il était posté, Hector se précipita vers elle.
- Hector ? Que fais-tu là ? Tu n’as pas le droit d’être ici ! s’écria Cressida.
- Mon amour, je ne peux point te laisser partir seule, tu risques ta vie !
- Ma vie ? Allons donc, tu déraisonnes, je ne fais que partir sur la Montagne aux Cyprès ! Ca n’a rien de risqué, d’autres ont dû le faire avant moi !
- Et tu crois que les Anciens t’ont tout dit ? Ne comprends-tu point que ce n’est rien moins qu’un sacrifice qu’ils projettent ?
- Un sacrifice ? Voyons, Hector !

Cressida recula de quelques pas, sous la surprise, mais elle se ressaisit rapidement.
- Mais je ne fais qu’amener des offrandes à la Déesse, sur les ruines de l’autel à sa gloire ! De tels cadeaux, dans les circonstances de sécheresse actuelles, c’est ça, le sacrifice, ce n’est pas moi ! reprit-elle d’une voix ferme.

Hector pesa ses arguments. Elle n’avait pas tort, il le reconnaissait. Il ne pouvait cependant pas repousser ses inquiétudes. Il hésita à insister auprès de l’élue de son coeur mais il y renonça finalement. A quoi bon, elle ne l’écouterait pas et pis, elle risquerait de le repousser et alors il ne pourrait plus être présent pour la protéger le moment venu.

- Très bien, soupira-t-il. Tu as peut-être raison. Mais laisse-moi au moins t’accompagner, ça me rassurerait.
Cressida eut un large sourire.
- D’accord, redoutable guerrier protecteur. Je t’emmène avec moi. Et tu as intérêt à marcher droit, ce n’est pas toi qui mènes l’expédition ! répondit-elle en lui plaquant un baiser aux limites de la commissures des lèvres du jeune homme.

Hector prit la corde attachée à l’âne d’une main et de l’autre, il saisit celle de Cressida.

La route vers la Montagne aux Cyprès était longue et, par endroits, cahoteuse. Depuis la cité d’Ephèse, il fallait trois jours de marche, si les pauses nocturnes n’étaient pas très longues. Il ne fallait donc pas traîner, les habitants avaient un besoin vital de l’eau de pluie, et en abondance. Plus la pluie tardait, plus la vie d’Ephèse deviendrait difficile. C’était sur cette montagne, de faible altitude, qu’un autel avait été autrefois érigé en l’honneur de Déméter, avant que le temps et l’oubli ne le laissent en ruines. Pourtant, quand les circonstances l’exigeaient, les Anciens des cités alentours se souvenaient de cet autel et n’hésitaient pas à y invoquer la Déesse. Pour autant qu’en il en sût, Hector n’avait jamais entendu parler de récentes apparitions de la Déesse sur place, ni de miracles et c’était bien cela qui l’inquiétait.

A la fin de la première journée, alors que le soleil descendait à l’horizon jusqu’à presque disparaître, Hector proposa à Cressida la pause pour la nuit. Ils ne touchèrent pas aux offrandes de la charrette. Hector avait emporté quelques vivres dans sa besace et ils avaient tout deux ramassé des baies le long de la route. Après la fin du repas, Cressida se blottit contre lui et les deux jeunes gens s’endormirent rapidement sous la lueur de la lune pleine.

La seconde journée leur parut monotone. Les paysages qu’ils traversèrent n’étaient de plus que de la garrigue sans fin, sèche, à peine agrémentée de quelques oliviers. « Ici aussi, l’on manque d’eau » remarqua Hector, mais il nota également qu’il n’y avait aucune habitation, aucun village, comme si les gens savaient ces lieux impropres à la vie. Le soleil qui frappait fort rendait la marche difficile et lente. Il leur fallait rationner l’eau, car il ne fallait pas seulement arriver sur la Montagne des Cyprès, il leur faudrait aussi en repartir. Quand arriva la deuxième nuit, ils soupirèrent de soulagement. Il était enfin de temps de se reposer et, sous la lueur faiblissante, il leur avait semblé apercevoir une végétation différente. Sans doute étaient ils proches du but…

C’est vers la fin de l’après-midi suivant qu’Hector et Cressida arrivèrent au pied de ce qui, toute évidence, était la Montagne aux Cyprès, bien qu’ils ne l’eussent jamais vue. Elle était verte, couverte de végétation luxuriante et d’arbres inconnus dans leur région. Souriant tous deux, ils commencèrent l’ascension, mais l’âne refusa de les accompagner, malgré les menaces de Cressida. Les inquiétudes d’Hector revinrent l’assaillir. L’on disait que les animaux avaient des sens inconnus des humains, que pouvait donc percevoir cet âne ? Voyait-il un danger ? Hector n’avait aucune réponse à ses questions, mais malgré ses doutes, il finit par obtenir de l’animal qu’il avance.

Il faisait presque nuit quand ils arrivèrent au sommet. Après avoir passé la dernière barrière d’arbres, ils trouvèrent une clairière, point culminant des lieux, au centre de laquelle un amoncellement de pierres, formant sans doute autrefois une table d’autel de vénération divine. Il ne restait presque plus rien de l’autel, mais dans les amas au sol, on pouvait reconnaître des pierres qui avaient dû être travaillées avec minutie et recouvertes de faïence vert et or.

Soulagés d’être arrivés à leur but, ils se jetèrent à genoux devant les ruines, se serrant dans les bras. Il ne leur restait plus qu’à déposer leurs offrandes et attendre, comme les Anciens leur avaient dit, un jour et une nuit entiers.
Vous devez vous connecter (vous enregistrer) pour laisser un commentaire.